Compatibilité des objectifs Tamron et Sigma pour reflex avec les hybrides Nikon Z
Utiliser des objectifs Tamron et Sigma conçus pour les reflex avec les Nikon Z hybrides est possible à l’aide de la bague FTZ. Si l’adaptation mécanique ne pose pas de problème, il faut vous assurer que l’objectif que vous souhaitez utiliser avec cette bague est bien 100% compatible.
Voici les informations de compatibilité données par Tamron et Sigma. Prenez soin de vérifiez sur les sites des marques le niveau de compatibilité et les mises à jour firmwares des objectifs à faire le cas échéant.
Objectifs Tamron et Sigma pour reflex sur Nikon Z, quelle compatibilité ?
La monture Z qui équipe les Nikon Z hybrides diffère de la monture F pour reflex.
Plus grande, avec un tirage mécanique plus court, elle dispose également de contacts électriques plus nombreux et apporte des fonctions supplémentaires au couple boîtier-objectif.
La bague Nikon FTZ permet de faire le lien entre les deux montures Nikon Z (hybride) et Nikon F (reflex) en assurant la compatibilité mécanique, optique et électrique.
Avec les objectifs Nikon NIKKOR AF-S et AF-P pour reflex, la compatibilité est totale.
Avec les objectifs Nikon AF et AF-D, la bague ne permet pas d’utiliser l’autofocus puisque ces objectifs ne sont pas pourvus de motorisation interne.
Avec les objectifs d’autres marques comme Tamron et Sigma, il faut considérer chaque référence d’objectif pour savoir ce qu’il en est.
Tamron comme Sigma ont annoncé des incompatibilités avec les Nikon Z, en attendant de proposer des mises à jour firmwares de leurs optiques afin de les rendre pleinement compatibles.
En pratique donc, ça peut fonctionner comme ne pas fonctionner, ou pas bien.
Compatibilité des objectifs Tamron avec les Nikon Z
Objectifs Tamron équipés d’une monture Z native
Ils sont compatibles avec les Nikon Z par défaut. La bague Nikon FTZ n’est pas utile puisque la monture d’un Tamron pour Nikon Z est la monture Z.
Objectifs Tamron conçus pour la monture reflex Nikon F
Il sont pour la plupart compatibles avec les Nikon Z grâce à la bague Nikon FTZ. Cependant, une mise à jour du firmware de l’objectif peut être nécessaire pour garantir une compatibilité totale, surtout pour les objectifs Tamron plus anciens.
Tamron facilite cette mise à jour grâce à la console Tamron TAP-in. Cet accessoire permet une mise à jour du firmware de l’objectif.
Si vous ne possédez pas la console TAP-in, contactez le SAV Tamron qui pourra vous assister.
Les objectifs Tamron qui peuvent être mis à jour grâce à la console Tamron TAP-In peuvent l’être par vous-même ou par le support après-vente de la marque si vous ne disposez pas de la console.
Liste des objectifs Tamron en monture F non compatibles avec les Nikon Z
Les modèles ci-dessous ne sont pas 100% compatibles avec les Nikon Z et ne peuvent pas être mis à jour, il convient de les utiliser en mode de mise au point manuelle avec la bague FTZ.
Tamron SP AF 28-75 mm F/2.8 XR Di LD Aspherical [IF] MACRO (Modèle A09)
Tamron SP 24-70 mm F/2.8 Di VC USD (Modèle A007)
Tamron SP 70-200 mm F/2.8 Di VC USD (Modèle A009)
Tamron SP AF 90 mm F/2.8 Di MACRO 1:1 (Modèle 272E)
Tamron 28-300 mm F/3.5-6.3 Di VC PZD (Modèle A010)
Tamron SP 70-300 mm F/4-5.6 Di VC USD (Modèle A005)
Tamron 16-300 mm F/3.5-6.3 Di II VC PZD MACRO (Modèle B016)
Tamron 18-200 mm F/3.5-6.3 Di II VC (Modèle B018)
Tamron 18-270 mm F/3.5-6.3 Di II VC PZD (Modèle B008TS)
Tamron 18-270 mm F/3.5-6.3 Di II VC PZD (Modèle B008)
Comment mettre à jour un objectif Tamron pour Nikon F et l’utiliser sur un Nikon Z
Compatibilité : Avant toute intervention, vérifiez sur le site officiel de Tamron si une mise à jour pour votre objectif est disponible pour la série Nikon Z.
Console TAP-in : Cet accessoire vous permet de connecter votre objectif à un ordinateur. Vous pouvez vous le procurer chez votre revendeur Tamron, comme en ligne.
Étapes de mise à jour
1.Branchez la console TAP-in à votre ordinateur via le port USB
2.Téléchargez et installez le logiciel TAP-in Utility depuis le site de Tamron.
3.Fixez votre objectif sur la console.
4.Lancez le logiciel : s’il y a une mise à jour, elle sera détectée.
5.Suivez les instructions affichées pour finaliser le processus.
Centres de service Tamron : Si vous n’êtes pas à l’aise avec la mise à jour ou si un problème persiste, contactez le support après-vente Tamron.
Bague Nikon FTZ : N’oubliez pas de vérifier que votre bague FTZ est à jour. Les mises à jour sont disponibles sur le centre de téléchargement Nikon.
Notez que, même après la mise à jour, certains objectifs pourraient ne pas fonctionner parfaitement avec tous les Nikon Z. Si tel est le cas, n’hésitez pas à consulter Tamron pour obtenir des solutions ou envisager d’autres options d’objectifs.
Compatibilité des objectifs Sigma avec les Nikon Z
Objectifs Sigma équipés d’une monture Z native
Ils sont compatibles avec les Nikon Z par défaut. La bague Nikon FTZ n’est pas utile puisque la monture d’un Sigma pour Nikon Z est la monture Z (voir la liste des objectifs Sigma pour Nikon Z).
Objectifs Sigma conçus pour la monture reflex Nikon F
Il sont pour la plupart compatibles avec les Nikon Z grâce à la bague Nikon FTZ, qu’il s’agisse de la série DG pour capteurs plein format comme de la série DC pour capteurs APS-C. Cependant, une mise à jour du firmware de l’objectif peut être nécessaire pour garantir une compatibilité totale.
Quatre objectifs Sigma peuvent toutefois encore présenter des problèmes de fonctionnement dans certaines situations précises.
Les mises à jour des objectifs Sigma pour Nikon F optimisent le fonctionnement de ces objectifs lorsqu’ils sont utilisés avec la bague Nikon FTZ. Les mises à jour sont possibles avec le dock Sigma USB.
Sigma 24-35 mm F2 DG HSM | Art : Interruption occasionnelle lors de l’enregistrement vidéo. Une mise à jour du firmware est prévue.
Sigma 50 mm F1.4 DG HSM | Art : lorsque vous déclenchez avec la mise au point totalement décalée, la réponse de l’autofocus peut être aléatoire. Il faut alors tourner la bague de mise au point pour relancer l’autofocus ou relâcher le déclencheur puis déclencher à nouveau plusieurs fois pour relancer le système AF.
Sigma 85 mm F1.4 DG HSM | Art : cet objectif peut générer une surexposition si vous réduisez l’ouverture depuis la valeur f/5.6 lors de la prise de vue.
Sigma 135 mm f/1.8 DG HSM [ Art : cet objectif bénéficie d’une mise à jour depuis le 24 janvier 2019
Sigma APO 800 mm F5.6 EX DG HSM : Sigma recommande d’utiliser la mise au point manuelle uniquement car l’autofocus ne peut assurer une précision suffisante avec cette optique. Aucune mise à jour n’est prévue pour cet objectif actuellement.
De plus, en Mai 2019 Sigma a communiqué sur les problèmes rencontrés par ses objectifs avec lesquels la stabilisation de l’appareil photo ne peut pas être désactivée. La fonction de mise hors tension automatique ne peut pas être utilisée. Il vous faut éteindre manuellement l’appareil [OFF] après la prise de vue. Les objectifs concernés sont les suivants :
dans la gamme actuelle
17-50mm F2.8 EX DC OS HSM
17-70mm 2.8-4 DC MACRO OS HSM | Contemporain
18-200mm F3.5-6.3 DC MACRO OS HSM | Contemporain
18-250mm F3.5-6.3 DC MACRO OS HSM
24-105mm F4 DG OS HSM | Art
parmi les objectifs abandonnés
17-70mm 2.8-4 DC MACRO OS HSM
18-50mm F2.8-4.5 DC OS HSM
18-250mm F3.5-6.3 DC OS HSM
18-200mm F3.5-6.3 DC OS HSM
50-200mm F4-5.6 DC OS HSM
70-300mm F4-5.6 DG OS
Précautions à prendre pour utiliser un objectif Sigma pour Nikon F sur un Nikon Z
Utilisez la mise au point manuelle pour les objectifs sans moteur AF.
Les téléconvertisseurs ne sont pas compatibles.
Certains objectifs expédiés par SIGMA avant novembre 2013 peuvent nécessiter une mise à jour du firmware.
Les produits discontinués peuvent avoir des conditions d’exploitation différentes. Pour plus de détails, contactez votre revendeur SIGMA.
Le Nikon Z7, l’hybride plein format au capteur de 45MP, reçoit une seconde mise à jour firmware 1.02 qui vient corriger quelques dysfonctionnements relevés par les premiers utilisateurs.
En rêvant de possibles améliorations de fonctionnement dans une prochaine version, voici ce qu’apporte cette mise à jour firmware et ce qu’apportait la précédente si vous l’avez manquée.
Mise à jour firmware Nikon Z7
Le nouvel hybride plein format Nikon Z7, annoncé fin août 2018, est promis à un bel avenir au sein d’une gamme Nikon hybride qui devrait prendre de l’ampleur dans les mois à venir.
Nikon ne s’est pas encore positionné officiellement sur la possible évolution de ses boîtiers hybrides par le biais de mises à jour firmwares « fonctionnelles », mais assure en attendant les mises à jour correctives comme c’est le cas pour la gamme reflex.
Firmware Nikon Z7 version 1.01
Une première version du firmware Nikon Z7, dénommée 1.01 apportait son lot de correctifs parmi lesquels le possible blocage en mode rafale au format RAW et en mode d’obturation silencieux.
Firmware Nikon Z7 version 1.02
Une seconde mise à jour 1.02 est désormais disponible. Elle corrige les dysfonctionnements suivants :
un problème de scintillement de l’affichage lors du défilement des images déjà prises, lors de l’utilisation de la fonction loupe, après avoir photographié à l’aide du viseur en mode moniteur Priorité au viseur, puis après avoir retiré l’œil du viseur avant de démarrer la visualisation
un problème qui provoquait l’arrêt de Capture NX-D ou de ViewNX-i lors de l’affichage de photos NEF (RAW) prises avec les options Mode HDR : Activé (série) ou Activé (une seule photo) ou Enreg. images individuelles (NEF) : Activé
la correction d’un problème qui permettait de dépasser la valeur choisie pour Réglage de la sensibilité > Sensibilité maximale en mode vidéo si la sensibilité était comprise entre 200 et 20.000 ISO et si Activé était sélectionné pour MENU PRISE DE VUE VIDÉO > VR électronique
certains écrans d’aide ont été mis à jour pour être plus pertinents
Cette mise à jour inclut les modifications apportées par la version 1.01, il n’est donc pas utilise de faire la mise à jour 1.01 avant la 1.02 si vous ne l’avez pas encore faite.
Test Nikon Z7 : une semaine sur le terrain avec l’hybride 45Mp Nikon
Ce test Nikon Z7 vous présente les performances du premier hybride Nikon (avec son frère de gamme Nikon Z6) après une semaine d’utilisation dans différentes situations de prise de vue.
Disposant d’un capteur plein format 24×36, de la nouvelle monture Nikon Z et d’un généreux viseur électronique, cet hybride est prometteur mais que vaut-il sur le terrain, équipé des optiques Nikon Z comme des optiques Nikon AF-S ? Je vous propose un premier avis après une semaine d’utilisation quotidienne et avant les tests à venir de l’ensemble de la gamme Nikon Z.
Préambule : le Nikon Z7 propose de nombreuses fonctions avancées en photo comme en vidéo. Il m’est impossible d’en faire le tour en une semaine, aussi vous trouverez ici les principaux résultats du test « photo », des compléments d’informations seront publiés ultérieurement sur la partie vidéo.
Firmware : ce test a été réalisé avec la première version du firmware Nikon Z7, la version 2.0 disponible depuis mai 2019 améliore grandement la détection en basse lumière pour l’autofocus et apporte la fonction Eye-AF (en savoir plus).
