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Test Nikon Z 9 : une semaine avec l’hybride Pro Nikon, de jour comme de nuit

A tout seigneur tout honneur ! J’ai rarement fait un test de boîtier aussi tôt après son annonce, mais pour avoir eu le nouvel hybride pro (version présérie) dans les mains pendant plusieurs jours, j’ai décidé de publier ce test Nikon Z 9 dans la foulée.

Vous imaginez bien que faire le tour d’un tel boîtier en quelques jours n’est ni envisageable ni crédible. Je ne prétends donc pas l’avoir fait, il faudra des mois pour cela. Mais le premier ressenti est souvent révélateur, aussi j’ai décidé de vous partager le mien.

MàJ mai 2023 : le « petit » Z 9 est officialisé, voici la présentation complète du Nikon Z 8

Test Nikon Z 9 : une semaine avec l'hybride Pro Nikon

Le Nikon Z 9 chez Miss Numerique …

Le Nikon Z 9 à la Boutique Photo Nikon (revendeur indépendant) …

Test Nikon Z 9 : présentation et caractéristiques principales

Un sacré challenge

Nikon n’avait pas le droit à l’erreur en annonçant son hybride pro. Successeur des Nikon D5 et D6, d’une part, concurrent des Canon et Sony pros d’autre part, il devait taper haut et fort. Imaginez la tête des ingénieurs japonais à qui l’on a dit un jour « vous allez créer le meilleur hybride pro du moment et vous n’avez pas le droit de vous tromper ». La pression.

Cependant les japonais ont une vraie capacité à gérer la pression, et à la transformer en une énergie qui surprend souvent. Dans le cas du Nikon Z 9, c’est même d’une débauche d’énergie dont il s’agit tant ce boîtier place la barre haut face à ses prédécesseurs et à la concurrence.

« Du jamais vu ! » disent les uns, « le meilleur hybride du monde ! » disent les autres. Je dirais quant à moi « l’hybride que le monde de la photo attendait et qui remet Nikon en tête de la course, dans une position de leader sur le marché de l’hybride pro ».

Nikon Z 9 avec l'objectif NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S

le Nikon Z 9 avec l’objectif NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S

Bien que n’enlevant rien aux Nikon Z 6II et Z 7II dont les performances sont plus que décentes, le Nikon Z 9 apporte un niveau de performances jamais vu encore chez les jaunes, une capacité à convaincre même les plus irréductibles, et se voit proposé à un tarif qui fait de lui ‘le Nikon que tout le monde veut » ou presque.

Je ne vais pas revenir sur toutes les caractéristiques techniques de cet hybride monobloc, mais mettre en avant les principales. Je précise que je n’ai pas évalué les capacités vidéo du Nikon Z 9 lors de ce test.

Lire la présentation détaillée des caractéristiques techniques du Nikon Z 9

Le capteur

Le Nikon Z 9 utilise un capteur BSI plein format de 52,37 Mp dont 45,7 Mp servent à la formation de l’image. Ce capteur est de type « CMOS BSI Stacked sensor » ou « capteur CMOS BSI empilé « . Cette technologie diffère de celle des capteurs CMOS BSI non empilés, elle permet de récupérer l’information de chaque photosite à différents moments de la capture, et de constituer un système multi captures sur un même temps de pose.

Si vous faites par exemple une photo à 1/60 ème de sec. le capteur est capable de récupérer l’information de chaque photosite une première fois avant la fin du temps de pose choisi (à la moitié à priori), puis une seconde fois au temps de pose choisi avant d’empiler ces valeurs pour délivrer l’information finale. La première image, plus sombre, sert à mieux capter les mouvements en préservant les hautes lumières pour augmenter la dynamique du capteur (merci à Hervé Macudzinski, Image Science Director chez DxOMark, pour l’explication dans le podcast Faut pas pousser les ISOs).

Photo de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/60 – f/2.8 – ISO 12.800 @ 30 mm

Le capteur du Nikon Z 9 est donc différent de ceux des Nikon D850 et Z 7II bien qu’il soit du même format et présente la même définition. Il est bien sûr stabilisé sur 5 axes comme ceux des autres Nikon Z hybrides plein format.

L’autofocus

Exit le module autofocus des Nikon D5 et D6 basé sur un capteur AF dédié. Exit aussi l’autofocus des Nikon Z 6 et Z 7 série 2 basé sur un couple de processeurs Expeed 6. L’autofocus du Nikon Z 9 utilise les données en provenance du capteur image, 493 collimateurs et 405 points AF et dispose d’un circuit de traitement de l’information couplé à une batterie de processeurs dont un Expeed 7 qui lui permettent une rapidité jamais vue encore sur un Nikon reflex comme hybride. Le processeur Expeed 7, à lui seul, est 10 fois plus performant que le précédent Expeed 6. L’AF du Nikon Z 9 est annoncé comme 5 fois plus rapide que celui des Z 6II et Z 7II.

Outre cette réactivité pour faire le point, c’est la capacité du Nikon Z 9 à identifier un sujet et à le suivre qui mérite d’être relevée. Dans le cadre de ce test Nikon Z 9 j’ai pu vérifier sur le terrain que cet autofocus est non seulement rapide, capable de détecter des sujets différents, mais qu’il voit aussi bien dans la pénombre que très loin, et souvent mieux que moi.

Photo de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/500 ème – f/2.8 – ISO 25.600 @ 54 mm
(l’autofocus suit le visage détecté automatiquement lors de l’entrée dans le cadre par la gauche)

Je vous rappelle les limites de détection AF du Nikon Z 9 : – 6,5 à +19 IL (-8,5 à +19 IL avec l’affichage lumineux). Cet autofocus est par exemple capable de détecter un vélo dans la circulation, puis la tête du cycliste alors qu’il ne montre que sa nuque, tout en assurant le point sur la tête de ce cycliste au milieu de la circulation et d’un paysage urbain complexe. Même lorsque la tête n’est plus visible à l’œil nu. Il est aussi capable de détecter le visage d’une personne à la peau noire, à 15 m, de nuit sur fond sombre. 

J’ai photographié des oiseaux en vol avec le Z 9 et le NIKKOR AF-S 70-200 mm f/2.8 VR série 2 + bague FTZ. L’AF suit l’oiseau visé, en zone automatique comme en suivi 3D, et ne le perd que lorsque celui-ci occupe une zone inférieure à la plus petite zone de détection, soit un oiseau tout juste visible dans le viseur. Pourtant le 70-200 f/2.8 AF-S VR2 n’est pas aussi véloce que le plus récent NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 S.

Cet autofocus détecte et suit tout ce qui passe dans votre viseur, en différenciant les sujets, et ça c’est une performance de très haut niveau.

Photo d'oiseaux avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + AF-S Nikkor 70-200 mm f/2.8 VR2 – 1/1.250 ème – f/3.2 – ISO 450 @ 135 mm
(l’autofocus est calé sur l’oiseau à l’aile déployée, je le suivais depuis quelques secondes)

L’obturateur

Vous connaissez l’obturation mécanique, l’obturation mixte « mécanique + électronique », ajoutez à la liste l’obturation électronique unique. Exit l’obturateur mécanique et son complexe système de lamelles, le Nikon Z 9 utilise un obturateur électronique exclusivement.

Première conséquence, le bruit puisque cette obturation n’en fait pas. Le mode silencieux est de rigueur, mais les ingénieurs japonais ont pensé à vous, nostalgiques du bruit au déclenchement, et ont ajouté une option sonore. Un bruit assez curieux au départ se fait entendre lorsque vous déclenchez, ce n’est pas celui d’un obturateur mécanique classique. Toutefois au bout de quelques jours je me suis surpris à apprécier cette fonction et ce bruit.

En mode silencieux, difficile de savoir si le boîtier a bien déclenché, aussi le Nikon Z 9 dispose-il d’un affichage programmable : vous pouvez faire apparaître soit 4 lignes blanches verticales très fines sur les bords du viseur, soit 2 lignes à droite et à gauche soit un assombrissement de l’affichage (qui n’est pas un passage au noir).

Autre conséquence liée à cette obturation 100% électronique, au capteur BSI empilé et à la puissance de calcul de l’Expeed 7, la disparition de tout passage au noir dans le viseur et l’absence d’effet Rolling Shutter sur les photos de sujets en mouvements très rapides (club de golf, hélice d’avion, …). Je n’ai constaté aucun passage au noir en mode rafale. Je n’ai pas eu l’occasion par contre de tester le rolling shutter sur autre chose que des oiseaux.  Ils n’en sont pas la cible principale, mais soit dit en passant, sont la cible de l’autofocus qui prend un malin plaisir à les attraper et les suivre.

La sensibilité

La sensibilité ISO varie de 64 à 25.600 ISO en standard, extensible à 32 et 102.400 ISO. Si le Nikon D6 satisfait les photographes pros entre 5.000 et 6.400 ISO, ces derniers ne devraient que peu gagner avec le Nikon Z 9 (si ce n’est le passage de 20 à 45 Mp) mais là n’est pas leur problème. Des images propres à 6.400 ISO c’est déjà très bien, ce que fait sans problème le Z 9. Il va jusqu’à délivrer des JPG utilisables à 12.800 ISO, le traitement du RAW est nécessaire pour une meilleure qualité d’image ou pour grimper à 25.600 ISO en cas de besoin.

Photo de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/800 ème – f/2.8 – ISO 10.000 @ 58 mm

Test Nikon Z 9 : prise en main

Gabarit et construction

La mode n’est plus aux gros et lourds boîtiers monobloc, de nombreux photographes souhaitent plutôt alléger le poids sur leurs épaules. Toutefois la construction d’un monobloc le rend plus robuste, plus étanche, plus complet avec sa poignée intégrée et ses contrôles déportés. C’est le choix qu’a fait Nikon pour son Z 9 : il est bâti comme un D6, tout en étant plus compact. 1 cm de moins en largeur, 1,4 cm de moins en hauteur, cela peut paraître peu mais c’est sensible à l’usage.

Pendant ce test Nikon Z 9 j’ai été agréablement surpris par la prise en main du boîtier, la forme de la poignée procurant une tenue en main ferme même sans courroie. Sa compacité le rend plus agréable à porter. L’écart de poids n’est pas significatif face au D6, à peine 100 gr. de moins. Avec 1,4 kg boîtier nu, vous savez que vous utilisez un modèle pro taillé pour l’aventure.

commandes supérieures du Nikon Z 9

commandes supérieures gauches du Nikon Z 9 (dont touche Fn4)

Je n’en dirai guère plus sur la construction qui fait appel à l’alliage de magnésium, propose une étanchéité importante, des molettes de réglage avec verrouillages, des boutons rétro-éclairés, … Si vous pensiez encore que cet hybride est un sous-produit du reflex, oubliez. Notez au passage la présence d’une protection de la griffe flash supérieure, en lieu et place de l’énorme protection caoutchouc du D6.

Un dernier mot pour signaler la présence d’un volet de protection du capteur, qui peut se fermer lors de l’arrêt du boîtier (fonction désactivable), et vient ainsi éviter toute pénétration de poussière ou de pluie sur le capteur. Cet accessoire s’avère indispensable dans les conditions de reportage en extérieur auxquelles est soumis un boîtier pro, généralement bien pires que celles auxquelles vous soumettez un Z 6 ou Z 7. Ceci dit, si Nikon veut implémenter le même volet sur un futur Nikon Z 8, je suis preneur.

commandes supérieures du Nikon Z 9

commandes supérieures droites du Nikon Z 9

Ergonomie, commandes et menus

Ne vous y trompez pas, vous êtes bien en présence d’un Nikon et il ne vous faudra guère plus de 10 minutes pour faire vos premières (bonnes) photos. Toutefois vous êtes aussi en présence d’un hybride pro qui demande un temps d’adaptation bien plus long qu’un boîtier entrée de gamme, surtout si vous n’avez jamais utilisé un D5 ou D6, voire un Z 6 ou Z 7.

Test Nikon Z 9

Nikon Z 9 : menu réseau complet LAN/WAN et liaisons USB

Pour initier ce test Nikon Z 9, j’ai configuré le boîtier comme je le fais avec le Z 6II, puis adapté petit à petit les réglages afin que son comportement corresponde à mes besoins. C’est la phase qui vous prendra plus ou moins de temps selon vos besoins. Vous serez toutefois aidé par un écran arrière et des menus dans la pure tradition Nikon, un écran de rappel des principales fonctions sur le capot supérieur, et un choix important d’informations dans le viseur.

Cet affichage viseur peut prendre 4 configurations différentes (5 pour l’écran arrière), chacune affiche un ensemble de réglages et les aides à la prise de vue comme l’horizon artificiel, l’histogramme, le focus peaking ou la loupe de mise au point.

Le boîtier comporte 4 touches de fonction, une cinquième touche programmable sur la poignée et la plupart des autres touches peuvent voir leur comportement modifié selon vos envies. J’ai par contre constaté que toutes les fonctions personnalisables ne le sont pas pour toutes les touches, une mise à jour firmware pourrait modifier cela car pourquoi limiter ces usages s’il ne s’agit que de logiciel.

Comptez aussi sur les possibilités offertes par les optiques NIKKOR Z disposant, pour certaines, d’une touche de fonction indépendante et d’un écran OLED de rappel des valeurs de prise de vue.

Nikon Z 9: écran en position fermé

Nikon Z 9: écran en position fermé et commandes arrières

J’ai apprécié le déplacement de la touche de visualisation des photos sur la droite du dos, ce qui permet d’afficher et de faire défiler les photos avec la main droite, tout en les supprimant au besoin de la main gauche (touche poubelle). Je critiquais l’implantation de cette touche de visualisation sur les Z 6 et Z 7 (en haut à gauche), Nikon a entendu les utilisateurs semble-t-il.

Notez enfin que certaines fonctions des reflex pros Nikon absentes des Z 6 et Z 7 reviennent sur le Nikon Z 9. Je pense à la programmation d’un mode de zone AF (par exemple suivi 3D) avec bascule entre ce mode lors de l’appui sur la touche et retour au mode initial lorsque vous relâchez la touche, ou de la possibilité de programmer le rappel de la distance de mise au point lors de l’allumage du boîtier.

le déclencheur et les commandes déportées pour le mode portrait sur le Nikon Z 9 

le déclencheur et les commandes déportées pour le mode portrait sur le Nikon Z 9 

Viseur électronique et écran orientable tactile

Le viseur du Nikon Z 9 n’est pas le plus défini du marché avec 3,69 Mp, mais bien qu’il soit déjà très qualitatif, son intérêt tient en son confort d’utilisation. En effet rien ne sert de disposer de millions de points si le rendu de l’image est inconfortable. Pendant toute la durée de ce test Nikon Z 9, j’ai fait beaucoup de photos de nuit, une situation qui fatigue vite les yeux avec un viseur de qualité moyenne. J’ai non seulement retrouvé la belle qualité d’image et le cadre du Z 6II, mais le viseur du Nikon Z 9 a quelque chose de plus, ce qui est logique puisqu’il ne s’agit pas du même viseur que celui des Z 6 et Z 7.

Le contraste, déjà, qui lui fait afficher de façon bien plus agréable les hautes et basses lumières. Si vous visez d’un œil tandis que l’autre voit une scène très lumineuse, le confort est supérieur. Lorsque vous visez, l’écart de contraste œil viseur / œil libre est réduit.

La luminosité ensuite. Avec 3.000 cd/m2 quand la concurrence se limite à 1.000, ce viseur s’avère le plus lumineux du marché. En visée à contrejour, le détail dans les basses lumières est supérieur alors que les hautes lumières restent supportables à l’œil. En basse lumière c’est d’autant plus agréable que ce que vous voyez dans le viseur est plus précis.

La précision d’image, enfin. Difficile de l’expliquer ainsi, mais le rendu à l’œil est supérieur. J’ai ressenti la même différence que celle que je peux voir entre une image faite avec un objectif très piqué et un moins piqué.

L’œilleton en caoutchouc rond est bien un Nikon, les porteurs de lunettes apprécieront. Sachez aussi qu’avec un masque par temps froid, il génère moins de buée que celui du Nikon Z 6 (sur les lunettes c’est un autre problème, mais ce n’est pas celui de Nikon).

Test détection sujet humain Nikon Z 9

Nikon Z 9 + AF-S Nikon 70-200 mm f/2.8 VR2 – 1/2.000 ème – f/2.8 – ISO 280 @ 200 mm
(l’autofocus a détecté et suivi le visage de la personne de face alors que je ne voyais toujours pas son visage)

Je ne reviens pas sur la possibilité d’afficher l’image réelle dans le viseur avant de déclencher, tout en compensant l’exposition, c’est un des avantages des hybrides. L’autre atout est l’affichage des photos faites sans quitter le viseur des yeux et sans devoir allumer l’écran arrière, ce que les photographes de spectacle et de plateau apprécieront.

Vous envisagez la macro ? La loupe électronique et la mise au point manuelle assistée par le focus peaking (le dépoli version hybride) vous faciliteront la vie et seront bien plus précis que n’importe quel viseur optique.

Test Nikon Z 9

Nikon Z 9 : écran inclinable et orientable

L’écran arrière utilise une dalle de 3,2 pouces (8 cm) d’une définition de 2.100.000 points, suffisante pour zoomer dans l’image de façon conséquente. J’ai apprécié tout autant ses fonctions tactiles que sa colorimétrie qui permet d’afficher les images faites telles que vous les voyez dans le viseur. Un atout quand vous devez livrer des fichiers JPG en direct sans avoir le contrôle final du rendu colorimétrique.

Le Nikon Z 9 en cadrage portrait avec écran en portrait

Le Nikon Z 9 en cadrage portrait avec écran et affichage en position portrait

Cet écran présente la triple caractéristique d’être inclinable, orientable sur les deux côtés à presque 90 degrés (oui, vous visez dans les coins)  et utilisable en mode portrait. Dans ce dernier cas, l’affichage des informations bascule afin de rester lisible. Pouvoir viser les bras tendus, au-dessus d’une palissade (sur circuit c’est pratique) comme en angle si la configuration s’y prête, c’est confortable.

Photo d'oiseaux avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + AF-S Nikkor 70-200 mm f/2.8 VR2 – 1/1250 ème – f/3.2 – ISO 160 @ 200 mm
(l’autofocus suivait l’oiseau venant de derrière les branches à droite)

Autonomie

Un boîtier pro doit tenir la distance, d’autant plus s’il est utilisé en mode remote sans possibilité de remplacer la batterie, en haut d’un pylône aux JO comme derrière les but d’un stade de foot. Nikon a eu la bonne idée d’utiliser les batteries Nikon EN-EL 18d sur le Z 9, les batteries des D5 et D6 restant compatibles. Cette déclinaison ‘d’ autorise la recharge via le port USB, un avantage en mode remote justement comme en vidéo.

Nikon Z 9 : trappe batterie

Nikon Z 9 : trappe batterie Nikon EN-EL 18d avec verrouillage

Quant à l’autonomie, soyons clairs, celle du Nikon Z 9 comme de tout hybride dépend beaucoup de l’utilisation que vous allez en avoir.

En l’utilisant avec l’écran arrière allumé sans cesse, en faisant appel à l’éclairage des boutons la nuit, en jouant avec les menus et avec l’autofocus en AF-C Suivi 3D (conditions de test), j’ai pu faire près de 2.400 photos avec une charge.

En utilisant le seul viseur sans écran arrière, et l’AF- C Suivi 3D avec des rafales régulières à 20 im./sec. (conditions d’utilisation plus classiques), j’ai pu faire 3.300 photos en utilisant 48 % de batterie. L’autonomie moyenne peut donc dépasser 3.000 photos en conditions de reportage.

Cartes mémoire et connectique

Avec 45,7 Mp et 20 im/sec. les cartes mémoire que vous allez glisser dans les deux emplacements du Nikon Z 9 doivent être à la hauteur. Bien que le buffer autorise une cadence importante (1.000 vues RAW à 20 vps), le temps nécessaire à l’écriture sur les cartes est conditionné par leur performance.

Test Nikon Z 9

Nikon Z 9 : trappe cartes mémoires (x 2) avec verrouillage

Avec mes (vieilles) cartes XQD 440/400 Mb (lecture/écriture), je n’ai pas dépassé 4,2 secondes en mode rafale 20 im/sec. sans constater un ralentissement au déclenchement du à la carte. Ce qui permet quand même d’enregistrer 88 vues en RAW efficacité élevée. En RAW compressé sans perte, la rafale a ralenti à partir de 3,8 secondes et 36 vues.

En conditions réelles, soit en relâchant le déclencheur ponctuellement comme si je suivais un sportif, un véhicule ou un oiseau, j’ai pu déclencher des rafales à 20 im./sec. pendant 3 mn 12 sec. en RAW efficacité élevée avant de remplir les 64 Gb de ma carte, soit 1.777 vues. De quoi voir venir.

Pour obtenir la cadence maximale à 20 vps (RAW et JPG) sur 1.000 vues en une seule rafale, il vous faudra investir dans les cartes ProGrade Digital Cobalt CFexpress, ce qui demande à être justifié étant donné le tarif de ces cartes.

Voir les tarifs des cartes Prograde Digital Cobalt CFexpress

Quelques mots sur les formats d’enregistrement RAW. Le Nikon Z 9 délaisse les RAW de taille réduite des précédents Nikon pour mettre en œuvre un nouvel algorithme de compression RAW (d’origine IntoPIX).

Avantage, vous n’avez plus besoin de choisir entre une taille ou une autre, et de regretter votre choix une fois la photo faite. Inconvénient, vous n’aurez « que » des fichiers à 45,7 Mp et non plus des RAW de définition réduite. Toutefois un RAW 45 Mp efficacité élevée pèse environ 35 Mo (25 pour un JPG) au lieu de 60 pour un RAW compression sans perte.

Pour en savoir plus sur la qualité des fichiers RAW efficacité élevée, il faut en passer par un protocole de test difficile à mettre en œuvre en peu de temps sans le matériel approprié. Je n’ai constaté toutefois aucune différence majeure de qualité d’image entre les deux formats.

Pour les utilisateurs de logiciels Adobe dont Lightroom, sachez qu’ils supportent déjà les RAW compression sans perte du Nikon Z 9 (Camera Raw 14.0 / Lightroom Classic 11.0.1). Les RAW efficacité élevée seront supportés lors de la prochaine mise à jour. Choisissez le mode compression sans perte dans l’immédiat pour voir vos images.

Test Nikon Z 9

Connectique du Nikon Z 9

En matière de connectique, pas de test particulier me concernant, mais de quoi faire pour couvrir la plupart des cas de figure avec :

  • WiFi intégré (sans besoin du module Nikon WT-6) IEEE 802.11b/g/n/a/ac,
  • Bluetooth 5.0 basse consommation (portée 10 m),
  • GPS (États-Unis), GLONASS (Russie), QZSS (Japon) intégré avec option journalisation,
  • connecteur RJ-45
  • port USB SuperSpeed avec port USB C
  • connecteur HDMI type A
  • entrée audio mini stéréo 3,5 mm (entrée alimentée prise en charge),
  • sortie audio mini stéréo 3,5 mm,
  • prise télécommande à 10 broches intégrée.

J’ai apprécié la possibilité d’ajouter les informations de géolocalisation GPS sur mes photos de façon automatique. J’ai activé la fonction sans jamais la couper, la réception est active pendant que le boîtier est en fonctionnement, se met en veille (c’est ce que j’ai compris) lorsqu’il est arrêté. Ceci n’a pas eu d’impact apparent sur l’autonomie, il faudrait du temps pour se livrer à un test dédié complémentaire. Toutefois, le jeu en vaut la chandelle, ce GPS s’avère précis à quelques mètres.

