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Quel appareil photo choisir : guide d’achat 2026 (1/6)

Vous ne savez pas quel appareil photo choisir pour coller à vos besoins et votre budget ? Ce guide d’achat photo vous aide à choisir le bon appareil.

Choisir un appareil photo ressemble au parcours du combattant : bridge, hybride, reflex, il existe des dizaines de modèles et faire le bon choix n’est pas simple. De plus, certaines marques laissent leurs anciens modèles au catalogue, pendant les périodes de fin d’année par exemple où les promotions sont nombreuses. Voici les différentes gammes, celles qui ont le vent en poupe et celles qui sont abandonnées, leurs usages ainsi que les avantages et inconvénients de chaque type d’appareil photo.

Lisez aussi mon guide ultime des hybrides Nikon, tous les modèles actuels et la comparaison détaillée

Comment utiliser ce guide d’achat appareil photo

Ce guide d’achat d’un appareil photo est généraliste. Il ne concerne pas que la marque Nikon car elle peut ne pas vous correspondre. D’autres marques peuvent avoir un intérêt selon vos besoins.

Si vous êtes débutant en photo ou s’il s’agit de votre premier achat, je vous conseille de lire le guide d’achat appareil photo du début à la fin (6 articles), vous y trouverez de nombreux conseils pour éviter les erreurs les plus courantes.

Si vous êtes amateur ou expert, consultez les paragraphes de chaque article du Guide d’achat appareil photo selon vos besoins, j’ai inclus de nombreuses informations pour vous aider, les dernières fonctionnalités des boîtiers récents et leurs compléments.

Ce que vous allez apprendre

Ce guide d’achat appareil photo vous présente les notions à connaître. Il passe en revue :

Ce guide d’achat appareil photo se veut exhaustif, toutefois l’évolution des gammes des fabricants est telle qu’il est possible qu’un nouveau modèle arrive et vienne changer l’ordre établi. Je tiens ce guide d’achat photo à jour pour tenir compte des nouveaux modèles et des tendances (si c’est la marque Nikon qui vous intéresse uniquement, consultez le dossier « Quel Nikon choisir ?« ).

Quel appareil photo choisir : les gammes

Il existe différentes gammes d’appareils photo. Pour vous aider à savoir quel appareil photo choisir, je détaille dans ce guide d’achat ce que chaque gamme représente, ses avantages et inconvénients et si elle vous correspond vraiment.

Les quatre gammes d’appareils photo sont :

  • les appareils photo hybrides,
  • les appareils photo reflex,
  • les appareils photo bridges,
  • les appareils photo compacts.

Je laisse de côté les smartphones qui n’entrent pas dans la catégorie appareils photo bien qu’ils remplacent désormais les appareils photo compacts.

Quel appareil photo hybride choisir ?

Un appareil photo hybride (ou sans miroir – mirrorless) est un appareil photo sans viseur optique et sans miroir, doté d’un capteur équivalent à celui des reflex, plus grand qu’un compact ou qu’un bridge (en savoir plus sur les différences entre reflex et hybride). Un hybride permet d’utiliser des objectifs interchangeables comme un reflex.

Les appareils photo hybrides ont tous des caractéristiques différentes : des capteurs de différentes tailles, des viseurs de différentes technologies, des gammes d’objectifs différentes.

Certains hybrides sont équipés d’un capteur Micro 4/3 – en référence à la taille et aux proportions du capteur. Ils sont concurrencés par les hybrides équipés d’un capteur APS-C et ceux disposant d’un capteur plein format. Les tarifs sont fonction des performances du capteur et des caractéristiques du boîtier.

Les hybrides se répartissent en deux principales familles : les hybrides entrée de gamme et les hybrides experts pros.

Nikon NIKKOR Z 35 mm f/1.4
Guide d’achat appareil photo Le Nikon Z6III, un hybride expert – pro

Les hybrides entrée de gamme

Les entrées de gamme sont équipés de capteurs de petite taille – Micro 4/3 en général – et sont orientés grand public. Ils sont vendus au même tarif qu’un bon smartphone tout en offrant des performances supérieures et des possibilités créatives plus étendues.

Les hybrides entrée de gamme adressent les besoins des photographes débutants et amateurs qui cherchent à obtenir des photos de meilleure qualité qu’avec un smartphone ou un bridge. De par la taille réduite de leur capteur, ils limitent toutefois les possibilités de flou d’arrière-plan et restent en retrait en matière de réactivité et de sensibilité ISO quand la lumière manque.

Le ratio de focale équivalente de leur capteur (x 2) est par contre un atout en photo animalière.

Proposés à des tarifs proches des reflex entrée de gamme en kit, les hybrides ont pour eux une meilleure compacité et un poids réduit, d’autant plus que les reflex entrée de gamme ont quasiment tous disparu désormais.

Nikon Z 50II vue de face
Guide d’achat appareil photo Le Nikon Z50II, un hybride APS-C amateur 

Les hybrides experts-pros

Les experts-pros sont équipés de capteurs Micro 4/3 performants, APS-C ou plein format et proposent des performances équivalentes voire supérieures à celles des reflex. Ils s’adressent en priorité aux photographes désireux de trouver une alternative crédible à leur équipement reflex plus gros et lourd.

Les hybrides experts-pros sont intéressants si vous ne supportez plus de devoir porter toute la journée un équipement reflex et un gros sac photo. Les gammes d’objectifs se développent vite et chaque constructeur propose plusieurs zooms et focales fixes permettant de couvrir l’ensemble de vos besoins.

Nikon Z 8, présentation, fiche technique, avis, tarifs, comparaison Nikon Z 8 vs Z 9
le Nikon Z8, un hybride plein format expert-pro

Le viseur

L’hybride dispose d’un viseur électronique qui vous permet de voir en temps réel la photo que vous allez faire, à la différence du viseur optique du reflex qui vous montre la scène cadrée. Le viseur électronique de l’hybride affiche en effet l’image en provenance du capteur, à laquelle le boîtier applique les réglages de prise de vue. On parle de visée à image réelle.

Ce que vous voyez dans le viseur représente une couverture de 100 %, ce viseur permet d’afficher une portion réduite de la visée sous forme de loupe comme d’utiliser la mise au point manuelle de type Focus Peaking. Cette aide à la mise au point manuelle est un avantage des hybrides face aux reflex.

Quel hybride choisir : APS-C ou plein format ?

Plusieurs constructeurs dont Nikon proposent deux gammes d’hybrides, il existe par contre des hybrides dotés d’un capteur moyen-format chez Fujifilm, ce sont des boîtiers pros plus onéreux.

Hybride APS-C et Micro 4/3 : avantages et inconvénients

Les hybrides Micro 4/3 ont précédé l’arrivée des modèles à capteur APS-C et plein format. Ils sont maintenant distancés par les APS-C.

Avantages de l’APS-C

  • les hybrides APS-C sont moins onéreux que les modèles à capteur plein format
  • ils permettent l’utilisation d’objectifs dédiés plus accessibles, plus légers, plus compacts
  • les boîtiers sont plus légers et compacts
  • le rapport de focale x 1.5 rend les APS-C intéressants en photo animalière
  • certains modèles (par exemple Fujifilm XT-5) ont toutes les caractéristiques des boîtiers experts (construction, ergonomie, performances)

Inconvénients de l’APS-C

  • il faut tenir compte du ratio de correspondance de focale selon la taille du capteur (généralement x 1.5)
  • il y a peu d’objectifs APS-C grand-angle (15 mm et moins)
  • les hybrides APS-C ne permettent pas de réduire la profondeur de champ autant que les plein format du fait de la taille réduite de leur capteur
  • ils sont limités en définition si (et seulement si) vous recherchez une définition ultime (par exemple 45 Mp)
  • les objectifs APS-C dédiés ne sont pas compatibles avec les boîtiers plein format si vous changez de système ultérieurement
  • le viseur est souvent moins généreux

Hybrides plein format : avantages et inconvénients

Les hybrides plein format sont l’équivalent des reflex 24 x 36. Leur capteur reprend les dimensions d’une vue sur une pellicule : 24 x 36 mm (à quelques mm près parfois).

Avantages de l’hybride plein format

  • il n’y a pas de facteur de correction à apporter à la focale de l’objectif, un 50 mm cadre comme un 50 mm
  • le capteur de plus grande taille permet de réduire plus facilement la profondeur de champ pour des flous d’arrière-plan plus harmonieux
  • la définition du capteur est moins limitée (il existe un 45 Mp chez Nikon)
  • à définition égale (par exemple 24 Mp) le capteur a des photosites plus grands et plus sensibles pour une sensibilité ISO maximale plus élevée (selon les modèles)

Inconvénients de l’hybride plein format

  • les hybrides plein format sont plus onéreux que les modèles APS-C
  • ils sont plus exigeants en matière d’objectifs (donc reviennent plus cher)
  • ils demandent souvent une meilleure maîtrise de la technique pour être utilisés au mieux (modèles pros en particulier)
  • ils sont souvent plus lourds, moins compacts
  • les objectifs pros adaptés sont plus lourds, plus gros, plus chers

Comment choisir un appareil photo reflex

Bien qu’en fin de vie commerciale désormais, le reflex intéresse encore certains amateurs et experts. Un système reflex est composé d’un boîtier et d’un objectif interchangeable. Le terme interchangeable signifie que l’objectif peut être retiré et remplacé par un autre, à tout moment, pour étendre les possibilités de prise de vue.

Si vous faites le choix d’un reflex, vous devez donc aussi faire le choix d’un objectif d’ailleurs souvent vendu en kit avec le boîtier.

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Guide d’achat appareil photo Le reflex Nikon D850, dernier modèle pro de la gamme reflex encore en vente

Quel reflex choisir : APS-C ou plein format ?

Quelques marques proposent encore des reflex : des modèles avec capteur APS-C (ou DX chez Nikon) et des modèles avec capteur plein format (24 x 36 ou FX chez Nikon).

Contrairement à certaines idées reçues, un modèle APS-C ne fait pas de moins bonnes photos qu’un modèle plein format, il fait des photos différentes selon les situations. Il est donc important de bien définir votre besoin avant d’opter pour une gamme ou une autre.

Reflex APS-C : avantages et inconvénients

Les reflex équipés d’un capteur APS-C ont précédé l’arrivée des modèles à capteur plein format. Le capteur APS-C est moins coûteux à produire et il équipe encore quelques modèles toutes marques confondues.

Avantages de l’APS-C

  • les reflex APS-C sont moins onéreux que les modèles à capteur plein format
  • ils permettent l’utilisation d’objectifs dédiés moins chers, plus légers, plus compacts
  • ils sont bien adaptés pour la photographie animalière du fait du ratio x 1.5 appliqué à la « focale équivalente » (un 300 mm « cadre comme » un 450 mm sans en avoir le prix)
  • les boîtiers sont souvent plus légers et compacts
  • certains modèles (par exemple Nikon D500) ont toutes les caractéristiques des boîtiers pros (construction, ergonomie, performances)
  • ils sont moins exigeants en matière d’optiques « pros »

Inconvénients de l’APS-C

  • il faut tenir compte du ratio de correspondance de focale selon la taille du capteur (un 50 mm sur APS-C cadre comme un 75 mm en plein format)
  • il y a peu d’objectifs APS-C grand-angle (15 mm et moins)
  • les reflex APS-C ne permettent pas de réduire la profondeur de champ autant que les plein format du fait de la taille réduite de leur capteur
  • ils sont limités en définition si (et seulement si) vous recherchez une définition ultime (par exemple 45 Mp)
  • les objectifs APS-C dédiés ne sont pas compatibles (ou si peu) avec les boîtiers plein format si vous changez de format ultérieurement
  • il y a moins de modèles experts/pros que dans les gammes plein format (Nikon, Canon)
  • le viseur est souvent moins généreux
  • ils ne permettent pas (ou très peu) l’utilisation d’anciens objectifs à mise au point manuelle ou sans motorisation interne

Reflex plein format : avantages et inconvénients

Les reflex plein format sont l’équivalent des reflex argentiques. Leur capteur reprend les dimensions d’une vue sur une pellicule : 24 x 36 mm (à quelques mm près parfois).

Avantages du reflex plein format

  • pas de facteur de correction à apporter à la focale de l’objectif, un 50 mm cadre comme un 50 mm
  • le capteur de plus grande taille permet de réduire plus facilement la profondeur de champ pour des flous d’arrière-plan plus harmonieux
  • la définition du capteur est moins limitée (il existe des 45 Mp et plus)
  • à définition égale (par exemple 24 Mp) le capteur a des photosites plus grands et plus sensibles pour une sensibilité ISO maximale plus élevée (selon les modèles)
  • ils sont compatibles avec les anciens objectifs manuels et les objectifs sans motorisation interne (seuls certains APS-C le sont)
  • il existe plus de choix dans les gammes avec des modèles pros (robustesse, performances)

Inconvénients du reflex plein format

  • les reflex plein format sont plus onéreux que les modèles APS-C
  • ils sont plus exigeants en matière d’objectifs (donc reviennent plus cher)
  • ils ne sont pas compatibles (ou si peu) avec les optiques au format APS-C
  • ils imposent des focales plus longues en photographie animalière (donc plus coûteuses)
  • ils demandent une meilleure maîtrise de la technique pour être utilisés au mieux (modèles pros en particulier)
  • ils sont souvent plus lourds, moins compacts
  • les objectifs pros adaptés sont plus lourds, plus gros, plus chers

En savoir plus sur les différences entre APS-C et plein format chez Nikon.

Le viseur

Le reflex dispose d’un miroir interne qui vous permet de voir dans le viseur ce que vous allez photographier. Selon les modèles ce viseur est plus ou moins grand et confortable.

La zone que vous voyez dans le viseur n’est pas nécessairement celle que vous aurez sur la photo :

  • si vous disposez d’un viseur de couverture 100% alors ce que vous voyez est bien identique à ce que vous aurez sur la photo,
  • si le viseur a une couverture inférieure (par exemple 90%) il vous montre une zone plus réduite que ce que vous aurez sur la photo (lire ‘plus petite’).

Evitez les viseurs étriqués qui ne sont pas confortables à l’usage.

Si vous portez des lunettes, prenez soin de vérifier que la visée reste confortable, le recul dû aux verres pouvant engendrer un défaut de netteté dans le viseur sur certains modèles en raison d’un dégagement oculaire insuffisant et/ou de l’absence de réglage de netteté.

Le viseur optique a pour principal avantage d’être réactif : il n’y a pas de délai à l’affichage comme avec certains viseurs électroniques de bridge, pas de fluctuation de l’image non plus. Avec un viseur optique vous voyez comme au travers d’une vitre et non comme sur un écran.

Les reflex complètent le viseur optique avec un mode Live View qui permet d’utiliser l’écran arrière pour prendre une photo. La visée sur l’écran arrière ressemble à ce que vous pouvez connaître avec votre smartphone. Vous voyez la scène plein écran sans devoir rapprocher l’œil du viseur. Certains écrans sont tactiles.

L’avantage c’est que vous pouvez prendre du recul par rapport au viseur et voir l’intégralité de ce que vous aurez sur la photo (c’est une couverture 100%). L’inconvénient c’est que cet écran est souvent peu lisible en plein soleil.

Certains reflex proposent un écran arrière orientable ou inclinable, c’est un critère de choix si vous faites régulièrement des photos bras tendus au-dessus d’une foule ou au ras du sol sans avoir envie de vous coucher par terre. Vous pouvez orienter l’écran de manière à cadrer comme vous le voulez sans avoir le boîtier en face de vous.

Le capteur

L’appareil photo numérique enregistre la photo grâce à un capteur électronique. L’avantage du reflex est de disposer d’un capteur de grande taille comme les hybrides, bien supérieure à ce que vous pouvez trouver sur les smartphones, compacts et bridges.

Un capteur de grande taille permet de faire des photos de meilleure qualité quand la lumière manque : en soirée, à l’ombre, à l’intérieur. Les capteurs équipant les reflex sont très performants et permettent de photographier à la tombée de la nuit sans que les photos ne présentent de points colorés – le bruit numérique – disgracieux.

L’autre intérêt de disposer d’un grand capteur est de pouvoir gérer le flou en arrière-plan pour faire des portraits bien nets avec un joli flou derrière votre sujet pour le mettre en valeur. D’autres critères favorisent ce flou – ou effet bokeh – mais la taille du capteur est importante. Les reflex à capteur plein format (équivalent 24 x 36) sont alors préférables aux reflex à capteur APS-C dont le capteur est plus petit (1.5 x environ selon les marques).

Choix de l’objectif

Quel appareil photo choisir : les objectifs
Guide d’achat appareil photo Objectif  vu en coupe et montrant l’assemblage complexe de lentilles

Ce qui fait la qualité d’image c’est aussi l’objectif car c’est lui qui reçoit la lumière et envoie l’image au capteur. Meilleur est l’objectif, meilleure est la qualité d’image (absence de distorsion sur les bords, homogénéité de la photo, piqué de l’image).

L’avantage de l’hybride (comme du reflex) c’est que vous pouvez choisir l’objectif qui correspond exactement à vos attentes. Comme il est interchangeable, vous pouvez en avoir deux ou plus pour couvrir des besoins différents. Ou faire évoluer vos possibilités dans le temps sans changer le boîtier.

Un objectif zoom standard, 16-50 mm en APS-C ou 24-70 mm en plein format, vous permet de couvrir la plupart des sujets. En équipant votre hybride d’un téléobjectif (85 mm et plus), vous pouvez photographier en gros plan ou des sujets plus éloignés. En l’équipant d’un ultra grand-angle (24 mm et moins) vous pouvez couvrir un champ très large. Avec un objectif macro, vous pouvez faire de meilleures photos de très près (voir le dossier macro).

Il y a beaucoup à dire sur le choix des objectifs (voir le guide d’achat objectifs) car il en existe des dizaines de modèles pour chaque hybride ou reflex. Toutefois les objectifs se répartissent en deux gammes principales :

  • les objectifs à focale variable ou zooms
  • les objectifs à focale fixe

Les zooms permettent de changer le cadrage de l’image (et donc la focale) en tournant une bague. Vous adaptez ainsi le cadrage à vos envies sans changer d’objectif. C’est le choix à privilégier pour débuter, d’autant plus que la plupart des hybrides et reflex sont vendus en kit avec un objectif zoom de qualité correcte.

Les objectifs à focale fixe limitent le cadrage à une unique valeur, ils ne disposent pas d’une bague permettant de cadrer autrement. En contrepartie ils offrent la plupart du temps une meilleure qualité d’image, ils sont plus souples à utiliser quand la lumière manque, plus compacts et légers.

 

Guide d'achat photo : Quel appareil photo choisir ?
Guide d’achat appareil photo Le reflex Nikon D780, dernier reflex Nikon expert équipé ici d’un objectif zoom

Je vous recommande de débuter avec un zoom pour vous faire la main et d’envisager ensuite l’achat d’un objectif à focale fixe (par exemple un 35 mm, un 50 mm ou un 40 mm macro) pour passer au niveau supérieur.