Test Nikon Z7 : présentation
Le Nikon Z7 inaugure la gamme de boîtiers plein format sans miroir Nikon, enterrant de fait la précédente gamme hybride Nikon One. Bien que n’entrant pas en concurrence directe avec les reflex D750 et D850, les Nikon Z6 et Z7 intéressent de nombreux nikonistes qui voient en eux les possibles remplaçants de leur reflex plus encombrant et plus lourd (voir la présentation des Nikon hybrides).
La bague d’adaptation Nikon FTZ permet d’utiliser les optiques pour reflex, la transition n’en est que plus simple. Près de 300 optiques Nikon sont compatibles, sans compter les objectifs des opticiens indépendants comme Tamron ou Sigma.
Les Nikon hybrides n’ont pas comme seuls arguments leur poids et leur compacité, cela peut même être secondaire selon vos besoins. Le Nikon Z7, seul modèle disponible au moment de ce test, a pour lui :
un capteur CMOS BSI (rétroéclairé) de 45,7 Mp sans filtre passe-bas
un nouveau processeur Expeed 6
un autofocus à 493 collimateurs couvrant 90% du champ
un viseur électronique 100%
un mode rafale à 9 im/sec
un écran inclinable et tactile
la vidéo 4K
un mode time-lapse 8K
… pour ne citer que ces points là.
Pour ce test Nikon Z7 j’ai évalué les points suivants :
le gabarit du boîtier et sa construction,
l’ergonomie du boîtier,
la qualité de la visée électronique et son rendu image réelle,
la réactivité et la précision de l’autofocus,
la montée en sensibilité du capteur,
la qualité des images délivrées avec les optiques Z,
la qualité des images délivrées avec les optiques AF-S,
l’autonomie.
Je ne reviendrai pas ici sur les avantages et inconvénients de l’hybride face au reflex, j’en parle dans ce sujet dédié (et dans la vidéo qui l’accompagne).
Présentation du Nikon Z7 en vidéo
Vous n’avez pas encore pris en main le Nikon Z7 ? Voici la présentation du boîtier, de la bague FTZ et du couplage avec les optiques F.
Test Nikon Z7 : présentation
J’ai passé une semaine avec le Nikon Z7 et l’ai utilisé lors de plusieurs séances de prise de vue, en intérieur comme en extérieur, sur des sujets statiques comme en mouvement.
Pour avoir déjà testé de nombreux reflex et quelques hybrides, je me suis attaché à vous donner mon ressenti à l’utilisation ainsi que les différences que j’ai pu noter par rapport aux Nikon D750 et D850.
Test Nikon Z7 : Gabarit et construction
Si vous vous contentez de regarder les illustrations, vous pouvez penser que le Nikon Z7 n’est guère moins encombrant qu’un reflex plein format. Et guère moins lourd par voie de conséquence. Prenez-le en main, vous allez voir que c’est trompeur.
Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S à gauche – Nikon D750 + AF-S 24-70mm f/2.8 à droite
Gabarit
Pour un hybride plein format, le Nikon Z7 est plus compact qu’un D850 ou un D750 plus trapus. Il tient dans la main, et sa poignée plus creuse que celle des reflex permet de le tenir du bout des doigts comme je le montre dans la vidéo.
Cette poignée conviendra à la plupart des utilisateurs, je peux tenir le boîtier avec mon pouce aussi ceux d’entre vous qui ont de grosses mains devraient arriver à loger leurs doigts.
Le Nikon Z7, comme le Nikon Z6, vous semble trop imposant pour un hybride ? N’oubliez pas qu’il utilise un capteur plein format et que la taille de ce capteur impose une taille de boîtier plus importante que celle que vous pouvez trouver sur les hybrides APS-C.
Cette compacité permet de poser le boîtier partout : sur le bord d’une fenêtre comme sur le bord d’un mur, sans prendre le risque qu’il ne bascule. Si vous aimez les cadrages insolites, vous allez être servis. La longueur réduite du zoom Nikon Z 24-70mm f/4 S, zoom de prédilection pour ces Nikon hybrides, évite la bascule de l’ensemble vers l’avant, l’équilibre est parfait.
Construction
Le Nikon Z7 est de la même trempe que les reflex experts-pros de la marque. Le châssis en alliage de magnésium (la constitution exacte n’est pas précisée par la marque) donne le sentiment d’avoir un boîtier solide en main, sans qu’il ne soit trop lourd.
Test Nikon Z7 : la connectique audio/vidéo, USB, HDMI et prise télécommande
L’articulation de l’écran est celle des reflex, les trappes sont fermées par des bouchons étanches aux intempéries, le Nikon Z7 peut fonctionner sous la pluie et dans les environnements poussiéreux.
Test Nikon Z7 : l’écran inclinable et l’emplacement pour la carte XQD
Tant qu’à parler poussière, parlons du nettoyage du capteur. J’ai changé d’objectifs plusieurs fois par jour lors de ce test, dans des conditions souvent inhabituelles. Le capteur, proche de la monture sur les Nikon Z n’en a pas souffert.
Le nettoyage de capteur intégré au boîtier est plus long que sur un reflex (18,34 secondes contre 5,12 sur le D750), Nikon ne précisant pas pourquoi. Je n’ai remarqué aucune poussière sur les images, et si c’était le cas, sachez que ce capteur est plus simple à nettoyer que celui d’un reflex caché derrière le miroir.
Test Nikon Z7 : le capteur du Z7 est plus proche et exposé tandis que celui du reflex est caché derrière le miroir et plus complexe à nettoyer
L’unique emplacement pour carte mémoire XQD est justifié par Nikon pour gagner en compacité et en performances. Délaisser le double slot XQD+SD me semble une bonne idée, la multiplication des cartes n’est pas pratique à gérer.
Les cartes SD arrivent aux limites de performances en écriture, les XQD font déjà mieux et le standard CFExpress qui arrive (voir ici) sera supporté par les Nikon Z.
Sauf que … une seule carte c’est l’obligation de choisir une capacité supérieure et de mettre tous ses œufs dans le même panier, ce que n’apprécient pas forcément tous les photographes. Les pros avec lesquels j’ai pu en parler ne s’en inquiètent pas, les amateurs semblent plus sensibles. L’avenir nous dira si Nikon va tenir compte de ces observations pour la suite de la série.
Test Nikon Z7 : ergonomie et commandes
Les nikonistes ne seront pas perdus : l’ergonomie du Nikon Z7 est très proche de celle d’un reflex de la marque. Les touches de commandes sont les mêmes et placées presque toutes au même endroit. Les commandes du capot supérieur – déclencheur photo, déclencheur vidéo, touche ISO et correcteur d’exposition- sont les mêmes.
Le déclencheur vidéo pourrait être interverti avec le correcteur d’exposition, il tombe naturellement sous l’index tandis qu’il faut écarter le doigt comme sur les reflex pour activer la correction d’exposition.
Si vous n’utilisez pas le mode vidéo, n’hésitez pas à attribuer au déclencheur vidéo une autre fonction, par exemple le choix du mode AF puisque la commande en face avant des reflex n’existe pas sur cet hybride. Il faut en passer par les menus ou une touche de fonction. J’ai toujours trouvé ce commutateur physique peu pratique, je lui préfère de loin une touche de fonction avec molette, c’est toutefois une touche personnalisable en moins à disposition que vous devrez attribuer à l’AF.
Test Nikon Z7 : les commandes supérieures, la molette principale et l’écran de rappel des infos de prise de vue
La touche de contrôle du mode de mesure de lumière (matricielle, pondérée, spot) manque aussi à l’appel. Il faut avoir recours au menu rapide ou à une touche de fonction pour changer ce réglage, la compacité a un prix.
J’ai apprécié le joystick arrière de sélection de la zone de détection AF. Il tombe pile sous le pouce. Du fait de la couverture du champ bien plus grande que sur un reflex, ce déplacement peut s’avérer lent si vous utilisez une petite zone de détection. Nikon pourrait implémenter un accélérateur du type de celui que l’on trouve sur les claviers de smartphones.
J’aurais apprécié également de pouvoir recaler au centre du viseur la zone de détection par appui sur le bouton central de ce joystick. Il faut passer par le pad arrière, situé plus bas, ce n’est pas très ergonomique car cela oblige à décaler le pouce. Une mise à jour du firmware devrait pouvoir corriger ce point.
Test Nikon Z7 : l’écran arrière avec le menu personnalisé et les commandes à droite dont le joystick AF
Le menu rapide, comme sur les reflex, bénéficie de la fonction tactile. Il est aisé de changer une valeur du bout du doigt. Ce menu est personnalisable, vous pouvez lui attribuer les fonctions de votre choix. Notez qu’en double tapant (on ne clique pas sur un écran tactile !), vous validez votre choix sans devoir passer par la touche Ok, c’est encore plus rapide.
Je suis moins fan de la position de la touche de visualisation des photos. Idéalement placée sur un reflex, l’œil quittant le viseur pour voir les photos, elle est du mauvais côté pour moi sur l’hybride. En effet le viseur électronique permet de voir la photo faite sans que l’œil n’est à quitter le viseur,. Appuyer sur cette touche à gauche nécessite de bouger la main gauche qui soutient l’objectif, un mouvement peu pratique. Positionnée à droite, cette touche tomberait naturellement sous le pouce.
Les deux touches de fonction Fn1 et Fn2 situées en face avant sont plus ergonomiques que sur les reflex. De forme rectangulaire, je les trouve plus accessibles. J’émets une réserve pour la touche Fn2 : pensant à un problème de firmware face à une molette inactive, j’ai vite réalisé que mon petit doigt appuyait sur cette touche par inadvertance, bloquant le réglage associé à la molette. Mieux vaut garder les doigts de la main gauche serrés pour éviter cet effet de bord.
Test Nikon Z7 : les touches de fonctions sur la face avant et la molette frontale
La molette supérieure gauche n’appelle aucune remarque, elle est efficace et son système de verrouillage central évite qu’elle ne tourne lorsque vous rangez le boîtier dans le sac, c’est bien vu et un autre des héritages Nikon.
Le petit écran supérieur du Nikon Z7 est le bienvenu pour afficher un rappel des informations de prise de vue (temps de pose, ouverture, ISO) de même que le niveau de batterie, le mode de déclenchement sélectionné et le nombre de vues restantes.
Cet écran évite de devoir porter l’œil au viseur ou d’allumer l’écran arrière, c’est autant de gagné en autonomie. Sa taille réduite lui permet de ne pas occuper trop de place sur ce boîtier compact. Il s’avère plus lisible dans l’obscurité que celui des reflex et ne nécessite pas d’allumer l’éclairage de bord.
Test Nikon Z7 : Viseur électronique
Ah, le viseur électronique ! Il a déjà fait couler beaucoup d’encre (et de salive) tant la visée optique est ancrée dans les esprits. Sans chercher à convaincre personne, je ne peux dire qu’une chose : essayez.
Le viseur du Nikon Z7 est généreux, bien plus que sur un hybride APS-C par exemple, avec un niveau de détail à la hauteur des meilleurs viseurs EVF du moment (EVF : Electronic View Finder).
Voici un aperçu approximatif en vidéo de ce que vous pouvez voir dans le viseur. Notez la possibilité de viser en noir et blanc (rappel : le viseur affiche une image réelle) comme d’utiliser la loupe électronique pour affiner la mise au point en manuel.
La luminosité et le rendu colorimétrique de ce viseur sont ajustables via les menus. Je n’ai pas eu à toucher à la luminosité, le réglage automatique me convient donnant une visée proche de ce que je voyais avec mes yeux. Gardez en tête que le viseur affiche une image réelle, tenant compte du Picture Control choisi et des réglages comme la correction d’exposition.
Avoir l’affichage direct du rendu colorimétrique et de l’exposition est un avantage des hybrides, cette fonction pouvant toutefois être désactivée si vous préférez disposer d’une visée plus proche de l’optique.
Contrairement à la visée optique immédiate par définition, ce viseur s’initialise au démarrage du boîtier. Il reste néanmoins rapide avec moins d’une seconde pour être opérationnel. L’ajustement de la luminosité peut nécessiter quelques dixièmes de seconde supplémentaires selon la scène cadrée. Pour accélérer cette mise en route j’ai laissé le boîtier allumé pendant mes séances, l’autonomie n’en souffre pas trop (voir plus bas).
En soirée, quand la lumière manque, ce viseur permet de « voir clair » sans montrer de scintillements désagréables à l’œil. Bien que porteur de lunettes, je n’ai pas éprouvé de fatigue oculaire particulière après plusieurs heures d’utilisation. Le correcteur dioptrique m’a permis d’adapter la netteté du viseur à ma vue tout comme sur mon reflex, le dégagement oculaire important s’avère un atout si vous avez des lunettes aussi.