GPS intégré dans le Nikon Z 9, test géolocalisation

les informations de géolocalisation enregistrées par le GPS intégré du Nikon Z 9 (carte générée dans Lightroom)

Test du Nikon Z 9 : autofocus et réactivité

Inutile de dire que c’est là que l’on attendait le Nikon Z 9. L’autofocus. Sa réactivité et sa précision. Mais surtout sa capacité à détecter un sujet et à le suivre sans jamais le lâcher. Parce que la concurrence fait fort, et que si l’autofocus des Nikon Z 6II et Z 7II a bien progressé depuis 2018 et la première version, il n’a pas vocation à égaler celui des hybrides pros concurrents.

Le résultat du test est sans appel. L’autofocus du Nikon Z 9 n’a plus rien à voir avec celui des Z 6II et Z 7II, ni avec ceux des D5 et D6, le D6 étant pourtant LA précédente référence chez Nikon.

Cet autofocus va vite, très vite. La première fois c’est bluffant. Mais surtout il identifie à une vitesse stupéfiante ce qui passe dans votre cadre, et il ne lâche rien. Rappelons que le Nikon Z 9 peut identifier automatiquement :

  • les humains (visages, yeux, têtes, torses),
  • les chiens, chats, oiseaux (corps, yeux, têtes),
  • les véhicules (voitures, motos, vélos, trains, avions)

Le tout avec une priorisation automatique qui lui fait préférer les yeux au torse ou la tête au vélo par exemple.

Qu’il s’agisse d’un cycliste déambulant en ville, de près ou quelques centaines de mètres plus loin alors que je ne voyais plus sa tête ou presque, comme des yeux d’un chat à quelques mètres et sautant partout. Comme, encore, d’oiseaux en vol en bord de Seine et prenant un malin plaisir à changer de cap sans cesse.

Test autofocus Z 9 avec suivi 3D vélo

Début du suivi AF 3D, détection automatique de la tête de dos favorisée par rapport au vélo
Nikon Z 9 + AF-S NIKKOR 70-200 mm f/2.8 VR2 – 1/2.000 ème – f/2.8 – ISO 450 @ 200 mm

Test autofocus Z 9 avec suivi 3D vélo

Fin de la poursuite, l’autofocus est toujours calé sur la tête du cycliste
Nikon Z 9 + AF-S NIKKOR 70-200 mm f/2.8 VR2 – 1/2.000 ème – f/2.8 – ISO 220 @ 200 mm

Cet autofocus m’a aussi permis de faire des photos (nettes) dans la rue en soirée, dans le noir. Il sait détecter un visage à peau noire dans l’obscurité, le suivre et garder le point jusqu’à ce que le sujet sorte du cadre.

Le Nikon Z 9 réintroduit chez Nikon le mode de suivi 3D des reflex et qui manque aux Z 6 et Z 7. Après quelques essais pour déterminer le meilleur mode de zone AF, j’ai fini par choisir le mode de zone AF automatique avec détection de tous les types de sujets (humains, animaux, véhicules). C’est celui qui m’a donné les meilleurs résultats dans les différentes situations vécues lors de ce test.

J’ai en outre associé à la touche Fn1 l’activation du suivi 3D. Ainsi, en cas de besoin, il m’a suffit d’appuyer du bout du doigt sur cette touche pour basculer instantanément en suivi 3D. Un suivi 3D qui n’a plus rien à voir avec celui des reflex, il s’applique sur 90% du cadre, identifie les différents types de sujets, et suit sans qu’on ne lui demande rien.

Pour faire simple, activez le mode AF-C zone automatique et laissez le Nikon Z 9 faire son travail. Il passera automatiquement en suivi d’un sujet quand il l’identifie, changez de sujet au besoin en recadrant, il se recale.

Notez aussi que le terme « suivi des yeux » n’est plus de rigueur puisque le Nikon Z9 peut suivre un visage, bien sûr, mais aussi la tête de la personne concernée lorsqu’elle vous montre sa nuque. Les photographes de sport appréciant les portraits serrés de joueurs vont avoir de quoi faire même si ceux-ci se retournent régulièrement.

Portrait de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/160 ème – f/2.8 – ISO 12.800 @ 70 mm

Test Nikon Z 9 : qualité d’image

En analysant les photos faites dans différentes conditions lors de ce test Nikon Z 9, de jour comme de nuit, j’ai retrouvé la qualité de fichiers que je connais chez Nikon, depuis les reflex pros jusqu’aux plus récents Nikon Z 6II et Z 7II :

  • une colorimétrie fidèle,
  • une chromie conservée jusqu’à 12.800 ISO,
  • une capacité à encaisser les écarts de luminosité qui égale au moins celle du Nikon D6 (des tests plus complexes et plus scientifiques seront toutefois nécessaires pour analyser cela plus en détail).

Montée en sensibilité

Avec 45,7 Mp sur un capteur plein format, qu’attendre comme montée en sensibilité quand on se rappelle que le Nikon D6 n’a « que » 20,8 Mp ? La densité de photosites est plus élevée, ce qui est censé réduire la sensibilité, mais la technologie de capteur CMOS BSI Stacked est nouvelle. Il faudra attendre les tests labo de DxO Mark que je n’ai pas la prétention de remplacer, mais voici quelques images qui vous donnent un aperçu des résultats en conditions réelles.

De 64 à 3.200 ISO

Rien à dire. Le bruit est invisible sur les JPG natifs.

Photo urbaine de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/800 ème – f/2.8 – ISO 2.800 @ 70 mm

Autour de 6.400 ISO

L’image reste très propre, la chromie est fidèle, le JPG utilisable. Le RAW vous donnera un résultat encore meilleur après traitement si vous devez faire des grands tirages ou des recadrages importants.

Portrait de rue de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/800 ème – f/2.8 – ISO 6.400 @ 41 mm
(l’autofocus était calé sur la devanture colorée, facile !)

Autour de 12.800 ISO

Le bruit se fait sentir bien que les points colorés très bien réduits par le boîtier en JPG, le lissage est par contre bien visible sur le JPG natif.

L’image reste utilisable, toutefois le RAW s’avèrera indispensable pour des publications de qualité, le JPG pourra servir à livrer des images en direct.

Photo de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/125 ème – f/8 – ISO 12.800 @ 28 mm
(l’autofocus suivait la personne à gauche de la photo)

De 12.800 à 25.600 ISO

Le bruit est bien présent, les images perdent en qualité. Le traitement apporté par le boîtier au JPG natif reste efficace, le RAW reste toutefois indispensable pour affiner le résultat.

La chromie bascule vers des teintes plus chaudes, avec une dominante orangée (sur mes photos tests de nuit, ce qui est assez logique selon les éclairages).

Ces sensibilités sont à réserver aux usages extrêmes, cependant le Nikon Z 9 fait un beau travail de traitement du JPG qui peut aider lorsque vous en avez vraiment besoin. Dès que les logiciels de traitement du bruit comme DxO PureRAW seront à jour, je ne doute pas que les résultats progressent encore avec le RAW.

Photo de rue de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/250 ème – f/5.6 – ISO 25.600 @ 26 mm
(l’autofocus suivait la personne au centre de la photo depuis son entrée dans le cadre par la droite)

Dynamique

La dynamique, ou comment encaisser les grands écarts de luminosité entre basses et hautes lumières. Une caractéristique importante sur les stades, pour les sports de neige, les sports aquatiques, … Sur ce plan, et sans chercher à égaler DxOMark là-aussi, j’ai pu noter une belle capacité du capteur à encaisser les hautes lumières sans les griller tout en préservant les très basses lumières.

Photo de rue ave le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/800 ème – f/8 – ISO 72 @ 70 mm

Observez la photo ci-dessus faite en JPG natif (voir la version pleine définition sur Flickr):

  • le détail au niveau des cheminées est important sans perte,
  • les accessoires d’entraînement dans les basses lumières au pied des barrières restent visibles,
  • les bandes blanches dans le gazon, sur la gauche de l’image au premier plan, aussi.

Le fichier RAW autorise une dynamique plus importante encore en toute logique, et une interprétation JPG encore meilleure.

Autre exemple avec cette photo d’un cycliste, avec un beau niveau de détail dans les très basses lumières (le cycliste) et tout autant de détail dans les très hautes lumières en arrière-plan sur les voitures et murets.

Photo urbaine avec le Nikon Z 9 (dynamique)

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/800 ème – f/8 – ISO 110 @ 33 mm
(l’autofocus était réglé en zone AF automatique, il a vu arrivé le vélo et l’a suivi)

Photo urbaine avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/800 ème – f/8 – ISO 160 @ 24 mm

Test du Nikon Z 9 : à qui s’adresse ce boîtier ?

Désormais fer de lance de la gamme Nikon, le Nikon Z 9 va marquer son époque et relancer Nikon dans la course au meilleur boîtier Pro tant en photo qu’en vidéo (DPReview vient de lui accorder le « Product of the Year Winner Award 2021« ).

Il s’agit d’un hybride pro qui demande une grande maîtrise pour être utilisé à sa juste valeur, comme la capacité à comprendre et mettre en œuvre les différents réglages qu’il propose. L’autofocus, en particulier, nécessite un temps d’apprentissage pour vous permettre de trouver la combinaison de réglages qui vous convient le mieux en fonction de vos besoins.

Néanmoins, à l’issue de ce test Nikon Z 9 je peux dire que la première prise en main reste facile quand on vient d’un autre Nikon expert/pro.

Pour en avoir parlé avec plusieurs photographes professionnels connaissant bien les Nikon D5 et D6, la transition est très rapide et aucun ne reviendrait en arrière après avoir goûté au Z 9 !

Le Nikon Z 9 va vous intéresser si :

  • vous souhaitez disposer du meilleur hybride Nikon actuel et du meilleur hybride pro du marché (décembre 2021),
  • vous cherchez un remplaçant à votre Nikon D5 ou D6,
  • vous voulez un appareil photo capable de vous suivre partout, même dans les pires conditions,
  • vous êtes professionnel ou expert de la photo d’action, de sport, animalière, de spectacle vivant,
  • vous êtes vidéaste professionnel et devez tourner en 4K et 8K,
  • vous voulez continuer à utiliser vos objectifs Nikon AF-S, et les téléobjectifs en particulier,
  • vous ne craignez pas de porter un appareil photo monobloc pendant de longues heures, 
  • vous êtes prêt à prendre le temps de comprendre le fonctionnement d’un hybride pro et de son autofocus,
  • vous avez envie de vous faire plaisir avec un appareil photo qui va marquer l’histoire de la marque.

Le Nikon Z 9 va moins vous intéresser si :

  • vous ne jurez que par la visée optique,
  • vous ne voulez pas mettre à jour vos cartes, vos logiciels et votre informatique pour gérer ces fichiers,
  • vous êtes déjà parti à la concurrence (ce qui est dommage, avouons-le).

Les photos de ce test sont disponibles en version haute définition sur le compte Flickr Nikon Passion :

Test Nikon Z 9

Test Nikon Z 9 : mon avis

Nikon devait frapper un grand coup pour rester dans la course, pour proposer un remplaçant digne de ce nom à ses reflex pros D5 et D6, pour envoyer un signal fort au marché. Pour montrer que l’on pouvait compter sur la marque pour proposer des hybrides au niveau de la concurrence. Avec le Nikon Z 9, ce n’est pas uniquement  « frapper un grand coup » dont il s’agit, mais aussi « remettre les pendules à l’heure » et « convertir les plus hésitants ».

Tout ce qui existe sur le marché en 2021 en matière d’hybride expert-pro n’a plus qu’à bien se tenir car le Nikon Z 9 est devant.

Vous allez peut-être penser que je manque d’objectivité (dans Nikon Passion, il y a Nikon et Passion), mais pour bien connaître la gamme reflex comme hybride, pour utiliser un Nikon Z 6II au quotidien, je ne peux que conclure ce test Nikon Z 9 en disant que ce nouvel arrivant écrase tout sur son passage.

Chez Nikon, déjà. Enterrés les reflex pros Nikon D5 et D6, pourtant parmi les meilleurs reflex ayant jamais existé. Le Nikon D6 est un monstre de puissance et de technologie, mais le Nikon Z 9 le renvoie aux oubliettes. Plusieurs photographes pros ont déjà mis leurs D5/D6 en vente, l’ère du reflex pro monobloc est finie.

Mis à l’écart, aussi, les hybrides plein format Nikon Z 6II et Z 7II chez ceux qui cherchent un appareil photo vidéo pro polyvalent, capable de les suivre sur n’importe quel évènement ou n’importe quel terrain dans toutes les conditions, pour délivrer sans jamais faiblir des photos et des vidéos qui font la différence.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, les Z 6II et Z 7II ne perdent rien de leur intérêt, mais lorsqu’il s’agit de sortir une image action/sport/animalier que les autres ne vont pas faire au même endroit dans les mêmes conditions difficiles, le Nikon Z  9 est devant.

Photo de stade avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/800 ème – f/8 – ISO 160 @ 37 mm

Chez les concurrents les voyants sont à l’orange et au rouge. Sony a de quoi affronter le Nikon Z 9 avec l’Alpha 1 (avec quelques faiblesses toutefois), mais il vous faut ajouter 1.300 euros de plus que le Z 9 pour l’acquérir (sauf à ce que le tarif soit réaligné très vite, ce qui plaira moyennement à ceux qui viennent de l’acheter). Canon peut mettre en avant le Canon R3 qui a le bon goût d’être vendu au même prix que le Z 9. Les fiches techniques sont comparables, il semble toutefois que le R3 marque le pas, l’avenir nous dira si c’est justifié.

Avantage certain du Z 9, il sait utiliser tout aussi bien les optiques NIKKOR Z conçues pour les hybrides Nikon, que l’ensemble de la gamme d’optiques Nikon AF-S conçues pour les reflex Nikon.

Cela vous évitera un renouvellement trop rapide des longs téléobjectifs onéreux. J’ai pu constater que les performances ne variaient pas avec mon AF-S Nikon 70-200 mm f/2.8 VRII, l’autofocus reste précis, capable et réactif avec la bague FTZ. 

Enfin, dernier avantage du Nikon Z 9, sa capacité à vous éviter des frais supplémentaires :

  • le module Wifi intégré évite le recours au Nikon WT-6 (750 euros d’économie),
  • le GPS intégré évite l’achat d’un module complémentaire (environ 100 euros d’économie),
  • il est compatible avec les cartes XQD et CFexpress, évitant le renouvellement de vos XQD (150 à 200 euros la carte a minima),
  • il est aussi compatible avec les batteries des D5 et D6, évitant le renouvellement de batteries vendues plus de 250 euros pièce.

Vous me direz qu’il faut des cartes récentes et onéreuses pour exploiter les 20 im/sec. sans limite, c’est vrai. Mais pouvoir déclencher à 20 im/sec. avec une « vieille » carte XQD 440 Mb et enregistrer plus de 1.700 photos en 3 minutes, c’est déjà une belle performance qui n’impose pas l’achat immédiat de cartes 1.700 Mb.

J’ai bien sûr quelques reproches à faire à ce Nikon Z 9. Je citerai l’impossibilité d’utiliser toutes les fonctions de personnalisation sur toutes les touches Fn (une mise à jour firmware peut aider), la difficulté à déverrouiller la molette de modes de déclenchement avec des gants (c’était déjà le cas sur le D6), l’impossibilité de faire pivoter l’écran complètement pour tourner face caméra. Mais le bilan reste largement positif.

Proposé à un tarif très compétitif (près de 1.500 euros de moins que le Nikon D6), vous évitant des frais supplémentaires, possédant un des meilleurs, sinon le meilleur autofocus du marché, construit pour résister à tout, le Nikon Z 9 va à coup sûr représenter une des deux meilleures offres du marché dans les deux ans à venir. Il a déjà sa place dans l’histoire de la marque, alors même qu’il n’est pas livrable encore au moment de la publication de ce test, et si cela n’est pas une preuve de ses performances, c’en est une de sa capacité à rassembler et séduire. L’ensemble du monde de la photo professionnelle ne saurait se tromper à ce point.

Mais aussi …

Bien que j’ai profité d’une semaine complète pour vous proposer ce test Nikon Z 9, je n’ai pas eu le temps d’en faire le tour complet. Ce test a donc forcément des limites, d’autant plus que j’ai utilisé une version présérie du Nikon Z 9 (firmware 1.0 et 1.10) en sachant qu’une nouvelle version du firmware arrive en début d’année 2022 avec des fonctions additionnelles (en vidéo en particulier).

En savoir plus sur le Nikon Z 9 sur le site Nikon

Le Nikon Z 9 chez Miss Numerique …

Le Nikon Z 9 à la Boutique Photo Nikon (revendeur indépendant) …


Nikon Z 9 : le prédateur au tarif agressif et aux dents longues en photo comme en vidéo

Après une première annonce de développement, Nikon officialise le Nikon Z 9, un hybride professionnel qui devrait jouer les premiers rôles tant en photographie qu’en vidéo, et laisser quelques concurrents, déclarés comme non déclarés encore, loin derrière.

Installez-vous confortablement, prenez le temps de lire, ca va être long mais passionnant !

Note : le test du Nikon Z 9 est disponible.

MàJ juin 2023  : le « petit » Z 9 est arrivé, voici la présentation du Nikon Z 8

Présentation complète et détaillée du Nikon Z 9

L’hybride Pro Nikon est disponible chez La Boutique Photo Nikon, revendeur spécialisé

L’hybride Nikon Pro chez Miss Numerique

Nikon Z 9 : patrimoine génétique historique et électronique étonnante

Depuis l’été 2018 et l’arrivée des hybrides Nikon Z 6 et Z 7, nombreux sont ceux qui avaient déjà enterré la marque centenaire. « Pas au niveau » disaient les moins virulents, « la fin d’une époque » disaient les autres. Il est vrai que ces deux plein format hybrides n’ont pas révolutionné le marché. Tout l’inverse de deux autres modèles Nikon historiques, les Nikon D1 et Nikon D3.

En 1999, le Nikon D1 marquait l’entrée en scène du premier reflex Nikon numérique professionnel, doté d’un capteur APS-C  de 2,7 Mp. Un boitier pro construit comme le Nikon F5 argentique, tropicalisé, qui permettait de remplacer les F argentiques dans bien des situations. « Game changer » diraient les anglosaxons.

En 2007 c’est le Nikon D3 et son capteur plein format qui vient jouer les troubles fêtes alors que la concurrence se voyait déjà loin devant. L’histoire a prouvé que ce modèle, et le Nikon D700 avec lui, ont redistribué les cartes. Nikon D3 et Nikon D700 sont d’ailleurs encore utilisés par certains experts et pros qui apprécient toujours leur construction et leurs performances.

En 2021 c’est le Nikon Z 9 qui endosse le rôle du prédateur, ne se contentant pas d’une fiche technique à la hauteur de ses ambitions et d’un tarif très agressif (5.999 euros à sa sortie), mais apportant plusieurs innovations qui vont, à coup sûr, marquer à nouveau l’histoire de la photographie moderne et de la marque Nikon en particulier.

Nikon Z 9 vu de face

le Nikon Z 9 de face avec NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S

Vous êtes en droit de douter de l’objectivité de Nikon Passion, mais sachez qu’après avoir découvert le Nikon Z 9 ces derniers jours, l’avoir pris en mains, avoir porté mon œil à son viseur et réalisé ce qu’il était capable de faire, il ne fait aucun doute que ce boîtier est bien le nouveau leader que beaucoup attendaient.

Je pense aux photographes professionnels, bien sûr, dont le besoin de se démarquer face à leurs concurrents est essentiel pour subsister. Je pense aux vidéastes professionnels aussi, comme aux cinéastes. Car le Nikon Z 9 ne se contente pas de « faire des vlogs ». Sa fiche technique vidéo lui permet de concurrencer non plus Sony ou Canon uniquement, mais rien moins que Blackmagic ou Red. Excusez du peu.

Assez parlé des généralités, passons en revue ce qui fait de ce Nikon Z 9 un prédateur, j’assume le terme.

Nikon Z 9 : caractéristiques principales

Une construction monobloc

Avec les hybrides, la tendance est à la compacité et à la légèreté. Les reflex plein format sont trop lourds et encombrants ? Qu’à cela ne tienne, les hybrides sont moins lourds et moins encombrants. C’est oublier le besoin de certains pros qui apprécient que leur boîtier puisse les accompagner partout, quelles que soient les conditions, qu’il résiste à tout sans les trahir au moment crucial. Les Nikon D3, D4, D5 et D6 sont de cette trempe.  Le Nikon Z 9 aussi.

Nikon Z 9 et protection tous temps en face avant

protection par joints en face avant et poignée

Le Z 9 est construit de la même façon que le D6, avec un corps monobloc en alliage de magnésium, des joints sur toutes les parties mobiles et une poignée intégrée avec déclencheur et contrôles déportés.

Nikon Z 9 et proteciton tous temps en face arrière

protection par joints en face arrière et poignée

Mais ce n’est pas tout.

Le Nikon Z 9 gagne en encombrement, mesurant 149,5 x 149 mm (160 x 163,5 mm pour le D6). Il ne perd que 100 grammes sur la balance par contre, mais pour l’avoir eu en mains, la différence est sensible, l’ensemble est plus compact et inspire la même confiance que celle que vous pouvez avoir avec un D6.

La face avant est dotée de 3 touches Fn personnalisables (une quatrième est placée en face arrière), le bouton de contrôle des modes AF est positionné sur le flanc gauche, les différents boutons sont rétro-éclairés.

Nikon Z 9avec boutons rétroéclairés

les boutons rétro-éclairés du Nikon  Z9

Ce n’est (toujours) pas tout.

Le Nikon Z 9 inaugure une inédite double protection de son capteur. Un volet vient se positionner devant le capteur si vous l’avez défini dans le menu, lors du changement d’objectif. Ce volet à trois lames rigides est revêtu de fluorine et d’un traitement antistatique. Poussez-le du bout du doigt, il ne bouge pas.

Double protection car le capteur (stabilisé) du Nikon Z 9 est aussi capable de s’auto-protéger lors du transport. Lorsque vous passez le boîtier en mode OFF, le capteur vient se caler en position verrouillée dans un emplacement dédié, ce micro-déplacement lui évite alors de vibrer sans raison. Les amateurs de safari en 4×4 apprécieront.

le volet rigide de proteciton du capteur du Nikon Z 9

le volet rigide de protection du capteur du Nikon  Z9

Un capteur CMOS 45,7 Mp empilé à double flux

C’était mentionné dans l’annonce de développement, le capteur du Nikon Z 9 est un modèle CMOS empilé (« stacked ») d’une définition de 45,7 Mp, stabilisé (6 stops).

Ce qui est inédit par contre, c’est la gestion des informations délivrées par ce capteur. Doté d’une mémoire dédiée de grande capacité, il fait appel à des circuits capables de traiter à très grande vitesse les données. Ce n’est rien moins que le balayage électronique le plus rapide au monde sur un appareil photo hybride de plus de 30 Mp (octobre 2021, 12x plus rapide que sur le Nikon Z 7II).

Voici le principe de ce Dual Streaming :

Première conséquence, l’absence totale de rolling shutter, les photographes de golf apprécieront. Seconde conséquence et non des moindres, la disparition de l’obturateur mécanique (voir plus bas).

La sensibilité du capteur du Nikon Z 9 est de :

  • 64 à 25.600 ISO en mode normal
  • 32 à 102.400 ISO en mode étendu

Rappelons que le marché professionnel qu’adresse ce boîtier se contente largement de telles valeurs. Les besoins en détection de scène (renseignements et forces de police par exemple) ont toujours de quoi faire avec le Nikon D6, n’ayant pas l’usage des caractéristiques d’un hybride (ils ne font ni photos, ni vidéos).

Mais ce n’est pas tout.