Ce qu’il faut retenir des reflex

Si vous vous intéressez sérieusement à la photographie, que vous souhaitez développer votre pratique, obtenir les meilleures images possibles sans dépenser trop, et que vous ne voulez pas d’un hybride, le reflex reste une excellente solution face au bridge et au smartphone, bien que le marché des reflex soit en fin de vie désormais. Attention toutefois au fait qu’il existe de moins en moins de modèles, deux seulement chez Nikon, les Nikon D780 et D850, Canon a stoppé aussi la production de ses reflex.

Nikon D5600
Guide d’achat appareil photo Un ancien reflex entrée de gamme avec écran arrière orientable (ici Nikon D5600)

Choisissez un modèle entrée de gamme dont les performances sont déjà bien supérieures à celles des compacts et bridges. Prenez en compte vos besoins pour juger de l’intérêt – ou pas – de disposer d’un écran arrière orientable ou de fonctions plus à la marge comme la présence d’un module Wifi pour poster rapidement une photo sur les réseaux sociaux via une application smartphone.

Les reflex ont une meilleure autonomie que les autres modèles car ils disposent d’une batterie de forte capacité. Vous pouvez faire plus de 1 500 photos avant recharge.

Notez aussi que si vous choisissez un reflex entrée de gamme, il vous faudra naviguer dans les menus plus souvent pour changer les réglages. Les reflex experts disposent de plus de touches à accès direct.

Quel appareil photo bridge choisir ?

Nikon Coolpix P1100 : le bridge extrême pour repousser les limites
Nikon Coolpix P1100 : le bridge extrême pour repousser les limites

Les bridges représentent une famille à part dans l’univers photographique. Ce sont des compacts à objectif non interchangeable mais dotés de capacités qui les rapprochent des reflex.

Les bridges ont pour avantage principal d’être plus performants que les compacts. Ils sont dotés d’un meilleur capteur et d’un meilleur objectif zoom. Toutefois les bridges sont en perte de vitesse face aux hybrides entrée de gamme meilleurs partout dans un gabarit identique et à un tarif proche.

Si les bridges ont connu leur époque de gloire il y a quelques années, c’est un choix à considérer avec beaucoup d’attention. Les bridges sont à peine moins encombrants qu’un hybride, à peine moins chers et pourtant plus limités. L’objectif zoom fixe n’offre pas les résultats que l’on peut attendre d’un objectif interchangeable pour hybride, et comme il ne peut pas être remplacé il n’y a pas d’alternative possible.

Les capteurs des bridges sont moins performants que les capteurs APS-C des hybrides entrée de gamme. Ils donnent des images de moins bonne qualité (sensibilité, flou d’arrière-plan, bruit numérique).

Le bridge est également peu évolutif puisque il n’est pas possible d’adapter la configuration à votre pratique. Une fois votre choix fait, pas de retour arrière possible alors que le reflex permet de changer d’objectif selon vos besoins.

Le choix d’un bridge est donc à faire en toute connaissance de cause et en dernier recours si vous ne trouvez pas d’hybride ou de reflex entrée de gamme vous correspondant, ce qui a peu de chance d’arriver.

Quel appareil photo compact choisir ?

Nikon Coolpix W300
Guide d’achat appareil photo : le compact Nikon Coolpix W300 étanche

Les appareils photo compacts sont les modèles les plus petits, les plus courants et les moins onéreux. Ils sont en fin de vie commerciale, concurrencés par les smartphones dont les performances photo sont supérieures pour les plus performants d’entre eux. Posez-vous la question de votre vraie motivation avant de chercher un compact numérique.

Avantages des compacts

Le principal avantage d’un compact reste sa compacité. Les modèles les moins encombrants se glissent dans toutes les poches, sont discrets et légers. Ils conviennent aux plus jeunes et aux familles qui apprécient de pouvoir photographier à tout instant sans devoir transporter un appareil plus imposant. De nombreux modèles permettent également de poster les photos sur les réseaux sociaux en quelques clics.

Les compacts disposent d’objectifs non interchangeables. Ces objectifs sont la plupart du temps des zooms plus ou moins puissants mais il n’est pas possible de remplacer l’objectif d’un compact par un autre. C’est une des deux différences principales entre un compact et un hybride avec la taille du capteur. Par contre le zoom se replie sur lui-même lorsque le compact n’est pas utilisé, contribuant ainsi à sa compacité, ce qui n’est pas le cas sur un hybride.

Les compacts, bien que peu nombreux désormais, restent moins chers qu’un smartphone et moins fragiles.

Inconvénients des compacts

Les inconvénients des compacts sont nombreux. Ils disposent de petits capteurs aux performances limitées. La qualité d’image est en net retrait face aux hybrides entrée de gamme et aux smartphones. La sensibilité en basse lumière – ombre, intérieur, soirée – reste faible et ne permet pas de faire des photos sans risque de flou ou de bruit numérique désagréable sur les photos.

La réactivité n’est pas le point fort des compacts : le délai au déclenchement peut vous faire rater des photos (quand l’hybride ou le smartphone déclenche instantanément), la mise au point est plus lente (risque de flou) et le flash se déclenche souvent de façon automatique avec une nette tendance à produire des photos peu esthétiques (’toutes blanches’).

A part quelques modèles experts plus exclusifs, les compacts restent des appareils photo d’appoint qui ne peuvent pas rivaliser avec un hybride (Micro 4/3 par exemple). Le nombre de modèles disponibles baisse de mois en mois au profit des smartphones.

En conclusion

Avant de choisir un appareil photo, il vous faut savoir dans quelle gamme vous allez chercher. C’est en faisant la liste de vos besoins et contraintes que vous allez le savoir.

Il est probable que vous en arriviez à la conclusion qu’il vous faut deux appareils : un petit hybride à glisser dans le sac ou la poche pour tous les jours et hybride plus performant pour les photos plus abouties. C’est l’intérêt de ce guide d’achat appareil photo que de vous aider à choisir.

Vous avez encore un doute pour savoir quel appareil photo choisir ? Postez vos questions en commentaire et je vous réponds !


NIKKOR Z 28-75mm f/2.8 : le zoom de reportage f/2.8 abordable

Nikon prend tout le monde par surprise en annonçant le NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8, un zoom de reportage à grande ouverture pour ses hybrides plein format et APS-C. Par surprise car cet objectif n’apparaissait pas dans la liste des objectifs à venir dans la gamme NIKKOR Z, ni sous cette appellation, ni sous une autre désignation proche.

Voici ce qu’il faut savoir de ce zoom abordable, qui pourrait intéresser les amateurs d’optiques à grande ouverture ne souhaitant pas pour autant investir dans le plus coûteux NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S. Je vous ai préparé également un tableau de comparaison des 3 zooms similaires de la gamme.

NIKKOR Z 28-75mm f/2.8 : le zoom de reportage f/2.8 abordable

Ce zoom et tous les NIKKOR Z chez Miss Numerique

NIKKOR Z 28-75mm f/2.8 : présentation

Bien que la fin d’année pointe son nez, Nikon a décidé de nous faire une dernière (?) surprise en ce 14 décembre. Contre toute attente, puisque ce n’était pas au programme, voici donc arriver un zoom de reportage dont la plage focale 28-75 mm couvre le grand angle comme le petit télé en passant par la focale classique 50 mm.

Plus que la plage focale, c’est l’ouverture maximale qui est attirante, f/2.8 étant celle des zooms pros comme le NIKKOR Z 24-70 mm f./2.8 S. Une ouverture plus attirante que la plus modeste ouverture F/4 du NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S, mais facturée bien plus cher puisque près de 1.260 euros séparent ces deux versions.

Facturé 1.049 euros, ce nouveau NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8 est donc une belle surprise. Si ce n’est la focale 24 mm manquante, il pourrait même devenir le nouveau standard en monture Z plein format puisqu’il ne coûte que 59 euros de plus que le 24-70 mm f/.4.

Mais ce n’est pas tout.

NIKKOR Z 28-75mm f/2.8

Le NIKKOR Z 28-75mm f/2.8

Les plus attentifs auront réalisé que cette plage focale, 28-75 mm, est atypique chez Nikon. Elle n’a jamais existé, la plus proche étant celle du zoom AF NIKKOR 28-70 mm f/3.5-4.5 sorti en 1991, celle du zoom AF NIKKOR 28-80 mm f/3.5-5.6 datant lui de 1995 ou celle du zoom AF-S 28-70 mm f/2.8.

Cette plage focale est par contre celle du zoom Tamron 28-75 mm f/2.8 G1 ou G2, un zoom polyvalent compatible avec les reflex plein format comme avec les hybrides Sony E (dans la version G2). La version Sony est facturée 999 euros, soit 50 euros de moins à peine que le NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8.

De là à penser que Nikon cherche à couper l’herbe sous le pied de ses détracteurs qui affirment qu’il n’y a aucun zoom f/2.8 abordable dans la gamme Z, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement.

J’en franchis même un second en constatant que Nikon tire avant que les opticiens indépendants ne l’aient fait. Il aurait été assez simple a priori pour Tamron de décliner son 28-75 mm Série E en une version Z. « Trop tard c’est fait » pourrait s’exclamer Nikon. Les plus dubitatifs penseront peut-être qu’une alliance Nikon-Tamron se cache derrière ce nouveau venu, personne ne le sait à ce jour et bien que j’ai cuisiné qui de droit chez Nikon avant d’écrire ceci, je n’ai aucune preuve que cela puisse être le cas.

Revenons-en aux caractéristiques de ce NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8.

NIKKOR Z 28-75mm f/2.8 exemple de photo

exemple de photo avec le NIKKOR Z 28-75mm f/2.8 (source Nikon)

NIKKOR Z 28-75mm f/2.8 exemple de photo

exemple de photo avec le NIKKOR Z 28-75mm f/2.8 (source Nikon)

Caractéristiques techniques et comparaison NIKKOR Z 24-70 / 28-75 mm

Vous vous en doutez, c’est la comparaison avec le NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S qui va nous intéresser ici. Et vous avez déjà remarqué que la lettre S est absente de l’appellation officielle du 28-75 mm. L’absence de ce S qui désigne les optiques pros de la gamme NIKKOR Z classe donc le 28-75 mm  dans la catégorie inférieure, celle du NIKKOR Z 24-200 mm. Quand on connaît les performances de ce zoom, il y a de quoi se ravir de l’absence du S si cela se traduit par 1.260 euros de moins sur la facture.

Le NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8 ne pèse que 565 gr. (805 pour le 24-70) et mesure 75 x 120,5 mm (vs. 89 x 126).

Sa formule optique diffère avec 15 lentilles en 12 groupes (dont 1 lentille en verre super ED, 1 lentille en verre ED et 3 lentilles asphériques) face aux 17 lentilles en 15 groupes (dont 2 lentilles en verre ED, 4 lentilles asphériques, des lentilles avec traitements nanocristal et ARNEO, et des lentilles avant et arrière traitées au fluor) du 24-70 f/2.8 S.

La distance minimale de mise au point diffère aussi. Tandis que celle du 24-70 mm f/2.8 est constante à 0,38 m, celle du NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8 est variable :

  • focale 28 mm : 0,19 m
  • focale 35 mm : 0,22 m
  • focale 50 mm : 0,3 m
  • focale 75 mm : 0,39 m

Le diamètre du filtre est de 67 mm contre 82. Le rapport de reproduction maximal est de x 0,34 (vs. 0,22). Le diaphragme reste circulaire à 9 lames, une bonne nouvelle pour les amateurs d’effet Bokeh ou les vidéastes.

Parmi les points faibles par rapport au zoom f/2.8, notez que ce 28-75 mm ne comporte pas une troisième bague dédiée à la mise au point, pas de touche programmable sur le fût, pas d’afficher OLED et pas de traitement ARNEO.

Voici la comparaison des 3 zooms NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8, NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8 et NIKKOR Z 24-70 mm f/4 :

NIKKOR Z 28-75mm f/2.8 exemple de photo

exemple de photo avec le NIKKOR Z 28-75mm f/2.8 (source Nikon)

NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8 : premier avis

Le choix d’un zoom de reportage en monture Z vous paraît complexe avec trois options ? Il l’est, d’autant plus que les écarts de tarifs sont significatifs.

Toutefois, le NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S garde le leadership face au NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8 dont les performances devraient être moins exclusives.

Le NIKKOR Z 24-70 mm f/4 reste plus compact et accessible, surtout proposé en kit avec un boîtier, son tarif étant alors plus proche de 600 euros dans cette configuration.

Le NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8 devrait cependant constituer une offre attirante pour compléter un Nikon Z 5 ou Z 6II, moins exigeants que les Z 7II et Z 9, sans vous imposer une dépense excessive. Il sera également un meilleur choix que le NIKKOR Z 24-50 mm proposé en kit avec le Nikon Z 5, une optique dont la plage focale est trop modeste eu égard aux envies des utilisateurs d’un tel appareil photo.

Proposé à un tarif très attractif face à la concurrence interne comme externe, ce zoom NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8 pourrait bien constituer le nouveau standard dans une gamme Nikon Z qui commence à ressembler à quelque chose.

Source et plus d’infos : Nikon France

Ce zoom et tous les NIKKOR Z chez Miss Numerique


Test Nikon Z 9 : une semaine avec l’hybride Pro Nikon, de jour comme de nuit

A tout seigneur tout honneur ! J’ai rarement fait un test de boîtier aussi tôt après son annonce, mais pour avoir eu le nouvel hybride pro (version présérie) dans les mains pendant plusieurs jours, j’ai décidé de publier ce test Nikon Z 9 dans la foulée.

Vous imaginez bien que faire le tour d’un tel boîtier en quelques jours n’est ni envisageable ni crédible. Je ne prétends donc pas l’avoir fait, il faudra des mois pour cela. Mais le premier ressenti est souvent révélateur, aussi j’ai décidé de vous partager le mien.

MàJ mai 2023 : le « petit » Z 9 est officialisé, voici la présentation complète du Nikon Z 8

Test Nikon Z 9 : une semaine avec l'hybride Pro Nikon

Le Nikon Z 9 chez Miss Numerique …

Le Nikon Z 9 à la Boutique Photo Nikon (revendeur indépendant) …

Test Nikon Z 9 : présentation et caractéristiques principales

Un sacré challenge

Nikon n’avait pas le droit à l’erreur en annonçant son hybride pro. Successeur des Nikon D5 et D6, d’une part, concurrent des Canon et Sony pros d’autre part, il devait taper haut et fort. Imaginez la tête des ingénieurs japonais à qui l’on a dit un jour « vous allez créer le meilleur hybride pro du moment et vous n’avez pas le droit de vous tromper ». La pression.

Cependant les japonais ont une vraie capacité à gérer la pression, et à la transformer en une énergie qui surprend souvent. Dans le cas du Nikon Z 9, c’est même d’une débauche d’énergie dont il s’agit tant ce boîtier place la barre haut face à ses prédécesseurs et à la concurrence.

« Du jamais vu ! » disent les uns, « le meilleur hybride du monde ! » disent les autres. Je dirais quant à moi « l’hybride que le monde de la photo attendait et qui remet Nikon en tête de la course, dans une position de leader sur le marché de l’hybride pro ».

Nikon Z 9 avec l'objectif NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S

le Nikon Z 9 avec l’objectif NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S

Bien que n’enlevant rien aux Nikon Z 6II et Z 7II dont les performances sont plus que décentes, le Nikon Z 9 apporte un niveau de performances jamais vu encore chez les jaunes, une capacité à convaincre même les plus irréductibles, et se voit proposé à un tarif qui fait de lui ‘le Nikon que tout le monde veut » ou presque.

Je ne vais pas revenir sur toutes les caractéristiques techniques de cet hybride monobloc, mais mettre en avant les principales. Je précise que je n’ai pas évalué les capacités vidéo du Nikon Z 9 lors de ce test.

Lire la présentation détaillée des caractéristiques techniques du Nikon Z 9

Le capteur

Le Nikon Z 9 utilise un capteur BSI plein format de 52,37 Mp dont 45,7 Mp servent à la formation de l’image. Ce capteur est de type « CMOS BSI Stacked sensor » ou « capteur CMOS BSI empilé « . Cette technologie diffère de celle des capteurs CMOS BSI non empilés, elle permet de récupérer l’information de chaque photosite à différents moments de la capture, et de constituer un système multi captures sur un même temps de pose.

Si vous faites par exemple une photo à 1/60 ème de sec. le capteur est capable de récupérer l’information de chaque photosite une première fois avant la fin du temps de pose choisi (à la moitié à priori), puis une seconde fois au temps de pose choisi avant d’empiler ces valeurs pour délivrer l’information finale. La première image, plus sombre, sert à mieux capter les mouvements en préservant les hautes lumières pour augmenter la dynamique du capteur (merci à Hervé Macudzinski, Image Science Director chez DxOMark, pour l’explication dans le podcast Faut pas pousser les ISOs).

Photo de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/60 – f/2.8 – ISO 12.800 @ 30 mm

Le capteur du Nikon Z 9 est donc différent de ceux des Nikon D850 et Z 7II bien qu’il soit du même format et présente la même définition. Il est bien sûr stabilisé sur 5 axes comme ceux des autres Nikon Z hybrides plein format.

L’autofocus

Exit le module autofocus des Nikon D5 et D6 basé sur un capteur AF dédié. Exit aussi l’autofocus des Nikon Z 6 et Z 7 série 2 basé sur un couple de processeurs Expeed 6. L’autofocus du Nikon Z 9 utilise les données en provenance du capteur image, 493 collimateurs et 405 points AF et dispose d’un circuit de traitement de l’information couplé à une batterie de processeurs dont un Expeed 7 qui lui permettent une rapidité jamais vue encore sur un Nikon reflex comme hybride. Le processeur Expeed 7, à lui seul, est 10 fois plus performant que le précédent Expeed 6. L’AF du Nikon Z 9 est annoncé comme 5 fois plus rapide que celui des Z 6II et Z 7II.

Outre cette réactivité pour faire le point, c’est la capacité du Nikon Z 9 à identifier un sujet et à le suivre qui mérite d’être relevée. Dans le cadre de ce test Nikon Z 9 j’ai pu vérifier sur le terrain que cet autofocus est non seulement rapide, capable de détecter des sujets différents, mais qu’il voit aussi bien dans la pénombre que très loin, et souvent mieux que moi.

Photo de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/500 ème – f/2.8 – ISO 25.600 @ 54 mm
(l’autofocus suit le visage détecté automatiquement lors de l’entrée dans le cadre par la gauche)

Je vous rappelle les limites de détection AF du Nikon Z 9 : – 6,5 à +19 IL (-8,5 à +19 IL avec l’affichage lumineux). Cet autofocus est par exemple capable de détecter un vélo dans la circulation, puis la tête du cycliste alors qu’il ne montre que sa nuque, tout en assurant le point sur la tête de ce cycliste au milieu de la circulation et d’un paysage urbain complexe. Même lorsque la tête n’est plus visible à l’œil nu. Il est aussi capable de détecter le visage d’une personne à la peau noire, à 15 m, de nuit sur fond sombre. 

J’ai photographié des oiseaux en vol avec le Z 9 et le NIKKOR AF-S 70-200 mm f/2.8 VR série 2 + bague FTZ. L’AF suit l’oiseau visé, en zone automatique comme en suivi 3D, et ne le perd que lorsque celui-ci occupe une zone inférieure à la plus petite zone de détection, soit un oiseau tout juste visible dans le viseur. Pourtant le 70-200 f/2.8 AF-S VR2 n’est pas aussi véloce que le plus récent NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 S.