Autre particularité du viseur EVF, c’est le temps de réaction lorsque vous bougez rapidement le boîtier, pour un filé par exemple. L’électronique doit suivre pour afficher une image le plus « temps réel » possible. Le viseur du Nikon Z7 s’en sort bien, au niveau des meilleurs là-aussi. J’ai pu comparer avec un viseur optique (Nikon D750), un viseur hybride (Fujifilm X-Pro2) et ce viseur Nikon Z7. Pas de différence visible : un balayage horizontal rapide génère le retard habituel des viseurs électroniques, avec très peu de décalage toutefois par rapport à la visée optique Nikon. Ce n’est en aucun cas gênant pour suivre le sujet.
Test Nikon Z7 : Autofocus et suivi de la mise au point
L’autofocus du Nikon Z7 fait parler de lui car il diffère de celui d’un reflex Nikon. Les modules autofocus des premiers hybrides s’avéraient lents et parfois imprécis. Les modules récents, toutes marques confondues, sont bien plus réactifs et celui du Nikon Z7 l’est particulièrement grâce à l’utilisation conjointe de la détection de phase et de la détection de contraste (comme sur un reflex, via les collimateurs centraux).
Réactivité
J’attends d’un autofocus qu’il trouve le point très vite et le garde. Lors de ce test Nikon Z7, j’ai soumis l’autofocus à différentes situations, du sujet parfaitement immobile en pleine lumière à la plante qui oscille avec le courant d’air en soirée. Ce module AF est au niveau de celui des reflex. La mise au point est immédiate dès l’appui sur le déclencheur. En passant d’un sujet proche à un sujet lointain, la correction se fait très vite, avec les optiques Nikon Z comme avec les optiques AF-S équipées de la bague FTZ.
La précision de l’autofocus peut varier en fonction de la taille de la zone de détection sélectionnée. La plus petite taille peut créer quelques imprécisions selon le contraste de la scène et la nature du sujet. Mieux vaut l’agrandir dans ce cas.
De même j’ai trouvé que l’autofocus hésitait plus fréquemment en basse lumière, le niveau de détection calé à -1IL sur le Nikon Z7 mériterait de passer à -2Il comme sur le Nikon Z6 (le test du Nikon Z6 à venir permettra de vérifier ce point).
Mise à jour : Le firmware 2.0 apparu en mai 2019 améliore toutefois beaucoup la détection en basse lumière.
5 tailles de zone de détection différentes sont disponibles, de la plus grande couvrant la presque totalité du champ à la plus petite à peine visible dans le viseur parfois.
Suivi AF
C’est sur le suivi AF que l’on attend les Nikon Z, Nikon nous ayant trop bien habitués avec les reflex. C’est d’autant plus critique que le Nikon Z7 ne dispose pas du suivi 3D, bien qu’il dispose de la détection de visage et du suivi du sujet classique.
Mise à jour : le firmware 2.0 sorti en mai 2019 et donc non disponible au moment de ce test apporte la détection de l’œil Eye-AF qui facilite encore un peu plus le suivi de la mise au point pour les portraits.
Le nombre d’opérations à traiter pour assurer la mise au point sur 493 collimateurs impose des contraintes de calcul fortes au processeur Expeed 6. Le Nikon Z6 avec 273 collimateurs « seulement » et un seuil de détection de -2 Il (-1 Il sur le Z7) pourrait s’en sortir un peu mieux, cela reste à tester.
Le comportement de ce module AF surprend lors des premières utilisations, lorsque vous suivez un sujet en mouvement vous pouvez penser qu’il perd le point entre deux photos. J’ai tenu à vérifier cela sur plusieurs séries de photos dont un manège pour enfants tournant à deux mètres de moi.
J’avais parfois l’impression que le Nikon Z7 perdait la mise au point et pourtant toutes les photos sont nettes. Attention donc à ne pas porter un jugement trop rapide sur les performances, analysez vos images.
Test Nikon Z7 : l’autofocus sur sujet en déplacement rapide
la mise au point est calée sur l’objectif de l’appareil photo de Donald
24-70mm f/4 @ 70mm – 1/320ème – f/5.6 – 400 ISO cliquez sur la photo pour la voir dans sa taille native
Le suivi de visage détecte et accroche très vite tout comme le mode AF-C avec zone de détection automatique. Dans ce mode, vous calez le collimateur central de la zone à 9 collimateurs sur le sujet qu’il faut suivre avec le joystick s’il se déplace hors de la zone (c’est la limite de ce mode). L’autofocus utilise un des collimateurs adjacents si le sujet échappe au collimateur central.
Par expérience, je n’ai pas obtenu la même souplesse qu’avec le suivi 3D d’un reflex Nikon qui évite de déplacer le groupe de collimateurs manuellement. Plutôt que de deviser trop longtemps sur ces différents modes, j’ai préféré analyser les photos faites pour voir si la netteté était au rendez-vous (c’est quand même le but). J’ai le même taux de réussite qu’avec mon reflex (reportage lors d’un défilé de mode). Le même aussi sur tous les sujets en mouvement lent.
Je n’ai pu évaluer la précision de cet autofocus sur un spectacle de danse en très basse lumière (ma spécialité mais la saison n’a pas commencé), c’est l’exercice qu’il me reste à faire pour valider la pertinence de ce module.
Test Nikon Z7 : sensibilité et dynamique, stabilisation
Montée en sensibilité
Le capteur du Nikon Z7 fait-il aussi bien en sensibilité que celui du Nikon D850 ? La question est sur toutes les lèvres avant que la même ne soit posée pour le Nikon Z6 quand il va arriver face au Nikon D750.
La série de photos ci-dessous est faite avec le Nikon Z7 et le Nikon Z 35 mm f/1.8 S. J’ai changé le temps de pose pour avoir la sensibilité correspondante. L’ouverture f/8 est fixe, la balance des blancs est en automatique.
64 ISO à 3.200 ISO
Les images tests montrent une belle réaction du capteur entre 64 et 3.200 ISO, fort heureusement d’ailleurs puisqu’il s’agit de valeurs désormais courantes. Passez la souris de votre ordinateur sur l’image ci-dessous pour faire défiler le diaporama.
La montée du bruit numérique reste très discrète entre 1.600 et 3.200 ISO. Les résultats sont les mêmes que ce que j’ai pu observer avec le D850. Le lissage du fichier JPG est pratiquement inexistant, il faut passer en affichage 1:1 pour l’apercevoir.
6.400 ISO
A 6.400 ISO, valeur limite entre le bon et l’acceptable sur de nombreux boîtiers, le bruit commence à apparaître en affichage 100%. C’est le lissage du JPG qui s’avère le plus visible, sur les détails fins en particulier. Les images en JPG natifs restent utilisables tandis que le post-traitement des fichiers RAW permettra d’optimiser les résultats.
12.800 ISO
A 12.800 ISO le bruit se voit très nettement sur un JPG affiché dans des dimensions classiques (par exemple 1024 pixels à l’écran). L’aspect granuleux n’est pas désagréable mais le lissage appliqué par le boîtier sur le fichier JPG est très visible. Bien exposées, les images sont utilisables après post-traitement logiciel (Lightroom Classic CC, DxO PhotoLab, Capture One Pro …).
25.600 ISO
25.600 est la limite à ne pas dépasser pour produire des photos encore exploitables mais présentant un niveau de bruit très visible. Le lissage du JPG est important rendant les images peu agréables à l’œil. Le recours au post-traitement est impératif pour récupérer une image de meilleure qualité.
Ce test du Nikon Z7 montre un niveau de performance équivalent à ces sensibilités face au Nikon D850, ce qui est déjà très bien.
51.200 ISO
Cette sensibilité est atteinte en poussant le réglage d’ISO à +1 au-delà de la valeur seuil de 25.600 ISO. Le niveau de bruit est important, une coloration peu agréable apparaît dans les aplats de couleurs et le lissage du JPG dégrade fortement la finesse des détails.
L’image JPG est peu exploitable hors usages web limités. Le post-traitement permettra de faire un peu mieux mais c’est une valeur sur laquelle il ne faut pas compter pour sortir des images propres.
102.400 ISO
A 102.400 ISO nous flirtons avec les extrêmes. Le bruit est excessivement visible, le lissage du JPG le rend inexploitable au-delà des petits formats web. Les logiciels de post-traitement actuels auront fort à faire pour améliorer ces images. Nous sommes aux limites du capteur et, probablement, de cette technologie de capteur.
Note : j’ai fait plusieurs tests en modifiant la définition des fichiers RAW comme JPG de 45 Mp à 25,6 et 11,4 Mp afin de vérifier s’il y avait un impact sur la montée en sensibilité. Je n’ai constaté aucune différence visible à l’œil. Il me reste à tester le Nikon Z6 et ses 24 Mp pour vérifier s’il permet de gagner une valeur ISO face au Z7 comme sa fiche technique l’indique.
Dynamique du capteur
La dynamique d’un capteur est au moins aussi importante que sa capacité à monter en ISO. Pouvoir encaisser des basses et hautes lumières tout en gardant du détail dans les deux zones est primordiale. Dans le cas de scènes à très fort contraste, en pleine journée comme en spectacle avec des éclairages ponctuels, une grande dynamique permet de produire des images détaillées dans les ombres et les zones claires.
Il est difficile de faire ce test sans un équipement de mesure adapté, aussi je me contenterai de vous donner mon ressenti.
Lors de ce test Nikon Z7 j’ai fait plusieurs séries de photos en pleine lumière, en contre-jour, afin de voir ce que je pouvais tirer d’un JPG natif et ce que je pouvais récupérer dans Lightroom à partir du RAW.
En JPG le résultat est très satisfaisant et sensiblement le même que ce que j’ai pu obtenir avec le D850. Les hautes lumières, par exemple dans les ciels, conservent du détail sans que les zones d’ombres ne soient bouchées. Le Nikon Z7 expose bien, conservant aux ciels très lumineux leurs couleurs. L’apparente surexposition des zones les plus claires est gérable en post-traitement RAW et permet de récupérer des détails. Un réglage fin du boîtier en JPG permettra d’optimiser encore le résultat.
Stabilisation
Le Nikon Z7 met en œuvre un système de stabilisation intégré au boîtier (IBIS – In Body Image Stabilization) à la différence des reflex de la marque ayant toujours privilégié la stabilisation Nikon VR dans les optiques. Sur le Nikon Z7 (et le Z6) la stabilisation joue sur 5 axes avec les optiques Z, 3 axes avec les optiques AF-S stabilisées qui apportent leur propre stabilisation complémentaire et 3 axes uniquement pour les optiques non stabilisées.
En pratique l’avantage est à l’hybride qui permet de stabiliser toutes les optiques compatibles, même les plus anciennes, et de favoriser les optiques AF-S stabilisées lorsque vous utilisez la bague FTZ.
Avec le zoom 24-70 mm f/4 à 70 mm j’ai pu descendre au 1/20 sec. sans constater aucun flou de bougé. Quelques photos faites avec des temps de pose plus longs restent exploitables, ce qui est une belle performance pour un capteur de 45 Mp très exigeant envers les micro-mouvements.
Avec le 50 mm f/1.8 AF-S non stabilisé, le score est très honorable aussi puisque j’ai pu faire une série de photos parfaitement exploitable avec des temps de pose de l’ordre de 1/6 ème de sec.
J’ai utilisé le zoom Nikon Z 24-70 mm f/4 S et le Nikon Z 35 mm f/1.8 S pour ce test Nikon Z7, le 50 mm n’étant pas encore disponible.
Zoom Nikon Z 24-70 mm f/4 S
Ce zoom à ouverture f/4 propose la plage de focale traditionnelle du zoom de reportage, et en attendant l’arrivée du zoom équivalent à ouverture f/2.8 l’an prochain, ce f/4 s’avère idéal. Compact et léger, il participe à la bonne prise en main de l’ensemble objectif-boîtier hybride.
Court dans sa position de transport, verrouillable, il s’allonge progressivement de 24 à 70 mm sans devenir pour autant aussi encombrant qu’un megazoom reflex type 28-200 ou même 18-105. Proposé à un tarif très compétitif de 600 euros en kit avec le boîtier, c’est un excellent compromis si vous ne voulez pas dépenser plus tout en bénéficiant de performances largement supérieures à celles des zooms reflex de milieu de gamme.
La bague personnalisable peut se voir affecter plusieurs des fonctions du boîtier, comme le contrôle de l’ouverture à la manière des bagues de diaphragme de certains objectifs. Notez que la valeur d’ouverture est alors réinitialisée lors de l’extinction du boîtier.