Le Nikon Z 9 propose un niveau de bruit numérique inférieur à celui du Z 7II tout en assurant le maintien de la chromie jusqu’à 12.800 ISO. Ce qui signifie des images dont la colorimétrie restera homogène sur une plage comprise entre 64 et 12.800 ISO. Les pros apprécieront le gain de temps en post-traitement et la possibilité d’utilisation immédiate de JPG faits à des sensibilités différentes.

La détection autofocus est assurée jusqu’à -6,5 Ev en mode normal et -8 Ev en mode Star Light View (nouveau mode AF basse lumière).

Vincent Munier en affut avec le Nikon Z 9

Vincent Munier en affut animalier avec le Nikon  Z9

Une obturation 100% électronique

Le Nikon Z 9 inaugure une obturation 100% électronique. Exit les bonnes vieilles lames, leur système complexe de déplacement, et la notion de « nombre de vues maximum » du boîtier.

Outre une durée de vie qui va considérablement augmenter (un obturateur mécanique s’use), le Nikon Z 9 propose une obturation au 32.000ème de seconde et un mode rafale de :

  • 20 vps en RAW pleine définition sur 1.000 vues (avec cartes Cfexpress ProGrade Digital Cobalt)
  • 30 vps en JPG pleine définition,
  • 120 vps en JPG 11 Mp.

L’exposition et la mise au point autofocus sont assurées entre chaque vue dans les différents modes. Pour vider ce buffer 1.000 vues, le Nikon Z 9 dispose de deux emplacements pour cartes CFexpress ou XQD type B. Ces modes rafales sont compatibles avec 94 optiques de la gamme Nikon reflex comme hybride (octobre 2021).

Un autofocus 493 collimateurs à détection intelligente de 9 types de sujets

S’il y a un sujet sur lequel le Nikon Z 9 est attendu c’est bien l’autofocus. Les Z 6 et Z 7 ont montré leurs limites, et bien qu’en progrès à force de firmwares et de doubles processeurs, le Nikon Z 9 se devait de faire bien mieux.

Il fait plus que « bien mieux ». Regardez avec attention.

Le système de détection autofocus met en œuvre 493 collimateurs couvrant 90% du capteur, avec 405 points AF (5x plus que sur le Nikon Z 7II) et 10 modes de zone AF dont le mode de suivi 3D et sujet simultané.

L’autofocus du Nikon Z 9 a été développé à l’aide d’un algorithme de Deep Learning (Intelligence Artificielle) et propose une détection intelligente et simultanée de 9 types de sujets, avec hiérarchisation et sans sélection préalable  :

  • humains
  • chiens
  • chats
  • oiseaux
  • voitures
  • motos
  • avions
  • trains
  • vélos

Cet automatisme sait aussi faire la différence entre :

  • pour les humains : visage, yeux, tête, torse
  • pour les animaux : corps, yeux, tête

La hiérarchisation agit au niveau du sujet détecté, les yeux d’une personne ayant priorité, par exemple, sur le torse de la même personne ou la tête du chien qui passe à proximité dans le cadre.

Exemple de photo de saut à moto faite avec le Nikon Z9

Exemple de photo d’un saut à moto faite avec le Nikon Z 9 avec AF à détection du sujet

Nikon Z 9 dans la poussière

Nikon Z 9 recouvert de poussière

le backstage pendant/après

Cet autofocus permet de définir à l’avance le type de sujet à détecter si vous le souhaitez, si vous ne le faites pas il le fait pour vous. Notez également que la commande AF latérale avant permet de changer de mode AF sans quitter l’œil du viseur, avec rappel visuel.

Enfin Nikon annonce un suivi 3D meilleur que celui du Nikon D6, qui était la référence en la matière jusqu’à aujourd’hui. Le peu que j’en ai vu est … bluffant.

Un processeur Expeed 7 dix fois plus rapide

Toutes ces performances seraient impossibles sans un nouveau cerveau, aussi le Nikon Z 9 est-il équipé d’une nouvelle déclinaison du processeur Expeed maison, l’Expeed 7. Retenez ce chiffre, l’Expeed 7 est 10 fois plus rapide que l’Expeed 6 des précédents hybrides et reflex.

Mais ce n’est pas tout.

Nikon inaugure sur le Nikon Z 9 une technologie Dual Stream qui permet au processeur de gérer deux flux de données capteur en parallèle :

  • un premier flux de données part en direction du buffer et des cartes (« recording data »),
  • un second flux des mêmes données part en direction du viseur et de l’écran arrière en Live View (« Live View data »).

Ces deux flux, bien que véhiculant les mêmes données issues du même capteur, sont indépendants et gérés par deux ensembles de circuits électroniques fonctionnant en parallèle. Une mini-carte mère installée en sortie du capteur vient compléter le processeur Expeed 7 pour permettre la gestion de ces flux.

Nikon Z 9 proteciton à l'eau, la pluie et les intempéries

le Nikon Z 9 ne craint pas la pluie !

Une visée électronique EVF à plage dynamique étendue

Certains coupeurs de fiches techniques en 4 seront étonnés de constater que le viseur électronique (EVF) du Nikon Z 9 ne compte « que » 3,7 Mp. Sachez toutefois qu’il s’agit d’un nouveau viseur, différent de celui des Z 6 et Z 7. Nikon l’a conçu pour tenir compte des performances du capteur et de l’obturation, ce qui permet au Nikon Z 9 de proposer une visée en mode rafale sans aucun black-out ni gel d’image.

Ce viseur est annoncé comme le plus lumineux au monde parmi les hybrides plein format (octobre 2021). Non pas parce qu’il est très brillant mais parce qu’il gère une plage dynamique étendue avec 3.000 cd/m2 (1.000 cd/m2 pour le meilleur des concurrents). Cette plage dynamique permet un plus grand confort de visée lorsque la scène est très lumineuse, elle réduit l’écart de luminosité entre l’œil qui regarde dans le viseur et l’œil qui regarde la scène. De même elle permet de discerner bien plus de détails dans les ombres lorsque vous regardez dans le viseur, si le sujet est en contrejour en particulier.

Un écran arrière tactile à charnière / 4 axes

L’écran arrière d’un hybride entrée de gamme doit permettre toutes les fantaisies dont les indispensables selfies et tournages face caméra. Sur un hybride pro les critères sont différents. L’écran doit être mobile, robuste, lisible dans toutes les conditions, résistant à tout et très réactif.

Nikon Z 9 vu de dos

la face arrière du Nikon Z 9 avec déclencheur déporté et touche de visualisation à droite

L’écran arrière tactile du Nikon Z 9 est monté sur un système de charnière qui le rend inclinable verticalement et horizontalement sur 4 axes. Il peut aussi, et c’est une première, passer en mode portrait avec bascule associée de l’affichage. Vous n’aurez plus besoin de vous contorsionner pour lire l’affichage, il suit la position de l’écran comme sur votre smartphone.

Avec une taille de 3.2 pouces et une définition de 2.1 Mp Nikon a préféré mettre l’accent sur la réactivité, d’autant plus grande que la définition de l’écran reste contenue. J’ai pu le vérifier, cet écran réagit à la vitesse de la lumière, lumière qu’il sait d’ailleurs moduler puisqu’il est capable de passer en lumière rouge (via menu Warm display colors pour l’astrophoto et l’affut nocturne par exemple).

Deux nouveaux types de formats RAW

Quoi, encore de nouveaux formats RAW ? Oui, deux. Mais deux disparaissent.

Exit donc les modes RAW-M et RAW-S qui proposaient une définition réduite, et étaient au final assez peu utilisés. Le Nikon Z 9 inaugure deux modes RAW « High Efficiency » :

  • le RAW High Efficiency reconnaissable par son étoile dans la liste est un RAW pleine définition mais deux fois plus léger que le RAW 12 bits non compressé classique,
  • le RAW High Efficiency sans étoile est un RAW de la même qualité qu’un RAW non compressé mais proposant une résolution un peu plus faible.

Je manque d’informations détaillées à ce sujet, j’y reviendrai dès que possible.

Le Nikon Z 9 et la vidéo, quand Nikon voit rouge orangé !

Pour rédiger ce paragraphe, je me suis appuyé sur les informations données par Nikon et l’échange avec un professionnel de la vidéo qui en a une longue expérience. Il fallait cela, car vous allez vite réaliser que, plus encore qu’en photographie, Nikon a choisi ses cibles (les deux rouges et l’orange).

Nikon et la vidéo c’est une histoire qui remonte à 2008 et au Nikon D90. Le « petit » Nikon est alors le premier reflex au monde à permettre le tournage vidéo. Depuis, il faut bien reconnaître que les reflex Nikon ont été vite supplantés par la concurrence Canon, avant que Sony ne propose des hybrides très capables.

Nikon a relevé la tête avec les Nikon Z 6 et Z 6II (et son kit cinéma), le Z 6II étant désormais le second hybride loué par les pros de la vidéo devant Canon et après Sony. Le Nikon Z 9 peut donc faire mieux.

Il fait « plus que mieux ».

Nikon Z 9 en configuration de tournage vidéo cinéma

le Nikon Z 9 en configuration de tournage vidéo cinéma

Dans la monde de la vidéo professionnelle, d’autres marques occupent le terrain. Blackmagic ou RED par exemple. Aucun appareil photo hybride ne les concurrençait directement, c’est un autre segment. Jusqu’à aujourd’hui et l’arrivée du Nikon Z 9 dont les performances en 8K ont de quoi inquiéter RED et les autres.

La 8K ça ne vous dit peut-être pas grand-chose. La vidéo 4K avec ses 3.840 x 2.160 pixels de définition (8,3 Mp soit 4 fois plus que le FullHD) n’est pas présente dans tous les foyers, alors la 8K, ma bonne dame … Et pourtant. Le débat en vidéo et au cinéma porte bien aujourd’hui sur la possibilité qu’a un appareil numérique de tourner en 8K ou pas. Et si oui, avec quelles caractéristiques et facilité.

La 8K offre une définition de 7.680 x 4.320 pixels, soit près de 33 Mp. Avec un capteur de 45,7 Mp ce devrait être une formalité. Sauf qu’enregistrer un flux 8K en continu, tout en assurant la mise au point, l’exposition, et quelques autres fonctions qui comptent pour les vidéastes, c’est une autre paire de manches.

Deux caractéristiques limitent la durée d’un rush, la capacité d’enregistrement du système et l’échauffement de l’ensemble qui finit par dégrader l’image et perturber le fonctionnement du boîtier.

Le Nikon Z 9 règle cela a sa façon.

Grâce à son processeur Expeed 7, la gestion des flux parallèles, le système d’enregistrement des données, il est capable de tourner des séquences de 125 minutes en 8K UHD 30p. Finie la limite de 29 mn 59 secondes de certains boîtiers. Et histoire d’en remettre une couche (de rushs) il autorise la relance d’une autre séquence de 125 mn dans la foulée. Pourquoi 125 minutes ? Parce qu’il faut bien donner une limite à tout système, que 125 minutes c’est largement suffisant pour couvrir une épreuve ou une conférence et que les cartes mémoire auront peut-être dit stop avant.

Grâce à un inédit système de refroidissement interne utilisant des barres de graphite qui dissipent la chaleur via une ouverture sous l’écran arrière (proche de l’effet Venturi), l’échauffement excessif disparaît.

Les caractéristiques vidéo sont à la hauteur de ces performances :

  • 8K UHD 30p sans crop (sur 125 mn)
  • 8K 60p en N-RAW au premier semestre 2022 via une mise à jour firmware gratuite
  • Over 8K et Over 4K en N-RAW (via mise à jour firmware gratuite)
  • 4K de 24 à 120p sans crop ou crop 2.3 x
  • 4K UHD à partir d’un suréchantillonnage 8K
  • ProRes 4.2.2 10 bits interne
  • ProRes RAW HQ 12 bits (via mise à jour firmware gratuite)
  • H.265 8 et 10 bits et H.264
  • N-RAW 12 bits compatible 8K 60p (via mise à jour firmware gratuite)
  • Prise en charge N-Log et HLG
  • Enregistrement audio PCM linéaire sur 64 bits
  • Extraction d’images JPG de 33 Mp à partir d’un flux vidéo
  • Stabilisation vidéo capteur et optiques

Je vous invite à prendre le temps de comprendre ce que chaque terme signifie si vous êtes photographe. Si vous êtes vidéaste, vous avez déjà compris que le Nikon Z 9 peut gérer tout cela en interne, et se positionne immédiatement au niveau des systèmes d’enregistrement vidéo les plus performants du marché.

Batterie et recharge

Le Nikon Z 9 utilise une batterie Nikon EN-EL18d, identique à celle du Nikon D6 au détail près que cette déclinaison « d » autorise la recharge USB-C sur le boîtier en fonctionnement. La batterie EN-EL18d est rétro compatible avec la EN-EL18c.

Le chargeur Nikon MH-33 livré autorise la recharge de cette batterie sur une prise de courant classique, il est par contre bien plus compact que le très imposant MH-26a (mais ne charge qu’une batterie à la fois).

Un module WiFi intégré et des applications mobiles en support

Connectique et WiFi

Un tel boîtier ne serait rien sans une connectique capable de répondre aux différents besoins des photographes et vidéastes. Nikon l’a bien compris, qui propose en outre deux nouvelles applications complémentaires pour smartphones et ordinateurs.

Le Nikon Z 9 propose le Bluetooth 5.0, le WiFi intégré à 2,4 ou 5 GHz (annoncé comme moins rapide que le WT-6 d’environ 20% mais cet accessoire n’est plus nécessaire, une économie de 750 euros à la clef).

La connectique réseau est de type 1000BASE-T. Un nouveau menu dédié à la gestion de la connectique fait son apparition, avec des commutateurs ON/OFF forts pratiques. Le Z 9 communique plus vite que le D6 avec réseau local câblé et sans fil.

Application NX Mobile Air (gratuite) pour Nikon Z 9

Nikon propose en outre une nouvelle application smartphone NX Mobile Air décrite comme la déclinaison professionnelle de l’application SnapBridge actuelle. NX Mobile Air permet le transfert sécurisé USB-C de même que le transfert FTP via un smartphone iOS ou Android.

NX Mobile Air permet de transférer automatiquement les images vers le périphérique mobile tout en ajoutant les métadonnées IPTC.

Ce transfert peut être accéléré par le transfert vers un serveur FTP, en automatique comme en manuel. Ceci autorise par exemple la sélection des images à modifier et transférer, le transfert des annotations vocales accompagnant les images vers un périphérique mobile oui la mise à jour des IPTC tout en écoutant les annotations vocales.

Polyvalente, NX Mobile Air devrait être compatible avec d’autres Nikon récents et prend en charge le transfert des images faites avec d’autres appareils photo que Nikon.

Logiciel NX Mobile Tether (gratuite) pour Nikon Z 9

Une seconde application pro, NX Mobile Tether est destinée elle à contrôler la prise de vue en mode connecté depuis un ordinateur Windows ou MacOS comme une tablette. Cette application sera compatible avec le Nikon Z 7 (j’attends l’information pour les autres Nikon).

Les erreurs de transmission sont notifiées par le biais d’alertes sonores et de messages. NX Mobile Tether fonctionne nativement avec Nikon NX Studio ainsi que les logiciels de post-traitement Lightroom, Photoshop et Capture One.

Nikon Z 9 : disponibilité et tarif

Le Nikon Z 9 sera disponible fin novembre 2021 au tarif public de 5.999 euros.

Nikon a anticipé la fabrication des premiers milliers d’exemplaires pour répondre à une forte demande déjà enregistrée sous forme de précommandes.

Nikon Z 9 : premier avis

Si vous m’avez lu jusqu’ici vous avez du courage et vous avez maintenant de quoi méditer. Car à 5.999 euros, ce Nikon Z 9 ne s’adresse pas à tout le monde, mais s’avère très séduisant et plus accessible que le Nikon D6 vendu 7.300 euros.

Il vous faudra le financer, c’est une chose, mais en prendre aussi la pleine mesure tant l’évolution est conséquente entre un Nikon D6 ou un Nikon Z 7II pour ne citer que ces deux-là. Au-delà des seules caractéristiques techniques, c’est de pratique dont il s’agit, de confort, d’ergonomie et de réactivité. En photo comme en vidéo. La photographe pro qui a pu le tester en conditions réelles sur un parcours de motocross (photos ci-dessus) m’a confirmé la différence avec son Nikon D5, le taux de réussite bien plus grand, et, surtout, la facilité d’adaptation qui lui a permis de réussir sa séance alors qu’elle n’avait jamais utilisé un hybride.

Il est bien trop tôt pour interpréter toutes ces données et en tirer des conclusions tangibles, mais je ne vous cache pas que ce que j’ai pu entrevoir lors de ma prise en main est très séduisant.

Bien qu’il ne pèse que 100 gr. de moins qu’un D6, le Nikon Z 9 est bien plus agréable à prendre en main, sa compacité fait la différence.

Nikon pouvait proposer une évolution de son Z 7II dotée d’un autofocus et de processeurs plus rapides. Ou partir d’une feuille blanche tout en capitalisant sur l’expérience engrangée depuis 2018. C’est bien de cette seconde option dont il est question avec le Nikon Z 9.

Alors comme je le disais en introduction, je ne suis pas forcément objectif. Mais en toute sincérité, le Nikon Z 9 est bien un prédateur qui va s’attaquer très vite à une concurrence tant photo que vidéo qui peut déjà trembler.

Source : Nikon France

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Mise à jour des hybrides Nikon Z 50, Z 5, Z 6, Z 7, Z 6II, Z 7II : amélioration de l’autofocus en vue

Nikon annonce une mise à jour des hybrides Nikon Z 50, Z 5, Z 6 et Z 7, Z 6II et Z 7II. Ces mises à jour, disponibles dès le 26 avril 2021, apportent des progrès en matière d’autofocus qui devrait s’avérer plus rapide et proposer une meilleure détection des visages et des yeux.
Quelques autres améliorations sont de la partie selon les boîtiers.

Mise à jour des hybrides Nikon Z 50, Z 5, Z 6, Z 7, Z 6II, Z 7II : amélioration de l'autofocus en vue

Mise à jour Nikon Z 6II et Z 7II

Les deux hybrides plein format série 2 reçoivent une mise à jour firmware version 1.20. Elle a pour but d’améliorer les performances de l’autofocus :

  • mise au point plus rapide en basse lumière,
  • mise en œuvre de l’autofocus facilitée lors de l’utilisation d’un flash Nikon,
  • amélioration de la détection des visages et des yeux,
  • amélioration de la visibilité du sujet en mode Live View (à préciser),
  • amélioration du suivi du sujet et du suivi des yeux et des visages pour une utilisation plus agréable.

Une fonction d’enregistrement  et lecture de mémos audio, disponible pour le Nikon Z 6, arrivera sur le Nikon Z 6II (seulement) dans une prochaine version du firmware.

Mise à jour des hybrides Nikon Z 6

le Nikon Z 6II

Ces deux hybrides dotés d’un double processeur Expeed reçoivent donc des améliorations de leur module autofocus qui devraient apporter un gain en rapidité et confort d’utilisation. Certains points restent à préciser, comme l’amélioration du suivi du sujet en Live View.

Nikon reste assez discret sur le détail de ces améliorations, nous devrions en savoir plus dès le 26 avril avec l’arrivée des firmwares.

Télécharger la mise à jour firmware pour les Nikon Z 6II et Nikon Z 7II

Mise à jour Nikon Z 6 et Z 7

Nikon n’oublie pas les utilisateurs des Nikon Z 6 et Z 7 série 1, c’est une bonne nouvelle. Ces hybrides reçoivent une mise à jour firmware version 3.30, qui diffère de celle des séries 2 puisque les séries 1 ne disposent que d’un unique processeur Expeed.

Mise à jour des hybrides Nikon Z 7

le Nikon Z 7

Cette mise à jour apporte la possibilité de mémoriser la mise au point lorsque le boîtier est éteint, et de retrouver l’exacte même valeur au redémarrage. Vous pouvez ainsi éteindre votre boîtier sans perdre le point, une fonction  utile lorsque vous photographiez un sujet fixe sur une période longue, en paysage par exemple pour capturer des ambiances différentes, comme en sport pour vous caler sur un point de passage précis de sportifs.

Le Nikon Z 6 (seulement) bénéficie d’une fonction d’enregistrement  et lecture de mémos audio. Cette fonction appréciée sur le Nikon D6 arrive donc sur le Z 6 avec cette mise à jour contrairement au Nikon Z 6II qui doit patienter encore.

Télécharger la mise à jour firmware pour les Nikon Z 6 et Nikon Z 7

Nouveau firmware Nikon Z 5

L’hybride plein format le plus accessible de la gamme reçoit lui-aussi une mise à jour firmware, version 1.10.

Cette mise à jour apporte une meilleure détection autofocus en basse lumière, ainsi que la possibilité de conserver la mise au point lorsque le Z 5 est éteint puis rallumé, comme sur les Z 6 et Z 7.

Mise à jour des hybrides Nikon Z 5

le Nikon Z 5

Le Nikon Z 5 intéresse les photographes désireux de disposer d’un hybride simple à utiliser, plus abordable que le Nikon Z 6II, qu’il continue à évoluer est donc là-aussi une bonne chose.

Télécharger la mise à jour firmware pour le Nikon Z 5

Nouveau firmware Nikon Z 50

L’hybride APS-C de la gamme Nikon Z reçoit lui-aussi une mise à jour firmware version 2.10.

Cette mise à jour apporte la même fonction de mémorisation de la mise au point que pour les Z 6 et Z 7. Vous pouvez éteindre puis rallumer votre appareil photo sans perdre la mise au point.

Nikon Z 50 APS-C DX

le Nikon Z 50

Pas d’amélioration de l’autofocus pour le Z 50, s’il n’est pas le premier visé en la matière, il serait cependant bien que Nikon ne l’oublie pas. La gamme APS-C est à la traîne, espérons qu’elle retrouve quelques couleurs dans les prochains mois.

Télécharger la mise à jour firmware pour le Nikon Z 50

Toutes les mises à jour de firmwares sont disponibles sur le site du support Nikon.


Technologie ou photographie, il va falloir choisir !

Je ne vous apprendrai rien en vous disant qu’en photographie, il y a toujours eu les techniciens et les photographes. C’est encore plus vrai dans le monde amateur qui ne vit pas de la vente de photos. Pourtant les années passent et le fossé se creuse entre ces deux populations. Alors technologie ou photographie, il est urgent de choisir !

Technologie ou photographie, il va falloir choisir !

L’appareil photo, un peu d’histoire

Depuis que la photographie existe il nous a toujours fallu un minimum de technologie pour produire des images. Du daguerréotype au dernier hybride, sans matériel nous ne pouvons montrer de photos (même le sténopé et le tirage par contact font appel à la technologie).

Lorsque nous n’en étions qu’à utiliser des films, un appareil photo argentique n’était « que » une boîte à film, avec un diaphragme, un obturateur, un objectif et un déclencheur.

Sont apparues ensuite la mesure de lumière automatique, la mise au point automatique, la motorisation de l’avancement du film.

Le remplacement du film par un capteur numérique nous a valu les modes automatiques, les modes scène, la vidéo, et tellement de fonctions avancées qu’un mode d’emploi de 500 pages ne suffit pas à les décrire toutes.

Le dernier tournant technologique en photographie est l’arrivée des hybrides. Ces appareils photo sans miroir nous éloignent des appareils traditionnels, ils mettent en œuvre moins de composants électrotechniques et plus de calculateurs. Cette informatisation leur permet d’offrir une très grande souplesse et des fonctions évolutives par mise à jour du firmware (le logiciel interne qui orchestre l’ensemble).