Cet autofocus détecte et suit tout ce qui passe dans votre viseur, en différenciant les sujets, et ça c’est une performance de très haut niveau.

Photo d'oiseaux avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + AF-S Nikkor 70-200 mm f/2.8 VR2 – 1/1.250 ème – f/3.2 – ISO 450 @ 135 mm
(l’autofocus est calé sur l’oiseau à l’aile déployée, je le suivais depuis quelques secondes)

L’obturateur

Vous connaissez l’obturation mécanique, l’obturation mixte « mécanique + électronique », ajoutez à la liste l’obturation électronique unique. Exit l’obturateur mécanique et son complexe système de lamelles, le Nikon Z 9 utilise un obturateur électronique exclusivement.

Première conséquence, le bruit puisque cette obturation n’en fait pas. Le mode silencieux est de rigueur, mais les ingénieurs japonais ont pensé à vous, nostalgiques du bruit au déclenchement, et ont ajouté une option sonore. Un bruit assez curieux au départ se fait entendre lorsque vous déclenchez, ce n’est pas celui d’un obturateur mécanique classique. Toutefois au bout de quelques jours je me suis surpris à apprécier cette fonction et ce bruit.

En mode silencieux, difficile de savoir si le boîtier a bien déclenché, aussi le Nikon Z 9 dispose-il d’un affichage programmable : vous pouvez faire apparaître soit 4 lignes blanches verticales très fines sur les bords du viseur, soit 2 lignes à droite et à gauche soit un assombrissement de l’affichage (qui n’est pas un passage au noir).

Autre conséquence liée à cette obturation 100% électronique, au capteur BSI empilé et à la puissance de calcul de l’Expeed 7, la disparition de tout passage au noir dans le viseur et l’absence d’effet Rolling Shutter sur les photos de sujets en mouvements très rapides (club de golf, hélice d’avion, …). Je n’ai constaté aucun passage au noir en mode rafale. Je n’ai pas eu l’occasion par contre de tester le rolling shutter sur autre chose que des oiseaux.  Ils n’en sont pas la cible principale, mais soit dit en passant, sont la cible de l’autofocus qui prend un malin plaisir à les attraper et les suivre.

La sensibilité

La sensibilité ISO varie de 64 à 25.600 ISO en standard, extensible à 32 et 102.400 ISO. Si le Nikon D6 satisfait les photographes pros entre 5.000 et 6.400 ISO, ces derniers ne devraient que peu gagner avec le Nikon Z 9 (si ce n’est le passage de 20 à 45 Mp) mais là n’est pas leur problème. Des images propres à 6.400 ISO c’est déjà très bien, ce que fait sans problème le Z 9. Il va jusqu’à délivrer des JPG utilisables à 12.800 ISO, le traitement du RAW est nécessaire pour une meilleure qualité d’image ou pour grimper à 25.600 ISO en cas de besoin.

Photo de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/800 ème – f/2.8 – ISO 10.000 @ 58 mm

Test Nikon Z 9 : prise en main

Gabarit et construction

La mode n’est plus aux gros et lourds boîtiers monobloc, de nombreux photographes souhaitent plutôt alléger le poids sur leurs épaules. Toutefois la construction d’un monobloc le rend plus robuste, plus étanche, plus complet avec sa poignée intégrée et ses contrôles déportés. C’est le choix qu’a fait Nikon pour son Z 9 : il est bâti comme un D6, tout en étant plus compact. 1 cm de moins en largeur, 1,4 cm de moins en hauteur, cela peut paraître peu mais c’est sensible à l’usage.

Pendant ce test Nikon Z 9 j’ai été agréablement surpris par la prise en main du boîtier, la forme de la poignée procurant une tenue en main ferme même sans courroie. Sa compacité le rend plus agréable à porter. L’écart de poids n’est pas significatif face au D6, à peine 100 gr. de moins. Avec 1,4 kg boîtier nu, vous savez que vous utilisez un modèle pro taillé pour l’aventure.

commandes supérieures du Nikon Z 9

commandes supérieures gauches du Nikon Z 9 (dont touche Fn4)

Je n’en dirai guère plus sur la construction qui fait appel à l’alliage de magnésium, propose une étanchéité importante, des molettes de réglage avec verrouillages, des boutons rétro-éclairés, … Si vous pensiez encore que cet hybride est un sous-produit du reflex, oubliez. Notez au passage la présence d’une protection de la griffe flash supérieure, en lieu et place de l’énorme protection caoutchouc du D6.

Un dernier mot pour signaler la présence d’un volet de protection du capteur, qui peut se fermer lors de l’arrêt du boîtier (fonction désactivable), et vient ainsi éviter toute pénétration de poussière ou de pluie sur le capteur. Cet accessoire s’avère indispensable dans les conditions de reportage en extérieur auxquelles est soumis un boîtier pro, généralement bien pires que celles auxquelles vous soumettez un Z 6 ou Z 7. Ceci dit, si Nikon veut implémenter le même volet sur un futur Nikon Z 8, je suis preneur.

commandes supérieures du Nikon Z 9

commandes supérieures droites du Nikon Z 9

Ergonomie, commandes et menus

Ne vous y trompez pas, vous êtes bien en présence d’un Nikon et il ne vous faudra guère plus de 10 minutes pour faire vos premières (bonnes) photos. Toutefois vous êtes aussi en présence d’un hybride pro qui demande un temps d’adaptation bien plus long qu’un boîtier entrée de gamme, surtout si vous n’avez jamais utilisé un D5 ou D6, voire un Z 6 ou Z 7.

Test Nikon Z 9

Nikon Z 9 : menu réseau complet LAN/WAN et liaisons USB

Pour initier ce test Nikon Z 9, j’ai configuré le boîtier comme je le fais avec le Z 6II, puis adapté petit à petit les réglages afin que son comportement corresponde à mes besoins. C’est la phase qui vous prendra plus ou moins de temps selon vos besoins. Vous serez toutefois aidé par un écran arrière et des menus dans la pure tradition Nikon, un écran de rappel des principales fonctions sur le capot supérieur, et un choix important d’informations dans le viseur.

Cet affichage viseur peut prendre 4 configurations différentes (5 pour l’écran arrière), chacune affiche un ensemble de réglages et les aides à la prise de vue comme l’horizon artificiel, l’histogramme, le focus peaking ou la loupe de mise au point.

Le boîtier comporte 4 touches de fonction, une cinquième touche programmable sur la poignée et la plupart des autres touches peuvent voir leur comportement modifié selon vos envies. J’ai par contre constaté que toutes les fonctions personnalisables ne le sont pas pour toutes les touches, une mise à jour firmware pourrait modifier cela car pourquoi limiter ces usages s’il ne s’agit que de logiciel.

Comptez aussi sur les possibilités offertes par les optiques NIKKOR Z disposant, pour certaines, d’une touche de fonction indépendante et d’un écran OLED de rappel des valeurs de prise de vue.

Nikon Z 9: écran en position fermé

Nikon Z 9: écran en position fermé et commandes arrières

J’ai apprécié le déplacement de la touche de visualisation des photos sur la droite du dos, ce qui permet d’afficher et de faire défiler les photos avec la main droite, tout en les supprimant au besoin de la main gauche (touche poubelle). Je critiquais l’implantation de cette touche de visualisation sur les Z 6 et Z 7 (en haut à gauche), Nikon a entendu les utilisateurs semble-t-il.

Notez enfin que certaines fonctions des reflex pros Nikon absentes des Z 6 et Z 7 reviennent sur le Nikon Z 9. Je pense à la programmation d’un mode de zone AF (par exemple suivi 3D) avec bascule entre ce mode lors de l’appui sur la touche et retour au mode initial lorsque vous relâchez la touche, ou de la possibilité de programmer le rappel de la distance de mise au point lors de l’allumage du boîtier.

le déclencheur et les commandes déportées pour le mode portrait sur le Nikon Z 9 

le déclencheur et les commandes déportées pour le mode portrait sur le Nikon Z 9 

Viseur électronique et écran orientable tactile

Le viseur du Nikon Z 9 n’est pas le plus défini du marché avec 3,69 Mp, mais bien qu’il soit déjà très qualitatif, son intérêt tient en son confort d’utilisation. En effet rien ne sert de disposer de millions de points si le rendu de l’image est inconfortable. Pendant toute la durée de ce test Nikon Z 9, j’ai fait beaucoup de photos de nuit, une situation qui fatigue vite les yeux avec un viseur de qualité moyenne. J’ai non seulement retrouvé la belle qualité d’image et le cadre du Z 6II, mais le viseur du Nikon Z 9 a quelque chose de plus, ce qui est logique puisqu’il ne s’agit pas du même viseur que celui des Z 6 et Z 7.

Le contraste, déjà, qui lui fait afficher de façon bien plus agréable les hautes et basses lumières. Si vous visez d’un œil tandis que l’autre voit une scène très lumineuse, le confort est supérieur. Lorsque vous visez, l’écart de contraste œil viseur / œil libre est réduit.

La luminosité ensuite. Avec 3.000 cd/m2 quand la concurrence se limite à 1.000, ce viseur s’avère le plus lumineux du marché. En visée à contrejour, le détail dans les basses lumières est supérieur alors que les hautes lumières restent supportables à l’œil. En basse lumière c’est d’autant plus agréable que ce que vous voyez dans le viseur est plus précis.

La précision d’image, enfin. Difficile de l’expliquer ainsi, mais le rendu à l’œil est supérieur. J’ai ressenti la même différence que celle que je peux voir entre une image faite avec un objectif très piqué et un moins piqué.

L’œilleton en caoutchouc rond est bien un Nikon, les porteurs de lunettes apprécieront. Sachez aussi qu’avec un masque par temps froid, il génère moins de buée que celui du Nikon Z 6 (sur les lunettes c’est un autre problème, mais ce n’est pas celui de Nikon).

Test détection sujet humain Nikon Z 9

Nikon Z 9 + AF-S Nikon 70-200 mm f/2.8 VR2 – 1/2.000 ème – f/2.8 – ISO 280 @ 200 mm
(l’autofocus a détecté et suivi le visage de la personne de face alors que je ne voyais toujours pas son visage)

Je ne reviens pas sur la possibilité d’afficher l’image réelle dans le viseur avant de déclencher, tout en compensant l’exposition, c’est un des avantages des hybrides. L’autre atout est l’affichage des photos faites sans quitter le viseur des yeux et sans devoir allumer l’écran arrière, ce que les photographes de spectacle et de plateau apprécieront.

Vous envisagez la macro ? La loupe électronique et la mise au point manuelle assistée par le focus peaking (le dépoli version hybride) vous faciliteront la vie et seront bien plus précis que n’importe quel viseur optique.

Test Nikon Z 9

Nikon Z 9 : écran inclinable et orientable

L’écran arrière utilise une dalle de 3,2 pouces (8 cm) d’une définition de 2.100.000 points, suffisante pour zoomer dans l’image de façon conséquente. J’ai apprécié tout autant ses fonctions tactiles que sa colorimétrie qui permet d’afficher les images faites telles que vous les voyez dans le viseur. Un atout quand vous devez livrer des fichiers JPG en direct sans avoir le contrôle final du rendu colorimétrique.

Le Nikon Z 9 en cadrage portrait avec écran en portrait

Le Nikon Z 9 en cadrage portrait avec écran et affichage en position portrait

Cet écran présente la triple caractéristique d’être inclinable, orientable sur les deux côtés à presque 90 degrés (oui, vous visez dans les coins)  et utilisable en mode portrait. Dans ce dernier cas, l’affichage des informations bascule afin de rester lisible. Pouvoir viser les bras tendus, au-dessus d’une palissade (sur circuit c’est pratique) comme en angle si la configuration s’y prête, c’est confortable.

Photo d'oiseaux avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + AF-S Nikkor 70-200 mm f/2.8 VR2 – 1/1250 ème – f/3.2 – ISO 160 @ 200 mm
(l’autofocus suivait l’oiseau venant de derrière les branches à droite)

Autonomie

Un boîtier pro doit tenir la distance, d’autant plus s’il est utilisé en mode remote sans possibilité de remplacer la batterie, en haut d’un pylône aux JO comme derrière les but d’un stade de foot. Nikon a eu la bonne idée d’utiliser les batteries Nikon EN-EL 18d sur le Z 9, les batteries des D5 et D6 restant compatibles. Cette déclinaison ‘d’ autorise la recharge via le port USB, un avantage en mode remote justement comme en vidéo.

Nikon Z 9 : trappe batterie

Nikon Z 9 : trappe batterie Nikon EN-EL 18d avec verrouillage

Quant à l’autonomie, soyons clairs, celle du Nikon Z 9 comme de tout hybride dépend beaucoup de l’utilisation que vous allez en avoir.

En l’utilisant avec l’écran arrière allumé sans cesse, en faisant appel à l’éclairage des boutons la nuit, en jouant avec les menus et avec l’autofocus en AF-C Suivi 3D (conditions de test), j’ai pu faire près de 2.400 photos avec une charge.

En utilisant le seul viseur sans écran arrière, et l’AF- C Suivi 3D avec des rafales régulières à 20 im./sec. (conditions d’utilisation plus classiques), j’ai pu faire 3.300 photos en utilisant 48 % de batterie. L’autonomie moyenne peut donc dépasser 3.000 photos en conditions de reportage.

Cartes mémoire et connectique

Avec 45,7 Mp et 20 im/sec. les cartes mémoire que vous allez glisser dans les deux emplacements du Nikon Z 9 doivent être à la hauteur. Bien que le buffer autorise une cadence importante (1.000 vues RAW à 20 vps), le temps nécessaire à l’écriture sur les cartes est conditionné par leur performance.

Test Nikon Z 9

Nikon Z 9 : trappe cartes mémoires (x 2) avec verrouillage

Avec mes (vieilles) cartes XQD 440/400 Mb (lecture/écriture), je n’ai pas dépassé 4,2 secondes en mode rafale 20 im/sec. sans constater un ralentissement au déclenchement du à la carte. Ce qui permet quand même d’enregistrer 88 vues en RAW efficacité élevée. En RAW compressé sans perte, la rafale a ralenti à partir de 3,8 secondes et 36 vues.

En conditions réelles, soit en relâchant le déclencheur ponctuellement comme si je suivais un sportif, un véhicule ou un oiseau, j’ai pu déclencher des rafales à 20 im./sec. pendant 3 mn 12 sec. en RAW efficacité élevée avant de remplir les 64 Gb de ma carte, soit 1.777 vues. De quoi voir venir.

Pour obtenir la cadence maximale à 20 vps (RAW et JPG) sur 1.000 vues en une seule rafale, il vous faudra investir dans les cartes ProGrade Digital Cobalt CFexpress, ce qui demande à être justifié étant donné le tarif de ces cartes.

Voir les tarifs des cartes Prograde Digital Cobalt CFexpress

Quelques mots sur les formats d’enregistrement RAW. Le Nikon Z 9 délaisse les RAW de taille réduite des précédents Nikon pour mettre en œuvre un nouvel algorithme de compression RAW (d’origine IntoPIX).

Avantage, vous n’avez plus besoin de choisir entre une taille ou une autre, et de regretter votre choix une fois la photo faite. Inconvénient, vous n’aurez « que » des fichiers à 45,7 Mp et non plus des RAW de définition réduite. Toutefois un RAW 45 Mp efficacité élevée pèse environ 35 Mo (25 pour un JPG) au lieu de 60 pour un RAW compression sans perte.

Pour en savoir plus sur la qualité des fichiers RAW efficacité élevée, il faut en passer par un protocole de test difficile à mettre en œuvre en peu de temps sans le matériel approprié. Je n’ai constaté toutefois aucune différence majeure de qualité d’image entre les deux formats.

Pour les utilisateurs de logiciels Adobe dont Lightroom, sachez qu’ils supportent déjà les RAW compression sans perte du Nikon Z 9 (Camera Raw 14.0 / Lightroom Classic 11.0.1). Les RAW efficacité élevée seront supportés lors de la prochaine mise à jour. Choisissez le mode compression sans perte dans l’immédiat pour voir vos images.

Test Nikon Z 9

Connectique du Nikon Z 9

En matière de connectique, pas de test particulier me concernant, mais de quoi faire pour couvrir la plupart des cas de figure avec :

  • WiFi intégré (sans besoin du module Nikon WT-6) IEEE 802.11b/g/n/a/ac,
  • Bluetooth 5.0 basse consommation (portée 10 m),
  • GPS (États-Unis), GLONASS (Russie), QZSS (Japon) intégré avec option journalisation,
  • connecteur RJ-45
  • port USB SuperSpeed avec port USB C
  • connecteur HDMI type A
  • entrée audio mini stéréo 3,5 mm (entrée alimentée prise en charge),
  • sortie audio mini stéréo 3,5 mm,
  • prise télécommande à 10 broches intégrée.

J’ai apprécié la possibilité d’ajouter les informations de géolocalisation GPS sur mes photos de façon automatique. J’ai activé la fonction sans jamais la couper, la réception est active pendant que le boîtier est en fonctionnement, se met en veille (c’est ce que j’ai compris) lorsqu’il est arrêté. Ceci n’a pas eu d’impact apparent sur l’autonomie, il faudrait du temps pour se livrer à un test dédié complémentaire. Toutefois, le jeu en vaut la chandelle, ce GPS s’avère précis à quelques mètres.

GPS intégré dans le Nikon Z 9, test géolocalisation

les informations de géolocalisation enregistrées par le GPS intégré du Nikon Z 9 (carte générée dans Lightroom)

Test du Nikon Z 9 : autofocus et réactivité

Inutile de dire que c’est là que l’on attendait le Nikon Z 9. L’autofocus. Sa réactivité et sa précision. Mais surtout sa capacité à détecter un sujet et à le suivre sans jamais le lâcher. Parce que la concurrence fait fort, et que si l’autofocus des Nikon Z 6II et Z 7II a bien progressé depuis 2018 et la première version, il n’a pas vocation à égaler celui des hybrides pros concurrents.

Le résultat du test est sans appel. L’autofocus du Nikon Z 9 n’a plus rien à voir avec celui des Z 6II et Z 7II, ni avec ceux des D5 et D6, le D6 étant pourtant LA précédente référence chez Nikon.

Cet autofocus va vite, très vite. La première fois c’est bluffant. Mais surtout il identifie à une vitesse stupéfiante ce qui passe dans votre cadre, et il ne lâche rien. Rappelons que le Nikon Z 9 peut identifier automatiquement :

  • les humains (visages, yeux, têtes, torses),
  • les chiens, chats, oiseaux (corps, yeux, têtes),
  • les véhicules (voitures, motos, vélos, trains, avions)

Le tout avec une priorisation automatique qui lui fait préférer les yeux au torse ou la tête au vélo par exemple.

Qu’il s’agisse d’un cycliste déambulant en ville, de près ou quelques centaines de mètres plus loin alors que je ne voyais plus sa tête ou presque, comme des yeux d’un chat à quelques mètres et sautant partout. Comme, encore, d’oiseaux en vol en bord de Seine et prenant un malin plaisir à changer de cap sans cesse.