Les résultats à toutes les ouvertures sont étonnants pour un zoom f/4 de ce prix. Seule l’ouverture maximale f/4 s’avère un peu plus molle, les images restant parfaitement exploitables. Dès f/5 le piqué s’avère excellent jusqu’à l’ouverture minimale f/22.
Le zoom Nikon Z 24-70 mm S est l’objectif de choix pour ce Nikon Z7 (comme pour le Nikon Z6), son tarif en kit en fait un incontournable.
Nikon Z 35 mm f/1.8 S
La focale 35 mm est idéale en reportage, en photo de rue, autant de situations pour lesquelles l’hybride s’avère plus discret que le reflex.
La qualité des images produites, l’absence de distorsion visible en périphérie des images (un des bénéfices de la monture Z), la prise en main avec une bague très large … font de ce 35 mm f/1.8 un des meilleurs 35 mm qu’il m’ait été donné de tester.
Certes il coûte plus cher qu’un Nikon AF-S 35 mm f/1.8, il est plus long mais quelle différence ! Les opticiens Nikon sont partie d’une feuille blanche pour créer les optiques Z et bien leur en a pris, ce 35 mm est une vraie réussite.
avec les optiques Nikon AF-S
Les optiques Nikon AF-S (et AF-P) sont compatibles avec le Nikon Z via la bague d’adaptation FTZ (F to Z). Cette bague permet de monter l’objectif et de conserver l’autofocus, ce qui n’est pas le cas des anciennes optiques AF et AF-D qui n’ont pas de motorisation intégrée.
La bague FTZ est un adaptateur mécanique et électronique, elle ne comporte aucune lentille. Le couplage est immédiat avec les optiques pour Nikon F. Focale, ouverture et distance de mise au point sont bien évidemment reconnues et pilotées par le boîtier.
A l’usage, la seule différence entre les Nikon Z et les Nikon AF-S c’est l’initialisation nécessaire au démarrage du boîtier. Immédiate sur les Nikon Z, elle demande quelques dixièmes de seconde sur les F en raison, probablement, des différences de fonctionnement de l’autofocus.
Une fois couplées, les optiques AF-S fonctionnent comme sur les reflex, la réactivité est la même, le résultat en terme de qualité d’image est identique, les contrôles d’ouverture et de mise au point via le boîtier en tous points identiques également.
Test Nikon Z7 : la bague FTZ avec le zoom Nikon AF-S 70-200 mm f/2.8
La seule différence visible reste la bague FTZ qui ajoute 28 mm à la longueur totale de l’optique F. C’est très visible sur un 35 mm AF-S, très peu sur un 70-200 mm f/2.8, pas du tout sur un 200-500 mm.
Cette bague dispose d’un pas de vis standard qui permet de fixer un trépied ou monopode, l’équilibre de l’ensemble boîtier-objectif est alors optimisé (et la semelle du boîtier protégée si l’objectif est lourd).
Test Nikon Z7 : Autonomie
Fort décriée lors de l’annonce des Nikon Z, l’autonomie du Nikon Z7 est loin d’être celle donnée par les tests CIPA et que Nikon se doit de reprendre dans ses fiches techniques.
Les tests CIPA donnent une autonomie de 330 vues pour le Nikon Z7. Cette valeur théorique est calculée à partir du protocole de test des appareils reflex dont le mode de consommation électrique diffère de celui des hybrides. Un reflex consomme plus au démarrage qu’en fonctionnement normal. Un hybride consomme en continu puisque son viseur est électronique. Le processeur est plus sollicité pour effectuer les opérations nécessaires au fonctionnement de l’autofocus (420 millions d’opérations par secondes, source Nikon).
Au final, l’autonomie réelle d’un Nikon Z7 est bien supérieure à la valeur théorique. Après avoir passé une journée à faire des photos, avec le viseur EVF, contrôle sur l’écran arrière, défilement des menus, utilisation de l’écran tactile et autres manipulations relatives au test, j’ai pu faire 505 photos avec 72% de batterie, soit près de 700 photos pour une pleine charge. Lors d’une autre longue session j’ai dépassé le cap des 300 photos avec 33% de batterie utilisés. La limite réelle est donc plus proche des 800 à 900 photos selon l’utilisation que vous ferez du boîtier.
La présence de l’écran de rappel supérieur limite l’utilisation de l’écran arrière, l’extinction automatique du viseur EVF dès que vous reculez votre œil participe également. Je n’ai par contre noté aucune élévation de température du boîtier, y compris en mode AF-C et rafale, ce qui n’est pas le cas de certains autres modèles. Ceci participe aux bons résultats car le capteur ne subit pas l’élévation de température du châssis.
Test Nikon Z7 : pour qui et quels usages ?
Voici une liste non limitative (et personnelle) d’usages pour ce Nikon Z7, ainsi que les points qui doivent vous interpeller si vous envisagez de changer de boîtier pour l’hybride Nikon.
Le Nikon Z7 peut vous intéresser si …
Vous avez déjà un parc optique compatible Nikon F et ne souhaitez pas tout changer
Vous cherchez un ensemble plus léger et compact qu’un reflex expert-pro
Vous faites du reportage, du studio, du portrait, du paysage
Vous avez besoin d’une gamme d’optiques étendue, de l’ultra grand-angle au super téléobjectif
Vous souhaitez passer de l’APS-C au plein format
Le Nikon Z7 va moins vous intéresser si …
Vous faites principalement des photos d’action et de sport
Vous n’avez aucun objectif compatible Nikon F
Vous avez déjà un reflex pro D850
Vous ne faites que de la vidéo pro
Vous n’avez pas besoin de la haute définition à 45 Mp
Vous ne voulez investir que dans des optiques Nikon Z et avez besoin de différents modèles
Vous ne jurez que par le double emplacement pour cartes et ne pouvez vivre sans
Test Nikon Z7 : ma conclusion
Nikon a pris au Nikon D850 ce que ce reflex expert-pro a de meilleur (définition, performances, construction, ergonomie) pour proposer un Nikon Z7 aux performances équivalentes dans un châssis plus léger et plus compact.
Le principe de fonctionnement de cet hybride impose des contraintes et limites, tout comme la visée reflex en impose au D850. Au final Nikon livre une première déclinaison de ses hybrides plein format qui ne manque pas d’intérêt.
Tout ce qui fait l’attrait du D850 se retrouve dans le Nikon Z7. Lors de ce test Nikon Z7 j’ai pu faire les mêmes images que j’aurais faites avec le D850, avec le même taux de réussite. La prise en main est immédiate, la navigation dans les menus, bien qu’aussi fastidieuse que sur un reflex, ne déroute pas.
La visée électronique s’avère une des meilleures du marché, l’écran arrière tactile est suffisamment grand et lisible en plein jour, inclinable il ne permet toutefois pas l’orientation vers l’avant.
La réactivité et la précision de l’autofocus font de ce Nikon Z7 un excellent boîtier de reportage capable de capturer des scènes d’action. Les reflex les plus performants de la gamme Nikon gardent une longueur d’avance en matière de photos sportive pour laquelle l’autofocus de l’hybride s’avère encore un cran en retrait (pas de suivi du sujet, pas d’AF groupe).
La qualité des images délivrées, la montée en sensibilité, la dynamique du capteur font de ce Nikon Z7 un hybride performant qui n’a rien à envier à la concurrence tant interne (reflex Nikon) qu’externe (hybrides Sony en particulier). La compatibilité avec la monture Nikon F est un avantage indéniable si vous possédez déjà des optiques pour Nikon.
Le positionnement tarifaire du Nikon Z7, boîtier nu, le place en concurrence directe avec l’hybride Sony A7R III. Le Nikon Z7 a pour lui une meilleure couverture AF (90% vs. 68% du cadre), la détection Eye-Af apparue avec le firmware 2..0 en mai 2019 et une grande compatibilité avec le parc optique Nikon F existant.
Au final Nikon ne manque pas son arrivée dans le monde de l’hybride plein format, propose un Nikon Z7 performant et des optiques au niveau des prétentions du boîtier. Un bilan plus que satisfaisant tant l’attente fût longue.
Prise en main et premier test du Nikon Z7 et des photos
Le Nikon Z7 est le nouvel hybride phare de la gamme Nikon Z. J’ai pu l’utiliser pendant une journée lors de sa présentation aussi je vous propose cette première prise en main, la plupart des observations (hors capteur) s’appliquant à la déclinaison 24 Mp qu’est le Nikon Z6. Vous pouvez consulter le test du Nikon Z 7 complet effectué sur un modèle de série.
prise en main – test du Nikon Z7
en arrière-plan le boîtier équipé de la bague FTZ et d’une optique Nikon AF-S
Première prise en main / test du Nikon Z7, contexte
J’ai eu l’opportunité de prendre en mains le Nikon Z7 lors de l’événement de lancement de ce nouveau système hybride sans miroir Nikon. Après avoir parlé des différences entre hybride et reflex voici mes premières impressions sur le Nikon Z7 présenté dans un précédent sujet.
Lors de ce premier test du Nikon Z7 je n’ai pas pu tester le boîtier tel que je le fais d’habitude, mais j’ai pu faire des photos en conditions terrain avec le zoom Nikon Z 24-70mm f/4 et le Nikon Z 35mm f/1.8 S.
J’ai rapporté quelques images de cette séance, JPG et RAW. Les fichiers RAW, bien que supportés par Lightroom Classic CC via conversion DNG préalable, feront l’objet d’un prochain article car je ne peux pas utiliser mon protocole de test habituel qui me permet de traiter le NEF directement.
Les photos présentées ici sont des JPG boîtiers natifs dont la taille est réduite pour les besoins de la publication mais qui n’ont subi aucun traitement particulier.
Le Nikon Z7 était équipé du firmware 1.0, il s’agissait d’un des premiers modèles de série.
le Nikon Z7 équipé du zoom 14-30mm f/4 S (mockup)
zoom Nikon Z 24-70mm f/2.8 S (mockup, à gauche) Nikon Z 58mm f/0.95 S Noct (mockup, au fond)
Ergonomie et prise en main
C’est ce qui surprend le plus avec le Nikon Z7 : si vous utilisez déjà un reflex Nikon, prendre en main le Z7 et retrouver les différents réglages ne prend que quelques secondes. Pas de doute, nous sommes bien chez Nikon, les menus, l’écran arrière, les commandes supérieures, tout est identique ou proche et je me suis senti chez moi très vite.
Quelques minutes m’ont suffit pour configurer le boîtier comme j’en ai l’habitude avec mon reflex. J’avais alors dans les mains un Nikon réagissant de la même façon que celui que j’utilise couramment, c’est appréciable.
Le Nikon Z7 est plus compact et léger qu’un reflex plein format. C’est surprenant au début mais un poids moindre et un encombrement réduit, ce n’est pas pour me déplaire.
Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
70mm – f/16 – 1/15sec. – 1.600 ISO
L’ensemble boîtier + 24-70mm f/4 S tient bien en main et s’avère très équilibré. Le faible gabarit du boîtier pourrait laisser penser que l’objectif va pencher vers l’avant, il n’en est rien. L’encombrement des zooms à venir (voir illustration ci-dessus), réduit lui-aussi, ne devrait donc poser aucun problème. La différence avec le couple D750 + AF-S 24-70mm f/2.8 est sensible, je me suis senti beaucoup plus mobile avec le Nikon Z7.
J’ai moins apprécié le fait que la bague du zoom 24-70mm f/4 nécessite d’être tournée pour que le boîtier soit opérationnel. En effet, le blocage de cette bague permet d’éviter que le zoom ne se déploie quand il est penché vers le bas, à la façon du bouton de verrouillage des 18-55mm. Ce verrouillage permet aussi de raccourcir la longueur du zoom à sa valeur minimale pour ranger l’ensemble dans un sac photo pendant le transport. J’ai vite laissé le zoom en position 24mm pour éviter d’avoir à le déverrouiller pendant que je faisais des photos, il est alors un peu plus long mais c’est gérable.
A la différence des optiques Nikon F, la bague des optiques Nikon Z est paramétrable : elle peut se voir affecter une des fonctions du boîtier au même titre que les touches Fn. Je lui ai attribué le réglage d’ouverture, ce qui m’a permis de changer cette dernière en tournant la bague sans avoir à utiliser la molette habituelle. C’est une façon de retrouver la bague de diaphragme sur des optiques qui en sont dépourvues.
Sachez toutefois que cette bague tourne aisément et qu’ainsi programmée la valeur du diaphragme varie très vite (la bague n’est pas crantée) et repasse à sa valeur par défaut lorsque le boîtier est mis en position Off. Il y a peut-être une configuration à changer dans les menus mais je n’ai pas pris le temps de la chercher.