Une accélération exponentielle

Nous sommes désormais face à un dilemme au moment du choix. La plupart des marques faisaient évoluer leurs gammes à raison d’un nouveau (vrai) modèle tous les cinq à dix ans à l’époque de l’argentique, il nous arrive désormais un nouveau (pas toujours vrai) modèle tous les cinq à dix mois.

Le rythme s’accélère en photographie car c’est celui de l’informatique industrielle et non plus de l’électrotechnique. Les lois de Moore en sont même obsolètes tellement tout va plus vite, la puissance de toute unité photographique informatisée fait plus que doubler tous les 18 mois.

Les constructeurs mettent à profit cette rapide évolution pour proposer de nouveaux modèles plus souvent. Certains, dont l’électronique est le cœur métier, font même reposer leur stratégie commerciale sur la sortie d’un nouveau modèle plutôt que trop de mises à jour firmware. La nouveauté fait vendre, pas les mises à jour firmware.

Et vous dans tout ça ? Vous êtes perdu. Vous ne savez plus quoi utiliser.

Technologie ou photographie, le contexte actuel

J’en parlais dans une précédente chronique, en 2021 l’hybride sans miroir va occuper le devant de la scène. Le reflex devient un marché de niche, tout comme le télémétrique et le moyen-format.

Chaque nouvelle annonce sensationnelle ridiculise les précédentes. A croire qu’un appareil photo conçu il y a un an n’a plus d’intérêt.

C’est là qu’il vous faut prendre le temps de réfléchir au titre de cette chronique : technologie ou photographie ? Que voulez-vous ?

Les techniciens, qui s’intéressent aux seules fiches techniques et à la validation de ce qui y est écrit, sautent de joie à chaque nouvelle annonce. Wow, tout ça !!

Ils cassent vite leur tirelire pour acquérir à grand frais ce nouveau modèle si sensationnel qu’ils vont pouvoir passer des journées à le tester sous toutes les coutures.

Les photographes, eux, regardent cela avec beaucoup de prudence. Mouaih… C’est bien tout ça mais vais-je faire de meilleures photos plus facilement ?

Il faut choisir

Vous ne pouvez plus être dans un camp et dans l’autre.

Si vous êtes photographe, vous ne pouvez plus argumenter à propos de votre « vieux » boîtier quand vous échangez avec un technicien car il vous regarde d’un sale œil. Comment, oser dire que cette nouvelle performance ne sert à rien ? Mais mon pauvre ami, tu ne comprends donc rien à la photo !

A l’inverse osez dire à un photographe que son boîtier est obsolète, il vous répondra invariablement que ce n’est pas le matériel qui fait la photo, c’est le photographe ! Sauf que je vous le rappelle, sans matériel il n’y a pas de photographe.

Que penser de tout ça ?

Selon que vous vous situez dans un camp ou dans l’autre, vous devez penser que je suis un acharné de la technique et que oui, c’est bien le photographe qui fait la photo (alors arrête de nous saouler avec tes hybrides …).

Ou bien que je suis dépassé par les évènements et ne comprends rien à ces avancées si spectaculaires que j’en suis encore à utiliser un hybride qui a 6 mois (alors arrête de nous saouler avec ta démarche créative …).

J’ai une autre approche. J’observe, j’évalue, je teste. Sans oublier de faire des photos, parce que sans les images, je ne suis rien. Même avec le meilleur appareil photo au monde.

Je ne crache pas sur la technique, un appareil performant me satisfait.

Je ne cherche pas les records mondiaux non plus, ma pratique photo ne les justifie pas.

Mon approche est simple : si mon matériel me permet de faire 80 % des photos que je dois faire sans peine, alors je travaille plus dur pour obtenir les 20 % restants, ou je ne fais pas ces photos.
Pareto contre Moore, j’ai choisi.

Technologie ou photographie, et vous ?

Cette chronique est personnelle, c’est mon avis. Vous avez le droit de ne pas être d’accord comme de m’adresser vos louanges tant que vous restez cordiaux. Car au-delà de ce débat technologie ou photographie, ce qui m’importe est le respect des différences.

Une dernière remarque pour les techniciens : ne critiquez pas les photographes, s’ils ne faisaient pas de photos, vous n’auriez pas de nouveau matériel à disséquer.

Une dernière remarque pour les photographes : ne critiquez pas les techniciens, s’ils ne dépensaient pas des fortunes dans des boîtiers de test, le neuf couterait encore plus cher et l’occasion n’existerait pas.


Test Nikon Z 6II : boosté à l’Expeed 6, l’hybride Nikon en progrès

Deux ans après avoir annoncé ses deux premiers hybrides plein format, Nikon les met à jour. Vous allez le lire dans ce test Nikon Z 6II, l’hybride Nikon profite d’un second processeur Expeed 6 chargé de piloter l’autofocus, d’un emplacement pour cartes SD et de la connectique pour poignée grip.

Ces apports sont-ils suffisants pour séduire ceux qui doutaient de l’intérêt de cet hybride polyvalent ? J’utilise le Nikon Z 6II au quotidien depuis plusieurs semaines, voici ce que j’en pense.

MàJ septembre 2024 : le test du nouveau Nikon Z 6III est disponible ici.

Test Nikon Z 6II : boosté à l'Expeed 6, l'hybride Nikon en progrès

Note : vous pouvez télécharger ce test au format PDF, voir le lien en fin d’article.

Le Nikon Z 6II au meilleur prix chez Miss Numerique

Test Nikon Z 6II : contexte

Plusieurs différences existent entre les Nikon Z 6 série 1 et série 2, mais il faut bien avouer que l’attention se porte sur les performances autofocus de cette série 2. C’est là que tout le monde l’attend. Il se dit tellement de choses sur cet autofocus depuis son lancement qu’il est bien difficile de savoir ce qu’il en est vraiment : « ça ne marchera jamais » prétendent les uns, « il est sur le podium » annoncent les autres …

Quoi qu’il en soit, Nikon ne pouvait pas faire autrement que de faire évoluer ses hybrides, pour plusieurs raisons :

  • la concurrence avance, il faut suivre le rythme,
  • Il est toujours possible de mieux faire,
  • toute arrivée d’un nouveau modèle dynamise les ventes,
  • les mises à jour firmware ne peuvent pas tout régler,
  • il y avait des imperfections à régler sur les séries 1.

Après avoir utilisé le Nikon Z 6 pendant 18 mois dans différentes situations dont des spectacles de danse avant que Mr. Covid en décide autrement, je l’ai échangé pour le Z 6II. C’est le boîtier que j’utilise désormais au quotidien qui m’a servi pour ce test.

Le Z 6II étant très proche du Z 6 version 1 dont vous pouvez trouver le test ici, j’ai mis l’accent sur ce qui caractérise cette série 2 et choisi l’approche résultat pour répondre à cette question : face à une situation photographique précise, que permet le Nikon Z 6 II  :

  • avec quelle facilité ou pas, il me donne le résultat attendu ?
  • quel mode AF s’avère le plus judicieux pour arriver au résultat ?

Car au final, ce qui compte n’est pas tant le fait que l’AF soit plus rapide ou non mais bien que la photo que vous voulez faire soit nette.

Je conclus ce test par une série de recommandations en fonction de vos besoins, et de ce que vous utilisez déjà ou non.

Nikon Z 6II + Nikon AF-S 24-70 mm f/2.8 + FTZ

le Nikon Z 6II avec la bague FTZ et le Nikon AF-S NIKKOR 24-70 mm f/2.8

Note : ce test Nikon Z 6II s’est révélé plus complexe que prévu : pas un seul spectacle vivant à me mettre sous la dent, pas d’évènements sportifs en extérieur, pas de rassemblements sur circuits. Pas de photo nocturne non plus, ou si peu, pour cause de couvre-feu. Je me suis donc rabattu sur ce que j’avais sous la main, et comme j’ai le boîtier avec moi, je continuerai à publier des photos et mon avis tout au long de l’année, ça va bien finir par aller mieux.

test Nikon Z 6II de nuit

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 32 mm – ISO 6.400 – 1/320 sec. – f/8

Test Nikon Z 6II : prise en main

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que le Nikon Z 6II présente la même ergonomie que le Z 6. Taille, poids, présentation, tout est identique. La construction aussi, à la hauteur des modèles experts-pros de la marque.

Je déplacerais toujours volontiers un ou deux boutons de la face arrière, dont celui de visualisation des images (je précise que je suis gaucher) mais dans l’ensemble pas de mauvaise surprise, tout est efficace et – surtout – personnalisable. Si vous utilisez déjà un reflex Nikon, vous serez en confiance très vite.

Nikon a soigné la finition de son hybride, la prise en main est toujours aussi agréable, le poids contenu, les commandes douces et fermes à la fois. Je n’ai pu évaluer encore si la résistance du revêtement présentera la même faiblesse à l’arrière-droit que sur le Z 6, elle avait tendance à se détériorer en frottant dans mon sac. Si cela vous arrive, le support Nikon prend en charge la réparation.

Nikon Z 6II vu de dessus

test Nikon Z 6II : la molette de sélection des modes d’exposition et le sélecteur d’affichage viseur/écran

Ergonomie et commandes

La philosophie des Nikon expert-pros est respectée sur le Z 6II : une fonction = un contrôle, touche dédiée ou molette. C’est simple et efficace.

La personnalisation vous permet d’adapter le comportement de nombreux contrôles à vos envies, j’ai confié à la bague multifonctions des objectifs NIKKOR Z la correction d’exposition, c’est plus rapide et ergonomique que de passer par la combinaison bouton supérieur + molette arrière.

Nikon Z 6II touches de fonction

test Nikon Z 6II : les deux touches de fonction en face avant

La face avant présente toujours deux touches Fn personnalisables. J’attribue à la touche supérieure le contrôle des modes AF et à la touche inférieure l’obturation silencieuse.

Le viseur électronique et l’écran tactile

Le viseur électronique est le même que celui du Z 6 (OLED 3.690.000 points), je n’ai rien de plus à en dire que dans le test du Nikon Z 7. Ce n’est peut-être plus le meilleur désormais, mais si vous ne le trouvez pas agréable, vous êtes plus difficile que moi (je le suis pourtant pour utiliser des hybrides depuis plus de 5 ans).

Contrairement à ce que je peux ressentir avec le viseur de mon APS-C (qui n’est pas un Nikon), je n’éprouve aucune fatigue oculaire au bout d’une heure de spectacle dans le noir.

Vous vous interrogez toujours sur l’intérêt d’utiliser ce viseur électronique en lieu et place du viseur optique de votre reflex ? Retenez que vous gagnerez :

  • une visualisation de l’exposition et de la balance des blancs en temps réel,
  • le rendu final de l’image selon le Picture Control choisi dont le noir et blanc,
  • l’affichage de l’histogramme pour ajuster l’exposition en temps réel,
  • l’affichage des réglages dans le viseur,
  • un niveau électronique à la demande (plus discret sur le Z 6II),
  • une assistance à la mise au point manuelle avec focus peaking et loupe.

Les adeptes de la macro seront ravis de disposer du focus peaking pour ajuster avec précision la mise au point manuelle (l’autofocus n’a guère d’intérêt en macro).

Nikon Z 6II écran inclinable tactile

test Nikon Z 6II : le viseur et l’écran tactile inclinable arrière

L’écran tactile permet de visualiser les photos comme sur votre smartphone en les faisant glisser du doigt et en zoomant avec deux doigts. Comme sur les reflex Nikon il ne souffre d’aucun défaut de colorimétrie, c’est très agréable.

Cet écran gagne une amélioration intéressante : lorsqu’il est incliné et que le mode automatique est activé pour le choix viseur/écran, masquer le détecteur n’éteint plus l’écran. Bien vu, pensez à nettoyer la fenêtre du détecteur de temps en temps, il sera plus réactif si vous l’avez sali en transpirant l’été ou sous la pluie.

En mode visualisation, la molette avant vous permet de basculer d’une zone de détection Eye-AF à l’autre, pratique pour vérifier vite fait la netteté sur les visages détectés.

Ecran arrière Nikon Z 6II avec histogramme

test Nikon Z 6II : l’affichage des réglages et de l’histogramme sur l’écran arrière (le même affichage est possible dans le viseur)

RAS en matière de Live View, le Nikon Z 6II est aussi efficace que son prédécesseur. Le double processeur rend l’ensemble encore plus fluide lorsqu’il s’agit de contrôler la mise au point, en photo comme en vidéo.

Les vidéastes apprécieront de pouvoir faire le point en Live View sans latence, les photographes y verront, comme sur le Z 6,  un Live View enfin utilisable.

Petit bémol, l’écran du Nikon Z 6II ne pivote toujours pas vers l’avant. L’absence de rotule ne facilite pas le tournage vidéo face caméra, ce manque est toutefois comblé par l’application SnapBridge qui permet d’avoir un retour caméra avec contrôles de prise de vue temps réel.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 70 mm – ISO 1.000 – 1/125 sec. – f/8

Les menus

Le Nikon Z 6II reprend les menus du Z 6, avec une différence en matière d’autofocus. Exit l’activation indépendante de la détection Eye-AF humains et animaux, ce choix est regroupé avec les autres zones de détection dans le menu Prise de vue photo, Mode de zone AF.

Le menu Configuration autorise la mémorisation de la mise au point lorsque vous éteignez le boîtier.

L’autonomie

Afin d’économiser au mieux l’énergie, le Nikon Z 6II propose un mode « économie d’énergie » qui réduit la luminosité de l’écran et du viseur lorsqu’ils ne sont pas sollicités. Nikon n’en dit pas plus (ou bien je n’ai pas trouvé).

Le Nikon Z 6II utilise une batterie EN-EL15c de 2280 mAh (1900 mAh pour la EN-EL15b des séries 1), c’est la même capacité que celle des Sony Alpha 7 Mark III (clin d’œil aux oranges ?).

Nikon Z 6II autonomie batterie

test Nikon Z 6II : autonomie batterie EN-EL15c

Lors de ce test Nikon Z 6II effectué en plein hiver avec des températures frôlant souvent 0°C, difficile d’espérer tirer la plus grande autonomie de la batterie. Toutefois j’ai réussi à faire 1.375 photos en extérieur, sur plusieurs jours, en disposant encore de 10 % d’autonomie, tout en jouant sans cesse avec l’écran. Pas si mal pour un hybride et en progrès par rapport au premier Z 6.

Les versions précédentes des batteries Nikon EN-EL15 A et B restent compatibles. La charge est possible via le port USB-C boîtier allumé (éteint uniquement avec les séries 1) avec le modèle EN-EL15 C.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 32 mm – ISO 1.000 – 1/70 sec. – f/14

Nikon Z 6II sous la pluie

test Nikon Z 6II : vous céderez avant lui

Comme tous les Nikon experts-pros, la construction tous temps vous permet d’utiliser le Nikon Z 6II sous la pluie ou dans la neige, laissez-le simplement sécher au retour sans le poser sur une source de chaleur.

La connectique et les cartes mémoire

Mise à part la possibilité d’utiliser une poignée grip avec contrôles déportés, rien de neuf côté connectique entrées/sorties, et c’est bien logique puisque le Z 6 était déjà très complet. Sur le côté gauche, vous disposez des prises :

  • USB 3.0 Type C,
  • mini-HDMI,
  • télécommande,
  • micro,
  • casque.

connecteur pour poignée grip Nikon Z 6II

test Nikon Z 6II : les connecteurs pour la poignée grip

Le Nikon Z 6II propose le Wi-Fi IEEE 802.11b/g/n/a/ac et le Bluetooth 4.2. Il vous est ainsi possible de connecter le Z 6II à votre smartphone via l’application Snapbridge.

Double emplacement cartes Nikon Z 6II

test Nikon Z 6II : les deux emplacements cartes SD et XQD/CFexpress et les contrôles arrières

Un second emplacement pour cartes SD fait enfin son apparition. Cette erreur de jugement sur les Z première génération est réparée, à vous les cartes SD, XQD et CFexpress, et les modes copie et débordement. Les photographes de mariage apprécieront, les utilisateurs de SD aussi, les vidéastes s’en moquent mais au moins tout le monde est content.

Sachez toutefois que les performances en mode rafale de ce Nikon Z 6II étant ce qu’elles sont (14 im/sec., 124 RAW non compressés, 200 JPG) mieux vaut utiliser des cartes SD performantes sans quoi elles ralentiront le boîtier et ce ne sera pas de sa faute. Pensez à renouveler votre stock si vous avez encore des cartes de moins de 300 Mb/sec.

Lors du test Nikon Z 6II, avant que le buffer ne sature en mode rafale, j’ai pu enregistrer sur une XQD 440 Mb/s :

  • 124 photos en RAW 14 bits compressé sans perte,
  • 201 photos en JPG Fine large.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 30 mm – ISO 6.400 – 1/20 sec. – f/8

Test Nikon Z 6 : Autofocus

L’autofocus avec un hybride

L’une des différences entre hybride et reflex, c’est que sur l’hybride c’est le capteur image qui sert aussi de capteur autofocus alors que sur un reflex l’autofocus profite d’un capteur dédié, les modules Nikon Multi-CAM.

Sur le Z 6II, pas de Multi-CAM, mais 273 collimateurs couvrant 90 % du cadre. Cette couverture très large vous permet de faire le point sur un sujet situé au bord de l’image, par exemple, et de le suivre s’il traverse le champ jusqu’à l’autre bout du cadre.

Cela vous permet aussi de faire la mise au point à n’importe quel endroit sans vous soucier de savoir si l’autofocus pourra assurer. C’est un avantage sur trépied,  « cadrer, mémoriser la mise au point, recadrer » n’est plus obligatoire, il suffit de jouer avec le pad ou le joystick  AF.

test Nikon Z 6II + Nikon Z 24-70mm f/4 S – 52mm – ISO 6.400 – 1/160 sec. – f/4

Sur les premières générations d’hybrides Nikon, la fonction de mise au point automatique est assurée par l’unique processeur Expeed 6 en charge de toutes les opérations par ailleurs. Afin d’optimiser les performances de l’autofocus du Nikon Z 6II (et Z 7II), Nikon a ajouté un processeur Expeed 6 supplémentaire. Ceci permet de :

  • soulager le processeur principal,
  • accélérer le traitement des informations de mise au point en provenance du capteur image,
  • proposer de nouvelles évolutions firmware).

Nikon a ajouté deux zones de détection Eye-AF zone large, ce qui permet à l’AF d’être plus rapide lors de la détection et le suivi des yeux humains ou animaux. Auparavant l’unique Expeed 6 devait balayer l’intégralité du champ avec la zone AF automatique si vous activiez l’Eye-AF, désormais le processeur dédié peut ne contrôler qu’une zone réduite. Le menu Réglages perso. – Autofocus évolue pour refléter ces changements.

L’autofocus du Nikon Z 6II en pratique

Il est plus vif, sans aucun doute. Il a ses limites, aussi.

Avant de vous dire ce que je pense des performances de cet autofocus, il me faut faire quelques rappels indispensables :

  • l’autofocus d’un hybride (toutes marques) diffère de celui d’un reflex, les réglages ne sont pas les mêmes,
  • le champ couvert est plus important, les performances diffèrent,
  • il ne faut pas confondre mode de suivi AF et zones de détection AF,
  • le suivi 3D des reflex Nikon est remplacé par le suivi du sujet en mode AF-C zone AF automatique,
  • le meilleur autofocus du monde ne pourra pas assurer la mise au point sur le sujet si vous ne savez pas quel est votre sujet.

exemple de suivi du sujet en AF-C zone AF automatique, l’AF a accroché avant l’arbre depuis une dizaine de photos en rafale déjà …

… et retrouve le cycliste après qu’il soit passé derrière l’arbre, bien que la scène soit encombrée.

Je lis beaucoup d’incompréhensions et d’erreurs sur cet autofocus. Retenez que bien que Nikon cherche à vous faciliter la vie en proposant ces modes AF automatiques, rien ne peut remplacer votre œil et votre cerveau. Vous devez savoir sur quoi vous voulez faire le point pour choisir le bon mode autofocus et la bonne zone de détection. Sinon vous allez au devant des problèmes rencontrés par certains.

Ce n’est pas tout : il vous faut aussi prendre le temps de comprendre comment chaque mode fonctionne et les résultats qu’il peut vous donner. Autrement formulé, pour vous faciliter la vie il faut commencer par vous la complexifier. Ceux qui ont utilisé l’AF 153 collimateurs d’un D5/D6, D850 ou D500 savent de quoi je parle.

Cela nécessiterait un long développement que je ne ferai pas ici, je préfère vous donner les résultats obtenus lors du test.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 24 mm – ISO 100 – 1/400 sec. – f/8

Mode AF-S ponctuel

En zone AF automatique, l’autofocus du Nikon Z 6II se cale immédiatement sur la zone la plus proche, de préférence la plus lumineuse. Ce n’est pas systématique, mais c’est sa réaction la plus fréquente. Il le fait vite, sans aucune hésitation.

Dans ce mode peu exigeant, la différence avec le Nikon Z 6 série 1 n’est pas flagrante.

C’est le couple mode et zone de détection à privilégier pour tous les sujets statiques ou assimilés : paysage, urbain, nature.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 24 mm – ISO 6.400 – 1/80 sec. – f/5.6

En zone Eye-AF automatique, sur tout le champ donc, l’autofocus du Z 6II identifie très vite l’œil ou les yeux. Une fois qu’il a accroché, vous pouvez recadrer, le suivi est assuré, il reste calé sur l’œil. Si votre sujet vous tourne la tête définitivement, n’espérez pas suivre ses yeux (ça va toujours mieux en le disant). Si c’est un tour bref et qu’il vous regarde à nouveau, l’AF le récupère vite.

La zone Eye-AF zone large n’a guère d’intérêt dans ce mode, sauf à avoir plusieurs personnes dans le viseur et à vouloir en privilégier une.

test Nikon Z 6II + AF-S NIKKOR 70-200 mm f/2.8 VRII – 200 mm – ISO 3.200 – 1/4.000 sec. – f/2.8

Toutes les autres zones vous permettent de définir le sujet avec précision, de la plus petite zone à la plus large.  Utilisez-les si la zone automatique ne vous donne pas les résultats attendus.

Mode AF-C continu sans suivi du sujet

Dans ce mode, la mise au point est assurée en continu, selon la zone choisie, l’AF doit identifier le sujet, faire le point, et le suivre tout en ajustant la mise au point.

En zone AF automatique, l’autofocus du Nikon Z 6II se comporte comme en mode AF-S si ce n’est qu’il change la mise au point en fonction du déplacement du sujet.

Trois cas se présentent alors :

  • votre sujet reste au même endroit dans le cadre mais se déplace d’avant en arrière ou l’inverse :  l’AF le suit sans difficulté,
  • votre sujet ne reste pas au même endroit tout en se déplaçant d’avant en arrière ou l’inverse :  l’AF suit le sujet et ajuste sans mal la mise au point, il peut par contre perdre le sujet sur un déplacement latéral puisque celui-ci n’est pas défini par une zone précise,
  • votre sujet a un déplacement aléatoire, dans les trois dimensions (haut/bas, droite/gauche, avant/arrière) : ça se complique car l’AF ne sait plus quelle zone choisir.

Notez que sur les reflex cette situation ne peut exister puisqu’il n’existe pas de mode zone AF automatique et que le suivi 3D est limité à la zone centrale du viseur.

test Nikon Z 6II + AF-S NIKKOR 70-200 mm f/2.8 VRII – 200 mm – ISO 400 – 1/1.600 sec. – f/2.8
en zone AF automatique, le Z 6II suit l’oiseau qui se déplace lentement

Ce mode ne permet pas de détecter un petit sujet en mouvement puis de le suivre si le contraste dans l’image n’est pas suffisant. Visez un oiseau en vol sur ciel clair et ça fonctionne bien. Visez le même oiseau dans des arbres et ça fonctionne de façon plus aléatoire.