Test autofocus Z 9 avec suivi 3D vélo

Début du suivi AF 3D, détection automatique de la tête de dos favorisée par rapport au vélo
Nikon Z 9 + AF-S NIKKOR 70-200 mm f/2.8 VR2 – 1/2.000 ème – f/2.8 – ISO 450 @ 200 mm

Test autofocus Z 9 avec suivi 3D vélo

Fin de la poursuite, l’autofocus est toujours calé sur la tête du cycliste
Nikon Z 9 + AF-S NIKKOR 70-200 mm f/2.8 VR2 – 1/2.000 ème – f/2.8 – ISO 220 @ 200 mm

Cet autofocus m’a aussi permis de faire des photos (nettes) dans la rue en soirée, dans le noir. Il sait détecter un visage à peau noire dans l’obscurité, le suivre et garder le point jusqu’à ce que le sujet sorte du cadre.

Le Nikon Z 9 réintroduit chez Nikon le mode de suivi 3D des reflex et qui manque aux Z 6 et Z 7. Après quelques essais pour déterminer le meilleur mode de zone AF, j’ai fini par choisir le mode de zone AF automatique avec détection de tous les types de sujets (humains, animaux, véhicules). C’est celui qui m’a donné les meilleurs résultats dans les différentes situations vécues lors de ce test.

J’ai en outre associé à la touche Fn1 l’activation du suivi 3D. Ainsi, en cas de besoin, il m’a suffit d’appuyer du bout du doigt sur cette touche pour basculer instantanément en suivi 3D. Un suivi 3D qui n’a plus rien à voir avec celui des reflex, il s’applique sur 90% du cadre, identifie les différents types de sujets, et suit sans qu’on ne lui demande rien.

Pour faire simple, activez le mode AF-C zone automatique et laissez le Nikon Z 9 faire son travail. Il passera automatiquement en suivi d’un sujet quand il l’identifie, changez de sujet au besoin en recadrant, il se recale.

Notez aussi que le terme « suivi des yeux » n’est plus de rigueur puisque le Nikon Z9 peut suivre un visage, bien sûr, mais aussi la tête de la personne concernée lorsqu’elle vous montre sa nuque. Les photographes de sport appréciant les portraits serrés de joueurs vont avoir de quoi faire même si ceux-ci se retournent régulièrement.

Portrait de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/160 ème – f/2.8 – ISO 12.800 @ 70 mm

Test Nikon Z 9 : qualité d’image

En analysant les photos faites dans différentes conditions lors de ce test Nikon Z 9, de jour comme de nuit, j’ai retrouvé la qualité de fichiers que je connais chez Nikon, depuis les reflex pros jusqu’aux plus récents Nikon Z 6II et Z 7II :

  • une colorimétrie fidèle,
  • une chromie conservée jusqu’à 12.800 ISO,
  • une capacité à encaisser les écarts de luminosité qui égale au moins celle du Nikon D6 (des tests plus complexes et plus scientifiques seront toutefois nécessaires pour analyser cela plus en détail).

Montée en sensibilité

Avec 45,7 Mp sur un capteur plein format, qu’attendre comme montée en sensibilité quand on se rappelle que le Nikon D6 n’a « que » 20,8 Mp ? La densité de photosites est plus élevée, ce qui est censé réduire la sensibilité, mais la technologie de capteur CMOS BSI Stacked est nouvelle. Il faudra attendre les tests labo de DxO Mark que je n’ai pas la prétention de remplacer, mais voici quelques images qui vous donnent un aperçu des résultats en conditions réelles.

De 64 à 3.200 ISO

Rien à dire. Le bruit est invisible sur les JPG natifs.

Photo urbaine de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/800 ème – f/2.8 – ISO 2.800 @ 70 mm

Autour de 6.400 ISO

L’image reste très propre, la chromie est fidèle, le JPG utilisable. Le RAW vous donnera un résultat encore meilleur après traitement si vous devez faire des grands tirages ou des recadrages importants.

Portrait de rue de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/800 ème – f/2.8 – ISO 6.400 @ 41 mm
(l’autofocus était calé sur la devanture colorée, facile !)

Autour de 12.800 ISO

Le bruit se fait sentir bien que les points colorés très bien réduits par le boîtier en JPG, le lissage est par contre bien visible sur le JPG natif.

L’image reste utilisable, toutefois le RAW s’avèrera indispensable pour des publications de qualité, le JPG pourra servir à livrer des images en direct.

Photo de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/125 ème – f/8 – ISO 12.800 @ 28 mm
(l’autofocus suivait la personne à gauche de la photo)

De 12.800 à 25.600 ISO

Le bruit est bien présent, les images perdent en qualité. Le traitement apporté par le boîtier au JPG natif reste efficace, le RAW reste toutefois indispensable pour affiner le résultat.

La chromie bascule vers des teintes plus chaudes, avec une dominante orangée (sur mes photos tests de nuit, ce qui est assez logique selon les éclairages).

Ces sensibilités sont à réserver aux usages extrêmes, cependant le Nikon Z 9 fait un beau travail de traitement du JPG qui peut aider lorsque vous en avez vraiment besoin. Dès que les logiciels de traitement du bruit comme DxO PureRAW seront à jour, je ne doute pas que les résultats progressent encore avec le RAW.

Photo de rue de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/250 ème – f/5.6 – ISO 25.600 @ 26 mm
(l’autofocus suivait la personne au centre de la photo depuis son entrée dans le cadre par la droite)

Dynamique

La dynamique, ou comment encaisser les grands écarts de luminosité entre basses et hautes lumières. Une caractéristique importante sur les stades, pour les sports de neige, les sports aquatiques, … Sur ce plan, et sans chercher à égaler DxOMark là-aussi, j’ai pu noter une belle capacité du capteur à encaisser les hautes lumières sans les griller tout en préservant les très basses lumières.

Photo de rue ave le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/800 ème – f/8 – ISO 72 @ 70 mm

Observez la photo ci-dessus faite en JPG natif (voir la version pleine définition sur Flickr):

  • le détail au niveau des cheminées est important sans perte,
  • les accessoires d’entraînement dans les basses lumières au pied des barrières restent visibles,
  • les bandes blanches dans le gazon, sur la gauche de l’image au premier plan, aussi.

Le fichier RAW autorise une dynamique plus importante encore en toute logique, et une interprétation JPG encore meilleure.

Autre exemple avec cette photo d’un cycliste, avec un beau niveau de détail dans les très basses lumières (le cycliste) et tout autant de détail dans les très hautes lumières en arrière-plan sur les voitures et murets.

Photo urbaine avec le Nikon Z 9 (dynamique)

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/800 ème – f/8 – ISO 110 @ 33 mm
(l’autofocus était réglé en zone AF automatique, il a vu arrivé le vélo et l’a suivi)

Photo urbaine avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/800 ème – f/8 – ISO 160 @ 24 mm

Test du Nikon Z 9 : à qui s’adresse ce boîtier ?

Désormais fer de lance de la gamme Nikon, le Nikon Z 9 va marquer son époque et relancer Nikon dans la course au meilleur boîtier Pro tant en photo qu’en vidéo (DPReview vient de lui accorder le « Product of the Year Winner Award 2021« ).

Il s’agit d’un hybride pro qui demande une grande maîtrise pour être utilisé à sa juste valeur, comme la capacité à comprendre et mettre en œuvre les différents réglages qu’il propose. L’autofocus, en particulier, nécessite un temps d’apprentissage pour vous permettre de trouver la combinaison de réglages qui vous convient le mieux en fonction de vos besoins.

Néanmoins, à l’issue de ce test Nikon Z 9 je peux dire que la première prise en main reste facile quand on vient d’un autre Nikon expert/pro.

Pour en avoir parlé avec plusieurs photographes professionnels connaissant bien les Nikon D5 et D6, la transition est très rapide et aucun ne reviendrait en arrière après avoir goûté au Z 9 !

Le Nikon Z 9 va vous intéresser si :

  • vous souhaitez disposer du meilleur hybride Nikon actuel et du meilleur hybride pro du marché (décembre 2021),
  • vous cherchez un remplaçant à votre Nikon D5 ou D6,
  • vous voulez un appareil photo capable de vous suivre partout, même dans les pires conditions,
  • vous êtes professionnel ou expert de la photo d’action, de sport, animalière, de spectacle vivant,
  • vous êtes vidéaste professionnel et devez tourner en 4K et 8K,
  • vous voulez continuer à utiliser vos objectifs Nikon AF-S, et les téléobjectifs en particulier,
  • vous ne craignez pas de porter un appareil photo monobloc pendant de longues heures, 
  • vous êtes prêt à prendre le temps de comprendre le fonctionnement d’un hybride pro et de son autofocus,
  • vous avez envie de vous faire plaisir avec un appareil photo qui va marquer l’histoire de la marque.

Le Nikon Z 9 va moins vous intéresser si :

  • vous ne jurez que par la visée optique,
  • vous ne voulez pas mettre à jour vos cartes, vos logiciels et votre informatique pour gérer ces fichiers,
  • vous êtes déjà parti à la concurrence (ce qui est dommage, avouons-le).

Les photos de ce test sont disponibles en version haute définition sur le compte Flickr Nikon Passion :

Test Nikon Z 9

Test Nikon Z 9 : mon avis

Nikon devait frapper un grand coup pour rester dans la course, pour proposer un remplaçant digne de ce nom à ses reflex pros D5 et D6, pour envoyer un signal fort au marché. Pour montrer que l’on pouvait compter sur la marque pour proposer des hybrides au niveau de la concurrence. Avec le Nikon Z 9, ce n’est pas uniquement  « frapper un grand coup » dont il s’agit, mais aussi « remettre les pendules à l’heure » et « convertir les plus hésitants ».

Tout ce qui existe sur le marché en 2021 en matière d’hybride expert-pro n’a plus qu’à bien se tenir car le Nikon Z 9 est devant.

Vous allez peut-être penser que je manque d’objectivité (dans Nikon Passion, il y a Nikon et Passion), mais pour bien connaître la gamme reflex comme hybride, pour utiliser un Nikon Z 6II au quotidien, je ne peux que conclure ce test Nikon Z 9 en disant que ce nouvel arrivant écrase tout sur son passage.

Chez Nikon, déjà. Enterrés les reflex pros Nikon D5 et D6, pourtant parmi les meilleurs reflex ayant jamais existé. Le Nikon D6 est un monstre de puissance et de technologie, mais le Nikon Z 9 le renvoie aux oubliettes. Plusieurs photographes pros ont déjà mis leurs D5/D6 en vente, l’ère du reflex pro monobloc est finie.

Mis à l’écart, aussi, les hybrides plein format Nikon Z 6II et Z 7II chez ceux qui cherchent un appareil photo vidéo pro polyvalent, capable de les suivre sur n’importe quel évènement ou n’importe quel terrain dans toutes les conditions, pour délivrer sans jamais faiblir des photos et des vidéos qui font la différence.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, les Z 6II et Z 7II ne perdent rien de leur intérêt, mais lorsqu’il s’agit de sortir une image action/sport/animalier que les autres ne vont pas faire au même endroit dans les mêmes conditions difficiles, le Nikon Z  9 est devant.

Photo de stade avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/800 ème – f/8 – ISO 160 @ 37 mm

Chez les concurrents les voyants sont à l’orange et au rouge. Sony a de quoi affronter le Nikon Z 9 avec l’Alpha 1 (avec quelques faiblesses toutefois), mais il vous faut ajouter 1.300 euros de plus que le Z 9 pour l’acquérir (sauf à ce que le tarif soit réaligné très vite, ce qui plaira moyennement à ceux qui viennent de l’acheter). Canon peut mettre en avant le Canon R3 qui a le bon goût d’être vendu au même prix que le Z 9. Les fiches techniques sont comparables, il semble toutefois que le R3 marque le pas, l’avenir nous dira si c’est justifié.

Avantage certain du Z 9, il sait utiliser tout aussi bien les optiques NIKKOR Z conçues pour les hybrides Nikon, que l’ensemble de la gamme d’optiques Nikon AF-S conçues pour les reflex Nikon.

Cela vous évitera un renouvellement trop rapide des longs téléobjectifs onéreux. J’ai pu constater que les performances ne variaient pas avec mon AF-S Nikon 70-200 mm f/2.8 VRII, l’autofocus reste précis, capable et réactif avec la bague FTZ. 

Enfin, dernier avantage du Nikon Z 9, sa capacité à vous éviter des frais supplémentaires :

  • le module Wifi intégré évite le recours au Nikon WT-6 (750 euros d’économie),
  • le GPS intégré évite l’achat d’un module complémentaire (environ 100 euros d’économie),
  • il est compatible avec les cartes XQD et CFexpress, évitant le renouvellement de vos XQD (150 à 200 euros la carte a minima),
  • il est aussi compatible avec les batteries des D5 et D6, évitant le renouvellement de batteries vendues plus de 250 euros pièce.

Vous me direz qu’il faut des cartes récentes et onéreuses pour exploiter les 20 im/sec. sans limite, c’est vrai. Mais pouvoir déclencher à 20 im/sec. avec une « vieille » carte XQD 440 Mb et enregistrer plus de 1.700 photos en 3 minutes, c’est déjà une belle performance qui n’impose pas l’achat immédiat de cartes 1.700 Mb.

J’ai bien sûr quelques reproches à faire à ce Nikon Z 9. Je citerai l’impossibilité d’utiliser toutes les fonctions de personnalisation sur toutes les touches Fn (une mise à jour firmware peut aider), la difficulté à déverrouiller la molette de modes de déclenchement avec des gants (c’était déjà le cas sur le D6), l’impossibilité de faire pivoter l’écran complètement pour tourner face caméra. Mais le bilan reste largement positif.

Proposé à un tarif très compétitif (près de 1.500 euros de moins que le Nikon D6), vous évitant des frais supplémentaires, possédant un des meilleurs, sinon le meilleur autofocus du marché, construit pour résister à tout, le Nikon Z 9 va à coup sûr représenter une des deux meilleures offres du marché dans les deux ans à venir. Il a déjà sa place dans l’histoire de la marque, alors même qu’il n’est pas livrable encore au moment de la publication de ce test, et si cela n’est pas une preuve de ses performances, c’en est une de sa capacité à rassembler et séduire. L’ensemble du monde de la photo professionnelle ne saurait se tromper à ce point.

Mais aussi …

Bien que j’ai profité d’une semaine complète pour vous proposer ce test Nikon Z 9, je n’ai pas eu le temps d’en faire le tour complet. Ce test a donc forcément des limites, d’autant plus que j’ai utilisé une version présérie du Nikon Z 9 (firmware 1.0 et 1.10) en sachant qu’une nouvelle version du firmware arrive en début d’année 2022 avec des fonctions additionnelles (en vidéo en particulier).

En savoir plus sur le Nikon Z 9 sur le site Nikon

Le Nikon Z 9 chez Miss Numerique …

Le Nikon Z 9 à la Boutique Photo Nikon (revendeur indépendant) …


Nikon hybrides : les objectifs compatibles alternatifs en monture Nikon Z

Vous aimeriez utiliser un hybride Nikon sans devoir investir une fortune dans des objectifs excellents mais souvent onéreux ? Savez-vous que plusieurs opticiens indépendants proposent des objectifs compatibles alternatifs en monture Nikon Z pour hybrides Nikon ?

Attention, il n’est question ni de Tamron, ni de Sigma …

Note : pour aller plus loin, découvrez le guide complet 2025 pour choisir un objectif NIKKOR Z adapté à votre hybride Nikon.

Nikon hybrides : les objectifs compatibles alternatifs en monture Nikon Z

Tous les objectifs compatibles pour Nikon Z chez Amazon

Tous les objectifs compatibles pour Nikon Z chez Miss Numerique

Objectifs compatibles alternatifs en monture Nikon Z pour hybrides Nikon

Le contexte

L’année 2018 restera celle où Nikon s’est lancé dans l’aventure des boîtiers hybrides équipés de capteurs au format 24 x 36, avec le lancement des Nikon Z6 et Z7. De l’avis de tous, l’apparition de cette nouvelle ligne de boîtiers annonce la fin de l’ère des reflex Nikon et le déclin de sa non moins célèbre monture F au profit de la nouvelle monture Z dédiée aux hybrides (voir la liste de tous les modèles).

Cette monture étant encore jeune, l’offre en objectifs reste limitée, trop pour certains photographes. Reste la possibilité d’utiliser une bague d’adaptation (Nikon FTZ ou FTZII) et d’y monter des objectifs dans toutes les montures possibles. Ou encore de se pencher sur l’offre des objectifs en monture Z native. Les grandes marques d’objectifs compatibles (Sigma, Tamron) brillent toujours par leur absence sur ce créneau, cela ne signifie pas qu’il n’y a rien à se mettre sous la dent, bien au contraire… Petit tour d’horizon.

Nikon Z7 équipé d'un objectif Vitrox 85/1,8 autofocus

Nikon Z7 équipé d’un objectif Vitrox 85 mm f/1,8 autofocus

La multiplication des boîtiers hybrides à laquelle nous assistons depuis plusieurs années chez quasiment tous les fabricants d’appareils photo s’accompagne d’un phénomène parallèle : la prolifération des objectifs compatibles dans toutes ces montures, sous des marques qui nous étaient majoritairement inconnues il y a encore quelques années.

Pour Nikon, la problématique est simple : les objectifs NIKKOR Z en monture Z sont conçus pour être performants, à la pointe de la technologie et bien construits. Mais la contrepartie est un prix de vente élevé, qui représente un frein non négligeable quand on doit s’équiper.

A l’opposé, le cahier des charges d’une optique compatible est bien différent : une formule optique souvent pas trop complexe (sauf sur certains modèles « haut de gamme », vendus plus cher), une construction solide mais basique, et une déclinaison dans un maximum de  montures possibles. Parfois une monture « universelle » destinée à une utilisation avec une bague d’adaptation pour les montures jugées trop confidentielles. Dans le cas des hybrides ce sera souvent la monture Leica M, car elle a le double avantage d’être tombée dans le domaine public et d’être très répandue (les bagues d’adaptation sont légions).

Quid de l’autofocus ?

L’absence d’autofocus sur la grosse majorité des modèles s’explique lui par une logique de simplification des modèles et d’une recherche de réduction des coûts. En effet pour avoir l’AF, il faut souvent payer une redevance au constructeur du boîtier ou procéder à de la rétro-ingénierie et mettre en place un système de veille pour produire régulièrement les inévitables mises à jour… Et avec chaque marque ayant un autofocus différent, on image facilement l’effet boule de neige sur les prix …

Certaines marques se sont positionnées sur certains types d’objectifs spéciaux (UGA, macro…), parfois en soignant la présentation et la finition et en les positionnant plus haut en gamme, parfois en misant surtout sur l’accessibilité mais souvent au détriment des résultats. On peut aussi constater que certains constructeurs rivalisent de luminosité sur les focales courantes, autant en APS-C qu’en 24×36 d’ailleurs.

Et les performances optiques ?

Sans surprise, au niveau des performances optiques, le pire côtoie parfois le meilleur : en matière d’objectifs photo pas de miracle, on en a le plus souvent pour son argent. Quoi qu’il en soit, cette offre peu onéreuse favorise les essais et toutes sortes d’expérimentations et peut suffire dans le cas d’une utilisation très ponctuelle. Bien sûr il y a toujours les fameuses segmentations APS-C et 24×36.