Autofocus
Il est attendu au tournant. Le nouveau module autofocus à détection de contraste et de phase du Nikon Z7 se doit de faire aussi bien si ce n’est mieux que le module à 153 collimateurs par détection de phase des Nikon D5, D500 et D850.
Ces deux modules diffèrent en plusieurs points. L’un ne couvre pas l’intégralité du champ (reflex) tandis que l’autre couvre 90% du champ (hybride).
L’un dispose du suivi 3D (reflex), l’autre non mais il sait suivre un visage et passer de l’un à l’autre s’il y en a plusieurs dans le champ.
J’ai pu vérifier que ce nouvel autofocus réagit très vite pour faire le point sur les sujets statiques ou en déplacement lent. Il s’avère précis et silencieux, c’est le moins que l’on puisse en attendre mais il le fait (constat fait avec le premier firmware du Nikon Z 7 mis à jour depuis).
Test du Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
45mm – f/6.3 – 1/80sec. – 6400 ISO
Avec les sujets en mouvement rapide et imprévisible, en mode de mise au point continue AF-C, le Nikon Z7 suit le sujet tout aussi vite que le reflex. La précision de la mise au point est alors liée à la focale et la distance au sujet.
A 2m environ, avec une ouverture de f/4 (nous étions dans une salle peu lumineuse), le résultat est satisfaisant. Quelques photos manquent de netteté mais je n’aurais pas eu un pourcentage bien plus élevé avec mon reflex. De plus je n’avais pas encore pris le temps de vérifier chacun des réglages fins de l’autofocus configuré par défaut. Je ne doute pas de pouvoir obtenir de meilleurs résultats une fois ces réglages spécifiques assimilés et appliqués (j’ai l’habitude d’utiliser le suivi 3D qui n’existe pas sur le Nikon Z7).
Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
53mm – f/4 – 1/320sec. – 6400 ISO
Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
37mm – f/4 – 1/320sec. – 6400 ISO
Réactivité
Un appareil photo se doit d’être réactif. Cela va de soi mais tous ne le sont pas, et passer d’un menu à l’autre ou enchaîner les photos en mode rafale peut amener parfois certaines lenteurs désagréables.
Je n’ai rien constaté de tel avec le Nikon Z7. La navigation dans les menus est fluide, la bascule entre les différents modes d’affichage du viseur et de l’écran arrière aussi. En mode rafale le processeur Expeed 6 et la carte XQD font leur boulot, ça dépote !
Carte XQD
La carte, parlons-en. Un slot unique, le format XQD, Nikon a fait un choix bien atypique.
Le format XQD c’est l’obligation de devoir investir dans un lecteur XQD, oubliez le transfert par câble USB avec un capteur de 45Mp, c’est loin d’être rapide et fiable. Si vous utilisez un Nikon D5 ou D850, vous avez déjà le lecteur, il y a moindre mal.
Le tarif des cartes XQD est plus élevé que celui des cartes SD pros. Comptez 170 euros pour une carte XQD 64Go 400Mb/sec et 120 euros pour une carte SD 64Go 300Mb/sec. Le tarif des cartes XQD devrait toutefois baisser si le volume de ventes augmente et, surtout, si d’autres fabricants que Sony se lancent. Le support du format CF-Express par les Nikon Z7 et Z6 est une bonne chose, ces cartes qui arrivent bientôt devraient changer la donne (en savoir plus).
Une fois ces désagréments digérés, il est indéniable que la carte XQD est très rapide. C’est un support plus fiable à mon sens que la carte SD plus fragile (et facile à perdre) et le taux d’erreurs avec les XQD est plus faible (selon les retours des photographes pros avec lesquels j’échange).
Les performances des cartes XQD permettent de compenser la faible capacité du buffer sur le Nikon Z7 : la carte écrit plus vite, le buffer se vide plus vite, je n’ai pas noté de ralentissement sur une rafale de plusieurs dizaines de photos, rappelons qu’il s’agit de stocker des fichiers RAW 14bits de 45Mp à raison de 9 par seconde, quand même.
Test du Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
41mm – f/4,5 – 1/200sec. – 6400 ISO
Autonomie
L’autre sujet qui fâche. Si l’on en croit la fiche technique, la consommation électrique des Nikon Z entraînerait une baisse de l’autonomie limitée à 350 photos.
J’emploie le conditionnel car les valeurs données par Nikon sont celles des tests CIPA qui font référence. Mais … d’une part ces tests sont conçus pour les reflex alors que les hybrides consomment l’énergie différemment (capteur, viseur). D’autre part en conditions de test et en utilisant souvent l’écran arrière j’ai pu faire 505 photos dans la journée en ayant encore 28% de batterie. Un calcul simple laisse envisager une autonomie de 700 photos en conditions de test soit 800 à 900 en conditions de prise de vue plus classique (les miennes tout au moins, sans écran arrière mais en AF-C).
Disposer d’une seconde batterie devrait vous éviter tout problème, c’est ce que je fais depuis plusieurs années avec mes hybrides et je ne suis jamais tombé en panne sèche.
Viseur électronique
Il a déjà fait parler de lui ce viseur. Certains y voient le diable qui transforme la réalité et use les yeux à coups de lumière bleue, d’autres y voient l’avancée qui va permettre de photographier autrement.
Je fais partie de la seconde catégorie. Pour utiliser des viseurs électroniques depuis trois ans, je ne reviendrais jamais en arrière. D’autant plus que le viseur du Nikon Z7 (et du Nikon Z6, c’est le même) est d’un confort rare (je pèse mes mots).
Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
24mm – f/13 – 1/13sec. – 3200 ISO
La visée est claire et lumineuse, c’est le moins que ce viseur puisse faire, mais l’image est aussi piquée et contrastée. Ni trop, ni trop peu. Les tests à venir me permettront de le vérifier plus en détail mais j’ai trouvé ce viseur encore plus agréable que ceux que j’utilise au quotidien (il y a un X dans le nom …).
Le viseur du Nikon Z7 est surtout plus généreux et ça c’est une bonne surprise. Vous voyez la différence qu’il y a entre un viseur de reflex APS-C et un viseur de reflex plein format ? C’est l’idée.
L’impression première est très favorable et après quelques minutes d’utilisation la nature électronique de ce viseur ne se fait pas sentir (et la fatigue oculaire non plus).
Je ne reviendrai pas ici sur les avantages de la visée électronique par rapport à la visée optique (j’en ai parlé ici), j’ajouterai juste que le taux de rafraîchissement de ce viseur (60 im/sec.) est suffisant pour photographier un combat d’art martiaux sans constater de défaut particulier. Pour les filés, laissez-moi le temps de tester plus longuement.
Test du Nikon Z7 : dynamique du capteur
Le capteur 45Mp du Nikon Z7 diffère de celui du Nikon D850. Nikon ne communique ni le nom du sous-traitant qui le fabrique (avec des steppers Nikon), ni ce qui différencie ce capteur, si ce n’est qu’il sait gérer l’autofocus contrairement à celui du D850.
Il serait peu pertinent de tirer une conclusion définitive sur la dynamique de ce capteur sur la base de quelques images JPG. Je note toutefois des qualités indéniables à encaisser les très hautes et très basses lumières et à rendre du détail dans les deux.
Test du Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
24mm – f/4 – 1/15sec. – 20.000 ISO
Nikon Z7 + Nikon Z 35mm f/1.8 S
f/16 – 1/250sec. – 200 ISO
Sur cette seconde image faite en contre-jour, le capteur encaisse la lumière directe du soleil en restituant du détail dans les zones sombres (le pont) comme les zones claires (les nuages). Le post-traitement d’une telle image sur la base du fichier RAW devrait permettre d’atténuer les écarts et de renforcer le niveau de détail dans les deux zones.
Bruit numérique
Le niveau de bruit relevé à haute sensibilité sur ces images JPG reste très limité, proche de ce que j’ai pu observer sur le D850 toutefois, la différence ne devrait pas être très élevée.
La série ci-dessous permet de se faire une idée du niveau de bruit dans les hautes sensibilités. Observez en particulier la zone floue au premier plan.
Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
43mm – f/4 – 1/320sec. – 6.400 ISO
Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
43mm – f/4 – 1/400sec. – 12.800 ISO
Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
43mm – f/4 – 1/640sec. – 25.600 ISO
Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
43mm – f/4 – 1/1250sec. – 51.200 ISO
Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
43mm – f/4 – 1/2000sec. – 102.400 ISO
Qualité des images
Se faire plaisir avec un nouveau boîtier c’est bien mais encore faut-il qu’il rende le service attendu. En ce qui me concerne, j’ai besoin d’images bien exposées, avec une dynamique la plus grande possible (écart entre les plus hautes lumières et les plus basses sans perte de détail dans l’image) et – surtout – nettes.
Test du Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
24mm – f/4 – 1/800sec. – 1.600 ISO
Les premières photos faites dans des conditions de prise en main montrent que le résultat est à la hauteur de mes attentes. Je (re)précise qu’il s’agit de JPG natifs et non de RAW traités.
Test du Nikon Z7 avec zoom Nikon Z 24-70mm f/4 S
Le moins que je puisse dire est que ce zoom en impose : je n’ai rien testé d’aussi bon encore dans cette gamme de prix en matière de piqué d’image et de précision en périphérie (j’en ai testé quelques-uns …).
Le Nikon 24-120mm est enterré (mais ça c’est guère étonnant), les 24-85 aussi et seul mon AF-S 24-70 f/2.8 première génération devrait pouvoir jouer la finale, mais je ne le donne pas gagnant d’avance.
Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
70mm – f/16 – 1/80sec. – 1.600 ISO
Agrandissement de l’image précédente
Ce 24-70 f/4 S délivre des images d’une très grande précision, à tel point que le prochain Nikon Z 24-70mm f/2.8 devra être sacrément bon pour justifier la différence de tarif car à 1099 euros le f/4 est déjà très bien placé. Mais à 600 euros en kit c’est cadeau ou presque !
Test du Nikon Z7 avec Nikon Z 35mm f/1.8 S
On en parle ? J’en ai lu des commentaires disant tous « mais pourquoi diable Nikon n’a pas conçu un f/1.4 au lieu de ce f/1.8 ??« .
Vous savez quoi ? Sur les quelques images que j’ai pu faire avec, ce 35mm f1.8 fait très mal à la concurrence. Je parle de concurrence interne, avec les Nikon AF-S 35mm comme de concurrence externe chez Sigma et Tamron.
Nikon Z7 + Nikon Z 35mm f/1.8 S
f/1.8 – 1/640sec. – 200 ISO
Agrandissement de l’image précédente
Vous allez penser que je suis partisan mais si mes tests à venir le confirment, ce dont je ne doute pas, le couple Nikon AF-S 35mm f/1.8 + bague FTZ n’a plus qu’à aller se rhabiller et les autres peuvent trembler.
Inutile de vous dire que j’attends avec impatience le Nikon Z 50mm f/1.8 S que je n’ai pu évaluer encore … Là c’est Zeiss qui va trembler puisque les tests effectués en interne chez Nikon montrent des scores supérieurs au Zeiss 55mm f/1.2, d’autant plus que le Nikon a un zéro de moins dans son tarif.
Test du Nikon Z7 : conclusion temporaire …
Temporaire car il s’agit d’une première prise en main test du Nikon Z7 qui n’a pas pour prétention de donner des conclusions formelles mais plutôt un ressenti au bout de quelques heures d’utilisation sur le terrain.
Bien que j’ai pu utiliser le Nikon Z7 pendant une journée, je n’ai pas pu le faire dans les conditions qui sont les miennes d’habitude. Je vais assurément lui trouver quelques défauts lors du test, mais il va falloir fouiller car le niveau est très élevé.
Visite de l’usine Nikon Sendai au Japon, fabrication des Nikon Z 7 et Z 6 et des photos
L’usine Nikon Sendai … ce nom ne vous dit peut-être rien et pourtant il s’agit de la principale usine Nikon au Japon. Celle qui a fabriqué plusieurs des boîtiers mythiques de la gamme Nikon et fabrique aujourd’hui les Nikon hybrides Z 7 et Z 6 à venir au rythme de 20.000 unités par mois.
Visiter l’usine Nikon Sendai est un privilège qui m’a été accordé lors de mon voyage au Japon à l’occasion du lancement de la nouvelle gamme hybride Nikon Z. Bien que toute photographie et prise de notes soit interdite dans l’usine (il faut laisser son smartphone à l’entrée), j’ai reçu une série de photos faites lors de cette visite par le photographe Nikon habilité.