La notion de contraste est importante, mes essais montrent que plus le contraste entre le sujet et son environnement est important, meilleur est le résultat. Si le contraste est faible, le résultat n’est pas satisfaisant. Mieux vaut en revenir aux zones habituelles que vous déplacez d’un appui sur le joystick comme sur un reflex.

Mode AF-C continu avec suivi du sujet sur deux axes

Dans ce mode vous indiquez au boîtier quelle zone suivre en appuyant sur la touche Ok une fois la zone AF automatique activée. Le carré blanc s’affiche, vous le placez là où bon vous semble, vous validez en appuyant à nouveau sur Ok. Le carré devient jaune et le suivi est activé.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 70 mm – ISO 1.000 – 1/400 sec. – f/8
suivi AF activé sur la cabine depuis le fond du cadre, pendant tout le déplacement (extrait d’une rafale)
l’AF a récupéré son sujet après le passage des poteaux

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 64 mm – ISO 400 – 1/800 sec. – f/5.6
suivi AF activé sur la cabine depuis le fond du cadre, pendant tout le déplacement (extrait d’une rafale)

Mes nombreux tests montrent que ce suivi est plutôt satisfaisant. Photographier un train, par exemple, donne de très bons résultats. Une fois la cabine désignée, l’AF la suit même si le déplacement du train se fait en latéral et de l’arrière vers l’avant. Le contraste joue moins que dans le cas précédent car la zone est réduite, l’AF sait sur quoi se concentrer.

Ce mode convient pour les photos de sport, d’action, les véhicules en déplacement tant que le sujet se déplace en latéral et/ou d’avant en arrière,  et que sa taille est suffisante pour occuper une bonne partie de la zone de détection jaune.

Si vous photographiez un humain ou un animal, les zones de détection AF automatique Eye-AF et Eye-AF zone large donnent elles-aussi de bons résultats. Votre modèle peut se déplacer en venant vers vous, une fois l’œil accroché le Z 6II ne le perd pas.

Mode AF-C continu avec suivi du sujet sur trois axes

C’est le mode le plus exigeant et celui qui fait parler de lui. Vous demandez à l’autofocus de :

  • suivre le sujet dans une zone précise,
  • assurer la mise au point en continu,
  • quels que soient le déplacement du sujet, sa vitesse de déplacement, les obstacles qui peuvent passer devant,  le recadrage que vous faites, les mouvements du boîtier, la différence de luminosité et de contraste, la focale.

Aucun boîtier ne peut vous garantir un résultat à 100 %  tant la situation est complexe à calculer. Le suivi 3D des reflex se trompe aussi parfois.

test Nikon Z 6II + AF-S NIKKOR 70-200 mm f/2.8 VRII – 200 mm – ISO 400 – 1/3.200 sec. – f/2.8
suivi du sujet calé sur l’oiseau du haut

Le Nikon Z 6II est plus réactif que le Nikon Z 6 mais la différence n’est pas flagrante. S’il ne perd pas le sujet lors de son premier mouvement, il le suit sans problème. S’il le perd, et ça arrive, il ne le retrouve pas. Il vous faut alors appuyer à nouveau sur la touche Ok,  déplacer le carré sur la nouvelle position du sujet, ré-appuyer pour enclencher à nouveau le suivi.

Il est dommage que cette zone de suivi (en jaune) ne puisse être ajustée d’un simple appui sur le joystick comme c’est le cas chez certains concurrents et sur les reflex en suivi 3D. Espérons qu’une mise à jour firmware puisse corriger ce comportement car cela règlerait bien des problèmes.

En pratique retenez que dans la plupart des situations courantes, le Nikon Z 6II fera le point sans hésiter et vos photos seront nettes. La rapidité de mise au point comme le suivi du sujet n’ont rien à voir avec celles d’un reflex comme le D750ou le D610 (en mode visée optique). C’est le jour et la nuit. Seuls les sujets les plus complexes pourront poser problème selon les conditions de luminosité et l’environnement. Le D850 et le D6 peuvent alors mieux s’en sortir, dans une zone limitée par construction au centre de leur viseur.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 70 mm – ISO 560 – 1/320 sec. – f/4
suivi AF-C zone AF automatique

Test Nikon Z 6II : Qualité d’image

Montée en sensibilité

Le Nikon Z 6II utilise le même capteur que le Nikon Z 6, les résultats sont identiques. Le niveau de bruit reste très limité jusqu’à 3.200 ISO, visible et agréable à 6.400 ISO, très acceptable à 12.800 ISO et gérable en post-traitement à 25.600 ISO.

Avec un peu de soin, vous pourrez travailler en JPG à 12.800 ISO sans même y penser. Une image infaisable autrement sera possible à 25.600 ISO en RAW avec un post-traitement approprié.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 70 mm – ISO 6.400 – 1/25 sec. – f/8

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 64 mm – ISO 12.800 – 1/20 sec. – f/4

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 70 mm – ISO 25.600 – 1/25 sec. – f/4

Au-delà, à 51.200 ou 102.800 ISO, les images ne sont pas exploitables en JPG (hors petit format web). Utilisez le RAW et la fonction DeepPRIME de DxO PhotoLab 4, c’est bluffant. Les images sont parfaitement exploitables sans présenter toutefois la qualité des sensibilités inférieures.

En faible lumière, la stabilisation du capteur évite de trop augmenter le temps de pose et permet de conserver une sensibilité ISO réduite. Couplé à une focale fixe ouvrant à f/1.8 ou f/1.2 (comme le NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S),  à vous la photo de nuit sans trépied.

Je reprends l’argument donné lors du test du Z 6 : « Cette stabilisation Nikon est probablement l’un des plus grands bénéfices à passer à un hybride, que vous saurez très rapidement apprécier sur le terrain ».

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 30 mm – ISO 6.400 – 1/8 sec. – f/4.5 (à main levée)

Test Nikon Z 6 : vidéo

N’étant pas vidéaste, je n’ai pas poussé ce test Nikon Z 6II en vidéo au-delà de quelques enregistrements simples. Vous trouverez ci-dessous les caractéristiques de la fonction vidéo.

L’enregistrement se fait en h.264 et le boîtier génère des fichiers en .mov ou .mp4. En UHD, trois cadences sont disponibles : 30p, 25p et 24p. Une prochaine mise à jour firmware autorisera la 4K UHD 60p (avec recadrage toutefois).

Deux types de Full HD coexistent :  la Full HD classique avec des cadences de 120p, 100p, 60p, 50p, 30p, 25p et 24p, et la Full HD ralentie en 30p 4x, 25p 4x et 24p 5x. Vous pouvez choisir entre deux qualités d’image : normale ou élevée.

Nikon ayant transposé son savoir faire en termes de D-Lighting et Picture Profile de la photo vers la vidéo, vous apprécierez la qualité d’image. La mise au point manuelle est ajustable à la volée, sans perdre pour autant la mise au point automatique, sans commune mesure avec celle des reflex. La vidéo dispose désormais de l’autofocus Eye-AF.

Ce qui caractérise ce Z 6, c’est aussi son silence de fonctionnement en vidéo. Avec les optiques NIKKOR Z pensées pour la photo et la vidéo, pas de bruit autofocus, une grande fluidité de la mise au point et des bagues de zoom, pas de cran sur la bague d’objectif.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 24 mm – ISO 2.800 – 1/250 sec. – f/4

Les photos de ce test sont disponibles en pleine définition sur Flickr.

Test Nikon Z 6II : pour qui et quels usages

Vous avez déjà un Nikon Z 6 série 1

Sauf à ne photographier que des oiseaux en vol et des sujets dont les mouvements sont rapides et aléatoires, vous ne gagnerez rien à passer au Nikon Z 6II. Le Z 6 a bien évolué avec les mises à jour successives et garde ses qualités en photo comme en vidéo.

Dans le cas contraire, le Z 6II sera plus réactif, plus rapide en suivi du sujet, ce qui ne l’empêchera pas de fauter parfois. Toutefois son second processeur ne demande qu’à être encore mieux exploité et pourra recevoir les probables mises à jour firmware à venir.

La seule raison qui pourrait vous décider serait l’envie d’utiliser une poignée grip avec commandes déportées, ou de délaisser vos cartes XQD pour favoriser les SD. Mais comme vous êtes déjà censé avoir des XQD avec le Z 6, cet argument ne tient pas longtemps.

test Nikon Z 6II + AF-S NIKKOR 70-200 mm f/2.8 VRII – 200 mm – ISO 400 – 1/250 sec. – f/6.3

Vous avez un reflex Nikon et souhaitez passer à l’hybride plein format

Le Nikon Z 6II est le plus polyvalent de la gamme Nikon Z, très proche dans l’esprit du Nikon D780 qui lui a emprunté son capteur, son électronique et son mode LiveView (mais pas son double processeur, il faut passer au D6 pour cela). 24 Mp sont suffisants pour la plupart des usages, le Z 6II vous accompagnera sans aucun problème pour le paysage, la nature, le portrait, l’animalier, le reportage.

Le coût des cartes SD et la réactivité d’ensemble sont des avantages en faveur du Z 6II. La bague FTZ vous permettra d’utiliser vos optiques Nikon F ou compatibles en attendant de passer, pourquoi pas, aux NIKKOR Z.

Si toutefois vous ne faites jamais de vidéo, et que vous acceptez de vous passer de l’écran supérieur, le Nikon Z 5 reste une alternative moins onéreuse.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 60 mm – ISO 100 – 1/1.250 sec. – f/4

Vous n’avez pas de matériel Nikon et le Z 6II vous fait de l’œil

Il vous faut un boîtier et des objectifs, le Z 6II pourrait bien être celui-là. Polyvalent, proposant une très belle qualité d’image en photo comme en vidéo, il répondra à la plupart de vos besoins.

Investissez de préférence dans des optiques NIKKOR Z puisque vous êtes censé ne pas avoir d’optiques. Le zoom NIKKOR 24-200 mm sera un très bon premier choix pour passer partout, les excellents zooms NIKKOR Z f/2.8 S combleront les plus exigeants.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 26 mm – ISO 800 – 1/320 sec. – f/14

Vous hésitez entre le Nikon Z 6II et le Nikon Z 7II

21 Mp et la 4K UHD sans recadrage séparent l’un de l’autre. Tout le reste est identique. Si le capteur du Nikon Z 6II  gagne une valeur de sensibilité face à celui du Z 7II, cela ne changera pas grand-chose dans la plupart des cas.

Reste à savoir si vous devez faire de très grands tirages, recadrer en DX (en gardant 20 Mp) pour l’animalier et si vous préférez mettre vos sous dans le boîtier plutôt que dans les optiques.

Plusieurs autres cas doivent exister, posez vos questions dans les commentaires, j’y répondrai au mieux.

Test Nikon Z 6II : conclusion

Le Nikon Z 6II est en progrès par rapport au Z 6.  Il est plus polyvalent grâce à son double emplacement pour cartes mémoire, la possibilité de lui adjoindre une poignée à commandes déportées et sa meilleure gestion de l’autonomie. Il est aussi plus réactif,  et son autofocus fonctionne plus vite.

L’ergonomie, la construction, la qualité d’image sont à la hauteur de ce que vous pouvez attendre d’un Nikon expert-pro. Ce test Nikon Z 6II le montre, le boîtier progresse en capacités : mode rafale, buffer d’images, batterie et recharge USB.

Pour autant cela n’en fait pas un nouveau Nikon hybride, le capteur et l’électronique restent les mêmes que sur le Z 6, l’autofocus montre ses limites en suivi continu des mouvements aléatoires.

Il n’en reste pas moins que pour l’utiliser au quotidien, après avoir usé plusieurs générations de reflex et un premier Nikon Z 6, je ne reviendrais pas en arrière. Le Z 6II passe partout, répond toujours présent, supporte (presque) tout, se loge aisément dans mon sac d’épaule, épargne mon dos , mes bras et mes cervicales.

Il me permet surtout de faire toutes les photos que je dois ou veux faire, de jour comme de nuit, dans le plus grand silence si le besoin s’en fait sentir. Ce qui est le critère déterminant lorsqu’il s’agit de choisir un appareil photo.

En savoir plus sur le site Nikon.

Le Nikon Z 6II au meilleur prix chez Miss Numerique


Test disque portable ArmorLock SSD NVMe chiffré déverrouillable via smartphone

Imaginez un disque externe, portable, résistant, étanche, dont les données chiffrées sont protégées par une technologie biométrique et non un mot de passe. Ce disque existe, c’est le disque portable G-Technology SSD NVMe chiffré d’ArmorLock.

Voici sa présentation, la technologie mise en œuvre, ce que j’en pense et à qui il s’adresse.

Disque portable ArmorLock SSD NVMe chiffré déverrouillable avec un smartphone, pour qui pour quoi

Ce disque chez vous via Amazon

Disque portable ArmorLock SSD NVMe chiffré : concept

Le nom G-Technology ne vous dit rien ? Armorlock non plus ? Sachez que G-Technology est une division de Western Digital, la société bien connue qui fabrique entre autres produits des disques durs. Je vous ai déjà présenté le disque portable WiFi WD My Passport de Western Digital comme la baie NAS WD EX4100.

Afin de répondre aux attentes de tous ceux qui sont désireux de transporter leurs données tout en garantissant leur sécurité, Western Digital, par le biais de G-Technology, a créé une nouvelle plateforme sécurisée à base de disques SSD nommée ArmorLock.

Disque portable ArmorLock SSD NVMe chiffré

le disque SSD NVMe chiffré et l’application ArmorLock

ArmorLock comprend :

  • des disques portables SSD NVMe chiffrés,
  • des applications de gestion de l’accès aux données et des utilisateurs.

ArmorLock propose actuellement :

  • un premier disque SSD NVMe chiffré d’une capacité de 2 To,
  • une application Apple iOS et MacOS.

D’autres modèles de disques de capacités différentes sont prévus de même que les versions Android et Windows 10 des applications de gestion.

ArmorLock : principe de fonctionnement

L’accès sécurisé aux données stockées sur un disque dur classique ou SSD se fait de façon traditionnelle à l’aide d’une sécurisation par mot de passe. Vous connectez le disque à votre ordinateur, vous entrez le mot de passe choisi à l’installation et vous libérez l’accès aux données.

C’est simple mais il vous faut gérer le mot de passe avec les risques que cela comporte :

  • perte du mot de passe,
  • piratage,
  • pas de garantie d’effacement définitif des données.

De plus ce type de protection vous force à entrer un mot de passe lorsque vous utilisez le disque, c’est une contrainte et cela ralentit votre flux de travail.

La plateforme ArmorLock répond à ces contraintes :

  • le mot de passe est remplacé par une authentification biométrique (par exemple Apple Touch Id et Face Id),
  • le déverrouillage est assuré via Bluetooth sans nécessité de connexion web,
  • le disque est verrouillé d’origine et son accès bloqué, l’accès aux données est impossible,
  • lorsque vous éjectez le disque de l’ordinateur son contenu est automatiquement verrouillé,
  • l’ensemble utilise un chiffrement matériel  AES-XTS 256 bits et une gestion des clés basée sur la courbe elliptique P-256 du NIST (en savoir plus),
  • le disque est conçu pour résister aux chutes (3m), à la pression (450 kg), à l’eau et à la poussière (IP67),
  • le boîtier du disque est réalisé en aluminium pour faciliter la dispersion de chaleur et maximiser les taux de transfert des données.

L’idée est séduisante : disposer d’un disque portable de grande capacité (2 To pour ce premier modèle), dont la gestion des accès (données et utilisateurs) est simplifiée grâce au smartphone que vous avez en poche.

C’est donc l’application mobile ArmorLock sur votre smartphone qui permet de déverrouiller l’accès au disque une fois qu’il est connecté à votre ordinateur.

l’application ArmorLock

Les principales failles de sécurité actuelles sur le web et en informatique en général ne sont pas liées à la faiblesse des systèmes de protection des services Cloud, des sites web ou des applications mais bien souvent au manque de rigueur de l’utilisateur. Qui n’a pas déjà partagé un mot de passe en clair avec un proche ou s’est vu piraté à partir d’un ordinateur insuffisamment protégé ?

ArmorLock s’appuie donc sur l’application du même nom qui n’est pas accessible, selon Western Digital, aux autres applications installées sur le smartphone rendant ainsi impossible le piratage de l’accès.

Un QR Code et un code à 8 chiffres sont nécessaires pour initialiser le lien entre le disque et un ordinateur ou un smartphone et autoriser les accès. Ces codes sont affichés sur la face arrière du boîtier. Une grille de récupération de l’accès peut être archivée en cas de perte de toutes vos autorisations. Ne pensez pas que vous pourrez pirater ce disque avec ces codes, une fois initialisé, le disque n’est plus utilisable avec ces codes sans formatage préalable.

Avec ArmorLock, G-Technology cherche donc à protéger vos données lorsque vous les transportez, que vous les utilisez sur des ordinateurs publics ou insuffisamment sécurisés, sans vous imposer de contraintes fortes lors de l’utilisation.

Autre atout de cette plateforme, vous avez possibilité de donner accès à tout ou partie des données stockées sur le disque à d’autres utilisateurs sans leur transmettre un mot de passe ou vos clés biométriques, y compris à distance.

ArmorLock permet de gérer des profils d’utilisateurs qui ne pourront accéder qu’aux seules données définies et sécurisées elles-aussi via l’application mobile.

Enfin ArmorLock vous permet d’effacer de façon sécurisée tout le contenu d’un disque comme de le formater depuis votre smartphone. Vous êtes ainsi certain de ne laisser aucune donnée exposée en cas de perte ou de vol. Vous pouvez même tracer le disque puisque la plateforme permet sa géolocalisation, vous savez à tout instant à quel endroit il a été utilisé pour la dernière fois.

Disque portable ArmorLock SSD NVMe chiffré

géolocalisation du disque ArmorLock SSD NVMe chiffré

G-Technology a été jusqu’à rendre public le code utilisé par ArmorLock et les technologies Open Source (disponibles sur Github, en savoir plus). Ceci n’expose pas le système de sécurité mais permet à quiconque s’y intéresse de vérifier sa pertinence (en savoir plus avec le livre blanc ArmorLock).

Disque portable ArmorLock SSD NVMe chiffré : présentation

Ce disque SSD bénéficie d’une construction robuste et résistante, en cela il se différencie des disques SSD internes pour ordinateurs. Rien ne sert en effet de proposer un chiffrement évolué si le matériel ne sait résister aux épreuves.

Disque portable ArmorLock SSD NVMe chiffré

le motif jaune en face avant correspond au boîtier aluminium contenant le disque SSD

Le disque portable ArmorLock SSD NVMe chiffré a l’apparence d’un disque externe de 2,5 pouces. Il est logé dans un boîtier en aluminium (il apparaît en jaune sur la photo), lui-même installé dans une coque en plastique sombre.

A la différence des disques durs traditionnels, ce disque SSD ne craint ni les chocs ni les chutes, ce qui est malheureusement fréquent lorsque vous voyagez.

La protection à l’eau et à la poussière (IP67) vous permet d’utiliser le disque dans tous les environnements, voire même de le voir immergé en cas d’inondation ou de chute inopinée.

La capacité de 2 To de ce premier modèle s’avère suffisante pour stocker un grand nombre de fichiers photo et vidéos, de même que l’ensemble de vos données personnelles ou professionnelles si vous en éprouvez le besoin.

Notez toutefois qu’à la différence d’un service Cloud sur lequel vous synchronisez vos fichiers lorsque vous êtes en déplacement, toutes les données restent sur le disque qu’il ne faut pas perdre sous peine de ne pas les retrouver. Le disque n’est pas synchronisé avec un service Cloud ni un NAS distant installé à votre domicile par exemple.

Autre limite du système, les données ne sont pas accessibles depuis le smartphone, à la différence des données gérées sur les disques mobiles Western Digital via l’application MyCloud.

Fiche technique du disque portable ArmorLock SSD NVMe chiffré

Les caractéristiques techniques du disque G-Technology SSD NVMe chiffré ArmorLock 2 To sont les suivantes :

  • disque SSD NVME compatible HFS+, NTFS et exFAT
  • capacité de stockage : 2 To
  • chiffrement matériel 256-bit AES-XTS
  • taux de transfert maximum en lecture et en écriture : 1000 Mo/s
  • port USB 3.2 Gen 2 Type-C avec débit théorique maximum de 10 Gbps compatible Thunderbolt 3
  • livré avec un câble USB-C réversible et un câble USB 3.0 – USB-C
  • dimensions : 134 x 82 x 19 mm
  • poids : 200 g
  • compatible : macOS 10.12+ et Windows 10
  • garantie : 5 ans

Application ArmorLock pour disque portable ArmorLock SSD NVMe chiffré

Il ne suffit pas de connecter le disque à votre ordinateur vis son câble USB pour pouvoir l’utiliser.

Disque portable ArmorLock SSD NVMe chiffré

scan du QR Code et du code chiffré depuis l’application ArmorLock

Il vous faut au préalable :

  • installer l’application ArmorLock sur votre smartphone (Android à venir)
  • installer l’application ArmorLock sur votre ordinateur pour accès sans smartphone (Windows 10 à venir)

Ces applications permettent alors de déverrouiller le disque, de gérer l’accès aux données et les utilisateurs autorisés à y accéder le cas échéant. La procédure d’ajout de disque, bien que simple en apparence, ne se déroule pas toujours sans difficultés, j’ai du la faire deux fois pour arriver à ajouter le disque à mon iPhone.

Disque portable ArmorLock SSD NVMe chiffré

association disque ArmorLock et iPhone

Vous aurez besoin pour cette configuration initiale :

  • des codes QR et chiffrés disposés sur la face arrière du boîtier.
    Leur localisation et le support sur lequel ils sont imprimés (et non gravés) me semble assez fragile, je n’ai pas pu vérifier leur tenue dans le temps mais c’est un point de vigilance à avoir,
  • d’une liaison Bluetooth entre le smartphone et le disque préalablement connecté à l’ordinateur.

Disque portable ArmorLock SSD NVMe chiffré

gestion des clés de récupération dans l’application ArmorLock

La configuration initiale vous permet d’associer un disque à un ordinateur, l’ensemble devant rester à portée du smartphone via Bluetooth. C’est alors le smartphone, via l’application ArmorLock, qui vous permet de déverrouiller le disque puis de le rendre disponible sur l’ordinateur.

Disque portable ArmorLock SSD NVMe chiffré

réglages avancés de l’application ArmorLock pour disque SSD

Vous pouvez ensuite adapter les réglages avancés à vos besoins :

  • choix du nom du disque
  • activation ou non de la localisation GPS via le smartphone pour connaître le dernier lieu d’utilisation du disque (une des rares données stockée par l’application dans le Cloud WD)
  • activer ou non les LEDs en face avant
  • imposer aux autres utilisateurs l’authentification  par reconnaissance faciale (Face Id) ou empreinte digitale (Touch Id) ou toute autre technologie biométrique proposée par les smartphones Android
  • autoriser ou non la mise à jour automatique du firmware
  • autoriser ou non la lecture seule des données
  • effacer ou formater le disque
  • autoriser de nouveaux utilisateurs à gérer les réglages du disque (et pas uniquement à l’utiliser)
  • archiver une clef numérique permettant de récupérer l’accès au disque si les smartphones et ordinateurs autorisés sont déconnectés, pour éviter de devoir le formater en perdant les données.

ArmorLock SSD NVMe chiffré

une fois déverrouillé, le disque ArmorLock apparaît dans l’explorateur de fichiers

Mon avis sur le disque G-Technology SSD NVMe chiffré ArmorLock 2 To

Avec ce disque SSD chiffré, Western Digital (via G-Technology) propose une solution de stockage mobile très évoluée.