Les focales proposées vont de l’ultra grand angle jusqu’à des focales de 135 mm en passant par la macro, même si le cœur de l’offre repose surtout sur les focales moyennes. Petite curiosité, l’abondance de modèles d’objectifs de type fisheye, qui peut sembler curieuse de prime abord dans un contexte purement « photo », mais qui s’explique par le fait que les hybrides sont aussi très utilisés en vidéo, domaine dans lequel ce type d’objectif compte de nombreux adeptes.

Les objectifs compatibles alternatifs en monture Nikon Z

Ces objectifs ont le grand mérite d’exister et d’être souvent très abordables, mais il ne faudra pas en attendre le même niveau de confort d’utilisation ou de qualité d’image qu’un objectif Nikon NIKKOR Z.

Par rapport aux objectifs pour reflex montés via une bague, on aura l’avantage de la compacité et l’absence d’obligation de jongler avec des adaptateurs, mais la qualité d’image résultante ne sera pas forcément meilleure. Cela étant, le rendu « à l’ancienne » délivré par certains objectifs est apprécié et même recherché par certains photographes : tout le monde n’est pas un adepte du rendu parfois jugé trop « chirurgical » des objectifs modernes.

En toute logique les objectifs les plus ambitieux seront vendus beaucoup plus chers, comme les modèles Laowa par exemple.

TTArtisans propose un 40/2,8 macro pour les boîtiers DX

TTArtisans propose un 40/2,8 macro pour les boîtiers DX

Le Mitakon 135/2,5 l'une des plus longues focales compatibles disponibles en monture Nikon Z

Le Mitakon 135/2,5 l’une des plus longues focales compatibles disponibles en monture Nikon Z

L’APS-C

Le format APS-C, c’est le format DX bien connu des Nikonistes. Les objectifs proposés en monture Z dédiée pour ce format sont souvent les mêmes que l’on va retrouver en monture Sony E, Fuji X, Eos M etc.

La grande force de cette offre réside dans des prix très agressifs, car la plupart des objectifs se trouvent sous la barre des 200 euros, voire moins. Cerise sur le gâteau, les ouvertures proposées sont souvent très généreuses et étaient souvent inaccessibles en reflex, ou à des tarifs prohibitifs.

Nikon Z6 sur lequel est monté un objectifs 7Artisans 35/1,2

Nikon Z6 sur lequel est monté un objectif 7Artisans 35/1,2 : passage en mode DX obligatoire avec cet objectif

Attention cependant à ce qui peut ressembler à un miroir aux alouettes : un 35/1,2 c’est presque idéal sur le papier, mais en pratique il va falloir composer avec plusieurs difficultés. Tout d’abord, la mise au point, car même si celle-ci est facilitée par les aides disponibles sur les hybrides, on touche à la limite des possibilités avec des ouvertures aussi extrêmes. Autant dire que ces objectifs ne seront pas faciles à utiliser tous les jours !

En plus de cela, il ne faut pas oublier qu’une ouverture à f/1,2 en DX permet seulement d’avoir une profondeur de champ à peu près équivalente à celle d’un objectif ouvrant à f/1,4 en 24×36. Ce n’est pas si mal en soi, mais cela risque d’entraîner quelques déceptions.

Il ne faut pas perdre de vue que si les constructeurs rivalisent de générosité avec les ouvertures maximales de leurs objectifs, c’est premièrement pour appâter les acheteurs potentiels, et deuxièmement pour permettre de jouer un peu plus avec le flou qu’avec une ouverture plus modeste.

Revers de la médaille, les performances optiques ne seront souvent pas au niveau espéré. En effet, aux très grandes ouvertures, les résultats obtenus ne sont souvent acceptables qu’au centre sans être exceptionnels, et il faudra souvent pas mal fermer le diaphragme pour obtenir une qualité acceptable…  avec parfois en prime un rendu global quelque peu vintage ! Mais eu égard au prix demandé on leur pardonnera, on achètera uniquement en connaissance de cause et si possible après lecture de différents tests.

En matières d’optiques APS-C, la monture Nikon Z n’est pas encore aussi fournie que les montures Fuji X ou Sony E par exemple. Comme en 24×36, Viltrox se distingue par le fait d’offrir des objectifs dotés de l’autofocus et d’apparence flatteuse.

Le Meike 50/1,2 destiné aux amateurs d'ultralumineux

Le Meike 50/1,2 destiné aux amateurs d’ultralumineux

Principaux objectifs compatibles alternatifs en monture Nikon Z pour APS-C :

7Artisans

  • 7,5 mm f/2,8 (fisheye circulaire) MF
  • 35 mm f/0,95 MF
  • 35 mm f/1,2 MF
  • 50 mm f/0,95 MF
  • 55 mm f1,4 MF
  • 60 mm f/2,8 Macro MF

Laowa

  • 33 mm f/0,95 MF

Meike

  • 6,5 mm f/2,0 (fisheye circulaire) MF
  • 12 mm f/2,8 MF
  • 25 mm f/1,8 MF
  • 35 mm f/1,4 MF
  • 35 mm f/1,7 MF

TTArtisan

  • 7,5 mm f/2 (fisheye circulaire) MF
  • 17 mm f/1,4 MF
  • 35 mm f/1,4
  • 40 mm f/2,8 Macro MF
  • 50 mm f/1,2

Viltrox

  • 23 mm f1,4 AF
  • 33 mm f1,4 AF
  • 56 mm f1,4 AF

Le 24×36

Avec le format 24×36 on se trouve sur une offre plus ambitieuse, avec des objectifs déclinés dans des montures plus prestigieuses, comme les montures Nikon Z, Canon R, Leica M ou Leica L.

Les tarifs restent globalement accessibles mais on est déjà sur des prix plus conformes à ceux auxquels nous sommes habitués. Des marques comme Meike, 7Artisans, TTArtisan ou Zhong Yi proposent essentiellement des 35 ou 50 mm qui rivalisent de luminosité (7Artisans propose par exemple un 50mm ouvert à f/1,05 excusez du peu…) ainsi que quelques objectifs macro.

Les objectifs vendus sous la marque Kipon (du 24 au 90 mm) se limitent à des ouvertures plus raisonnables (f2,4) et jouent la carte du look Leica M à fond, tout comme TTArtisan, d’ailleurs ces deux marques proposent aussi certains de leurs objectifs en monture Leica M, ceci explique peut-être cela. Viltrox propose une gamme d’objectifs du 24 au 85 mm (et dont le 50 mm est curieusement absent) dont la particularité est d’être tous autofocus.

La gamme optique proposée par Kipon en monture Nikon Z au complet

La gamme optique proposée par Kipon en monture Nikon Z au complet

Laowa propose une large gamme d’objectifs ultra grand angle (dont un zoom) et deux modèles macro qui atteignent des grossissements très importants sans accessoires, le tout en avec une qualité de fabrication et des performances de haut niveau, mais malheureusement avec mise au point manuelle et des tarifs parfois un peu élevés.

Le Laowa 9/5,6 un UGA extrême en monture Nikon Z

Le Laowa 9/5,6 un UGA extrême en monture Nikon Z

Meike fait exception en 24×36 avec son 50 et son 85 mm sur le créneau des objectifs très abordables. L’offre Samyang est encore très modeste si on la compare à la gamme en monture Sony par exemple, avec seulement deux objectifs à mise au point manuelle, un 14 mm et un 85 mm.

Le Samyang 14/2,8 dans sa déclinaison en monture Nikon Z

Le  Samyang 14/2,8 dans sa déclinaison en monture Nikon Z : on notera l’absence de tout contact électrique sur la baïonnette, comme sur la plupart des objectifs compatibles dépourvus de l’autofocus

Principaux objectifs compatibles alternatifs en monture Nikon Z plein format :

7Artisans

  • 10 mm f/2,8 (fisheye circulaire) MF
  • 35 mm f/5,6 (objectif pancake à ouverture fixe) MF
  • 50 mm f/1,05 MF

Kipon

  • 24 mm f/2,4 MF
  • 35 mm f/2,4 MF
  • 50 mm f/2,4 MF
  • 75 mm f/2,4 MF
  • 90 mm f/2,4 MF

Laowa

  • 9mm f/5.6 MF
  • 10-18 mm f4.5-5.6 MF
  • 11 mm f/4,5 MF
  • 12 mm f/2,8 MF
  • 15 mm f/2 MF
  • 14 mm f/4 MF
  • 15mm f/4,5 (Objectif à décentrement) MF
  • 25 mm f/23,8 (Objectif macro avec grossissement 2.5-5X)
  • 35mm f/0,95 MF
  • 100 mm f/2,8 (Objectif macro au rapport 2:1)

Meike

  • 8 mm f/3,5 (fisheye circulaire) MF
  • 50 mm f/1,2 MF
  • 50 mm f/1,7  MF

Samyang

  • 14 mm f/2,8 MF
  • 85 mm f/1,4 MF

TTArtisan

  • 11 mm f/2,8 (fisheye circulaire) MF

Viltrox

  • 20 mm f1,8 AF
  • 24 mm f1,8 AF
  • 35 mm f1,8 AF
  • 85 mm f/1,8 AF

Zhong Yi Optics

  • Mitakon Speedmaster 50mm f/0.95
  • Mitakon Creator 135mm f/2.5 Lens

Objectifs compatibles alternatifs en monture Nikon Z : en conclusion

Malgré le silence assourdissant des fabricants d’objectifs compatibles habituels, l’offre en objectifs adaptables en monture Nikon Z est pléthorique, tant en APS-C qu’en 24×36. Mais il s’agit d’un « remplacement » en trompe l’œil, car là ou des Sigma ou des Tamron nous ont habitués à rivaliser de performances en termes de formules optiques, d’autofocus ou de stabilisation, rien de cela n’est au programme, ou presque. La quasi totalité de l’offre en objectifs compatibles est « low cost », ce qui laissera souvent les photographes les plus exigeants sur leur faim.

On notera quelques grosse tendances : en DX le cœur de l’offre se situe entre 23 et 60 mm avec des luminosités souvent très importantes et des tarifs assez bas.

En matière d’objectifs au format FX, la plage des focales proposées est plus large et l’offre en grand angles est très riche, en particulier grâce à Laowa, l’un des rares fabricants à tirer la qualité d’image vers le haut, malgré l’absence d’automatismes mais avec des tarifs (en toute logique) plus élevés que le moyenne.

En simplifiant, on pourrait presque dire que l’étendue des focales proposées est calquée sur ce que l’on peut trouver en monture Leica M, c’est à dire des grand angles, des focales moyennes, des téléobjectifs courts et des objectifs macro. En effet, personne ne propose à ce jour de téléobjectifs propices au sport ou à l ‘animalier en monture Nikon Z, même en mise au point manuelle.

Plusieurs des marques citées dans cet article proposent certains de leurs objectifs en monture Leica M, ce qui permet de les utiliser sur un boîtier Z avec une bague d’adaptation de faible épaisseur (au contraire des objectifs pour reflex, car la monture Leica M est elle-même une monture courte). Étant donné qu’il s’agit d’objectifs entièrement manuels il n’y a aucune incidence au niveau de l’utilisation.

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NIKKOR Z 100-400 mm f/4.5-5.6 VR S : le zoom téléobjectif en monture Z native

Nikon profite de l’annonce du Nikon Z 9 pour présenter en parallèle un nouveau zoom téléobjectif, le NIKKOR Z 100-400 mm f/4.5-5.6 VR S. Ce zoom vient seconder le NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 en attendant l’arrivée prévue du prochain NIKKOR Z 200-600 mm.

NIKKOR Z 100-400 mm f/4.5-5.6 VR S : le zoom téléobjectif en monture Z native

Cet objectif Nikon pour hybrides chez Miss Numerique

NIKKOR Z 100-400 mm f/4.5-5.6 VR S : à vous les très longues focales

Ils sont attendus les téléobjectifs en monture Z native ! Cette nouvelle monture apparue avec les Nikon Z 6 et Z 7 en 2018 autorise pourtant l’utilisation des optiques en monture F via la bague Nikon FTZ ou FTZ 2. Les résultats sont à la hauteur. Mais autant ceux qui possèdent déjà de tels objectifs peuvent les utiliser sur un hybride Nikon, autant ceux qui ne les possèdent pas encore préfèrent investir directement dans une version Z. Logique.

Après s’être concentré sur les zooms NIKKOR Z à courte focale et les objectifs à focale fixe, la monture Z étant particulièrement exigeante avec ces focales, Nikon complète donc la gamme de plus longues focales.

NIKKOR Z 100-400 mm f/4.5-5.6 VR S

le NIKKOR Z 100-400 mm f/4.5-5.6 VR S sur Nikon Z 9

Le zoom NIKKOR Z 100-400 mm f/4.5-5.6 VR S est le premier à arriver, avant les prochains NIKKOR Z 400 mm f/2.8 TC, NIKKOR 200-600 mm, NIKKOR Z 800 mm et NIKKOR Z 600 mm (voir la liste complète mise à jour).

Doté du traitement de surface Nikon Arneo, ce NIKKOR Z 100-400 mm voit sa formule optique adaptée pour conserver un centre de gravité lui évitant de pencher vers l’avant lorsque vous zoomez.

Le système de réduction de vibrations permet de prendre des photos à main levée tout en utilisant des temps de pose plus lents, couplé à la stabilisation du capteur sur les hybrides plein format, il vous permettra un gain de l’ordre de 5,5 stops. La distance minimale de mise au point est de 0,75 m à 100 mm et de 0,98 m à 400 mm.

NIKKOR Z 100-400 mm f/4.5-5.6 VR S

le NIKKOR Z 100-400 mm f/4.5-5.6 VR S sur Nikon Z 6II

Le bouton de verrouillage bien connu, évitant l’allongement intempestif de l’optique lors du transport, disparaît au profit d’un inédit système de bagues de friction internes et inversées qui évitent tout déplacement du bloc optique.

Disponibilité et tarif

Le zoom NIKKOR Z 100-400 mm f/4.5-5.6 sera disponible courant novembre 2021 au tarif public de 2.999 euros.

Source : Nikon France

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Laowa Argus 35 mm f/0,95 : grand angle à la luminosité extrême pour Nikon Z

Laowa poursuit le développement de sa gamme d’objectifs compatibles avec plusieurs marques d’appareils photo et présente le Laowa Argus 35 mm f/0,95 pour Nikon Z.

Que penser de cet objectif, et plus généralement de ces optiques compatibles et ultra-lumineuses ? Voici quelques clés de compréhension.

Laowa Argus 35 mm f/0,95 : grand angle à la luminosité extrême pour Nikon Z

Cet objectif au meilleur prix chez Miss Numerique

Laowa Argus 35 mm f/0,95 pour Nikon Z : le contexte

Ces dernières années ont été l’occasion d’assister à la multiplication des objectifs ultra lumineux, que ce soit chez les constructeurs de boîtiers ou chez les opticiens indépendants.

En 2019, Nikon se rappelait au bon souvenir des photographes en proposant un NIKKOR Z 58 mm ouvrant à f/0,95 quand les concurrents les plus ambitieux se contentaient d’une ouverture plus raisonnable de f/1,2.

Aujourd’hui, comme un berger qui répondrait à la bergère, Laowa répond à Nikon sur le terrain du super ultra lumineux, en proposant le premier grand angle du genre, le Laowa Argus 35 mm f/0,95, soit l’objectif grand angle le plus lumineux du marché, tout simplement !

Présentation

Jusqu’à présent, la marque Laowa était surtout connue pour ses objectifs ultra grand angles et ses objectifs macro atypiques. En effet, non contente de proposer des objectifs de qualité, la marque chinoise s’est toujours distinguée par les caractéristiques hors normes de ses matériels, que ce soit avec des  objectifs grand angles aux angles de champ extrêmes et à la distorsion très réduite, ou avec des objectifs macro au rapport de reproduction plus important que la moyenne.

Aujourd’hui, Laowa propose un objectif 35 mm à mise au point manuelle destiné aux boîtiers 24×36. Cela pourrait sembler banal si ce n’était l’ouverture affichée par ce nouveau modèle : f/0,95 ! Cette valeur en fait l’objectif grand angle le plus large et le plus lumineux du marché. Même si on ne peut ignorer l’aspect « objet de prestige » que représentent les objectifs aux caractéristiques extrêmes pour les constructeurs, il ne faudrait pas passer à côté des qualités de ce Laowa Argus 35 mm f/0.95 FF.

Laowa Argus 35 mm f/0,95 : grand angle pour Nikon Z

Le Laowa Argus 35 mm f/0.95 FF

Une luminosité hors normes …

Tout comme le NIKKOR Z 58 mm f/0,95 S Noct, le Laowa Argus 35 mm f/0.95 FF affiche une ouverture hors normes, qui ravira les photographes amateurs de profondeurs de champ les plus réduites. Mais comme le modèle de la marque jaune, cette ouverture très séduisante sur le papier s’accompagne de plusieurs contraintes.

Pour commencer, tout comme le Nikon, ce 35 mm Laowa est dépourvu d’autofocus. Ceci signifie que réaliser une mise au point parfaite à pleine ouverture demandera une bonne dose de rigueur et d’application et un minimum d’entraînement. Les aides à la mise au point présentes sur les hybrides (loupe intégrée au viseur électronique, focus peaking) seront poussées dans leurs derniers retranchements.

Ensuite, comme pour tous les objectifs de ce type, les ouvertures extrêmes sont le plus souvent synonymes de vignettage et de piqué limité : on gagnera à utiliser ce 35 mm fermé d’un ou deux crans au minimum.

Enfin, il faudra accepter un objectif deux à trois fois plus long qu’un objectif de même focale mais d’ouverture plus modeste.

Quoi qu’il en soit, un tel objectif ultra lumineux dépourvu d’autofocus sera peu adapté à la photo d’action. Dans la pratique cet objectif sera bien plus à l’aise pour les photos calmes et posées, ou sur trépied, pour lesquelles vous êtes libre de prendre tout votre temps et de peaufiner la mise au point.

Laowa Argus 35 mm f/0,95 : grand angle pour Nikon Z

Le nouveau 35 mm Laowa Argus affiche l’ouverture record de f/0.95

… dans un gabarit raisonnable

Alors que le NIKKOR Z 58 mm f/0,95 S Noct est un monstre de verre et de métal qui pèse pas moins de 2 kg pour une longueur de 153 mm, le Laowa Argus 35 mm f/0.95 FF surprend de par son poids de 755 g « seulement », pour une longueur de 103 mm.

Certes cela en fait tout de même un beau bébé pour un objectif de cette focale, mais en restant dans un gabarit encore raisonnable (même si l’embonpoint du Nikon s’explique aussi par une focale plus longue).

Pour faire simple, avec ce 35 mm ouvert à f/0,95 vous aurez un objectif que l’observateur non averti pourra prendre pour un petit téléobjectif sans se douter qu’il s’agit d’un objectif d’exception.

Laowa Argus 35 mm f/0,95 : grand angle pour Nikon Z

Le Laowa Argus 35 mm f/0.95 FF en ordre de marche sur un Nikon Z 7

Un diamètre de filtre répandu

Comme pour d’autres modèles Laowa, la relative compacité de l’objectif permet à celui-ci d’afficher un diamètre de filtre contenu de 72 mm, c’est à dire une taille encore raisonnable et assez répandue. Cerise sur le gâteau, ce diamètre n’est pas inconnu des nikonistes car il a déjà été utilisé à plusieurs reprises sur des objectifs de la gamme Nikon F. Il vous sera possible de recycler les filtres de qualité déjà présents dans votre fourre-tout.