Vous ne découvrirez aucun secret industriel dans cette série d’images, mais si vous vous posez la question de savoir comment est fabriqué un hybride Nikon Z 7, voici de quoi en savoir plus.
L’usine Nikon Sendai au Japon
L’usine Nikon Sendai : une usine Nikon historique
Bien que la production historique ait lieu depuis toujours au Japon, d’autres usines Nikon sont implantées en Thaïlande, en Chine et au Laos. Pour le Japon qui compte plusieurs sites, l’usine Nikon Sendai située à 360 kilomètres au nord de Tokyo est le lieu de production des « flagships », les boîtiers Nikon qui ont marqué l’histoire de la marque et vont la marquer dans les prochaines années. Tous sont d’ailleurs exposés à l’entrée et … ça fait envie !
Depuis son ouverture en 1971, l’usine Nikon Sendai a fabriqué :
le Nikon EM (début de production 1978),
le Nikon F501 (1985),
le Nikon E2 (1991),
le Nikon F5 (1996),
le Nikon D1, premier reflex numérique Nikon (1999),
Nikon Sendai est une filiale à 100% de Nikon Corp.
Nikon Sendai est aussi le centre d’engineering principal pour Nikon, c’est à Sendai que sont mis en place les process de fabrication pour les autres usines, que sont conçus les prototypes Nikon, les outils et méthodes ainsi que les équipements d’assemblage des modules et de contrôle Qualité.
En 2011 Nikon Sendai a subi les conséquences du tremblement de terre dans cette région du Japon. L’usine a du fermer en raison de dommages majeurs, mais la production a pu reprendre trois semaines plus tard avant de retrouver son rythme initial.
La proximité de Fukushima (80 kilomètres au sud) a imposé à l’usine Nikon Sendai des précautions particulières afin de garantir la parfaite conformité des produits livrés.
Nikon Sendai et les Nikon Z7 et Z6
Comme tous les nouveaux boîtiers Nikon, les Nikon hybrides Z 7 et Z 6 sont fabriqués à Sendai. Leur production ne devrait par contre pas quitter Sendai tout comme celle du Nikon D5, à l’inverse d’autres modèles dont la production est répartie dans les différentes usines du groupe.
Pourquoi Sendai ? Parce que c’est la principale usine de boîtiers Nikon et qu’elle a la maîtrise des process de production. Parce que, aussi, elle se situe à deux heures à peine de Tokyo (avec le train à grande vitesse Shinkansen) et que cela facilite les interactions entre les différents services.
La majeure partie des opérateurs de Nikon Sendai est affectée à la production des Nikon Z 7 et Nikon Z 6. Cette production se fait en plusieurs temps, quatre processus majeurs sont implémentés :
fabrication de la monture Z sur une chaîne spécifique de machines outils,
fabrication de chacun des modules (viseur, capteur, obturateur, etc.) sur des chaînes dédiées,
assemblage des modules sur la chaîne principale par des opérateurs et des robots,
contrôle Qualité en sortie de chaîne d’assemblage avant emballage et expédition.
Les photos ci-dessous illustrent la chaîne de fabrication de la monture Z, commune aux deux nouveaux boîtiers, et celle d’assemblage des Nikon Z 7 en production. L’assemblage des Nikon Z 6 utilisera les mêmes installations et process puisque ce boîtier est presque identique au Z 7.
Nikon Z7 et Nikon Z6 : de l’assemblage et des tests avant le Contrôle Qualité
Nikon ne dévoile pas ses secrets industriels aussi n’attendez pas des photos des différents composants et des secrets de fabrication, ils restent confidentiels.
Toutefois la série de photos ci-dessous vous permet de réaliser comment sont assemblés les Nikon Z 7 par les différents opérateurs et robots. Ceux-ci ne sont pas représentés ici pour des raisons de confidentialité mais sont utilisés pour répondre à des besoins de reproductibilité des opérations et de tests de bon fonctionnement.
La chaîne d’assemblage est située dans une zone sous atmosphère contrôlée, le port de tenues adéquates est obligatoire (pour les visiteurs aussi).
En début de chaîne plusieurs opérateurs assemblent les différentes parties du boîtier telles que le châssis, la face avant, la monture, le tout à l’aide d’un outillage spécialisé et de tournevis électriques permettant d’assurer un positionnement précis et un vissage aux normes des différents composants.
Chaque opérateur est responsable de la bonne exécution des opérations qui lui reviennent, celles-ci sont séquencées à l’aide d’un système dédié (confidentiel).
la monture Nikon Z en cours de fabrication
La monture Z fixée sur chaque boîtier provient d’une chaîne de production distincte comprenant des machines outils et des cuves de traitements et nettoyage.
Plusieurs opérations d’usinage permettent d’aboutir à la version finale tandis que plusieurs autres opérations permettent de produire la pièce utilisable (ces étapes sont confidentielles).
la monture Nikon Z finalisée pendant le contrôle Qualité
Sur la chaîne principale, les opérateurs assemblent les modules en provenance des autres chaînes : le module capteur, le module viseur, le module écran arrière, le module obturateur par exemple.
le capteur des Nikon Z 7 en cours d’assemblage
Chacun de ces modules a été préalablement testé et le sera à nouveau lors de la phase d’assemblage, une fois intégré au boîtier en cours de fabrication.
Certaines phases nécessitent l’utilisation de robots afin de garantir une précision du geste optimale à la cadence requise. Toutefois l’opérateur reste omniprésent tout au long de la fabrication. Il en ressort un sentiment de travail artisanal bien qu’il s’agisse de gestes répétitifs, précision et rigueur sont les maîtres mots.
Les composants électroniques, par exemple la carte mère et l’ensemble processeur Nikon Expeed 6, sont fabriqués par ailleurs et assemblés eux-aussi sur la chaîne principale.
Chaque boîtier fait l’objet d’une attention toute particulière de la part des différents opérateurs qui l’ont en charge.
Toutes les opérations sont tracées et le contrôle Qualité final permet de remonter la chaîne en cas de défaut constaté pour identifier la cause du problème. Cette démarche permet d’ajuster le process de fabrication le cas échéant.
La monture Z est une pièce maîtresse du système Z, son grand diamètre impose un positionnement très précis de même que celui des onze connecteurs qui lui font face côté boîtier.
Le viseur électronique des Nikon Z 7 et Z 6 est un autre composant majeur du système Z. Fabriqué par ailleurs, il arrive sur la chaîne finale par lots et subit un contrôle visuel avant assemblage comme fonctionnel une fois assemblé.
Il s’agit d’un ensemble optique et électronique d’une taille certaine qui impose un positionnement précis. Tout mouvement ultérieur est à exclure, d’où le système de maintien intégré au corps du boîtier.
Plusieurs autres opérations d’assemblage ont lieu à la suite, comme la fixation de l’ensemble obturateur. Celui-ci subit une batterie de tests automatisés dès son montage afin de détecter très vite tout problème.
Si vous pensiez que votre boîtier neuf a zéro déclenchement à l’achat, détrompez-vous, il en a déjà plusieurs centaines !
Une fois les différents modules assemblés et testés, les dernières opérations consistent à finaliser l’assemblage du boîtier en lui ajoutant ses différents capots et sa poignée.
Le contrôle Qualité prend la suite, il consiste en plusieurs vérifications, visuelles comme électroniques, manuelles comme automatisées, et prend presque autant de temps que l’assemblage complet du boîtier.
Un soin tout particulier est accordé au nettoyage du boîtier avant emballage. Cette opération peut paraître futile, elle prend pourtant plusieurs minutes à chacun des opérateurs concernés.
Les Nikon Z 7 prennent ensuite le chemin du service expéditions avant d’arriver chez votre revendeur.
De nombreuses autres informations restent confidentielles, ce qui est parfaitement compréhensible, et je tiens à remercier Nikon Corp. et le management de l’usine Nikon Sendai pour m’avoir permis de faire cette visite commentée et m’avoir fourni ces photos.
Nouveaux Nikon Z 6 et Z 7 hybrides : positionnement, caractéristiques techniques, tarifs et perspectives
Tout vient à point à qui sait attendre. Le nouveau Nikon hybride fait parler de lui depuis plusieurs mois, Nikon nous a dévoilé petit à petit quelques détails d’apparence dont la nouvelle monture pour couper court aux rumeurs. Voici enfin l’annonce officielle et les caractéristiques techniques des deux nouveaux boîtiers Nikon Z 6 et Z 7.
Il s’agit en effet d’une double annonce avec un hybride Nikon Z 7 haute définition et un hybride Nikon Z 6 plus polyvalent, équipés tous les deux de capteurs plein format de 45,7 et 24,5 Mp respectivement.
Ces Nikon Z 6 et Z 7 hybrides sont les deux premiers représentants d’une nouvelle gamme Nikon Z qui va prendre de l’ampleur et compléter la gamme reflex existante. Celle-ci continuera d’évoluer en parallèle afin de répondre aux différents besoins des photographes et vidéastes.
Pourquoi des Nikon Z 6 et Z 7 hybrides ?
Nikon Z 6 et Z 7 : capot supérieur et écran de contrôle droit
Le monde de la photo évolue, les usages évoluent, la technologie progresse. Ce qui n’était guère envisageable il y a une dizaine d’années – un ensemble plein format performant dans un boîtier léger et compact – est désormais possible. Plusieurs constructeurs l’ont bien compris qui proposent des modèles hybrides depuis plusieurs années avec le succès que l’on connaît.
Une question de leadership pour Nikon
comparaison de taille entre les Nikon Z 6 et Z 7 et le reflex Nikon D850
Nikon se devait de réagir, de défendre sa position de leader et d’offrir à ses fidèles utilisateurs une offre complète et cohérente permettant d’accéder à la technologie hybride sans miroir tout en offrant une continuité avec l’existant.
La nouvelle monture Z équipant les Nikon Z 6 et Z 7 hybrides permet ainsi de repousser les limites en matière de captation de la lumière tout en offrant, via une bague d’adaptation dédiée Nikon FTZ, la compatibilité avec les optiques Nikon F pour reflex (voir la présentation des optiques Nikon Z et de la bague Nikon FTZ pour hybrides).
Une question de concurrence
Nikon se devait aussi de proposer une offre au moins égale à la concurrence – Sony pour le plein format – sinon supérieure. A voir les fiches techniques ci-dessous, et pour avoir échangé avec les premiers utilisateurs, force est de constater que Nikon a su mettre à profit sa longue expérience : les deux Nikon Z 6 et Z 7 hybrides annoncés ont de quoi inquiéter la concurrence et réjouir les nikonistes qui attendaient le meilleur de leur marque favorite.
Cerise sur le gâteau, le positionnement tarifaire de ces deux boîtiers et – surtout – de la bague d’adaptation – est tout à fait en phase avec la concurrence et devrait garantir à cette nouvelle gamme un succès au moins égal à celui du récent Nikon D850.
Voici les caractéristiques détaillées des Nikon hybrides, quelques compléments d’informations qui ne sont pas dans les communiqués de presse et mon avis sur ces nouveaux modèles en comparaison avec les reflex équivalents et les hybrides concurrents.
Nikon Z 6 et Z 7 hybrides : positionnement
Une vision à long terme
Nikon Z 6 et Z 7 : face arrière
Le message de Nikon est clair : la marque investit massivement dans une nouvelle monture et une gamme hybride à la hauteur des attentes du marché pour les prochaines années (plusieurs dizaines).
Cette gamme vient compléter la gamme reflex existante comme à venir. Nikon compte occuper une position dominante sur un marché hybride (ou sans miroir) considéré comme le marché principal pour les prochaines années.
Oubliée la première gamme hybride Nikon One (arrêtée définitivement depuis quelques semaines), Nikon a compris le message : la gamme hybride Nikon Z se doit d’être une des plus performantes. Les deux premiers modèles Nikon Z 6 et Z 7 ont de quoi séduire, tant en matière de caractéristiques techniques que de tarif, c’est très bon signe.
Nouvelle monture Z et des optiques Nikkor S
le Nikon Z 7 avec objectif Nikon F 24-70mm f/4
Pourquoi créer une nouvelle monture alors que la monture F historique autorise le plein format ? C’est une question d’optique et de souplesse dans la conception d’objectifs pour des boîtiers dont les exigences diffèrent de celles des reflex.
Avec 55mm de diamètre, la nouvelle monture Nikon Z autorise la conception d’optiques Nikon Z que ne permet pas la monture F. De plus cette dernière a été conçue à une époque où l’autofocus n’existait pas, elle limite les possibilités de couverture du champ tandis que la nouvelle monture autorise une couverture AF bien plus généreuse.