Ce coffre-fort portable autorise le transport de vos fichiers et données personnelles avec un minimum de risque (le risque zéro n’existe pas en informatique).

La conception matérielle robuste, la plateforme de chiffrement couplant technologies biométriques et chiffrement logiciel évolué sont une véritable garantie contre le piratage et la perte de vos données.

Disque portable ArmorLock SSD NVMe chiffré

le disque connecté en USB

Les performances en lecture comme en écriture (cette dernière caractéristique étant la plus importante quand il s’agit de sauvegarder vos fichiers) sont de très haut niveau. En USB-C, vous atteindrez un taux de transfert effectif de l’ordre de 800 Mo/sec.  le gain de temps est évident si votre ordinateur sait gérer de tels débits.

C’est là que le bât blesse, ce disque impose l’utilisation d’un ordinateur pour le transfert des fichiers, il ne vous est pas possible de le connecter à un lecteur de carte ni à un smartphone ou une tablette pour récupérer vos fichiers, ni par liaison filaire, ni par liaison WiFi. Sur le terrain la protection des données l’emportera donc sur la véritable mobilité, le disque n’étant pas non plus auto-alimenté par batterie.

Autre critère d’importance, le coût de revient d’une telle solution. Proposé au tarif public de 600 euros en version 2 To, ce disque suppose que vous possédiez un smartphone avec authentification biométrique et un ordinateur Mac ou PC performant pour tirer partie des performances du disque.

Face à une solution plus classique, et non chiffrée, consistant à utiliser un disque dur nomade WiFi, vous devrez donc faire le choix de la raison : protection des données avant tout avec l’investissement associé, ou utilisation mobile polyvalente pour un coût moindre.

À qui s’adresse le disque G-Technology SSD NVMe chiffré ArmorLock 2 To ?

Vous êtes photographe ou vidéaste amateur/expert

Vos photos et vidéos n’ont pas un caractère exclusif, pas de valeur marchande, vous maîtrisez mal ou pas très bien l’informatique. L’utilisation au quotidien et les contraintes associées au disque ArmorLock sont élevées. Elles ne justifient pas pour vous le tarif élevé de la solution.

Choisissez plutôt un disque dur portable Wifi avec batterie rechargeable comme le WD My Passport Wireless.

Vous êtes photographe, vidéaste ou cinéaste professionnel

Vos photos et/ou vidéos sont votre gagne-pain. Elles représentent un travail unique, personnel,  et vous ne souhaitez pas que vos idées soient copiées par d’autres. Vous vous déplacez fréquemment et vous devez avoir avec vous tout ou partie de vos fichiers pour les montrer ou les partager avec des partenaires ou sous-traitants. Vous pouvez aussi être amené à laisser votre disque à un partenaire pour qu’il travaille avec vos fichiers.

La plateforme ArmorLock est alors une solution fiable et sécurisée qui protégera vos données sans forte contrainte de production. Le tarif élevé du disque sera justifié par la valeur de vos créations.

Une alternative est d’utiliser des disques portables moins sécurisés mais moins coûteux comme les disques WD Passport Go.

Vous être professionnel de la défense, de la technologie, de la finance, de la sécurité

Vos données sont sensibles. Elles ne doivent être ni piratées, ni perdues, ni accessibles hors de votre contrôle par qui que ce soit. Leur valeur dépasse de très loin le coût des solutions de stockage et de transport. Vous, ou votre équipe, maîtrisez les technologies de chiffrement, de transport et d’échange de données.

Ce disque et les applications associées sont une solution fiable, pérenne, efficace pour sécuriser vos données. Le tarif du disque reste modéré eu égard à la valeur des données, d’autant plus que vous disposez déjà des technologies associées (ordinateur performant et à jour, smartphone à authentification biométrique renforcée).

En savoir plus sur le site Western Digital

Ce disque chez vous via Amazon


Où va le monde de la photo en 2021 ?

Le monde de la photo change très vite depuis quelques années, et la crise actuelle amplifie le phénomène. Plus profonde qu’elle n’y paraît, cette transformation touche Nikon comme les autres marques. Où va le monde de la photo en 2021 ? Je partage mon avis et vous invite à laisser le vôtre en commentaire.

Où va le monde de la photo  ?

Où va le monde la photo : l’électronique

L’électronique a pris le pas sur la mécanique dans les hybrides, transformant les appareils photo en appareils d’électronique grand public vendus à la façon d’un marché d’électronique grand public.

Cela induit de nouveaux comportements de la part des constructeurs, comme les mises à jour firmware régulières, la photographie computationnelle ou des mises à niveau plus fréquente des gammes. Produire un nouveau modèle d’appareil électronique avec quelques évolutions tout aussi électroniques est en effet moins couteux que produire un nouvel appareil reposant sur une majorité de composants mécaniques spécifiques.

De nouveaux entrants investissent un secteur autrefois réservé aux marques photo historiques. Les électroniciens prennent petit à petit le pouvoir. Sony et Panasonic sont précurseurs, les fabricants de smartphones aussi.

Les marques traditionnelles doivent s’adapter pour relever ce défi.

Où va le monde la photo : l’informatique

L’ordinateur est au centre du labo numérique qui a pris la place du labo argentique. L’ordinateur s’impose tout au long de la chaîne de production de l’image, depuis les appareils mobiles avec des applications dédiées jusqu’aux ordinateurs de post-traitement. Cela  nécessite des coûts non négligeables (matériel, logiciels, licences, abonnements) et des savoirs que tout le monde n’a pas.

Cela provoque aussi de la frustration chez beaucoup d’amateurs dont les machines comme les compétences ne sont pas au niveau. Se pose en outre le problème de la gestion des fichiers que peu d’utilisateurs maîtrisent.

Les photographes doivent s’adapter pour suivre un mouvement qui ne s’arrêtera plus.

Où va le monde de la photo : la facilité

Les reflex et hybrides sont devenus des boîtiers très évolués, avec des centaines d’options qui les rendent complexes à utiliser.

Les nouveaux entrants, comme le smartphone, proposent une expérience bien plus simple, tout en un, de la prise de vue à la sauvegarde.

Cette facilité apparente prendra-t-elle le pas sur nos pratiques historiques ?

La  perte du bon sens

Certains photographes, débutants et amateurs, pensent qu’il faut toujours investir dans le dernier modèle, le meilleur objectif, les accessoires les plus récents. « Si une photo n’est pas assez bonne, c’est que l’appareil photo n’est pas assez performant » serait la nouvelle donne.

Le matériel photo devient un marqueur social au même titre que le smartphone. Posséder la dernière version d’un hybride ou d’un reflex, même sans le maîtriser, est valorisant.

Ce ne sont plus les repères historiques de la photo. L’image finale n’est plus la préoccupation première de ces utilisateurs-là.

Ce n’est pas nouveau mais le phénomène s’amplifie.

Le plaisir

Nombreux sont les photographes à penser que l’on perd trop souvent le plaisir de photographier au détriment de la technique, de la qualité d’image, des évolutions soi-disant nécessaires.

D’où le regain d’intérêt pour les optiques à la marge ou l’argentique, ces niches consolident leur position ces derniers mois.

Que va-t-il se passer en 2021 ?

Le marché de la photo se restructure, quelques consolidations ont lieu (Olympus et JIP par exemple), des alliances se renforcent (comme la L-Mount alliance). Au sein de ces mouvements, certains en sortiront gagnants quand d’autres disparaîtront.

Les marques photo historiques vont continuer à se restructurer pour relever ces nouveaux challenges, avec des ressources réduites dans un marché incertain. 2021 devrait être au mieux une année de relance. Les constructeurs dont les activités sont diversifiées vont tirer profit des secteurs plus solides (Canon avec les services, Nikon avec le médical et l’industrie par exemple) quand les autres vont souffrir ou finir de s’effondrer.

Dans ce marasme socio-économique, nous vivons pourtant une belle époque car le marché de la photo n’a jamais été aussi diversifié :

  • trois gammes d’appareils photo cohabitent, reflex, hybride et moyen-format,
  • les gammes d’objectifs se spécialisent, polyvalentes chez les indépendants ou hauts de gamme chez les constructeurs historiques,
  • les éditeurs de logiciels n’en finissent plus de moderniser leurs offres pour vous simplifier le post-traitement,
  • les smartphones et leurs applications photo dédiées simplifient le partage et la consommation des images,
  • le développement de réseaux informatiques à haut débit vient en support, autorisant l’usage du Cloud, le téléchargement rapide de logiciels et firmwares, les usages mobiles.

Reste une inconnue : le photographe. Vous. Vos usages. Vos envies.

Je vous invite à réagir, comment pensez-vous vous positionner en 2021 ? Quelles sont vos envies ? Vos aspirations ?


Test Nikkor Z 24-200 mm f/4-6.3 VR : le megazoom pour hybrides tient-il ses promesses ?

A la lecture de ce test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR, vous allez découvrir ce qu’un megazoom conçu pour la monture Z peut offrir en polyvalence et performances sur un hybride Nikon.

Ce zoom à plage focale étendue, bien que n’entrant pas dans la gamme S-Line NIKKOR Z, a t-il un intérêt pour vous ? Peut-il être votre compagnon au quotidien ? Je m’efforce de répondre à ces questions et vous propose une série d’images réalisées en conditions réelles sur le terrain avec un Nikon Z 6.

Test Nikkor Z 24-200 mm f/4-6.3 VR : le megazoom pour hybrides tient-il ses promesses ?

Cet objectif au meilleur prix chez Miss Numerique

Test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR : contexte

2020, un premier confinement, à peine l’été pour souffler, et un second confinement nous prive à nouveau de sorties.  Difficile de caser des journées de prise de vue pour partager avec vous mes tests des optiques NIKKOR Z récentes. Aussi, avant d’être limité à 1 km et 1 heure,  j’ai pris quelques jours en bord de mer pour mener à bien ce test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR (celui du NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 S fait en parallèle arrive bientôt).

J’ai utilisé le Nikon Z 6 qui m’accompagne au quotidien, le Z 6 II n’est pas encore disponible et cela ne remet pas en cause l’intérêt du test.

Test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR sur Nikon Z 6 en position 24 mm

Vous connaissez ma réserve habituelle quand il s’agit de parler d’un zoom à plage focale étendue (ou megazoom). J’ai pour habitude de dire qu’ils sont bons partout mais excellents nulle part, qu’ils nous facilitent la vie en nous évitant de changer d’objectifs mais nous privent aussi de faire les efforts de cadrage et composition nécessaires à une pratique photo plus créative.

Utilisateur du zoom NIKKOR Z 24-70 mm f/4 de façon quasi-exclusive, ce NIKKOR Z aurait-il quelques atouts pour me faire changer d’avis ?

Présentation

Le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR est un zoom conçu pour la monture Nikon Z équipant les hybrides plein format et APS-C de la marque, à ce jour les Z 5, Z 6 et Z 7 séries 1 et 2 et le Z 50 (voir la présentation complète). Objectif plein format par définition, sa plage focale équivaut à 36-300 mm sur un hybride APS-C comme le Nikon Z 50.

NIKKOR Z 24-200 mm

le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR sur Nikon Z 6 à 24 mm et 200 mm

L’ouverture maximale varie de f/4 à 24 mm à f/6.3 à 200 mm. Le tableau ci-dessous vous donne les variations d’ouverture maximale en fonction de la focale :

  • 24 mm : f/4
  • 35 mm : f/4.8
  • 50 mm :  f/5.6
  • 70 mm : f/6
  • 105 mm :  f/6.3
  • 135 mm :  f/6.3
  • 200 mm :  f/6.3

A la différence d’un zoom NIKKOR Z 24-70 mm dont l’ouverture reste constante à f/4 ou f/2.8 selon le modèle, ce NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR est donc vite limité en ouverture. Il n’est f/4 qu’à 24 mm, f/6.3 dès 70 mm tandis que le « petit » 24-70 est encore f/4 à cette focale.

Test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR sur Nikon Z 6 (en haut) à 24 mm
pour comparaison, le zoom NIKKOR Z 24-70 mm f/4 (en bas) à 24 mm

L’aspect de ce zoom est conforme aux standards de la gamme NIKKOR Z, un design sobre, une large bague de zoom, pas de bague de mise au point dédiée (le 24-70 mm f/4 n’en a pas non plus), il faut utiliser la bague multifonction personnalisable avec activation de la mise au point si vous le souhaitez.

Ce zoom est stabilisé, ce qui peut vous paraître curieux alors que les hybrides Nikon Z plein format ont un capteur stabilisé. J’y vois deux raisons :

  • la stabilisation optique sur l’objectif s’avère souvent plus performante que celle du capteur avec les longues focales (le NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 est stabilisé), et ce zoom grimpe à 200 mm,
  • n’oublions pas que le Nikon Z 50 n’est pas doté d’un capteur stabilisé, le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR vous permettra sur ce boîtier de profiter d’une stabilisation faisant gagner près de 5 stops.

Autre point commun avec les megazooms, l’objectif s’allonge beaucoup entre 24 mm et 200 mm. Il reste discret à 24 mm mais ne l’est plus du tout à 200 mm, l’ensemble Z 6 + zoom mesure alors pas moins de 24 cm.

Test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

le bouton Lock de verrouillage du zoom du NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

Pour éviter que le zoom ne s’allonge une fois rangé dans votre sac photo, c’est courant avec ce type de zoom, le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR est doté d’un bouton de verrouillage (Lock) sur le fût.

Le diamètre des filtres est de 67 mm, le pare-soleil livré avec l’objectif vous sera utile pour réduire l’effet de flare en position grand-angle en particulier.

À qui se destine ce NIKKOR Z 24-200 mm ?

Un zoom 24-200 mm vous permet de cadrer large de 24 à 35 mm, en plan serré entre 50 et 85, et en téléobjectif au-delà de 105 mm. Cet objectif s’avère ainsi polyvalent, vous évite de transporter les focales fixes équivalentes ou le duo 24-70 + 70-200 mm. Il évite aussi le changement d’objectif sur le terrain. C’est donc un zoom qui vous servira chaque fois que vous voulez voyager léger sans perdre en possibilités de prises de vues.

Plage focale du zoom Nikkor Z 24-200 mm

les cadrages possibles de 24 à 200 mm avec le NIKKOR Z 24-200 mm

Sa polyvalence est grande de par sa plage focale, je n’en dirai pas autant de son ouverture maximale. Il est en effet dommage de ne pas pouvoir conserver une grande ouverture au-delà de 35 mm, en téléobjectif, alors que ces focales sont idéales pour le portrait comme la photo d’action mêlant netteté sur le sujet et joli flou d’arrière-plan.

A f/6.3 le flou est moins important, il vous faudra compenser en jouant sur la distance au sujet, rapprochez-vous pour bénéficier d’une profondeur de champ réduite et rattraper ainsi ce que vous perdez en ouverture maximale.

Char à voile - Plage de Berck

NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR – Nikon Z 6 – 200 mm – ISO 100 – 1/500 ème sec. – f/6.3

NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR – Nikon Z 6 – 200 mm – ISO 100 – 1/200 ème sec. – f/6.3

Cette limite d’ouverture maximale va aussi vous imposer de monter en ISO dès que la lumière diminue, ce qui n’est pas un problème insurmontable avec les hybrides Nikon Z dont le bruit numérique est limité jusqu’à 6.400 ISO. Au-delà, prévoyez un trépied pour le paysage ou un éclairage complémentaire pour le portrait et l’action.

Qualité de construction

Ce NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3  VR est aussi bien construit que les modèles de la série S. Nikon n’a pas délaissé la monture métallique pour une monture en polycarbonate, la construction générale est dans la lignée des séries S, les bagues tournent avec la fermeté nécessaire, sans aucun jeu.

En position 200 mm l’ensemble reste rigide, je n’ai constaté aucun défaut d’assemblage. Ce n’est donc pas sur ce plan que l’on va faire la différence. C’est du tout bon.

Test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR pendant une séance nocturne sous une pluie dense

La résistance aux intempéries est importante, ce n’est pas faute d’avoir effectué une partie de ce test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR par grand vent et sous la pluie, en devant chasser le sable de l’objectif plusieurs fois !

Prise en main

L’adaptation est immédiate, j’ai apprécié de retrouver la bague personnalisable à laquelle j’attribue le contrôle de la compensation d’exposition afin de gérer dans le viseur en temps réel. Ce réglage s’avère bien plus rapide que l’appui sur le bouton de compensation d’exposition, il me donne un résultat proche de ce que j’attends, et limite le temps de post-traitement des images.

Ce test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR m’a aussi permis de mettre en évidence le poids réduit de ce zoom, 570 grammes soit 70 de plus que le NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S, quand l’AF-S Nikon 28-300 mm en fait 800.

Très compact à 24 mm, il loge dans mon sac d’épaule sans difficulté. La différence est faible avec le 24-70 mm f/4, sac fermé je ne fais pas la différence.

L’ensemble boîtier + objectif s’avère très équilibré :

  • à 24 mm la bague de zoom facilite la tenue de l’objectif,
  • à 200 mm, la main avance pour compenser l’augmentation de longueur, sans que l’ensemble ne soit déséquilibré pour autant.

Cette caractéristique est appréciable car cela permet de passer de 24 à 200 mm sans bouger l’œil du viseur. Selon la taille de votre main et la souplesse de votre poignet, il vous faudra lâcher puis reprendre la bague pour effectuer la rotation totale, ou tourner cette bague avec deux doigts pendant que l’autre main tient fermement le boîtier.

Test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR avec pare-soleil en position inverse

Comme sur les autres objectifs Nikon, le pare-soleil se clipse aisément et peut se fixer à l’envers sur le fût pour être toujours disponible, vous pouvez ainsi le retirer pour des raisons de discrétion sans devoir le ranger.

Autofocus

Ce NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR est un objectif Z natif, ce qui signifie qu’il est conçu pour proposer une mise au point la plus rapide et silencieuse possible sur un hybride Nikon Z.

A 24 mm la mise au point est quasi immédiate d’une position à l’autre de la plage de mise au point.

A 200 mm la course est plus importante et l’objectif prend quelques dixièmes de seconde pour se caler, sans hésitation toutefois.

Si vous visez un sujet trop proche (distance minimale de mise au point de 0,5 m à 24 mm et 0,7 m à 200 mm), pas de pompage incessant, le système de mise au point passe d’une extrême à l’autre avant de s’arrêter,  c’est le signe qu’il faut vous éloigner.

En terme de rapidité de mise au point, c’est donc du côté du boîtier qu’il faut se pencher. Les Nikon Z 6 et 7 série 1 n’étant pas les plus véloces, je ne doute pas que ce zoom monté sur un Z série 2 soit plus rapide encore. Les performances du système autofocus sont liées aux progrès du module AF et au double processeur Expeed 6.

Nikon hybride photo oiseaux autofocus

NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR + Nikon Z 6 : 200 mm – 1/250 ème sec. – f/6.3 – 320 ISO

J’ai enfin noté une bonne stabilité de la mise au point, particulièrement sur sujets en déplacement rapide et en utilisant le mode AF-C. Difficile de dire qui favorise quoi dans ce mode,  il faudrait rentrer dans le détail du fonctionnement de l’algorithme de mise au point. Toutefois la mise au point acquise, il ne la lâche pas , le boîtier suit le sujet. Au final ce qui compte est d’avoir une photo nette et c’est le cas.

Stabilisation

Voici un sujet ingrat à traiter car utiliser un objectif NIKKOR Z VR sur un hybride Nikon Z déjà stabilisé nécessite de comprendre comment l’ensemble fonctionne.

Les deux systèmes, l’IBIS (stabilisation capteur) et le VR (stabilisation objectif) fonctionnent de pair selon les combinaisons suivantes :

Nikon Z 5 / Z 6 / Z 7 séries 1 et 2

  • avec objectif NIKKOR Z non VR : stabilisation 5 axes capteur
  • avec objectif NIKKOR Z VR : stabilisation 5 axes capteur et objectif

Nikon Z 50

  • avec objectif NIKKOR Z non VR : pas de stabilisation
  • avec objectif NIKKOR Z VR : stabilisation 2 axes (objectif, lacet et tangage)

Sur mon Z 6 j’ai donc pu disposer d’une stabilisation 5 axes utilisant la stabilisation VR en complément de la stabilisation capteur (2 + 3 axes).

La loi voulant qu’il ne faille jamais dépasser 1/focale pour éviter le flou de bougé (par exemple 1/200 ème de sec. à 200 mm) est obsolète avec les hybrides Nikon Z. C’est donc le cas avec ce NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR dont la stabilisation, couplée à celle du boîtier, autorise des temps de pose bien plus longs que ceux auxquels vous êtes habitués avec un téléobjectif.

Stabilisation NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

crop de photos à 200 mm : 1/200 – 1/25 – 1/15 – 1/8 ème sec.

En prenant soin de bien tenir l’appareil photo en étant bien calé, vous pouvez faire des photos nettes à 200 mm, jusqu’à 1/10 ème de sec. Autant dire que cette stabilisation vous ouvre les portes de la photo de nuit, en soirée, en très faible lumière, à courte comme à très longue focale. Certains résultats sont même bluffants.

Utilisé sur un Nikon Z 50 (que je n’ai pas pu tester en même temps), ce zoom vous permet de compenser l’absence de stabilisation capteur pour les plus longues focales, la stabilisation étant en effet inutile en position grand-angle.

Test NIKKOR Z 24-200 mm : performances optiques, piqué, homogénéité et vignettage

Les objectifs NIKKOR Z nous ont habitués à des performances optiques élevées. Les zooms experts-pros f/4 et f/2.8 surclassent leurs homologues reflex, en grand-angle en particulier en raison d’une monture plus généreuse en diamètre.

Sans atteindre les sommets du NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8, les photos montrent une belle homogénéité du piqué d’image sur l’ensemble du champ, en particulier à 24 mm, focale pour laquelle il est fréquent de constater une dégradation sur les bords, souvent couplée à de la distorsion (voir plus bas).

A 200 mm et pleine ouverture, le piqué d’image, en retrait par rapport aux zooms de la catégorie supérieure, reste homogène et le résultat final ne manque pas d’intérêt.

Portrait NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR + Nikon Z 6 : 81 mm – 1/500 ème de sec. – f/6.3 – 900 ISO

Le vignettage est visible à 24 mm à pleine ouverture, de l’ordre d’1,3 Ev, il disparaît dès f/5.6. C’est assez classique avec les zooms à forte amplitude démarrant à 24 mm, l’AF-S 24-120 mm pour reflex fait bien pire.

Il vous faudra appliquer une correction pour réduire cet assombrissement des bords de l’image, ce que fait très bien un logiciel de développement RAW. Le JPG brut de boîtier n’est pas suffisamment compensé pour réduire ce vignettage, attention donc si vous y êtes sensible.

Vingettage NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR
Vignettage à 24 mm f/4

Performances optiques : déformation et distorsion

La monture Z et son grand diamètre permet de réduire au minimum les distorsions. Même sur un zoom à moins de 1.000 euros qui n’entre pas dans la gamme pro S line ? Oui.

Distorsion NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

Test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR à 24 mm f/9

Distorsion NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

Crop du coin inférieur droit de la photo ci-dessus

Distorsion NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

Crop du coin supérieur droit de la photo ci-dessus

N’oublions pas que nous sommes en présence d’un zoom à moins de 1.000 euros quand un NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 en vaut 2.200.

Ce rappel en tête, je note une absence quasi totale de distorsion et déformation d’image de 24 à 200 mm. C’est une belle performance due à la monture, à la formule optique de l’objectif et un peu aussi probablement au traitement informatique assuré par le boîtier et l’objectif (d’où l’importance des firmwares boîtiers ET objectifs sur les hybrides).