Mon avis sur le Laowa Argus 35 mm f/0,95 pour Nikon Z

Avec ce 35 mm ouvert à f/0,95, Laowa propose un objectif grand angle à la luminosité jamais vue sur un hybride 24×36. Comme toujours, le constructeur chinois n’a pas lésiné sur la fiche technique, en proposant un objectif à mise au point interne et à faible focus breathing (variation de la focale réelle avec la distance de mise au point). Ceci se fait toutefois au détriment de la protection tout temps, probablement afin de pouvoir le proposer à un tarif raisonnable.

Malheureusement cette course à la performance se paie par l’absence d’autofocus, ce qui  cantonnera de fait ce 35 mm à la photo posée. La luminosité extrême satisfera les amateurs de profondeur de champ réduite qui prendront le temps d’apprendre à le maîtriser. A noter, la bague de diaphragme décliquable pour le plus grand bonheur des vidéastes. Et comme toujours avec les objectifs Laowa, aucun contact n ‘est présent sur l’objectif.

Laowa Argus 35 mm f/0,95 : grand angle pour Nikon Z

Formule optique du Laowa Argus 35 mm f/0.95 FF

 Laowa Argus 35 mm f/0.95 FF : fiche technique

  • monture/format : Nikon Z, Canon RF, Sony E
  • distance focale : 35 mm
  • ouverture maximale : f/0,95
  • ouverture minimale : f/16
  • traitement : multicouches
  • construction : 14 éléments en 9 groupes (dont 6 verres spéciaux)
  • angle de vue : 63,4° en 24 x 36
  • mise au point minimale : 0,50 m
  • diaphragme : 15 lamelles
  • dimensions de l’optique : 76,8 mm x 103 mm
  • couleur disponible : noir
  • poids : 755 g (sans pare soleil ni bouchons)
  • filetage filtres : 72 mm

Le Laowa Argus 35 mm f/0,95 est disponible au tarif indicatif de 1149 euros.

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Exemple de photo prise avec le Laowa Argus 35 mm f/0,95 : grand angle pour Nikon Z

Exemple de photo prise avec le Laowa Argus 35 mm f/0.95 FF – © Bastian Kratzke

Exemple de photo prise avec le Laowa Argus 35 mm f/0,95 : grand angle pour Nikon Z

Exemple de photo prise avec le Laowa Argus 35 mm f/0.95 FF – © Bastian Kratzke

Exemple de photo prise avec le Laowa Argus 35 mm f/0,95 : grand angle pour Nikon Z

Exemple de photo prise avec le Laowa Argus 3 5mm f/0.95 FF – © Bastian Kratzke

Exemple de photo prise avec le Laowa Argus 35 mm f/0,95 : grand angle pour Nikon Z

Exemple de photo prise avec le Laowa Argus 35 mm f/0.95 FF – © Richard Wong

Source : Digit Access

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Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2,8 VR S : le 105 macro stabilisé pour hybrides en progrès ?

Les fans de macro sont ravis depuis que Nikon a annoncé un premier objectif dédié macro dans sa gamme hybride à monture Z. Je n’ai donc pas résisté à l’envie de réaliser ce test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S.

Pour cela, j’ai choisi le très exigeant Nikon Z 7II afin de vérifier si l’excellente base du modèle AF-S pour reflex était encore en progrès avec cette déclinaison hybride modernisée et optimisée. Voici ce que je pense de cette optique et des photos.

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2,8 VR S : le 105 Macro stabilisé en progrès ?

cet objectif au meilleur prix chez Miss Numerique …

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2,8 VR S : introduction

Il a fallu attendre l’été 2021 pour voir arriver dans la gamme Nikon hybride à monture Z lancée en 2018 deux optiques macro à focale fixe. Si le plus abordable NIKKOR Z MC 50 mm f/2.8 joue le rôle d’entrée de gamme macro (et de plus courte focale), le NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S est le fer de lance ayant la lourde charge de succéder à une version AF-S pour reflex ne manquant pas d’intérêt.

Rappelons que ce modèle AF-S était le premier objectif macro stabilisé lors de sa sortie en 2006. Les contraintes de l’hybride, la grande monture Z et les 45 Mp des Z 7 sont telles désormais que Nikon a du revoir sa copie.

A la différence d’une version reflex avec bague FTZ incorporée, assemblage a minima que proposent certains opticiens comme Samyang, ce NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S est bien un nouvel objectif conçu pour les Nikon Z.

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2,8 VR S

Le NIKKOR Z MC 105 mm f/2,8 VR S sur Nikon Z 7II

Présentation et contexte

Si vous me suivez depuis quelques années, vous savez que je ne suis pas un grand spécialiste de la macro, j’ai d’ailleurs demandé à Jacques Croizer de rédiger le guide macro ces derniers mois.

Lorsque l’occasion de réaliser ce test s’est présentée, j’ai choisi de vous donner un avis personnel, et de voir ce qu’il était possible d’obtenir avec un tel objectif, même sans être un expert du sujet. C’est en effet bien souvent l’usage d’un objectif macro, vous l’achetez pour vous mettre à la macro, et vous prenez le temps d’apprendre ensuite. Mieux vaut donc ne pas vous tromper, d’autant plus que la bête vous coûtera la modique somme de 1.100 euros, soit 150 de plus que la version AF-S à sa sortie.

De même, vous verrez plus bas des photos qui sortent du strict usage macro avec cet objectif, un 105 Macro étant souvent utilisé comme un 105 « tout court », pour le portrait et les plans serrés en raison d’une distance minimale de mise au point plus courte que sur un 105 classique. C’est d’autant plus important qu’il n’existe pas (encore) de focale fixe téléobjectif dans la gamme Nikon Z, la plus longue focale étant le NIKKOR Z 85 mm f/1.8 S.

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2,8 VR S

Les photos illustrant ce test ont été faites avec le Nikon Z 7II, à main levée, sans autre ambition que de vous montrer ce que vous pouvez attendre de cet objectif au quotidien lorsque vous allez photographier des insectes, des fleurs, des détails et quelques sujets plus lointains.

Pour tout comprendre du rapport de grandissement, et de la différence entre les objectifs macro, je vous renvoie vers le second article du dossier macro.

Nikon Z 7II + NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S – 1/1000 ème – f/5 – ISO 100

NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S : dans le détail

Qualité de construction

Le NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S ne dénote pas dans la gamme NIKKOR Z : design sobre, large bague de mise au point, fine bague multifonction, écran OLED affichant au choix la distance de mise au point, l’ouverture et le rapport de grandissement.

L’objectif comporte en outre une touche personnalisable L-Fn, un commutateur de distance de mise au point (plage complète ou 0,29 à 0,50 cm) qui vous permettra de rendre plus réactive la mise au point autofocus. Le commutateur A – M désactive l’autofocus, un choix pertinent lorsque vous travaillez en macro.

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2,8 VR S

La large bague de mise au point autorise quant à elle un fonctionnement en MàP manuelle, courant en macro. Sans aucun jeu, elle est très agréable à l’usage même s’il faut vous en méfier lorsque vous êtes en AF tant il est aisé de la tourner par inadvertance en cours de prise de vue, ce qui a pour effet de décaler la mise au point.

Le rapport de grandissement 1:1 est obtenu à la distance de mise au point minimale de 29 cm. L’ouverture maximale f/2.8 est accessible au-delà d’1 mètre environ, elle est de f/4.5 à 13 cm de distance de travail.

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S

Nikon Z 7II + NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S – 1/800 ème – f/2.8 – ISO 100

En pratique j’ai trouvé la bague multifonction très fine par rapport à la longueur de l’objectif, il faut « aller la chercher », mais sa programmation est toujours aussi agréable. Elle fait de ces optiques Z des objectifs personnalisables selon vos envies.

Les filtres compatibles doivent mesurer 62 mm de diamètre, comme sur la version AF-S. Le système de fixation du pare-soleil (HB-99, livré) est sans reproche. Utilisez-le chaque fois que vous faites face à une lumière latérale importante.

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2,8 VR S

Prise en main, stabilisation  et autofocus

Lors de ce test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S, je n’ai pu que constater que cet objectif est bien un NIKKOR Z :

  • même équilibre une fois fixé au boîtier, l’ensemble ne penche pas vers l’avant (important en macro),
  • la bague de mise au point est facilement ajustable du bout du doigt (même pour un gaucher comme moi),
  • la touche de fonction sur le fût tombe naturellement sous le pouce.

En termes de poids et d’encombrement (120 gr. de moins que la version AF-S) ce 105 mm est plus proche du 85 que du très imposant NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S (dont mon dos se souvient encore). Il est plus long de 24 mm que l’AF-S.

La stabilisation du capteur couplée à la stabilisation de l’objectif autorisent des temps de pose de l’ordre de 1/4 sec. à 105 mm. C’est une prouesse et vous serez probablement le maillon faible lors des prises de vue rapprochées si vous tremblez un tant soi peu.

La mise au point autofocus, gérée par le système de motorisation AF multi-groupes Nikon, est aussi rapide que sur les autres NIKKOR Z, précise et – surtout – silencieuse. Amis vidéastes, ce 105 mm macro vous tend les bras pour des séquences en plans rapprochés !

L’ensemble des modes de détection AF restent accessibles, y compris la détection des yeux humains et animaux, ce qui vous aidera si vous utilisez ce 105 pour le portrait de sujets proches ou plus lointains.

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S

Nikon Z 7II + NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S – 1/800 ème – f/5 – ISO 100

Performances optiques : pique, homogénéité et flare, aberrations chromatiques et vignettage

Les opticiens Nikon nous ont habitués à bien travailler sur cette gamme NIKKOR Z. Ils se sont surpassés avec ce 105 macro. Les 16 lentilles (14 sur l’AF-S) et la lentille asphérique arrière constituent une formule optique étonnante : aucune aberration chromatique, un vignettage limité à f/2.8 (environ 1/2 Ev) qui disparaît dès f/4. La distorsion ? Je n’en ai pas vu. 

Le  flare est en bonne partie éliminé grâce au traitement nanocristal, retirez le pare-soleil pour en jouer dans vos compositions, effets créatifs garantis.

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S

Nikon Z 7II + NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S – 1/800 ème – f/14 – ISO 800

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S

Nikon Z 7II + NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S – 1/800 ème – f/14 – ISO 640

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S

Nikon Z 7II + NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S – 1/800 ème – f/8 – ISO 100

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S, performances optiques : déformation et distorsion

Il est de bon ton pour un objectif macro de ne pas distordre les images. Si ce défaut peut passer dans d’autres cas, et encore, un objectif macro ne doit pas présenter de déformations d’images sans quoi sa fidélité de reproduction est altérée. Bonne nouvelle, vous ne verrez aucune distorsion avec ce 105. C’est bluffant !

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S

Nikon Z 7II + NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S – 1/6400 ème – f/3.5 – ISO 100

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S

Nikon Z 7II + NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S – 1/500 ème – f/22 – ISO 3.200

Rendu optique : profondeur de champ

Le diaphragme circulaire à 9 lames de ce NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S produit un flou d’arrière-plan très progressif. Inutile de passer à pleine ouverture pour obtenir un effet bokeh circulaire parfait, dès f/8 c’est déjà très beau. Aux ouvertures les plus réduites, point de bokeh mais de belles taches de lumière si vous prenez soin de votre arrière-plan.

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S

Nikon Z 7II + NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S – 1/500 ème – f/8 – ISO 125

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S

Nikon Z 7II + NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S – 1/500 ème – f/29 – ISO 1.800

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S

Nikon Z 7II + NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S – 1/2500 ème – f/3.3 – ISO 100

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S

Nikon Z 7II + NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S – 1/500 ème – f/40 – ISO 2.800

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S : pour qui pour quoi ?

Vous aimez la macro et vous cherchez un téléobjectif à focale fixe ? Deux choix s’offrent à vous chez Nikon :

  • utiliser la version AF-S pour reflex avec la bague FTZ,
  • faire le choix de cette version conçue pour l’hybride et la monture Z.

Si vous possédez déjà la version AF-S et une bague FTZ, réfléchissez. Cherchez-vous encore mieux ? Etes-vous prêt à dépenser près de 1.100 euros (moins si vous revendez l’AF-S) pour disposer du meilleur 105 macro du moment en monture Nikon ? Vous seul(e) avez la réponse.

Si vous ne possédez aucun objectif macro encore, n’hésitez pas. Ce NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S laisse la concurrence loin derrière, et vous évite l’usage de la bague FTZ.

Vous cherchez un 105 mm pour faire de la macro mais pas uniquement ?

En gamme reflex vous pouviez compléter votre Micro-Nikkor 105 AF-S par le sublime (même plus …) AF-S 105 mm f/1.4. Mais avec un hybride, la question de l’investissement se pose à nouveau.

Ce NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S est très capable, et la qualité d’image qu’il sait proposer à distance de mise au point « portrait », par exemple, est plus que suffisante pour satisfaire les plus exigeants.

En attendant de voir arriver – ou pas – un NIKKOR Z 105 mm f/1.4 ou un NIKKOR Z 105 mm f/1.2, et à quel prix, difficile de faire plus pratique que ce 105 MC Macro.

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S

Nikon Z 7II + NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S – 1/800 ème – f/2.8 – ISO 220

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S

Nikon Z 7II + NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S – 1/5000 ème – f/2.8 – ISO 100

En résumé

Le NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S peut vous intéresser si :

  • vous cherchez un objectif sans aucune distorsion pour la reproduction, la macro et le portrait,
  • vous souhaitez compléter votre NIKKOR Z 85 f/1,8 S par une focale plus longue,
  • vous souhaitez un équipement 100 % NIKKOR Z sans passer par la bague FTZ,
  • vous souhaitez compléter votre NIKKOR Z MC 50 mm f/2.8 par un téléobjectif macro,
  • vous souhaitez un équivalent 150 mm f/2,8 Macro pour votre Nikon Z APS-C.

Le NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S va moins vous intéresser si :

  • vous avez déjà un AF-S Nikkor 105 mm f/2.8,
  • vous cherchez plutôt un téléobjectif à portrait (au rendu plus doux) qu’un macro,
  • vous espérez une version moins onéreuse d’un téléobjectif macro pour les Nikon Z (qui n’est pas prévue).

Toutes les photos de ce test sont disponibles en pleine définition sur la page Flickr Nikon Passion.

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S

Nikon Z 7II + NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S – 1/800 ème – f/2.8 – ISO 180

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S

Nikon Z 7II + NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S – 1/2000 ème – f/2.8 – ISO 100

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S

Nikon Z 7II + NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S – 1/8000 ème – f/2.8 – ISO 64

Crop image NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S

Crop de l’image ci-dessus

Test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S : ma conclusion

Ce test NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S confirme la grande qualité tant optique que mécanique et électronique des objectifs NIKKOR Z. Partis d’une feuille blanche pour développer des formules optiques capables de profiter de la grande monture Nikon Z, les opticiens japonais font des merveilles.

Ce 105 mm macro excelle, en prise de vue macro comme pour les usages plus généralistes que vous pouvez attendre d’un 105 mm. Conçu pour supporter les capteurs très riches en pixels, comme celui du Nikon Z 7, il est difficile de lui trouver d’autres défauts que les 24 mm de plus en longueur que la version reflex et les 150 euros d’écart avec l’AF-S à sa sortie.

L’ouverture f/4.5, qui peut sembler limitée au rapport 1:1, reste toutefois très confortable, la très faible profondeur de champ à cette ouverture et cette distance de travail rendant la mise au point déjà très délicate.

La stabilisation Nikon VR efficace et silencieuse, la mise au point rapide (y compris sur les petits insectes en mouvement), la protection tous temps et la distance de travail de 13 cm sont des atouts indéniables pour profiter à fond de votre passion pour la macro.

En savoir plus sur la gamme Nikon NIKKOR Z sur le site Nikon.

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Comment faire de la macrophotographie, matériel, accessoires, réglages

Vous êtes photographe débutant ou amateur et la macrophotographie vous attire. Insectes, plantes, objets, faire des photos qui montrent en gros plan ces détails de votre quotidien vous plaît, mais vous ne savez pas comment vous y prendre pour réussir vos photos.

Ce guide va vous aider à régler vos problèmes, à trouver des solutions et – surtout – à expérimenter car la macrophotographie s’y prête à merveille. Commençons par les bases à connaître, suivies du descriptif du matériel destiné à faire de la macrophotographie.

Comment faire de la macrophotographie, matériel, accessoires, réglages

Ce dossier macro est écrit par Jacques Croizer, déjà à l’origine de plusieurs tutoriels sur Nikon Passion, et auteur d’un guide qui simplifie la technique photo au profit du plaisir de photographier :

Tous photographes, 58 leçons pour réussir vos photos

Vous pouvez télécharger ce dossier macro au format PDF, cliquez sur le lien en fin d’article.

Macrophotographie ou Proxy photographie ? Quelle différence pour vous ?

Si dans la pratique courante, il n’y a guère d’intérêt à faire la distinction entre macro ou proxy photographie, il est intéressant de préciser les choses dans le contexte de ce dossier :

La macrophotographie commence lorsqu’on atteint un rapport de grandissement de 1. La taille du sujet est alors la même en réalité que sur le capteur.

Cet exemple vaut mieux qu’un long discours :

Macrophotographie, Zou la fourmi (f/9 à 1/250 s – 105 mm macro+ bagues) photo (C) J. Croizer

Zou la fourmi (f/9 à 1/250 s – 105 mm macro+ bagues) photo (C) J. Croizer

Admettons que la vraie taille de cette fourmi soit de 4 mm. Elle est photographiée avec un appareil photo plein format, doté d’un capteur qui mesure 24 x 36 mm. Vous pouvez placer 4 fourmis dans la hauteur de la photo. L’image de votre fourmi sur le capteur est donc haute de 24/4 = 6 mm. Dans ce cas, le rapport de grandissement est égal à 6/4 = 1.5.

Nous sommes bien ici dans le domaine de la macro photographie … bien que la fourmi n’occupe pas tout l’espace de la photo.

Macrophotographie, la supercherie du web

De tels grandissements engendrent beaucoup de contraintes, en particulier sur la profondeur de champ. Vous pouvez voir sur le web des macrophotographies extraordinaires, que vous tentez en vain de reproduire. Leurs auteurs ont omis de préciser qu’ils ont fortement recadré la photo, donnant ainsi l’illusion d’un grandissement qui ne correspond pas à la réalité.

Pour passer d’un grandissement réel de 0,5 à un grandissement apparent de 1 en recadrant une photo, il ne faut conserver que la moitié de l’image. Ce qui signifie jeter à la poubelle 75 % des pixels initiaux, et donc dégrader la qualité d’un éventuel tirage en grand format.

Reconnaissons toutefois que les 45 Mp d’un Nikon Z 7 ou d’un Nikon D850 permettent de se livrer sans remords au jeu du recadrage, à condition de rester raisonnable.

La technique de focus stacking, désormais intégrée à beaucoup de boitiers permet elle aussi de reculer les contraintes de profondeur de champ. Mais c’est déjà un autre sujet !