Comparaison des cônes utiles émergents des Nikon reflex à monture F à gauche et des Nikon Z 6 et Z 7 à monture Z à droite
Les 16mm de tirage mécanique de la monture Z favorisent une captation de lumière bien supérieure à ce que permet la monture F. Le grand diamètre permet aux rayons lumineux d’arriver de façon parfaitement horizontale sur le capteur, ce que ne permet pas la monture F. Le cône utile émergent des Nikon hybrides est le plus grand disponible sur un appareil hybride à ce jour.
Cette caractéristique va permettre à Nikon de proposer des optiques Nikon Z dont les performances, à caractéristiques égales, devraient surpasser celles des optiques pour reflex, surtout en grand-angle. Les optiques de la série Z seront plus compactes que les optiques F, plus lumineuses avec une ouverture maximale qui pourra atteindre des valeurs extrêmes comme celle du Nikon Noct 58mm f/0,95 annoncé.
Ces optiques sont aussi plus silencieuses, les onze contacteurs répartis sur la périphérie de la monture permettent un autofocus plus rapide avec une correction temps réel supérieure à celle de la monture F. Il sera ainsi possible de corriger en temps réel la variation de mise au point induite par l’effet de zoom (« breathing »), de même que la variation de focale liée à la variation de mise au point (« wobbling »). Les contrôles supplémentaires permettent de paramétrer, par exemple, la bague de mise au point des optiques compatibles pour tenir compte de la correction d’exposition ou de l’ouverture.
Bague d’adaptation Nikon FTZ pour les optiques F
le Nikon Z 7 avec objectif Nikon F 28mm f/1.4 et bague d’adaptation Nikon FTZ : vue éclatée
le Nikon Z 7 avec objectif Nikon F 28mm f/1.4 et bague d’adaptation Nikon FTZ : vue assemblée
Nikon le savait, il n’était pas question que la nouvelle monture Z n’autorise pas le montage des optiques F. Le tirage mécanique très court des hybrides (16mm) exclut un couplage direct, c’est par le biais d’une bague d’adaptation mécanique à contacts électroniques que vont pouvoir être utilisées les optiques F existantes comme à venir.
Cette bague permet aux optiques F (AF-S et AF-P) de tirer profit de l’autofocus des Z 6 et Z 7 et accélère encore la mise au point si j’en crois la première prise en main.
Nikon a aussi eu le bon goût de proposer cette bague à un tarif compétitif, 150 euros dans la version kit. Cette bague pourrait bien devenir l’accessoire indispensable à posséder avec un Nikon Z 6 et Z 7 hybride et être proposée, on peut l’imaginer, par défaut dans un kit boîtier-objectif.
Caractéristiques techniques des Nikon Z 6 et Z 7
Nouveaux capteurs plein format 45 et 24Mp CMOS rétro-éclairés
le capteur du Nikon Z 7, version 45,7MP
Les deux Nikon Z 6 et Z 7 hybrides utilisent des nouveaux capteurs conçus par Nikon de façon à répondre aux problématiques de définition, de sensibilité et d’autofocus propres aux boîtiers hybrides.
En effet, si le système autofocus des reflex fait appel à un module AF dédié indépendant du capteur image, celui des appareils hybrides utilise le capteur image qui doit pouvoir envoyer les informations de mise au point au boîtier.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les deux capteurs de 45,7 et 24,5 Mp ne sont pas ceux des D850 et D750 mais de nouveaux capteurs spécifiques.
Les capteurs des Nikon Z 6 et Z 7 hybrides permettent d’assurer une montée en ISO au niveau de celles des reflex D850 et D750 :
de 64 à 25.600 ISO pour le Nikon Z 7,
de 100 à 51.200 ISO pour le Nikon Z 6.
Les Nikon hybrides Z 7 et Z 6 offrent plusieurs formats de fichiers dont les formats RAW/NEF avec ou sans compression de 12 et 14 bits et de taille variable (comme sur le D850).
Nikon Z 6 et Z 7 : Autofocus à 493 collimateurs
La plage de couverture de l’autofocus d’un reflex est limitée par l’utilisation d’un capteur AF spécifique et par le positionnement du capteur dans la chambre réflexe. Sur les Nikon Z 6 et Z 7 hybrides, grâce à la nouvelle monture, le capteur est positionné à proximité de la monture et l’autofocus peut alors utiliser la quasi totalité du champ image pour assurer la détection de mise au point.
Nikon a conçu un module autofocus hybride faisant appel à la détection de phase et à la détection de contraste avec 493 collimateurs pour le Nikon Z 7 (273 sur le Nikon Z 6). Ce module AF bascule automatiquement entre les deux modes de détection selon les besoins. Il couvre 90% de la visée avec une sensibilité de -4IL.
Cet autofocus utilise les capacités de traitement du processeur Nikon Expeed 6 : la quantité d’informations à traiter en temps réel pour assurer la mise au point est énorme mais tant le débit des bus de données que la puissance de calcul du processeur (420Mpx par seconde) permettent un suivi AF continu à la cadence rafale de 9 images par secondes sur le Nikon Z 7 et 12 images par secondes sur le Nikon Z 6 (23 vues RAW pleine définition en mode compression sans perte 12 bits sur le Nikon Z 7, 35 vues sur le Nikon Z 6).
Obturateur et mesure de lumière
Les Nikon Z 6 et Z 7 disposent d’une obturateur testé sur 200.000 cycles qui autorise des temps de pose compris entre 1/8000ème de sec. et 30 secondes.
Le module de mesure de lumière utilise le capteur image des Z 6 et Z 7 et reste sensible jusqu’à -3IL.
Un viseur électronique inédit
le bloc optique servant à assurer la visée électronique des Nikon Z 6 et Z 7
La particularité d’un appareil photo hybride ou sans miroir est de mettre en œuvre un viseur électronique. Décriée sur les premiers modèles d’hybrides et sur les bridges qui utilisent des écrans peu définis et peu réactifs, la visée électronique des meilleurs hybrides atteint désormais un niveau de performance qui les rend utilisables dans toutes les situations de prise de vue, sans effet de latence.
La visée électronique permet de voir dans le viseur l’image qui va être faite en temps réel, de corriger – toujours en temps réel – l’exposition et les paramètres de prise de vue (par exemple la profondeur de champ ou le rendu via les Picture Control).
Cette visée permet aussi de voir la photo prise sans quitter l’œil du viseur puisque ce dernier fait office d’écran complémentaire à l’écran principal du boîtier. Ce sont autant d’avantages que ne permettent pas les reflex équipés de la seule visée optique.
la visée électronique paramétrable des Nikon Z 6 et Z 7 avec affichage des points AF
Nikon a conçu un viseur inédit pour ses hybrides, couvrant 100% du champ image, afin de proposer la meilleure expérience possible en matière de visée électronique. Si vous êtes habitué au grand videur optique Nikon vous ne serez pas déçu, la visée électronique est large et très confortable à l’usage,
Le grossissement est de 0,8x environ et pour l’avoir constaté sur les modèles de présérie, le revêtement nanocristal et fluorine des lentilles équipant ce viseur ainsi que la fréquence de 60 images/secondes pour son rafraîchissement assurent une belle qualité de visée avec une définition d’image étonnante.
Stabilisation dans le boîtier
Le système de stabilisation dans le boîtier des Nikon Z 6 et Z 7
Les reflex Nikon utilisent un système de stabilisation optique intégré aux objectifs. Avec les Nikon Z 6 et Z 7 hybrides, c’est le boîtier qui assure la stabilisation sur cinq axes, même avec les optiques non VR (par exemple celles des reflex non stabilisées). Le gain apporté par cette stabilisation annoncé par Nikon est de 5 stops.
Lors de l’utilisation d’optiques Nikon F stabilisées (VR), les deux stabilisations se complètent pour proposer des performances encore supérieures.
Ecran arrière tactile et nouvelle ergonomie des commandes
l’écran arrière inclinable et tactile des Nikon Z 6 et Z 7
L’écran arrière des Nikon hybrides est tactile et inclinable. Avec une définition de 2,1Mpx il présente une diagonale écran de 3,2 pouces (environ 8cm).
Les touches de contrôle arrières sont déportées sur le côté droit des Nikon Z 6 et Z 7 de façon à laisser de la place à l’écran à gauche, ces commandes ne sont par contre pas rétro-éclairées. Plusieurs commandes sont accessibles via les touches tactiles sur l’écran, ce qui compense l’absence des boutons à gauche.
L’écran LCD supérieur affiche les principales informations de prise de vue et les réglages du boîtier. Cet afficheur est conçu spécifiquement pour les Nikon Z 6 et Z 7, tout en reprenant la présentation visuelle des reflex de la marque.
Le dessus de l’appareil comporte à sa gauche une molette de choix du mode d’exposition et permet d’enregistrer 3 jeux de paramètres de prise de vue personnalisés. A droite un petit écran de rappel des informations de prise de vue fait son apparition tandis qu’une molette à usage multifonctions permet de modifier bon nombre des réglages du boîtier.
Vidéo 4K pleine définition et time lapse 8K
Bien que Nikon ait introduit la vidéo sur le Nikon D90 et créé ainsi un nouveau marché pour les vidéastes qui ont depuis adopté cette technologie, Nikon n’est pas considéré comme leader sur ce marché.
Avec les Z 6 et Z 7, Nikon veut combler son retard en proposant des caractéristiques à la hauteur des attentes des utilisateurs professionnels. Ainsi les Nikon hybrides proposent :
la vidéo 4K UHD avec profil N-Log (plage dynamique de 12 Il avec profil Nikon Log),
la vidéo Full HD à 120p en DX,
le time-lapse 8K,
le lissage d’exposition,
une sortie HDMI 4.2.2 10 bits (8 bits uniquement avec enregistrement interne sur carte),
une fonction de stabilisation eVR,
le focus peaking, le zebra et la fonction time code.
La griffe flash au format standard permet l’utilisation d’un micro externe.
Les deux boîtiers disposent d’une entrée micro stéréo et d’une sortie casque.
Cartes mémoires
Emplacement pour carte mémoire XQD ou CF Express sur les Nikon Z 6 et Z 7
Les Nikon hybrides disposent d’un seul emplacement pour carte mémoire au format XQD, compatible CF Express. C’est le critère qui dérange sur des boîtiers considérés comme experts-pros. Tout le monde n’utilise pas deux emplacements mémoire pour sauvegarder ses photos en temps réel, mais disposer de deux cartes en mode débordement est un confort appréciable lors des longues séances de prises de vues.
Nikon justifie ce choix d’un seul emplacement par la performance attendue des cartes (le flux de données à stocker est important et dense) et la finesse de la poignée droite. Cette disposition permet de laisser de la place aux grandes batteries des Nikon reflex (Nikon EN-EL15b, celle du Nikon D850) qui assurent une autonomie de 650 vues en reportage classique (330 vues pour le Z 7 et 310 vues pour le Z 6 selon les normes CIPA, près de 700 vues selon mes premiers tests). La compatibilité avec les batteries existantes est un plus que les nikonistes apprécieront.
Un grip optionnel est prévu, il sera présenté ultérieurement et permettra de loger d’autres batteries pour une plus grande autonomie. Ce grip ne comportera pas de déclencheur ni de boutons de fonctions.
Il n’en reste pas moins que ce choix d’un emplacement unique pour la carte mémoire et d’un format XQD encore marginal en attendant l’arrivée des cartes CF Express a de quoi surprendre. Un second slot (même au format SD) aurait comblé les utilisateurs et évité de faire de l’ombre à ces nouveaux modèles comme c’est le cas pour le reflex Nikon D7500.
Connectivité
Les Nikon Z 6 et Z 7 hybrides disposent d’un module WiFi + Bluetooth intégré qui permet de connecter le boîtier à l’application pour smartphones SnapBridge, comme à un ordinateur. Le module WiFi (5Ghz) évite le recours systématique au module WiFi additionnel Nikon WT-7 comme sur les reflex.
Il est possible de transférer les fichiers natifs JPG et RAW sur l’ordinateur, de même que les fichiers vidéos. La liaison sans fil peut se faire en mode point à point ou routeur. Les fonctions de contrôle à distance du boîtier sont bien évidemment assurées. Les Nikon Z 6 et Z 7 sont compatibles avec le module WiFi Nikon WT-7 A/B/C .
Les deux boîtiers proposent une prise USB C permettant la recharge de la batterie EN-EL15b, une entrée micro stéréo et sortie casque pour la vidéo, une sortie HDMI type D ainsi qu’une une prise permettant d’utiliser un déclencheur à fil.
Dimensions
Les dimensions des Nikon Z 6 et Z 7 sont de 134 x 100,5 x 78,5 mm et ils pèsent 675 grammes, soit une compacité et un poids sans commune mesure avec les reflex équivalents.