Par curiosité, j’ai ouvert certaines images dans DxO PhotoLab 4 assurant la meilleure réduction possible des distorsions, et je n’ai pas mesuré d’écart visible à l’œil. Une autre façon de dire que les fichiers générés par ce zoom sont de grande qualité eu égard à son positionnement tarifaire.

Performances optiques : rendu des couleurs et aberrations chromatiques

Je vous parlerai plutôt des aberrations chromatiques que du rendu des couleurs qui est conforme à ce que l’on connaît de la gamme NIKKOR Z. J’apprécie le rendu neutre des images, j’ai une préférence pour le Picture Control Paysage qui me donne des fichiers proches, en colorimétrie, de ce que je souhaite obtenir. Couplé à la compensation d’exposition dans le viseur, cela réduit d’autant la durée du post-traitement. Passer d’un autre NIKKOR Z à celui-ci se fera sans différence de colorimétrie visible à l’écran.

En matière d’aberrations chromatiques, ce test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR montre une tendance du zoom à générer des franges vertes et violettes plutôt visibles dans les feuillages si vous zoomez de façon importante dans l’image. Comme tous les objectifs aurais-je pu dire …

aberrations-chromatiques-avec-Nikkor-Z-24-200-mm-f-4-6-3-VR-3

Crop de l’image d’origine, avec présence de franges vertes et violettes dans les branches

aberrations-chromatiques-sans-Nikkor-Z-24-200-mm-f-4-6-3-VR-3

Crop de l’image d’origine traitée dans DxO PhotoLab 4 pour suppression des aberrations chromatiques

Ces aberrations se corrigent vite en post-traitement RAW. Sur des fichiers JPG natifs, le traitement opéré par le boîtier sur le RAW pour générer le JPG n’atteint pas les performances d’un logiciel spécialisé (par exemple Lightroom ou DxO PhotoLab). Les franges violettes restent visibles si vous faites le point sur les branches et zoomez à 100 % dans l’image.

Attention : n’abusez pas des affichages à 100% qui ne sont en rien des conditions d’observation ou de tirage papier normales. Ces franges seront très peu visibles à l’écran ou à distance normale d’observation d’un tirage.

Rendu optique : profondeur de champ

J’en reviens à mes remarques initiales. F/4 à 24 mm vous donne une belle latitude en matière de profondeur de champ, bien que cette courte focale ne favorise pas les flous d’arrière-plan et l’effet bokeh, ce n’est pas le but recherché en grand-angle.

Nikon hybride flou profondeur de champ bokeh

NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR à 24 mm + Nikon Z 6 : 135 mm – 1/125 ème sec – f/36 – ISO 1600

A 200 mm la profondeur de champ reste limitée par l’ouverture f/6.3, j’aurais vraiment préféré une ouverture f/4 à 200 mm, une performance guère envisageable pour conserver la compacité , le poids et le tarif attendus pour un tel zoom.

Est-ce à dire que l’on ne peut pas faire de jolis flous en téléobjectif avec ce 24-200 mm ? Non, cela reste tout à fait possible, il faudra gérer au mieux la distance au sujet pour jouer sur la profondeur de champ.

Test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR à 200 mm sur Nikon Z 6 (en haut)
le NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 (en bas, longueur constante)

C’est personnel, j’ai un faible pour les téléobjectifs à grande ouverture. Ils ne peuvent toutefois pas proposer la compacité, la souplesse et le tarif d’un tel megazoom, aussi pouvoir déclencher à 200 mm et f/6.3 reste une belle alternative qui vous permettra de faire de jolis portraits avec un peu de pratique.

Les photos de ce test en pleine définition sur Flickr :

Test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

Test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR : ma conclusion

Les optiques Nikon NIKKOR ont fait la réputation de la marque autant, si ce n’est plus, que les boîtiers reflex. Avec les hybrides, Nikon était attendu au tournant puisque la monture Z supposait une réécriture totale de l’histoire : nouvelles caractéristiques, nouvelles formules optiques, nouveaux enjeux.

Forts de cette expérience, il est indéniable que les opticiens Nikon ont réussi leur coup sur le plan des performances : les NIKKOR Z S-Line surclassent les versions reflex, de même que la concurrence en monture F. Restait un problème majeur, le tarif de ces optiques, loin d’être accessible au photographe amateur désireux de passer à l’hybride sans devoir emprunter sur 10 ans.

Avec ce NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR, Nikon propose une alternative très crédible et accessible aux zooms experts-pros et focales fixes :

  • la large plage focale autorise tous types de prises de vues,
  • le poids et l’encombrement autorisent un usage quotidien sans (trop) de contraintes,
  • les performances sont à la hauteur des attentes de nombreux amateurs, voire de certains pros,
  • le tarif reste sous la barre des 1.000 euros à la sortie, soit 200 euros d’écart avec la version AF-S 28-300 mm f/3.5-5.6G ED VR qui a déjà vu son prix baisser.

Investir dans ce NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR ne vous coûtera pas plus cher que faire le choix d’un megazoom pour reflex et lui coupler la bague FTZ (vendue 300 euros seule).

Que puis-je reprocher à ce zoom ? Très sincèrement pas grand-chose si ce n’est son ouverture maximale limitée. Parfait couteau suisse pour compléter un Nikon Z 5 ou Z 6, complément pertinent d’un Nikon Z 50, ce NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR ne manque pas d’intérêt.

Face au NIKKOR Z 24-70 mm f/4 (600 euros en kit, 1000 euros seul) le 24-200 a l’avantage de la plage focale étendue. Il vous fera perdre en ouverture à 70 mm (f/6 vs. f/4). La proposition de valeur reste très intéressante pour le photographe amateur qui ne cherche pas l’excellence à tout prix. Les experts et pros appréciant le 24-70 lorgneront plutôt du côté du modèle f/2.8 (2.200 euros).

Face aux megazooms Nikon ou compatibles via la bague FTZ, ce 24-200 a quelques longueurs d’avance :  extrême compacité, poids réduit, silence de mise au point, performances supérieures, compatibilité maximale avec les hybrides Nikon Z, construction tous temps et évolutivité (mise à jour possible).

Le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR peut vous intéresser si :

  • vous n’avez encore aucun zoom NIKKOR Z,
  • vous cherchez un objectif polyvalent et compact pour le voyage
  • vous appréciez les longues focales sans avoir le budget pour un téléobjectif f/2.8,
  • vous n’avez pas d’équivalent en monture F,
  • vous n’aimez pas passer d’une focale fixe à l’autre.

Le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR va moins vous intéresser si :

  • vous cherchez les meilleures performances optiques possibles au détriment du tarif et de la compacité,
  • vous appréciez les grandes ouvertures et l’effet bokeh prononcé,
  • vous avez déjà un NIKKOR Z 24-70 mm f/4 et n’envisagez pas de le revendre,
  • vous souhaitez photographier en toute discrétion (dans la rue par exemple),
  • vous utilisez en parallèle un reflex et un hybride et devez conserver un zoom en monture F.

En savoir plus sur ce zoom sur le site Nikon.

Cet objectif au meilleur prix chez Miss Numerique


Nikon Z 6 et Z 7 série 2 : 2x plus de tout (ou presque) pour un tarif moindre

Nikon annonce les nouveaux Nikon Z 6 et Z 7 série 2,  les mises à jour des deux hybrides plein format initiaux de la marque Z 6 et Z 7 apparus en 2018. Cette mise à jour matérielle et logicielle permet à Nikon d’optimiser la présentation, l’ergonomie et, surtout, les performances de ses hybrides.

Voici ce qu’apportent les Nikon Z 6 e Z 7 série 2 et pourquoi cela peut être important pour vous.

MàJ septembre 2024 : le test du nouveau Nikon Z 6III est disponible ici.

Nikon Z 6 et Z 7 série 2 : 2x plus de tout (ou presque) pour un tarif moindre

Précommander le Z 6II et le Z 7II chez Miss Numerique

Nikon Z 6 et Z 7 série 2 : l’hybride plein format , un virage, deux réactions

Un virage

Fin août 2018, les pré-annonces de l’été laissent place à un lancement officiel en grandes pompes, depuis Tokyo. J’ai la chance d’assister depuis le Japon au lancement mondial des nouveaux Nikon Z 6 et Z 7,  et de visiter l’usine de Sendai qui a déjà commencé à produire le Z 7, le tout premier hybride plein format Nikon. Il sera suivi peu après du Nikon Z 6, qui deviendra vite le fer de lance apprécié autant par les photographes que les vidéastes.

Nombreux sont alors les nikonistes sceptiques : qu’est-ce donc que cette nouvelle gamme ? Pourquoi des hybrides alors que les reflex Nikon sont parmi les meilleurs du marché ? Pourquoi un appareil « moins performant » ? Pourquoi un viseur électronique … J’en passe et des pires. J’ai tout lu, tout entendu.

Nikon Z 6 série 2 vu de face

Le Nikon Z 6 série 2 vu de face

Deux ans plus tard les choses ont bien changé.

L’hybride plein format a gagné ses lettres de noblesse,  Sony a été rejoint par Canon, Nikon, Panasonic et Leica.  Fujifilm continue de faire bande à part avec une gamme APS-C digne d’intérêt comme des moyen-formats uniques sur le marché.  Le club des micro 4/3 est en déroute, Olympus étant la première victime d’un segment qui pourrait bien disparaître, concurrencé par les hybrides APS-C. Nikon l’a bien compris qui a lancé en 2019 un Nikon Z 50 très bien perçu par ses utilisateurs.

Le reflex quant à lui cède des parts de marché chaque trimestre depuis janvier 2020, il se vendait en août 55% d’hybrides pour 45% de reflex en France.

Nikon Z 7 série 2 vu de face

Le Nikon Z 7 série 2 vu de face

Oui mais voilà, si Nikon dispose de deux hybrides plein format, les Z 6 et Z 7, ce n’est pas pour autant que tout le monde les achète.

Un seul emplacement pour cartes mémoire ? XQD en plus ? Non merci. Pas de poignée grip avec commandes déportées ? Mais comment est-ce possible ? Un AF pas à la hauteur de celui des reflex ? Je n’en veux pas ! Un hybride que l’on ne peut pas alimenter pendant un tournage vidéo ? Mais comment est-ce possible ?

Nikon a entendu. Je suis bien placé pour le savoir, une des qualités premières des équipes Nikon sur le terrain est d’écouter (et de lire) ce qui se dit sur leurs produits.  Et Nikon a réagi.

Nikon Z 6 série 2 vue de profil

Le Nikon Z6 série 2 avec le zoom NIKKOR Z 24-70 mm f/4.S

Une première réaction

A l’été 2020 arrive le Nikon Z 5, un hybride plein format qui a tout du Z 6 ou presque, et surtout le bon goût de proposer deux emplacements pour cartes mémoire SD.  Le coût total de possession (la SD vaut moins cher que la XQD/CFexpress) diminue de façon conséquente.  Depuis sa sortie, le Nikon Z 5 séduit d’autant plus qu’il est enfin vendu boîtier nu.

Une seconde réaction

Retardée par les effets de la crise sanitaire, voici l’arrivée des Nikon Z 6 et Z 7 série 2. Mais pourquoi pas Z 6s et Z 7s ? Parce que. Les temps changent, Nikon aussi.

Je vous vois venir, vous pensez déjà que Nikon a glissé deux slots SD dans ses Z 6 et Z 7, en a profité pour gonfler le tarif de lancement de quelques centaines d’euros et ça ira bien comme ça …

Sauf que … non.

Ce qui fonctionne sur un Z 5 en entrée de gamme plein format ne peut fonctionner sur les segments supérieurs. Il fallait faire plus. N’oublions pas qu’en face Canon et Sony ne font pas de la figuration. Canon occupe une très belle première place au classement en terme de chiffre d’affaires, et si Nikon tient encore la seconde place à bonne distance de Sony (chiffres d’affaires janvier à août 2020), il n’est pas question de s’endormir sur ses lauriers.

Nikon Z 6 et Z 7 série 2 : deux fois plus de (presque) tout

Les mises à jour firmware permettent aux constructeurs de proposer des corrections de dysfonctionnements et des nouvelles fonctions. C’est d’autant plus facile à réaliser sur un hybride dont le processeur et l’électronique effectuent la majorité des traitements alors que les reflex comptent plus de modules électroniques spécialisés (un capteur AF dédié par exemple).

Nikon Z 7 série 2 vu de dos

Le Nikon Z 7 Série 2 vu de dos

Nikon a joué le jeu et déjà proposé plusieurs mises à jour des Nikon Z 6 et Z 7, améliorant ainsi le comportement de l’autofocus décrié par les photographes de sport et d’action. Toutefois mettre à jour le firmware ne suffit pas toujours. Il faut savoir proposer aussi des mises à jour hardwares, et c’est bien de cela dont il est question avec les Nikon Z 6 et Z 7 série 2 dotés respectivement de capteurs stabilisés 5 axes de 24,5 et 45,7 Mp. Toutes les caractéristiques étant égales par ailleurs, voici ce qu’apportent ces deux nouveaux hybrides Nikon.

Deux processeurs Expeed 6 pour un autofocus plus véloce

Le processeur d’un hybride Nikon orchestre à peu près tout,  du traitement des images à leur copie sur la carte, en passant par la gestion de l’autofocus. Le processeur Nikon Expeed 6 a fort à faire dans les Z 6 et Z 7,  et s’il s’en sort bien pour les usages les plus courants, il est à la peine lorsqu’il faut assurer la mise au point autofocus en mode rafale à 12 images/seconde tout en gérant les autres opérations.

Nikon a donc pris le parti d’inclure un second processeur Expeed 6 dans les séries 2, ce second processeur est entièrement dédié à la gestion de l’autofocus. Le processeur principal est déchargé des traitements AF, et un processeur aux capacités identiques peut lui s’occuper à 100% d’analyser le signal en provenance du capteur image  pour gérer la mise au point.

Cette répartition des traitements entre deux processeurs, déjà mise en oeuvre sur les Nikon D5 et D6,  devrait permettre une plus grande vélocité de l’autofocus et un seuil de détection plus bas donné pour -4,5 Ev  en mode AF normal et – 6 Ev en mode AF basse lumière avec une optique ouvrant à f/2 (Nikon Z 6 série 2).

Ce processeur dédié permet en outre la mise en œuvre d’un mode de suivi inspiré du suivi 3D des reflex, et du suivi Eye-AF (humains et animaux, avec maintien de la position du collimateur boîtier éteint) dans une zone définie et non uniquement sur l’intégralité du champ visé. Afin de faciliter l’enchaînement des vues, le collimateur AF utilisé pour assurer le suivi revient à sa position initiale dès la fin du suivi.

Autre avantage de ce double processeur, Nikon revendique une réduction importante du temps de passage au noir dans le viseur (OLED Quad VGA à 3.690.000 pixels) lors du déclenchement.

Deux emplacements pour cartes mémoires et un buffer optimisé

Les Nikon Z 6 et Z 7 série 2 disposent de deux emplacements pour cartes mémoire, un CFexpress compatible XQD et un SD UHS II.  Ce double slot occupe le même emplacement que l’unique slot des Z 6 et Z 7, il permet de gérer la répartition des fichiers sur une ou deux cartes comme nous avons l’habitude chez Nikon.

Le double emplacement pour cartes mémoire des Nikon Z 6 et Z 7 série 2

Au passage la capacité du buffer passe de 37 à 124 vues en RAW 12 bits non compressé sur carte Cfexpress (ou 200 JPG).

Deux images par seconde en plus

L’architecture à double processeur permet au Nikon Z 6 série 2 de déclencher à 14 images par seconde avec suivi AF et suivi de l’exposition (12 im/sec. sur le Z 6) et au Nikon Z 7 série 2 de déclencher à 10 images par seconde (9 im/sec. sur le Z 7).

Deux déclencheurs et deux joysticks AF

Nikon Z 6 série 2 vu de face

Le Nikon Z 6 série 2 avec la poignée grip Nikon MB-N11

Elle était réclamée par les aficionados du déclenchement en mode portrait,  la nouvelle poignée grip Nikon MB-N11 permet de doubler le déclencheur et le joystick AF comme c’est le cas avec certains grips pour reflex. Cette poignée peut recevoir une batterie supplémentaire, ce qui double l’autonomie totale. Cette poignée dispose d’un port USB-C qui permet de recharger deux batteries à la suite lorsqu’elle est déconnectée de l’appareil photo.

Un mode vidéo complet

Nikon Z 6 série 2 avec cage Smallrig et moniteur Blackmagick

Le Nikon Z 6 série 2 avec cage SmallRig et moniteur Blackmagick

La vidéo gagne un mode d’enregistrement en 4K à 60p sur le Nikon Z 7 série 2 (également disponible en février 2021 pour le Nikon Z 6 série 2 avec mise à jour firmware). L’enregistrement se fait en 4 :2 :2 10 bits avec ProRes Raw et HLG sur enregistreur externe et en 8 bits interne sans crop avec une durée maximale de 30 minutes. Le suivi de l’œil devient possible en vidéo en mode Auto et Wide L.

Le sens de variation de la bague de mise au point  peut être inversé pour satisfaire les utilisateurs qui le réclamaient.

Nikon Z 6 et Z 7 série 2 : mais aussi …

Les Nikon Z 6 et Z 7 série 2 gagnent quelques vues d’autonomie selon les tests Cipa toujours très mal adaptés aux hybrides (320 vues par charge contre 310), la réalité étant plutôt de 700 à 800 vues selon les usages.

Le mode Economie d’énergie disponible sur le Nikon Z 5 permet de gagner de l’autonomie d’autant plus que la batterie Nikon EN-EL15c est plus performante (la compatibilité avec les versions précédentes de la EN-EL15 est assurée).

La recharge en continu boîtier allumé depuis la prise USB type C est possible (boîtier éteint uniquement sur les Z 6 et Z 7).

Nikon Z 6 série 2 vu de dos avec écran inclinable

L’écran inclinable et tactile des Nikon Z 6 et Z 7 série 2

L’écran tactile inclinable n’est toujours pas orientable, dommage pour les vidéastes adeptes du face caméra, ils devront se rabattre sur Snapbridge en mode retour caméra. Notez toutefois que lorsque l’écran est incliné, le viseur électronique s’éteint automatiquement pour éviter l’extinction de l’écran lorsqu’un doigt passe près du capteur du viseur.

La plage de sensibilité des capteurs identiques à ceux des Nikon Z 6 et Z 7 ne varie pas, elle reste de 64 à 25.600 ISO pour le Nikon Z 7 série 2 et de 100 à 51.200 ISO pour le Nikon Z 6 série 2.

La plage de variation du temps de pose est modifiée pour autoriser des poses longues jusqu’à 900 secondes, l’obturateur mécanique autorise toujours le 1/8000 ème de seconde.

Télécommande radio Nikon WR-T10 + WR-11a pour Nikon

La télécommande radio Nikon WR-11

Une nouvelle télécommande radio sans fil WR-R11b permet de déclencher à distance et de synchroniser les vues sur plusieurs boîtiers reliés au boîtier principal. Cet émetteur-récepteur peut être utilisé pour contrôler un flash externe, par exemple le Nikon SB-5000, dans les systèmes évolués de flash asservi sans fil.

Notez aussi que, comme sur d’autres Nikon compatibles, la mise à jour du firmware peut désormais se faire depuis l’application Snapbridge, vous évitant la manipulation des cartes et fichiers de mise à jour.

La construction et la protection tous temps des Nikon Z 6 et Z 7 série 2
sont les mêmes que celles du reflex Nikon D850

Tarifs et disponibilités des Nikon Z 6 et Z 7 série 2

Le Nikon Z 6 série 2 sera disponible dès le 5 novembre 2020 au tarif public boîtier nu de 2.199 euros (2.299 euros pour le Z 6 à sa sortie en 2018).

Le Nikon Z 7 série 2 sera disponible dès le 10 décembre 2020 au tarif public boîtier nu de 3.399 euros (3.699 euros pour le Z 7 à sa sortie en 2018).

Notez que Nikon propose une offre de reprise de 200 euros de votre ancien matériel appliquée dès le début des ventes et jusqu’au 10 janvier chez les revendeurs participants (voir conditions sur le site Nikon) pour tout achat d’un Nikon Z 6 ou Z 7 série 2.

Nikon a donc décidé de ne pas jouer la surenchère tarifaire, une décision plutôt judicieuse qui devrait permettre aux Nikon Z 6 et Z 7 série 2 de trouver rapidement leur place sur le marché des hybrides plein format.

Nikon Z 6 et Z 7 série 2 : un bon choix ?

Nikon a tenu compte des retours utilisateurs pour proposer des versions plus abouties de ses deux hybrides plein format historiques. Les principaux reproches sont corrigés, les performances AF devraient être supérieures, la qualité d’image est inchangée et le tarif ne subit pas l’inflation attendue.

Vu sous cet angle, les Nikon Z 6 et Z 7 série 2 ont tout pour séduire les photographes désireux de passer à l’hybride. Les plus exigeants devraient trouver matière à discuter encore, toute caractéristique technique pouvant être critiquée, les autres devraient trouver dans ces deux déclinaisons de quoi satisfaire leurs besoins.

Nikon Z 6 et Z 7 série 2 : que faire si l’on a déjà un Z 6 ou Z 7 ?

Si le budget n’est pas un problème pour vous, passer aux séries 2 vous permettra de disposer d’un AF plus véloce, de réutiliser vos cartes SD, voire d’adapter un grip. Les optiques et accessoires déjà achetés sont compatibles, vous n’avez plus qu’à trouver une offre de reprise intéressante ou un client pour votre boîtier d’occasion qui n’aura pas perdu encore trop de valeur.

Si vous faites des photos qui ne demandent pas un suivi AF plus véloce comme le paysage, le portrait, la photo de rue, la photo nature, passer aux séries 2 ne vous apportera pas grand-chose.

Si vous faites de la pose longue, le temps de pose maximum de 900 secondes pourra vous aider.

Si vous faites des photos d’action, de sport, d’animaux rapides ou d’oiseaux en vol, les séries 2 vous permettront de profiter d’un AF plus réactif.

Si vous faites de la vidéo, l’AF en vidéo des séries 2 sera un avantage dans certains, cas, la 4K à 60p sans recadrage sur le Z 7 série 2 vous permettra des ralentis créatifs (attention au crop prévu sur le Z 6 série 2 en 4K 60p), le double emplacement pour cartes vous permettra de stocker plus de rushs.

Nikon Z 6 série 2 vs Nikon Z 5 : la différence de 700 euros se justifie-t-elle ?

Oui si vous faites de la photo de sport ou d’action ou des photos d’oiseaux en vol, ces situations nécessitant un AF très véloce.

Oui aussi si vous êtes vidéaste, que vous ne voulez pas de crop 4K x1.7, que la 4K à 60p vous intéresse pour mieux gérer les ralentis, que l’AF en vidéo vous tente et que pouvoir alimenter le boîtier en continu via la prise USB est un prérequis pour vous.

Oui encore si pouvoir déclencher à 14 images par seconde vous importe (4,5 vps sur le Z 5).

Oui toujours si vous êtes fan des poignées grip avec contrôles déportés.

Oui enfin si vous faites souvent des photos en basse lumière et que vous souhaitez une détection la plus sensible et précise possible.

Dans tous les autres cas, le Nikon Z 5 est une belle alternative qui vous permettra d’économiser quelques centaines d’euros judicieusement investis, pourquoi pas, dans une optique NIKKOR Z.