Grandissement vs. grossissement

Vous aurez remarqué que je parle de grandissement et non de grossissement. Ces deux termes ne sont en effet pas équivalents. Prenons un exemple.

A chaque pleine lune fleurissent sur le web des photos de notre satellite qui occupe tout l’écran. La hauteur de l’image sur un capteur plein format est égale à 24 mm alors que le diamètre réel de la Lune approche les 3.500 km, soit un grandissement de 0,00000007… Si vous photographiez par contre plein cadre un petit pois sur le même capteur, son grandissement sera proche de 5 car on peut empiler 5 petits pois dans la hauteur du capteur.

Dans les deux cas, vous obtenez la photo d’une sphère qui emplit toute l’image, mais vous comprenez maintenant que grossissement ou grandissement, ce n’est pas du tout de la même chose :

  • le grossissement traduit le fait que vous observez le sujet comme s’il était plus proche de vous qu’il ne l’est en réalité. C’est le rapport entre l’angle sous lequel il est vu à travers l’optique et celui sous lequel vous le voyez à l’œil nu.
  • le grandissement caractérise l’effet loupe de l’objectif : c’est le rapport entre la taille réelle du sujet et celle de son image.

Sachez qu’au-delà d’un grandissement de 10, on ne parle plus de macrophotographie, mais de photomicrographie. En dessous de 1, c’est le domaine de la proxy photographie.

Un papillon de 3 cm d’envergure photographié plein cadre avec un boitier plein format appartient donc au domaine de la macro. S’il mesure 4 cm, il passera dans celui de la proxy. C’est dire tout l’intérêt de ce champ lexical dans l’approche esthétique que l’on se doit de privilégier, en dehors des utilisations plus techniques ou documentaires de ce genre de reportage.

Les limites du matériel standard

Pour obtenir un gros plan de votre cousine Géraldine, soit vous vous rapprochez d’elle, soit vous zoomez. A vrai dire, lorsque vous êtes arrivé au bout de votre zoom, il ne vous reste plus qu’à vous rapprocher d’elle, mais vous butez alors sur une autre contrainte : la distance minimale de mise au point de votre objectif.

En deçà d’une certaine distance, Géraldine devient irrémédiablement floue. A titre d’exemple, la distance minimale de mise au point du NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S qui équipe les hybrides de la marque est égale à 30 cm, soit un grandissement de 0,3. Notre fourmi ne mesurera que 1,2 mm sur le capteur : elle sera 5 fois plus petite que sur la précédente photo.

Il est donc clair que pour faire de la vraie macrophotographie, il va falloir vous équiper. Les accessoires ne sont pas toujours bon marché et sont souvent très spécifiques. Soyez avant tout conscient que le matériel ne suffit pas à faire un bon photographe macro : il faut surtout vous armer de patience ! C’est le seul accessoire qui ne s’achète pas et qui peut servir dans maintes circonstances !

Macrophotographie, le matériel : l’objectif macro

Le terme « objectif macro » laisse à penser que vous avez en main la star incontournable de la discipline. Méfiez-vous de l’appellation macro gravée sur le fût de certains zooms : s’ils réduisent la distance de mise au point minimale par rapport à une optique plus conventionnelle, ils ne permettent en rien d’atteindre le grandissement de 1 tant convoité. Cette inscription est avant tout un argument marketing.

Sur un vrai objectif macro, le grandissement de 1 est obtenu à la distance de mise au point minimale. Ce rapport chute rapidement dès que vous devez vous reculer pour élargir le cadrage, par exemple pour photographier un papillon de grande taille. En tout état de cause, le rapport de grandissement d’un vrai objectif macro n’excède jamais 1, à l’exception notable du Canon MP-E 65 mm f/2.8 dont le grandissement atteint 5, ce qui en fait la star des pros du flocon de neige et de la saltique au regard si attachant.

Macrophotographie, NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S

NIKKOR Z MC 105 mm f/2.8 VR S

Caractéristiques de l’objectif macro

L’objectif macro est la meilleure solution pour se livrer à cette discipline, déjà parce qu’il permet nativement d’obtenir le rapport de 1, ensuite parce que son piqué est très supérieur à celui des objectifs standards.

Le piqué est la capacité de l’objectif à représenter et séparer de tous petits détails. Sur un portrait, un objectif macro distinguera chaque cil, chaque pore de la peau, alors qu’un objectif dédié portrait aura un rendu beaucoup plus doux, tout en conservant l’indispensable netteté du sujet.

Comme n’importe quelle autre optique, l’objectif macro se caractérise par sa focale. Elle a un impact sur la distance de mise au point : pour obtenir le grandissement de 1, il faut d’avantage se rapprocher de son sujet lorsque la focale est courte. Sans importance sur un modèle statique (fleur, petit objet, …), la contrainte peut devenir forte dans le domaine du vivant, où vous privilégierez les focales de 85, 90, 105 mm ou plus, ne serait-ce que pour ne pas déranger le sujet.

A cadrage identique, la focale n’a aucune incidence sur la profondeur de champ, mais plus elle est longue et plus le flou s’installe rapidement. Un tutoriel très complet a été consacré à cette notion de flou d’arrière-plan.

Une focale longue incite à utiliser un monopode pour limiter le risque de bouger. L’utilisation d’un tel accessoire peut se révéler un handicap au cadrage (impossible de mettre le boitier au ras du sol !) ou à la réactivité (essayez de suivre une libellule avec un monopode…). A chacun d’apprécier la situation et de prendre la bonne décision …

On considérait il y a encore peu qu’une focale longue facilitait l’utilisation d’un flash. Les flashes annuaires à LED rendent cette vérité moins certaine. Un sujet sur lequel nous aurons l’occasion de revenir.

Gammes d’objectifs macro

Chaque constructeur de boîtier propose sa gamme d’objectifs macro, mais des alternatives compatibles intéressantes existent chez Tamron ou Sigma, voire Samyang, Laowa ou 7Artisans. Certaines ne conservent pas l’autofocus. Ce n’est pas un handicap en macrophotographie où la mise au point se fait généralement en mode manuel, mais cela peut limiter l’utilisation de l’objectif dans d’autres disciplines.

Chez Nikon, il existe deux objectifs dans la gamme reflex APS-C DX :

Tous les objectifs de la gamme FX sont par ailleurs utilisables sur les boitiers DX :

Macrophotographie, Nikon AF-S DX Micro NIKKOR 40 mm f/2.8

Nikon AF-S DX Micro NIKKOR 40 mm f/2.8

L’offre hybride est à ce jour composée de deux objectifs plein format :

La bague FTZ permet d’utiliser sur un hybride tous les objectifs macro en monture F, sans déperdition de piqué, de luminosité ou de réactivité de l’autofocus. Notez par ailleurs si vous êtes passionné d’optiques anciennes l’existence d’une bague d’adaptation pour monture M42 sur la monture Z.

Comment dépasser le grandissement de 1

Il existe deux façons de dépasser le grandissement de 1 avec un objectif macro :

  • La bonnette macro : c’est une lentille convergente en forme de grosse loupe sans manche qui se monte devant l’objectif, à la manière d’un filtre. Le grandissement est obtenu par déviation des rayons lumineux.
  • La bague allonge : c’est un tube creux qui s’intercale entre l’objectif et le boîtier, conservant ou non les automatismes selon les modèles. Le grandissement est obtenu par la réduction de la distance minimale de mise au point, consécutive à l’allongement du tirage de l’objectif (distance qui le sépare du capteur).

Ces accessoires s’utilisent avec des objectifs non macro, permettant de s’initier à moindre frais à cette pratique, ou tout au moins à la proxy photographie. Ils ont en commun d’empêcher la mise au point sur les sujets éloignés. Leur usage est réservé à la macro ou la proxy photographie. Au-delà de 1,50 mètre, leur monde devient flou.

Macrophotographie, le matériel : la bonnette macro

La bonnette macro, vissée directement sur le filetage avant de l’objectif, est l’accessoire le moins cher et le plus pratique pour s’initier facilement à la macro. Elle préserve tous les automatismes et n’absorbe quasiment pas de lumière : elle affecte légèrement la transmittance de l’objectif (proportion de la lumière qui atteint le capteur, rapportée à celle qui entre dans l’objectif) mais ne modifie pas son nombre d’ouverture effectif.

Macrophotographie - Bonnette macro 52 mm

Bonnette macro 52 mm

Plus la focale de l’objectif est grande et plus le rapport de reproduction obtenu est élevé. Avec les focales courtes, il est préférable de se tourner vers les bagues allonges.

La puissance d’une bonnette macro s’exprime en dioptries (mesure de la capacité de la lentille à faire plus ou moins converger les rayons lumineux). Elle indique quelle est la nouvelle distance de mise au point de l’objectif lorsqu’il est réglé sur l’infini :

  • 1 dioptrie : la mise au point pourra être faite sur un sujet à 1 mètre
  • 2 dioptries : la MAP pourra être faite à 1/2 mètre, soit 50 cm
  • 3 dioptries : la MAP pourra être faite à 1/3 mètre, soit 33 cm

Il est important de bien comprendre cette notion de distance maximale de travail pour éviter d’être perturbé lorsqu’on utilise pour la première fois une bonnette : tant que vous ne serez pas suffisamment proche de votre sujet, il restera flou. Si vous vous en approchez trop, il redeviendra flou. La distance de travail n’est que de quelques centimètres. Le cadrage de la photo est donc très contraint par le choix de la puissance de la bonnette.

Nikon a arrêté depuis des années la fabrication de sa gamme de bonnettes. On peut encore en trouver d’occasion, mais souvent à un prix élevé. Seuls subsistent deux modèles avec un filetage de 40,5 mm et 52 mm, donc non adaptés aux 105 mm F ou Z dont le diamètre de fixation du filtre est de 62 mm. Canon propose un catalogue plus large, mais il n’est pas non plus toujours adapté au diamètre des objectifs Nikon. Il existe heureusement de nombreux fabricants alternatifs (bonnette Raynox avec adaptateur, Kenko, NiSi, …)

Il convient de se méfier de certains matériels proposés à des prix plus qu’attrayants… mais qui transforment votre super objectif en un vulgaire cul de bouteille : ajouter une bonnette devant l’objectif, c’est ajouter un verre qui n’a pas été prévu à la conception de la formule optique. Sa qualité se doit d’être irréprochable. Les modèles performants sont achromatiques ou apochromatiques et multicouches. Le prix s’oublie, la qualité reste…

Macrophotographie, le matériel : la bague allonge

A l’instar des bonnettes, la bague allonge (également appelée tube allonge) permet d’accessoiriser un objectif, qu’il soit macro ou non, afin d’en augmenter le grandissement nominal. C’est un simple cylindre, dépourvu de lentilles. Il ne dégrade donc pas les performances de l’objectif. Préférentiellement en métal, la bague allonge s’intercale entre le boîtier et l’objectif. Son utilisation est logiquement réservée aux reflex et aux hybrides.

Macrophotographie - Bagues Nikon PK-13, PK-12, PN-11, PK-11 A

Bagues Nikon PK-13, PK-12, PN-11, PK-11 A

Les modèles les moins chers ne conservent pas les automatismes, ce qui n’est pas gênant en macro. Voyez-y l’occasion d’utiliser à bon escient le mode manuel de votre boitier, que ce soit pour la mise au point ou l’exposition !

La combinaison de plusieurs bagues permet de faire varier le rapport de grandissement… mais attention : plus il augmente et plus la perte de luminosité est importante (le nombre d’ouverture effectif diminue).

Les kits alternatifs les plus répandus (Kenko, Meike …) sont composés de deux ou trois bagues de différentes épaisseurs, donnant accès à de multiples combinaisons. Il existe également des bagues hélicoïdales (Savage, …) qui autorisent une augmentation progressive et continue du rapport de grandissement. Nikon commercialise 4 bagues :

  • PK 11a : épaisseur de 8 mm
  • PK 12: 14 mm
  • PK 13: 27,5 mm
  • PN 11: 52,5 mm

Si l’absence de lentille élimine toute déformation et aberration optique, il faut rester conscient que réduire la distance de mise au point engendre des déformations (liées à la perspective) bien plus importantes que lorsqu’on fait un portrait serré au grand angle. Le sujet n’est pas montré de manière naturelle.

Par ailleurs, la profondeur de champ diminue drastiquement : elle est au mieux de l’ordre de quelques millimètres ! Ce dernier constat est également vrai pour tous les matériels contribuant à augmenter le grandissement.

Le matériel : le soufflet

Les rapports de grandissement obtenus avec les accessoires précédents sont discontinus, à l’exception de la bague hélicoïdale qui permet une variation progressive, mais sur une échelle relativement réduite. Le soufflet est la seule alternative pour modifier graduellement le tirage d’un objectif sur une plage importante de grandissement.

Macrophotographie - Soufflet Nikon PB-6

Soufflet Nikon PB-6

Très modulable, le soufflet n’altère en rien les qualités intrinsèques de l’objectif, même aux plus forts grandissements. Il devient en revanche rapidement très consommateur de lumière (réduction croissante du nombre d’ouverture effectif), nécessitant souvent l’utilisation d’éclairages additionnels (flashs ou lampes de studio). La mise au point doit être faite à pleine ouverture.

On trouve à très bas prix des soufflets compatibles Nikon. Ils manquent de robustesse. Un bon soufflet reste un accessoire cher. Relativement fragile, encombrant et lourd (1 kg), il est en général utilisé avec un pied et en studio, pour des sujets immobiles.

Nikon a fabriqué différents soufflets macro au fil du temps, la version PB-6 est un dispositif à crémaillère à placer entre le boîtier et l’objectif (focale de 20 à 200 mm). Comme les bagues macro, il est destiné à réduire la distance de mise au point, avec l’avantage de pouvoir être allongé ou raccourci à volonté (de 48 à 208 mm).

Plus la focale est courte et plus le rapport de grandissement est important pour une même distance de mise au point. Le tableau ci-dessous est un extrait de la notice du soufflet PB-6 :

Macrophotographie - Exemple de grandissements obtenus avec un soufflet macro

Exemple de grandissements obtenus avec un soufflet macro

Macrophotographie, le matériel : la bague de conversion

Vous aurez remarqué dans le précédent tableau la notion « d’objectif inversé » qui, pour une même distance de mise au point, permet d’obtenir un grandissement plus important. Aussi étrange que cela puisse paraitre, il s’agit bien d’utiliser l’objectif à l’envers, sur le soufflet ou directement sur le boitier.

Le montage s’effectue à l’aide d’une simple bague de conversion qui se visse comme un filtre sur le devant de l’objectif, convertissant la monture filetée en baïonnette. Chez Nikon, on ne trouve ces bagues que pour les diamètres de 52 et 62 mm, mais elles existent dans une gamme plus large chez les accessoiristes tiers.

Macrophotographie - Les bagues de conversion et compléments macro Nikon

Les bagues de conversion et compléments macro Nikon

La bague de conversion permet d’obtenir un grandissement de 1 avec un 50 mm standard, l’occasion de s’initier à la macrophotographie à peu de frais. Attention toutefois, l’exposition de la partie arrière de l’objectif nécessite d’être très soigneux en extérieur.

Tous les automatismes sont bien évidemment perdus. L’objectif doit posséder une bague permettant de contrôler l’ouverture. Ce n’est pas le cas des objectifs « G » chez Nikon. Par ailleurs, l’utilisation inversée de la formule optique peut conduire à des images manquant de contraste, ce qui se corrige facilement en post traitement.

La bague Nikon BR-2A permet le montage inversé d’un objectif dont le diamètre du filtre est égal à 52 mm. La baïonnette se trouve alors à l’extérieur. Si on veut y fixer un filtre ou un flash annulaire, il faut utiliser en complément la bague BR-3 qui reconvertit la baïonnette en un filetage de 52 mm.

La bague Nikon BR-6 effectue également la conversion baïonnette/filetage 52 mm lorsque l’objectif est inversé avec la bague BR-2A. Elle autorise de surcroit la présélection du diaphragme à l’aide du déclencheur double.

La bague Nikon BR-5 utilisée en complément de la bague BR-2A permet d’inverser les objectifs dont le diamètre de filtre est égal à 62 mm.

Macrophotographie : en conclusion

Vous avez pu constater à la lecture de ce premier article que la liste de matériel disponible pour faire de la photo rapprochée est conséquente. Un prochain article vous expliquera comment calculer le rapport de grandissement de ces différents accessoires.

N’hésitez pas à partager en commentaire votre retour d’expérience. Quel matériel utilisez-vous ? Quels en sont les avantages, mais aussi les limites ?

La suite de ce dossier :

Comment calculer le rapport de grandissement en macro

Comment gérer exposition et lumière en macro

 


Comment faire un time-lapse avec un Nikon hybride ou reflex

Vous aimeriez faire un time-lapse avec votre hybride ou reflex Nikon mais vous ne savez ni comment procéder, ni comment régler votre appareil photo ? Voici le principe et les réglages à effectuer.

Comment faire un time-lapse avec un Nikon reflex ou hybride

Comment faire un time-lapse : définition et principes

L’animation en « time-lapse » (mot anglais composé à partir de « time » et de « lapse » ou « laps de temps » en français) est un effet d’images accélérées réalisé image par image sur des durées plus longues que le résultat final, à la manière du cinéma d’animation. L’effet contraire du time-lapse est le ralenti.

Le principe du time-lapse

Il s’agit de réaliser une série de plusieurs images à intervalles réguliers, à cadrage identique, sur une longue durée.

Ces images seront ensuite assemblées et diffusées à la suite comme s’il s’agissait d’un film, afin d’obtenir une séquence animée parfaitement fluide. La séquence ainsi obtenue permet d’avoir un effet d’image très accéléré (éclosion d’une fleur par exemple).

Exemple de time-lapse : éclosion de fleurs par David de los Santos Gil

Quel matériel utiliser

Il vous faut un appareil photo disposant du mode M manuel, ou du mode A priorité à l’ouverture et de la fonction intervallomètre. A défaut d’intervallomètre, vous pouvez utiliser une télécommande qui intègre cette fonction (voir les télécommandes pour Nikon et les intervallomètres pour Nikon).

Il vous faut aussi un trépied solide et stable (par exemple le trépied Leofoto Urban LX-324) et un objectif adapté au sujet envisagé. N’oubliez pas d’utiliser des batteries bien chargées ou prévoyez une alimentation externe si votre appareil photo sait l’utiliser (par exemple recharge via le port USB).

Prévoyez une carte mémoire de capacité suffisante, sinon gare aux mauvaises surprises ! Calculez sa capacité en multipliant la taille moyenne d’un fichier par le nombre de photos à prendre (voir plus bas).

Préférez le format RAW qui occupe plus de place sur la carte mais vous donne plus de souplesse en post-traitement pour uniformiser le rendu de toutes les images.

Comment régler l’appareil photo pour le time-lapse

Pour le cadrage du time-lapse, rien de plus classique : positionnez le boîtier bien fixé sur son trépied parfaitement calé à l’endroit voulu. Faites la mise au point sur votre sujet, pensez à verrouiller la mise au point automatique une fois calée pour éviter qu’elle ne varie pendant la durée de la prise de vue.