Construction et protection tous temps
Nikon Z 6 et Z 7 : construction en alliage de magnésium
Comme les reflex Nikon, les nouveaux hybrides Nikon Z 6 et Z 7 sont construits en alliage de magnésium afin de coupler robustesse et légèreté. Les deux modèles sont annoncé comme « tous temps », ce qui est le cas aussi des trois objectifs annoncés simultanément.
Nikon Z 6 / Z 7 avec le flash Nikon SB-5000
La griffe porte-flash est au format standard et permet l’utilisation des différents flashs de la marque comme des marques compatibles.
Nikon Z 6 et Z 7 : Tarifs et disponibilité
C’est le critère décisif que certains attendaient pour savoir s’il fallait passer à la concurrence ou rester chez Nikon.
Les nikonistes peuvent être rassurés, Nikon a pris la décision de caler le tarif de ses hybrides sur ceux de la concurrence. Le Nikon Z 6, modèle polyvalent, est lui plus accessible que le Nikon Z 7 si vous ne cherchez pas la très haute définition.
De plus les kits proposés dès le lancement permettent de disposer du zoom Nikon Z 24-70mm f/4 S pour un tarif tout à fait raisonnable, c’est aussi le cas de la bague d’adaptation Nikon FTZ pour optiques F.
Tarif Nikon Z 7 (TTC recommandé France)
Nikon Z 7 boîtier nu : 3699 euros
Nikon Z 7 en kit avec bague d’adaptation Nikon FTZ : 3849 euros
Nikon Z 7 en kit avec Nikon Z 24-70mm f/4 S : 4299 euros
Nikon Z 7 en kit avec Nikon Z 24-70mm f/4 S et bague d’adaptation Nikon FTZ : 4449 euros
Tarif Nikon Z 6 (TTC recommandé France)
Nikon Z 6 boîtier nu : 2299 euros
Nikon Z 6 en kit avec bague d’adaptation Nikon FTZ : 2449 euros
Nikon Z 6 en kit avec Nikon Z 24-70mm f/4 S : 2899 euros
Nikon Z 6 en kit avec Nikon Z 24-70mm f/4 S et bague d’adaptation Nikon FTZ : 3049 euros
Optiques Nikon S pour Nikon Z 6 et Z 7 (TTC recommandé France)
Nikon Z 24-70mm f/4 S : 1099 euros
Nikon Z 35mm f/1.8 S : 949 euros
Nikon Z 50mm f/1.8 S : 679 euros
bague d’adaptation Nikon FTZ pour optiques F : 299 euros
Les Nikon Z 6 et Z 7 seront disponibles chez les revendeurs d’ici quelques semaines, une mise sur le marché très rapide en raison des attentes du marché et d’un secteur très compétitif.
Mon avis sur les Nikon Z 6 et Z 7 après première prise en main
Nikon nous avait surpris avec le lancement du Nikon D500 très apprécié depuis sa sortie. Le Nikon D850 a dépassé toutes les espérances depuis son annonce et se positionne comme le reflex le plus performant de sa catégorie.
Il y a fort à parier que le Nikon Z 7 fasse de même face à une concurrence Sony pourtant très performante, et que le Nikon Z 6 vienne jouer les trouble-fête dans une catégorie plus accessible dans laquelle cohabitent capteurs plein format et capteurs APS-C.
La compatibilité avec les optiques Nikon F est un critère qui permet de rentabiliser l’investissement fait précédemment si vous êtes nikoniste, et qui vous donne accès à un parc occasion conséquent si vous n’êtes pas encore équipé Nikon. Certaines optiques F devraient s’avérer très performantes sur ces hybrides.
Le viseur électronique s’annonce comme un modèle du genre, précis et lumineux, ce qui n’est pas le cas de tous les modèles concurrents.
L’autofocus, le point faible de certains hybrides, a tout pour faire de ces boîtiers des références en matière de mise au point. Le nombre de collimateurs réduit sur le Nikon Z 6, justifié par un mode rafale plus performant, ne modifie pas la couverture. J’aurais toutefois apprécié de disposer des mêmes caractéristiques sur l’ensemble de la gamme, c’est un sujet qui méritera d’être débattu à la suite des premiers tests.
Ces tests, que j’ai déjà planifiés et en partie effectués, me permettront de vous en dire plus sur les Nikon Z 6 et Z 7 qu’il me tarde de comparer à mes références actuelles, reflex comme hybrides.
Comment faire des photos nettes avec un appareil photo 36 ou 45 Mp
Certains appareils photo hybrides ou reflex sont riches en pixels et ceci n’est pas sans conséquence sur la qualité des images. Faire des photos nettes avec 36, 45 Mp, voire plus, demande du soin à la prise de vue pour garantir une netteté maximale.
Comment faire des photos nettes avec 36 ou 45 Mp, contexte
C’est mathématique. Lorsque le nombre de pixels augmente sur un capteur, à taille de capteur égale, chacun des photosites (le plus petit élément qui capte la lumière) voit sa surface diminuer.
Si les détails les plus fins peuvent ainsi être reproduits, il n’en reste pas moins que le moindre flou de bougé est beaucoup plus visible. Chaque photosite capte en effet des détails que l’on ne pouvait voir avant, et les défauts associés aussi. Il faut comprendre en quoi la taille des photosites influe sur le fait de faire des photos nettes.
Sur le Nikon Z 7II et ses 45 Mp, par exemple, la surface de chaque photosite est inférieure de moitié environ à celle du Nikon Z 6II avec ses 24 Mp. Imaginez que vous agrandissiez l’image sur votre écran à 100%, un pixel écran valant alors un pixel image : les images du Z 7II sont affichées en deux fois plus grand que celles du Nikon Z 6II (aux arrondis près). Le moindre défaut est alors bien plus visible. Le risque de flou de bougé ‘visible’ est deux fois plus important.
Selon l’objectif utilisé, le contraste de l’image peut en souffrir. C’est pourquoi les constructeurs proposant des capteurs à la définition élevée (36, 45 ou 60 Mp) vous conseillent de choisir des optiques récentes conçues pour gérer cette augmentation de définition.
Conseil numéro 1 : choisir une ouverture plus petite
réduire l’ouverture pour faire des photos nettes
Nikon recommande de choisir une ouverture plus petite que ce à quoi vous étiez habitué avec 12 ou 24 Mp. En réduisant l’ouverture vous réduisez d’autant les aberrations optiques. Vous augmentez également la profondeur de champ, cela peut ne pas correspondre à votre envie de créativité mais vous aidera en matière de perception de mise au point. Et de rendu final.
Attention quand même à ne pas trop réduire l’ouverture, vous risqueriez d’adoucir l’image en introduisant un coefficient de diffraction important. Pas de recette miracle donc, mais faites des tests avec votre boîtier et vos optiques et trouvez le meilleur couple pour le résultat qui vous correspond.
Nikon recommande de réduire l’ouverture de 2 ou 3 valeurs (f/8 est souvent une valeur sûre) par rapport à vos habitudes pour vous trouver dans la zone la moins ‘à risque’.
Conseil numéro 2 : réduisez les mouvements du boîtier
Avec la très haute définition, tout mouvement même imperceptible se voit. Il convient donc de réduire au mieux les mouvements du boîtier lors de la prise de vue. Une première façon de procéder est de réduire le temps de pose. Plus il est court, moins le bougé se verra.
Les Nikon hybrides plein format disposent d’un capteur stabilisé, laissez cette stabilisation active. Avec un reflex, si vous disposez d’un objectif avec système de stabilisation VR, pensez à l’enclencher.
Vous disposez d’un trépied ? Il peut vous aider selon le type de prise de vue. Le trépied retrouve d’ailleurs tout son intérêt en photo de paysage lorsque la lumière vous impose d’employer un temps de pose plus long avec une faible ouverture.
Quelques astuces peuvent vous aider également : la télécommande pour déclencher sans avoir à toucher le boîtier, le mode ‘retardateur’ de votre boîtier, la possibilité de relever le miroir avant la prise de vue pour amortir le mouvement interne ou encore la visée Live View qui permet de minimiser les mouvements du boîtier.
Exemple 1 : Nikon D800 sur trépied sans mouvement – photo (C) Nikon
Exemple 2 : Nikon D800 à main levée avec vitesse d’obturation lente – photo (C) Nikon
A main levée
Maintenez fermement votre appareil photo et appuyez légèrement vos coudes contre votre torse afin de stabiliser votre corps
Définissez un temps de pose plus court que la valeur optimale pour la rapidité du mouvement du sujet
Lorsque vous utilisez un objectif équipé d’une fonction de réduction de vibration, activez cette fonction
Sur trépied
Lorsque vous utilisez un objectif équipé d’une fonction de réduction de vibration, désactivez cette fonction. Si l’appareil photo offre une option Tripod VR (Réduction de vibration trépied), utilisez ce mode
Utilisez le retardateur et une télécommande
Utilisez la temporisation miroir levé
Utilisez le mode levée du miroir
Utilisez la prise de vue en visée écran
bien tenir votre appareil photo pour faire des photos nettes
Conseil numéro 3 : choisissez le bon mode AF
Le choix du mode AF (autofocus) peut avoir un impact sur la netteté de vos images (en savoir plus sur les modes AF). Il est important de choisir le mode le plus adapté à la prise de vue, et d’en changer d’une photo à l’autre si le sujet diffère.
Sujet immobile
Si votre sujet est immobile, choisissez le mode AF-S avec un seul point actif. Nikon recommande d’appuyer plusieurs fois sur le déclencheur, à mi-course, sans changer de position. Une fois le réglage bien stabilisé, il peut en effet y avoir de micro-variations, déclenchez en évitant de presser trop fort le déclencheur.
Visée sur écran
Avec le mode Live View des reflex, vous avez possibilité de changer le point AF actif pour effectuer une mise au point dans une zone plus large que depuis le viseur. Ce mode permet également facilement de zoomer avec l’objectif (s’il s’y prête) pour affiner la mise au point. Les hybrides ne sont pas concernés car leur visée est nativement plein cadre.
Conseil numéro 4 : comment faire des photos nettes en choisissant la bonne option de réduction du bruit
Lorsque vous utilisez les hautes sensibilités, ce qui est fréquent avec les boîtiers montant bien en ISO, les images sont davantage sujettes au bruit (pixels brillants répartis de manière aléatoire). La fonction Réduction du bruit permet de réduire ce bruit numérique.
La qualité de l’image a tendance à varier en fonction du réglage de réduction de bruit appliqué. Contrairement à ce que l’on pouvait faire précédemment, régler cette option une fois pour toutes, il convient désormais de choisir la bonne option en fonction du type de prise de vue. Si vous n’avez pas besoin de réduire le bruit via cette option, ne l’enclenchez pas.
Cette fonction peut par contre induire un effet secondaire : utilisée de façon inadaptée, elle adoucit la texture du sujet et provoque une diminution perceptible de la netteté. Pensez à sélectionner une valeur de « Réduction du bruit » faible ou désactivez l’option même si vous montez en ISO. Faites quelques tests préalables pour trouver le meilleur compromis vous donnant satisfaction.
régler l’accentuation pour faire des photos nettes
Conseil numéro 5 : choisissez la bonne option d’accentuation pour le Picture Control
Le réglage d’accentuation du Picture Control permet d’augmenter la netteté apparente de l’image en JPG. C’est une option accessible depuis le menu de votre boîtier qu’il convient de régler en fonction de la prise de vue à réaliser.
Vous n’avez pas besoin d’accentuer l’image via le boîtier ? Vous savez le gérer en post-traitement ? Désactivez l’option ou réduisez-là à son minimum.
Si vous choisissez la valeur « 0 », votre image sera adoucie car le boîtier n’applique pas d’accentuation. Plus vous augmentez la valeur, plus la netteté apparente de l’image augmente. Mais plus le risque de voir apparaître du ‘grain’ augmente. Là-aussi quelques tests préalables vous aideront à trouver le compromis idéal.
Comment faire des photos nettes, en conclusion
Les Nikon Z 7II, Z 9 ou D850 sont d’excellentes machines à faire des photos nettes et très bien définies, le Nikon Z 9 en particulier. Il convient toutefois de les utiliser en ayant toujours en tête que ces appareils photo imposent des contraintes à la prise de vue et qu’il faut savoir les gérer.
Prenez le temps de réaliser comment votre boîtier se comporte, quel réglage influe sur le résultat en fonction de votre pratique et quels autres réglages doivent être adaptés ou non.
Soyez précis à la prise de vue, choisissez des objectifs adaptés à votre boîtier et une fois les conditions réunies, faites-vous plaisir !