Source : Nikon

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Test Nikon Z 5 : le meilleur hybride amateur Nikon

Nikon a complété sa gamme d’hybrides plein format en juillet 2020 avec le Nikon Z 5. Très proche du Nikon Z 6 déjà testé, ce nouveau Nikon Z 5 interroge. Il ne manque pas de capacités et a quelques atouts que n’a pas le Z 6. Dans ce test Nikon Z 5, je vous dis pourquoi le Nikon Z 5 est le meilleur Nikon hybride entrée de gamme, qui vous offre plus d’avantages que les hybrides APS-C sans coûter plus cher;

Note : le Nikon Z 5 a reçu une nouvelle mise à jour firmware depuis la publication de ce test. L’autofocus s’avère plus performant.

Test Nikon Z 5 : sur le terrain avec l'hybride plein format 24 Mp

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Test Nikon Z 5 : le contexte

Deux ans après avoir annoncé ses premiers hybrides plein format, les Nikon Z 7 et Z 6, Nikon se devait de proposer une alternative aux photographes désireux d’utiliser un Nikon Z FX mais freinés par le coût de possession du boîtier et des optiques.

Le Z 7 et ses 45 Mp est le plus coûteux des deux, et adresse des besoins particuliers en très haute définition. Le Z 6 est plus polyvalent, très apprécié en vidéo, mais suppose un budget plus important que les reflex équivalents (par exemple le D780). Il fallait donc trouver une solution pour accélérer le taux de conversion du reflex vers l’hybride, ce que recherchent toutes les marques.

Le Z 6 a fait réagir lors de son annonce en raison de l’obligation d’utiliser une seule carte XQD (ou CFexpress désormais), de l’absence de poignée grip avec commandes déportées et de l’absence de flash intégré. Il y avait là matière à proposer une alternative sans mettre à mal le Z 6 qui devrait évoluer d’ici 2021 (MàJ septembre 2024 : le test du Nikon Z 6III est disponible ici).

Nikon a fait le choix – logique et judicieux- de diminuer le coût de possession (différent du tarif public). N’imposant que peu de modifications du Z 6 pour produire le Z 5, cette stratégie permet de proposer un hybride plein format presque aussi performant que le Z 6 mais qui vous revient moins cher. En cette période difficile pour nos portefeuilles, c’est plutôt bien vu.

Reste à savoir ce que le Z 5 a « en moins », vous allez voir que selon vos besoins, la différence est minime.

Test Nikon Z 5

le Nikon Z 5 avec le zoom NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3

Toutes les photos de ce test sont disponibles en pleine définition sur le Flickr Nikon Passion.

Test Nikon Z 5 : prise en main

Gabarit et construction

Ne cherchez pas les différences de gabarit entre le Z 5 et le Z 6, ce sont les mêmes boîtiers. Les fiches techniques présentent quelques différences (voir le comparatif Nikon Z 5 vs Z 6) mais les gabarits, non. Le poids, la taille, l’encombrement sont en tous points identiques.

Test Nikon Z 5

test Nikon Z 5 : la molette de sélection des modes d’exposition et les touches supérieures

La construction est la même, faite pour résister à la poussière (j’ai eu l’occasion de le vérifier lors du test !!) et à l’humidité. Les Nikon Z n’ont rien à envier aux reflex experts-pros de la marque, ils sont faits du même bois.

Protection tous temps et poussières Nikon Z 5

Après une nuit dans les champs de maïs …

Ergonomie et commandes

Je pourrais presque écrire la même chose ici que ci-dessus, si ce n’est que le Z 5 est dépourvu d’écran de rappel supérieur. Curieusement, Nikon en a profité pour déplacer la couronne de commande sur le côté droit, reprenant ainsi l’ergonomie du Nikon Z 50. Trait caractéristique de ce segment de gamme ou contrainte technique, l’histoire ne le dit pas.

Tout le reste est identique au Z 6, des touches de commande arrières à celles de fonction en face avant. Si vous utilisez un reflex Nikon vous serez en terrain de connaissance, si vous utilisez déjà un Z 6 vous ne verrez pas la différence et si vous venez de la concurrence, vous vous adapterez très vite.

L'ensilage du maïs en Meuse

test Nikon Z 5 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – ISO 12.800 – 1/20 de sec – f/4 – 28 mm

Le viseur électronique et l’écran tactile

Le viseur électronique est le même que celui du Z 6 (OLED d’environ 3.690.000 points). La technologie OLED donne les meilleurs résultats tant en qualité d’affichage qu’en réactivité. Le système optique couplé à ce viseur électronique permet à Nikon de proposer une visée agréable et lumineuse, bien plus généreuse que ne le sont celles de certains hybrides APS-C, cela vous aidera si vous êtes porteur de lunettes.

Ce viseur reprend ce qui fait l’intérêt d’un hybride :

  • cadrage à 100 %,
  • balance des blancs en temps réel,
  • exposition en temps réel,
  • informations sur les réglages du boîtier,
  • guides de cadrage sous la forme de grille,
  • niveau électronique,
  • assistances à la mise au point manuelle.

Disposer en temps réel de l’histogramme dans le viseur vous permet d’ajuster l’exposition avec précision, le focus peaking cher aux amateurs du mode de mise au point manuel est simple à gérer et la loupe disponible par simple appui sur le bouton de zoom vous permet de vérifier la netteté de vos photos macro avant même de déclencher.

Test Nikon Z 5

test Nikon Z 5 : l’écran arrière inclinable

C’est du côté de l’écran arrière qu’il faut chercher les différences. Celui du Z 5 est moins défini que celui du Z 6 (1.040 Mp vs 2.1 Mp), bien que ses dimensions soient les mêmes (diagonale de 8 cm). En pratique je n’ai pas constaté de différence sensible à la visualisation. Les écrans des menus sont parfaitement lisibles (la définition ne compte pas pour le texte des menus) et les images prévisualisées restent d’excellente qualité avec une colorimétrie fidèle. Il n’y a qu’en zoomant au maximum dans l’image que vous verrez quelques différences, mais si c’est le prix à payer pour disposer d’un hybride plus accessible, cela ne me gène guère.

Cet écran est inclinable mais non orientable à 360 degrés, tout comme sur les autres Nikon Z à un chiffre. Seul le Z 50 permet de basculer l’écran vers l’avant pour filmer face caméra. Si c’est votre besoin, utilisez l’application Nikon Snapbridge qui propose un retour d’image temps réel sur votre smartphone et l’accès aux commandes de mise au point, exposition et tournage, c’est le plus simple.

Cet écran tactile facilite la visualisation des images, elles défilent du doigt et vous zoomez comme sur votre smartphone. Dommage toutefois que Nikon ne propose pas un peu plus de souplesse au déclenchement, je le trouve toujours trop sensible. Frôler l’écran fait déclencher l’appareil trop vite bien souvent.

Les menus

Vous connaissez la structure de menus Nikon ? Vous la retrouvez sur le Nikon Z 5 qui ne présente aucune différence là non plus avec le Z 6. J’ai apprécié d’avoir accès à l’autonomie restante, précise, quand le Z 50 ne propose pas cet affichage par exemple.

L’autonomie

Le Nikon Z 5 utilise une nouvelle version de batterie, la Nikon EN-EL15c (b sur le Z 6). L’autonomie théorique passe de 380 à 470 vues selon les tests CIPA qui sont, rappelons-le, inadaptés aux hybrides. L’autonomie réelle avec WiFi et Bluetooth désactivés est plus proche des 900 vues, ce que j’ai pu vérifier lors du test. Sauf à faire plus de 1.000 photos par jour, vous n’avez pas besoin d’investir dans une batterie complémentaire, une bonne nouvelle pour votre budget.

test Nikon Z 5 : indication de l'autonomie à mi-charge

test Nikon Z 5 : indication de l’autonomie à mi-charge pendant mon reportage test

Les batteries EN-EL15a des reflex Nikon sont compatibles avec le Z 5, ainsi que la version EN-EL15b des Z 6 et Z 7, ne rachetez rien si vous en avez déjà. En outre le Z 5 propose un mode de recharge USB boîtier éteint comme allumé (éteint uniquement sur le Z 6) pour redonner quelque autonomie à votre Z 5 à l’aide d’une batterie portable.

La connectique et la carte mémoire

La carte mémoire XQD unique du Nikon Z 6 contrarie. Nikon propose une alternative intéressante sur le Z 5 puisque celui-ci est doté d’un double emplacement pour cartes SD. Je vous parlais de coût total de possession en introduction, ces cartes y participent. Moins onéreuses que les XQD ou CFexpress, ne nécessitant pas de lecteur dédié, déjà dans le sac de nombreux photographes, elles vous évitent une dépense de l’ordre de 350 euros pour deux cartes 64 Gb.

Préférez les cartes SD offrant un débit de 240 ou 300 Mb/s, la vitesse d’écriture sur carte est le critère important en mode rafale.

Test Nikon Z 5

test Nikon Z 5 : l’emplacement cartes SD et les contrôles arrières

Sur le côté gauche du Z 5, vous disposez d’une prise USB 3.0 Type C (autorisant la recharge de la batterie), d’une prise mini-HDMI, d’une prise pour télécommande, d’une prise micro et d’une prise casque.

Le Nikon Z 5 propose le Wi-Fi IEEE 802.11b/g/n/a/ac ainsi que le Bluetooth 4.2. Ces deux types de connexion permettent d’utiliser votre smartphone pour partager vos photos comme pour les traiter puisque le format RAW est disponible à distance en plus du JPG avec l’application Snapbridge. Il vous est aussi possible de commander le Z 5 à distance, SnapBridge jouant alors le rôle de la télécommande.

Test Nikon Z 5 : Autofocus et réactivité

Réactivité : autofocus

Le Nikon Z 5 possède le même module autofocus que le Z 6. Les mises à jour récentes du Z 6 dont l’Eye-AF humains et animaux est intégré, comme le seront les nouveautés possibles des prochains firmwares.

Les 273 collimateurs répartis sur 90 % du cadre sont bien plus pratiques à utiliser que la zone centrale réduite des reflex. Vous pouvez positionner le collimateur actif  à la périphérie du cadre sans rien perdre des performances de l’autofocus. Le mode de zone AF dynamique utilise tous les collimateurs, la détection n’en est que plus efficace.

Lors de ma séance nocturne, alors qu’il faisait noir et que je ne disposais que des lumières des tracteurs pour permettre à l’autofocus de faire le point, je n’ai jamais eu de problème de détection, l’AF a assuré. Bien que le Z 5 dispose d’un mode de mise au point en basse lumière dont le seuil de détection est plus bas que celui de l’AF classique, je préfère ne pas l’utiliser car il ralentit la mise au point.

test Nikon Z 5 + Nikon Z 24-50 mm f/4-6.3 à 4,5 vps AF-C

test Nikon Z 5 + NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3 – 4,5 vps AF-C
recadrage d’une image de la séquence animée ci-dessous

J’ai utilisé, comme sur mon Z 6,  le mode AF Zone réduite la nuit et le mode AF zone automatique en photo de rue. Dans un cas j’ajuste le collimateur là où je veux vraiment faire le point, dans l’autre je laisse le boîtier faire le point sur le sujet le plus proche en jouant avec une grande profondeur de champ.

test Nikon Z 5 + Nikon Z 24-50 mm f/4-6.3 - AF Zone dynamique

test Nikon Z 5 + NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3 – AF Zone dynamique

Réactivité : rafales

Le mode rafale du Nikon Z 5 se contente de 4,5 images par seconde quand le Z 6 grimpe à 12. En pratique, si vous faites des photos de paysage, du portrait, du studio, du reportage, de la photo de rue, certains sports « calmes », c’est amplement suffisant.

Si vous faites de la photo d’action, de sport, et qu’il vous faut vraiment 8, 10 ou 12 images par seconde, il faut passer au Z 6. C’est la limite. En animalier, tout dépend des animaux. Un éléphant dans la savane se contentera de 4,5 vps tandis que si vous êtes adepte du mode rafale pour photographier les oiseaux, le Z 6 vous livrera 12 vps et la chance d’en avoir une intéressante (l’autre solution est d’apprendre à déclencher au bon moment …).

Lors de ce test Nikon Z 5, j’ai utilisé le mode rafale pour vérifier le suivi AF, à 4,5 vps. Vous verrez sur l’animation ci-dessous que l’autofocus suit le sujet sans problème. Je n’ai pas eu l’occasion d’évaluer cet AF en photo de spectacle (et pour cause), celui du Z 6 me donne entière satisfaction, je ne doute pas que celui du Z 5 fasse de même.

Test de l'autofocus du Nikon Z 5 en mode rafale

test Nikon Z 5 + NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3 – 4,5 vps AF-C

L’autre avantage de ce mode rafale à 4,5 vps est qu’il ne sature pas le buffer aussi vite que sur le Z 6. Si vos cartes SD ne sont pas les plus rapides, c’est toujours ça de gagné.

Test Nikon Z 5 : Qualité d’image

Montée en sensibilité

Le Nikon Z 5 dispose d’un capteur CMOS FSI théoriquement un peu moins performant que celui du Z 6 qui est CMOS BSI. Cette technologie BSI est censée offrir de meilleures montées en sensibilité. Il s’agit donc ici du même principe qu’entre les D750 (FSI) et D780 (BSI), si ce n’est que le capteur du Z 5 est au niveau du D780.

Nikon Z 5 à 6400 ISO

test Nikon Z 5 + NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3 – ISO 6.400 – 1/2.500 ème de sec – f/6 – 44 mm

En pratique et après avoir utilisé le Nikon Z 5 plusieurs jours, dont une séance nocturne très exigeante, je ne constate pas de différence entre 100 et 6.400 ISO. Cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas, mais vous ne les verrez pas à l’œil nu.

A 12.800 ISO le Z 5 se comporte encore très bien, mon reportage nocturne fait à cette sensibilité montre de bons résultats, le Z 6 n’aurait pas fait mieux.

Nikon Z 5 à 12800 ISO

test Nikon Z 5 + NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3 – ISO 12.800 – 1/5.000 ème de sec – f/6 – 44 mm

Au-delà de 12.800 ISO, le Z 6 l’emporte d’une courte tête puisqu’il gagne une sensibilité maximale en mode étendue, mais soyons clair, ces valeurs ne sont pas utilisables en photo. Elles servent aux spécialistes de la reconnaissance de scène dont la priorité n’est pas le détail dans l’image mais la détection de zones claires et sombres.

Nikon Z 5 à 25600 ISO

test Nikon Z 5 + NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3 – ISO 25.600 – 1/8.000 ème de sec – f/6 – 44 mm

En pratique, mieux vaut ne pas dépasser 12.800 ISO pour une qualité optimale, 25.600 ISO pour les images à la limite, quand le Z 6 peut monter à 51.200 ISO, des valeurs très élevées pour des conditions spécifiques. Ceci dit déclencher à 12.800 ISO est déjà une performance, cela permet de compenser la faible ouverture du NIKKOR Z 24-50 mm (je vous en parle plus bas).

Toutes les photos de ce test sont visibles en pleine définition 

Test Nikon Z 5 : Stabilisation d’image

« Sur le Z 6, la stabilisation est tellement bonne qu’elle permet de justifier de ne proposer un zoom de base n’ouvrant « que » à f/4 constant. »

Cette phrase extraite du test du Nikon Z 6 est aussi valable pour le Z 5. La stabilisation dans le boîtier (IBIS, In Body Image Stabilization) est la même, sur 5 axes. La définition de 24 Mp, moins exigeante que les 45 Mp du Z 7, permet de photographier à main levée jusqu’au quart de seconde.

Nikon Z 5 en vitesse lente

test Nikon Z 5 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – ISO 12.800 – 1/4 de sec – f/4 – 33.5 mm

Cette stabilisation Nikon est probablement l’un des plus grands bénéfices à passer à un hybride, que vous saurez très rapidement apprécier sur le terrain.

Obturation rapide et silencieuse

Je n’oublie pas la possibilité d’utiliser le Nikon Z 5 en mode silencieux puisqu’il dispose lui-aussi de l’obturateur électronique. J’utilise ce mode en photo de spectacle et plusieurs collègues photographes sont déjà venus me voir pour me questionner car le bruit du reflex n’est plus accepté sur scène, ou si peu. Si c’est votre besoin, vous avez la solution.

Sur le plan des performances pures, notez que le Z 5 dispose d’un obturateur mécanique et d’un obturateur électronique qui montent tous deux à 1/8.000 s. L’obturateur électronique pourrait monter plus haut, c’est le cas chez certains concurrents, reste à trouve les usages, ils ne sont pas si courants.

Photo d’âne vu de près

test Nikon Z 5 + NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3 – ISO 450 – 1/250 ème de sec – f/9 – 43 mm

Si comme moi vous appréciez la photo de rue en soirée ou la nuit et que vous devez déclencher de façon discrète, vous avez là une solution qui tient très bien la route.

Coucher de soleil dans la Meuse

test Nikon Z 5 + NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3 – ISO 100 – 1/1.600 ème de sec – f/10 – 50 mm

Test Nikon Z 5 : vidéo

Pour faire simple, si le mode vidéo est celui qui vous préoccupe car vous tournez des vidéos pros, oubliez le Z 5 et choisissez le Z 6. Le Z 5 marque le pas avec un crop x 1.7 alors que le Z 6 cadre plein format. Il est limité à 60p alors que le Z 6 grimpe à 120p. Pour le reste tout est semblable :

  • mode d’enregistrement N-Log (pour un rendu « plat » facilitant l’étalonnage),
  • enregistrement en 10 bits,
  • TimeCode,
  • prise HDMI et enregistreur externe.

La vidéo amateur en Full HD ou 4K reste possible, il vous suffit de tenir compte du recadrage.

Ensilage du maïs la nuit en Meuse

test Nikon Z 5 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 24 mm – ISO 12.800 – 1/8 ème sec. – f/4

L’enregistrement se fait en h.264 et le boîtier génère des fichiers en .mov ou .mp4. Trois cadences sont disponibles en 4K: 30p, 25p et 24p. Deux types de Full HD sont proposés. De la Full HD « classique », avec des cadences de 60p, 50p, 30p, 25p et 24p, et de la Full HD « ralentie » en 30p 4x, 25p 4x et 24p 5x.

Je vous renvoie vers le test du Nikon Z 6 pour en savoir plus sur le mode vidéo des hybrides Nikon Z.

Test NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3

Le Nikon Z 5 est (encore) vendu en kit avec le zoom NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3. Nikon a souhaité faciliter le passage à l’hybride plein format en fournissant un zoom en monture Z très abordable. Mais ce qui est une bonne idée dans le cerveau d’un responsable marketing japonais ne l’est pas forcément dans le cerveau des clients français.

Ce zoom n’est pas « mauvais », ce n’est pas ce que je lui reproche. Il se défend même pas si mal pour un zoom entrée de gamme. Mais sa plage focale comme son ouverture maximale ne présentent que peu d’intérêt tandis que sa construction avec monture en polycarbonate est moins robuste que celle des séries S.

Test Nikon Z 5

NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3 à 24 mm
Test Nikon Z 5

NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3 à 50 mm

Ce n’est ni un zoom grand-angle (comme le NIKKOR Z 14-30 mm), ni un zoom de reportage (comme le NIKKOR Z 24-70 mm f/4), ni un zoom pour le portrait (50 mm c’est trop court), ni un zoom pour la vidéo (ce n’est pas le sujet avec le Z 5). C’est donc un zoom pour … essayer l’hybride. Un choix tactique difficilement justifiable alors qu’il existe tant d’objectifs performants dans la gamme Nikon.

Si j’en avais le loisir, je proposerais le boîtier nu complété de kits avec :

  • un NIKKOR Z 24-70 mm f/4 dont les performances sont excellentes (il m’a servi pour les photos de nuit),
  • un NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 dont la plage d’ouvertures est la même mais qui a le mérite de grimper à 200 mm.

Nikon Z 5 + NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3

test Nikon Z 5 + NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3 – ISO 400 – 1/800 ème de sec – f/13 – 46 mm

crop de la photo ci-dessus (JPG natif)

crop de la photo ci-dessus (JPG natif)

Nikon Z 5 + NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3

test Nikon Z 5 + NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3 – ISO 100 – 1/500 ème de sec – f/6.3 – 50 mm

Nikon Z 5 + NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3

crop de la photo ci-dessus (JPG natif)

Nikon Z 5 + NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3

test Nikon Z 5 + NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3 – ISO 100 – 1/100 ème de sec – f/6.3 – 36 mm

Nikon Z 5 + NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3

crop de la photo ci-dessus (JPG natif)

Je ne doute pas que Nikon vende cet hybride boîtier nu très vite, ne vous précipitez donc pas sur le kit 24-50 mm sauf à n’avoir aucune optique NIKKOR Z (voir pourquoi les choisir) et à être intéressé par cette monture et cette plage focale. Dans cet unique cas, le NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3 est un choix très abordable avant d’envisager, pourquoi pas, une focale fixe en complément.

Test Nikon Z 5 : pour qui et quels usages

J’ai listé ci-dessous des besoins courants, cette liste est personnelle, elle n’engage que moi, mais peut vous servir de base de départ pour faire votre choix.

Le Nikon Z 5 peut vous intéresser si :

  • vous avez envie de franchir le pas du reflex vers l’hybride plein format sans quitter la marque Nikon,
  • vous disposez déjà d’un parc optique en monture F, notamment non stabilisées, que vous aimeriez redécouvrir,
  • vous cherchez un boîtier polyvalent, à l’aise dans toutes les conditions, reportage, voyage comme paysage ou nature,
  • vous photographiez souvent en basse lumière,
  • vous voulez une évolution sensible par rapport à votre D700, D600/610, D750 comme votre APS-C D7200/D7500/D500,
  • vous avez un budget limité (et un stock de cartes SD),
  • vous n’êtes pas nikoniste mais cherchez un hybride 24 x 36 mm performant et abordable.

Le Nikon Z 5 va moins vous intéresser si :

  • vous avez un vrai besoin des très hautes définitions (préférez alors le Z 7),
  • vous avez des exigences pros en vidéo (préférez alors le Z 6),
  • passer aux cartes XQD/CFexpress ne vous dérange pas,
  • vous voulez l’hybride plein format 24 Mp le plus performant du moment chez Nikon.

L'ensilage du maïs en Meuse

test Nikon Z 5 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – ISO 12.800 – 1/40 ème de sec – f/4 – 34 mm

Test Nikon Z 5 : conclusion

Ce test Nikon Z 5 le montre, l’hybride plein format « entrée de gamme » vaut bien plus que cette appellation. Faisant jeu égal avec le Z 6 sur la plupart des points, ne marquant le pas qu’en terme de définition de son écran arrière, d’absence d’écran de rappel supérieur, de recadrage en vidéo et de très haute sensibilité, le Z 5 est plus qu’un très bon compromis, c’est le boîtier à considérer en premier pour un passage à l’hybride plein format.

Plus abordable si vous calculez le coût de possession total (boîtier + accessoires), il pourrait bien détrôner le Z 6 dans sa version actuelle avant qu’un hypothétique Nikon Z 6s fasse son apparition avec un double emplacement SD+XQD (je n’ai pas d’infos).

Bien que la compatibilité avec les anciennes optiques Nikon non-AI ne soit pas assurée, je comparerais presque le Z 5 à feu le Nikon Df, un boîtier taillé pour la « pure photographie » capable des meilleures performances.

Le temps m’a manqué pour faire un test Nikon Z 5 plus long et diversifier les prises de vue, mais utilisant le Z 6 au quotidien, je ne doute pas que le Z 5 réponde de la même façon. J’ai déjà cessé d’utiliser mon D750 au profit du Z 6, le Z 5 ne fait que confirmer le fait que Nikon tient là une base intéressante pour l’avenir. J’ai hâte de voir arriver des Z encore plus musclés, capables de tenir la dragée haute aux concurrents, l’année 2021 devrait être intéressante !

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