Utilisez de préférence le mode Manuel afin de conserver une exposition constante sur chaque vue : dans ce cas il vous suffit de régler l’exposition avant de commencer à prendre les photos.

Le mode A peut être envisagé si les prises de vue ont lieu dans un contexte de luminosité ambiante très changeante (au coucher du soleil par exemple) pour éviter d’avoir de gros écarts d’exposition d’une vue à l’autre.

Comment régler l’intervallomètre

Tout se passe ensuite au niveau du réglage de l’intervallomètre : réglez le nombre de vues à prendre et le temps qui doit s’écouler entre chaque vue.

Menu Intervallomètre d'un Nikon pour faire un time-lapse

menu de la fonction intervallomètre d’un reflex Nikon

Réglez, de haut en bas :

  • le choix de l’heure de démarrage,
  • l’intervalle entre chaque vue,
  • le nombre total de vues à effectuer.

Attention, ce délai doit être supérieur au temps de pose sans quoi il va manquer des images ! Pour rappel, le cinéma c’est 24 images par seconde : cela peut vous servir de base pour calculer le nombre d’images nécessaires en fonction de la durée souhaitée pour la séquence.

Exemple : si vous voulez faire un time-lapse d’une durée finale de 60 secondes en « qualité cinéma » il faut prévoir 24 images x 60 secondes = 1440 images.

Vous pouvez utiliser une application smartphone spécialisée comme PhotoPills pour calculer le nombre de vues à faire (utilisez son calculateur Time-Lapse en ligne).

Voici quelques durées indicatives selon le sujet :

  • 1 seconde : véhicules et personnages en mouvement, nuages par vent important
  • 2 à 5 secondes : lever ou coucher du soleil
  • 5 à 10 secondes : nuages par temps calme
  • 10 à 30 secondes : soleil ou lune par temps clair
  • 20 à 60 secondes : ciel étoilé
  • 1 à 2 minutes : plante à croissance rapide
  • 5 à 15 minutes : chantier

Post-traitement des images time-lapse

Une fois les vues effectuées et traitées (attention à bien appliquer les mêmes réglages sur toutes les vues), il ne vous restera plus qu’à effectuer l’assemblage avec un logiciel spécialisé et à effectuer quelques réglages :

  • nombre d’images par minute,
  • dimensions,
  • qualité.

Voici quelques exemples de logiciels dédiés, ou intégrables à Lightroom Classic :

Faire un time-lapse : en conclusion

Le Time-lapse est pas une technique assez simple à mettre en oeuvre. Elle requiert par contre un minimum de rigueur et de technique et prend un peu de temps. A vous de jouer !


Comment utiliser un téléobjectif en photographie de paysage

Dans la première partie de ce dossier, nous avons vu comment choisir un téléobjectif, zoom ou focale fixe. Dans cette seconde partie vous allez découvrir comment utiliser un téléobjectif en photographie de paysage, un domaine dans lequel les longues focales ont de l’intérêt au-delà des apparences.

Comment utiliser un téléobjectif en photographie de paysage

Cet article est écrit par Philippe Ricordel. Philippe parcourt la planète depuis presque 20 ans pour témoigner de l’évolution des écosystèmes, des relations humains / animaux dans différents lieux. Auteur d’ouvrages techniques chez Eyrolles, sa formation d’ingénieur l’aide à appréhender les aspects techniques de la photographie moderne.

Pourquoi utiliser un téléobjectif en photographie de paysage

La question est fréquente et légitime. Pourquoi les photographies de paysage devraient-elles obligatoirement être faites avec des objectifs grands angles ? Aucune règle ne le dicte hormis celle que vous voudrez bien vous imposer. La photographie est une expression artistique qui dépend de vous et de vous seul.

Vous avez souvent le réflexe d’utiliser un 24 mm ou un 35 mm pour immortaliser un paysage avec la volonté de tout englober et ainsi restituer la grandeur qui s’offre à vous. Mais peut-être n’est-ce que le rendu du grand angle et encore plus de l’ultra grand angle qui vous séduit.

Laisser l’image d’une montagne lointaine s’imposer dans le cadre traduit le sentiment de domination qu’elle exerce dans le paysage. L’impact peut être plus fort qu’avec une photo prise au grand angle de cette même montagne, ce qui souligne la distance qui la sépare du photographe.

Je vous propose de changer vos habitudes et d’oser le téléobjectif. Il est plus encombrant, plus lourd, et sa mise en œuvre a priori plus longue. Les réglages et les ajustements prendront plus de temps mais le jeu en vaut la chandelle. La photographie de paysage au téléobjectif va renouveler votre regard sur le paysage qui vous entoure.

Comment utiliser un téléobjectif en photographie de paysage

Photo (C) Philippe Ricordel – 170 mm – f/7.1 – 1/1600 sec. – ISO 400

La vision « téléobjectif »

Avec un téléobjectif, il va vous falloir capter une parcelle de la scène au lieu d’essayer de la faire entrer en un seul bloc dans votre image. Isoler une parcelle ne signifie pas pour autant perdre l’esprit de l’environnement, c’est peut-être ce qu’il y aura de plus difficile à faire de prime abord.

Essayez la prochaine fois que vous aurez un téléobjectif entre les mains : tournez-vous vers le paysage, regardez dans le viseur pendant un moment, trouvez des détails, combinez des objets complémentaires, recadrez votre image avant même de déclencher, puis déclenchez et regardez le résultat.

Vous allez constater que vous pouvez utiliser un téléobjectif en photographie de paysage. Néanmoins son utilisation va vous imposer quelques contraintes techniques.

Les contraintes

Tout d’abord vous aurez peut-être à utiliser un trépied pour vous assurer de ne pas avoir de flou de bougé car plus la focale est longue, plus le risque est grand. C’est à réfléchir avant de faire vos photos.

Votre point de vue va être modifié avec une longue focale par rapport à celui que vous avez avec une courte focale. L’ajout d’un sujet en premier plan devient plus compliqué car le rapport de taille entre celui-ci et le fond peut s’avérer difficile à gérer si vous êtes très (trop ?) proche de votre sujet.

Si possible, commencez par un sujet global comme une montagne, au loin, un arbre sur la pente ou sur la crête d’une colline. Le risque avec la photographie de paysages au téléobjectif c’est de ne faire que des photos de détails et de trop isoler vos sujets, vous y perdrez en contexte et signification de l’image. Cela peut être volontaire et relever d’une démarche qui vous est propre, mais sachez-le pour l’assumer.

Sachez aussi qu’il y a longues focales et longues focales : réaliser des photos de paysages au 100 mm ne sera pas la même chose qu’au 300 mm. Les sujets ne seront pas forcément les mêmes et vous ne pourrez  pas les traiter de la même manière.

En résumé, n’oubliez pas le contexte dans lequel vous désirez réaliser votre image.

Comment utiliser un téléobjectif en photographie de paysage

Photo (C) JC Dichant – 500 mm – f/5.6 – 1/640 sec. – ISO 100

Téléobjectif pro ou amateur, lequel choisir ?

La croyance générale veut que les optiques dites professionnelles soient de meilleures factures que celles dites amateur. Cela s’avère souvent vrai, mais pas forcément du point de vue purement optique.

Le Nikon AF-S NIKKOR 70-200 mm f/2.8 par exemple est-il meilleur, optiquement parlant, que le Nikon AF-S NIKKOR 70-200 mm f/4 ? Pour avoir testé les deux, je dirais que c’est à la marge, la différence est ailleurs.

Le f/2.8 est plus lourd, plus encombrant, il apparaît plus costaud également et il est vraisemblable qu’il sera mieux à même de résister à des conditions de prises de vue plus « rugueuses », sinon du point de vue optique le f/4 est également très bon.

Le raisonnement ci-dessus vaut pour d’autres optiques, j’ai ici pris l’exemple de deux optiques de la marque Nikon, j’aurais pu comparer la même gamme chez Sigma ou Tamron par exemple. Le 70-200 mm f/4 n’existe pas chez Sigma, mais la question souvent posée est : vaut-il mieux prendre le Sigma f/2.8 ou le Nikon f/4 ?  Il n’y a pas de réponse absolue à cette question : qu’est-ce qui a de l’importance pour vous ? Le poids ? L’encombrement ? L’ouverture ? La qualité absolue ?

Téléobjectif ou recadrage DX ?

C’est une question qui revient souvent, et pas seulement dans le cadre de la photographie de paysage au téléobjectif. Pour rester dans le cadre de cet article, je dirais que le recadrage DX n’a pas d’influence intrinsèque sur la qualité de votre image : vous enregistrez juste une portion de celle-ci sur votre carte mémoire c’est tout.

Ce faisant vous réduisez la taille en pixels de votre image et donc vous limitez la taille maximale du tirage papier que vous pourriez faire. Si votre image est pensée pour une diffusion sur le web, ou pour des tirages modestes en taille, il n’y a aucun inconvénient à utiliser le mode DX pour obtenir un grandissement apparent de 1,5 fois.

Par contre si vous destinez vos prises de vue à la réalisation de grands tirages et d’expositions, alors le mode DX pourra vous limiter dans vos possibilités. Ceci est à relativiser, car en mode DX un boitier comme le Nikon D850 fournit une image de plus de 19 Mp, un Nikon D750 fournit quant à lui un fichier image d’environ 10 Mp, et l’on sait faire de grand tirages qualitatifs avec ce nombre de pixels sans aucun souci.

Téléobjectif et compression des plans

Utiliser un téléobjectif en photographie de paysage vous permet d’agrandir des sujets éloignés pour qu’ils paraissent plus proches et que vous puissiez comprimer l’image, au sens de la « compression des plans » que permet un téléobjectif.

Pour comprendre ce qu’est la « compression des plans », pensez à des collines ondulées, distantes de plusieurs kilomètres, qui semblent se superposer les unes aux autres. Ou à un arbre isolé sur une pente, ou encore un détail de couleur, de forme à mettre en exergue du fait de l’utilisation d’une longue focale.

Pensez également aux silhouettes, ce qui impose de déclencher face au soleil ou bien sur un ciel dégagé (ou non). Il existe plein d’opportunités photographiques à saisir avec un téléobjectif.

Vous pouvez également jouer avec la perspective (encore une histoire de compression des plans) sur des éléments répétitifs comme des arbres alignés. Utilisez les détails en les isolant, grâce à une grande ouverture.

Les motifs et abstractions peuvent aussi être mis en valeur dans une photo de paysage, notamment urbain. N’hésitez pas à copier Ansel Adams si vous travaillez en noir et blanc, vous pourrez alors vous concentrer sur les zones où l’ombre et la lumière se rencontrent.

Comment utiliser un téléobjectif en photographie de paysage

Photo (C) Philippe Ricordel – 400 mm – f/8 – 1/500 sec. – ISO 400

Quelles focales utiliser pour photographier des paysages au téléobjectif

Nous avons vu dans la première partie de cet article que le concept de téléobjectif commençait vers 85 mm. Pour le paysage c’est une valeur basse, considérant que la plupart des sujets dans un paysage se trouvent à une certaine distance. A mon sens il est préférable d’envisager une focale d’au moins 150 mm en équivalent plein format. C’est avec une telle focale que les effets de grossissement et de compression commenceront à s’établir et deviendront perceptibles dans votre composition.

De nombreux téléobjectifs zoom commencent à 70 ou 100 mm et vont jusqu’à 200 ou 400 mm, quand d’autres atteignent 500 mm ou plus. Je laisse volontairement de côté ici les super téléobjectifs, leur poids, leur prix et encombrement font qu’ils ne sont pas à la portée du photographe amateur, et je suppose que si vous en possédez déjà un, vous en avez la maîtrise et je n’ai rien à vous apprendre.

Il existe de nombreux objectifs dans la plage focale 100-400 mm, ceux des constructeurs (Nikon, Sony, Fujifilm, Canon, …)  comme ceux des opticiens indépendants (Tamron, Tokina, Sigma, etc ..).

Chez Nikon, et pour un prix somme toute raisonnable vous avez les :

Les autres marques offrent des objectifs similaires en termes de longueur de focales. Ne négligez pas les zooms 70-200 mm f/2.8 ou f/4 des marques et opticiens indépendants. Ce sont de très bons téléobjectifs pour commencer, ils sont polyvalents et fort utiles dans d’autres domaines comme la photographie de sport.

Pour les appareils photo au format APS-C, vous pouvez utiliser les mêmes optiques avec un effet renforcé par rapport au capteur plein format d’un coefficient 1,5 (rapport de grandissement de l’image entre plein format et APS-C). Fujifilm propose par exemple pour ses appareils APS-C à monture X un objectif Fujinon 100-400 mm f/4,5-5,6 qui cadre comme un 150-600 mm en 24 x 36. En micro 4/3 une optique de 150-400 mm f/4,5 avec un convertisseur x 1.25 intégré correspond à une focale maximale équivalente de 1000 mm en 24×36.

Ceci nous amène à parler des téléconvertisseurs.

Comment utiliser un téléobjectif en photographie de paysage

Photo (C) Philippe Ricordel – 155 mm – f/5 – 1/6400 sec. – 400 ISO

Téléobjectifs et convertisseurs de focale

Qualité d’image

Les convertisseurs de focale constituent un moyen peu onéreux d’élargir les possibilités en termes de focales sans vous imposer l’achat d’un nouveau téléobjectif. Quelques précautions s’imposent toutefois.

Un convertisseur de focale est un élément optique rapporté entre l’objectif et le boitier, et aussi bon soit-il, il engendre dans l’absolu une perte en termes de contraste et de piqué.

Si l’objectif est lui-même de bonne qualité, de même que le téléconvertisseur, cela ne sera pas ou peu perceptible sur une photo publiée sur le web ou imprimée en petit format (pas ou faible grandissement lors du tirage papier). Si c’est votre besoin, ne vous posez pas trop de questions : la qualité sera suffisante.

Il vous faut aussi savoir raison garder : adapter un convertisseur de focale Nikon TC 2 sur un objectif comme le Nikon AF-S NIKKOR 70-300 mm f/5.6, même si c’est possible mécaniquement, vous donnera un objectif à l’ouverture résultante de f/11, donc très sombre à la visée. Il sera difficile à exploiter sur le terrain, sans compter la possible dégradation assez prononcée de la qualité de l’image. Le Nikon AF-S NIKKOR 70-300 mm f/5.6 VR est une bonne optique, mais pas non plus exceptionnelle à 300 mm.

En matière de convertisseur de focale, retenez que meilleur est l’objectif d’origine, meilleur est le résultat une fois le convertisseur installé (en savoir plus).

Téléobjectif et convertisseur de la même marque ou pas ?

Rester dans la marque, c’est l’assurance d’avoir une dispersion limitée et a priori une meilleure qualité résultante. Mais les contre-exemples existent, aussi bien dans les grandes marques que chez les fournisseurs tiers (voir les convertisseurs Kenko).

Ce qu’il faut comprendre, c’est que le téléconvertisseur ajoute de possibles imperfections entre l’optique et le capteur. Parfois les imperfections de l’optique se trouvent compensées par celles du téléconvertisseur,  parfois elles s’ajoutent et cela peut se voir sur l’image. Aujourd’hui les tolérances et la qualité de fabrication font que cela reste rare.

Comment utiliser un téléobjectif en photographie de paysage

Photo (C) JC Dichant – 200 mm – f/5.6 – 1/200 sec. – ISO 100

Convertisseurs de focales et zooms à grande plage focale : les limites

Une question revient souvent : peut-on utiliser un téléconvertisseur avec un zoom à large amplitude, comme un 24-200 mm, 18-300 mm ou même un transtandard 24-70 mm ou 24-120 mm ?

Il est mécaniquement impossible de monter des téléconvertisseurs sur ce type de zoom. Et honnêtement cela vaut mieux car les formules optiques de ces objectifs supporteraient assez mal l’ajout d’un téléconvertisseur.

Il vous faut aussi considérer l’ouverture résultante de votre ensemble optique + téléconvertisseur. L’ajout d’un TC 1.4 fait perdre un diaphragme, celui d’un TC 2, 2 diaphragmes. Autrement dit, un objectif ouvrant à f/2.8 ouvrira à f/4 avec un TC 1.4 et à f/5.6 avec un TC 2. Un TC 1.7 donnera une ouverture résultante de f/4.8.

Or, les autofocus sont généralement limités en détection dès l’ouverture f/5.6 (collimateurs centraux utilisables seulement), et inutilisables dès f/8 (parfois seul le collimateur central unique reste actif et utilisable). Cela étant pour utiliser un téléobjectif en photographie de paysage, rien ne vous empêche de réaliser votre mise au point manuellement.

Téléobjectif en photographie de paysage : trépied ou pas ?

Utiliser un téléobjectif en photographie de paysage peut vous amener à vous poser la question de l’utilisation d’un trépied. Désormais la stabilisation des optiques, parfois conjuguée à celle du capteur (comme avec les Nikon Z hybrides plein format) permet d’obtenir de très bons résultats à main levée avec des couples temps de pose/sensibilité ou temps de pose/ouvertures impensables jusqu’alors.

Considérez que le temps de pose minimum doit être d’environ 1/« focale en mm employée ». Pour 200 mm, cela vous donne un temps de pose de 1/200 sec.

Comment utiliser un téléobjectif en photographie de paysage

Photo (C) Philippe Ricordel – 155 mm sur APS-C – f/9 – 1/1250 sec. – ISO 400

Avec les paysages, qui ne bougent pas trop bien que les conditions de lumières puissent faire grandement varier leur apparence, il peut être souhaitable d’utiliser des temps de pose plus longs et donc d’utiliser un support stable. L’utilisation d’un trépied apporte une contrainte de plus en terme de poids et encombrement, sachez-le.

D’un autre côté, l’approche paysagiste est normalement une approche plus lente, plus réfléchie, cela ne devrait donc pas être un frein majeur à la pratique de ce type de photographie. Tout dépend de votre pratique : il m’est arrivé d’utiliser mon 600 mm pour faire du paysage à main levée face au soleil couchant, le temps de pose n’était vraiment pas le problème, le cadrage un peu plus.

Le trépied permet d’éliminer les légers mouvements que vous créez en tenant un appareil photo, y compris celui créé lors du déclenchement (vous générez toujours un micromouvement au moment de déclencher). S’ajoutent les mouvements créés par les vibrations internes de l’appareil (mouvement du miroir et obturateur mécanique pour les reflex), les hybrides ayant l’avantage d’avoir une obturation totalement exempte de mouvement avec leur obturateur électronique.

Pour réduire ces très faibles mouvements, il est possible d’utiliser soit le retardateur de l’appareil, soit une télécommande pour déclencher l’obturateur.

Si néanmoins vous décidez de photographier à main levée n’oubliez pas de choisir un temps de pose en relation avec la focale utilisée. N’oubliez pas le coefficient multiplicateur de 1,5 x si vous utilisez un boitier au format APS-C, idem si vous adaptez un convertisseur sur votre objectif.

Utiliser un téléobjectif en photographie de paysage, conclusion

La photographie de paysage avec de longues focales ne peut que rarement être improvisée. Elle nécessite un minimum de préparation en amont, au même titre que la photo de paysage en général dès que vous désirez obtenir un résultat autre que la photo « souvenir ».

Prenez le temps d’expérimenter, de connaitre et reconnaitre les effets obtenus avec un téléobjectif, et surtout faites des photos !


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