Il inaugure le retour des grandes ouvertures dans la gamme d’objectifs Nikon NIKKOR. Il répond aux attentes des photographes désireux de jouer avec le flou d’arrière-plan. Il est utilisable en mise au point autofocus à l’inverse du NIKKOR Z 58 mm f/0.95 S. Voici le test du NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S.

cet objectif au meilleur prix chez Miss Numerique …
Note: le couvre-feu m’ayant privé des sorties nocturnes, je ne peux vous présenter des photos faites dans ce conditions. J’ai compensé par plusieurs séries de photos faites en intérieur en basse lumière.
Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : introduction
Initiée en 2018 avec trois objectifs seulement, les NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S, NIKKOR Z 35 mm f/1.8 S et NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S, la gamme d’objectifs Nikon NIKKOR Z pour hybrides est désormais plus consistante. Même si elle n’égale pas encore la gamme d’objectifs pour reflex, elle répond aux besoins les plus courants, téléobjectifs et macro mis à part.
Le NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S est arrivé en septembre 2020 pour proposer une alternative à grande ouverture aux nikonistes et montrer que les jaunes n’ont rien à envier à la concurrence.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/8.000 sec. – f/1.6 – 100 ISO
En ouverture f/1.8 au rayon focales fixes, du 20 mm au 85 mm vous avez le choix des armes. Oui mais … F/1.8 seulement me répondrez-vous si on laisse de côté le NIKKOR Z 58 mm f/0.95 à mise au point manuelle, le démonstrateur de la gamme.
Pourquoi cette ouverture limitée alors que la gamme reflex compte des objectifs ouvrant à f/1.4 ? Pour deux raisons principales.
La première est liée à la monture Z qui favorise la qualité d’image, en périphérie en particulier. L’excellence optique que l’on trouve dans les f/1.4 pour reflex est déjà supérieure dans les f/1.8 pour hybrides grâce à cette monture au diamètre généreux.
La seconde raison est le coût de fabrication, et le prix de vente, de ces optiques. Concevoir une optique ouvrant à f/1.2 suppose d’utiliser des lentilles de grand diamètre, plus lourdes, tout en assurant une mise au point rapide et précise. Cela demande un soin particulier à la fabrication, une motorisation AF capable de déplacer des lentilles de plus grande taille, plus lourdes. Le tarif grimpe.
Il était donc plus pertinent pour Nikon de proposer en priorité des focales fixes ouvrant à f/1.8.
Maintenant qu’elles sont disponibles, voici venir les optiques f/1.2. « Les » se résumant à ce seul NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S pour le moment (Avril 2021), mais je ne désespère pas de voir arriver un NIKKOR Z 85 mm f/1.2 S un jour, les portraitistes seraient alors comblés.
Reste une dernière question : la différence de tarif, de poids et de taille entre ce NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S et le NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S est-elle justifiée ? Si oui, pourquoi ? A qui cette grande ouverture s’adresse-t-elle ? Je vais m’efforcer de répondre à ces questions dans ce test du NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : imposant mais très doué
Présentation et contexte
Un Ev, un diaph, un stop, comme vous voulez. C’est l’écart qui sépare l’ouverture maximale de ce 50 mm f/1.2 de celle du 50 mm f/1.8. C’est 1/3 d’Ev en plus que l’écart entre f/1.8 et f/1.4.
Cela peut vous sembler bien peu, pourtant c’est une valeur de temps de pose en plus (ou en moins), un cran de sensibilité, et, surtout, une différence sensible de profondeur de champ.
Placez votre sujet à 3 mètres, et vous obtiendrez la profondeur de champ approximative suivante (capteur 24×36) :
- à f/1.2 : 25 cm
- à f/1.4 : 30 cm
- à f/1.8 : 38 cm
13 cm entre le NIKKOR Z 50 mm f:1.8 s et le NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S, sur un portrait c’est énorme. Cette faible profondeur de champ liée à l’ouverture f/1.2 est d’ailleurs une contrainte non négligeable à prendre en compte sur le terrain.
13 cm ce sont aussi de nouvelles perspectives pour les photographes désireux de soigner leurs arrière-plans, de jouer avec l’effet bokeh, de mettre leur sujet en valeur.

L’écran OLED, le bouton DISP de changement d’affichage et la touche personnalisable L-FN à gauche
L’autre intérêt du 50 mm f/1.2 est de vous permettre de travailler en très basse lumière en extérieur, pour la photo de nuit par exemple. Le confinement ne m’a pas permis de réaliser les photos de nuit habituelles en ville, mais je vous laisse apprécier le gain d’une valeur pleine de temps de pose, la nuit c’est énorme.
Pour compléter le tableau, sachez que ce NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S propose une formule optique à 17 lentilles en 15 groupes (dont 2 lentilles en verre ED, 3 lentilles asphériques et des lentilles avec traitements nanocristal et ARNEO). Autant dire que les aberrations optiques, chromatiques et l’effet de flare ne seront pas les points les plus dérangeants.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/2.400 ème – f/1.2 – 100 ISO
Pour parler de ce qui peut vous fâcher, parlons du poids. Avec 1090 grammes, ce NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S est un poids lourd quand le f/1.8 ne pèse que 415 grammes et l’AF-S f/1,4 en gamme reflex … 280 grammes. Si vous comptez utiliser ce dernier sur un hybride Z, ajoutez toutefois les 145 grammes de la bague FTZ, et oubliez les performances optiques, ce f/1.4 marque le pas sur un Nikon Z.

Comparaison Nikon NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S vs. NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S – source Camera Size
La taille de cet objectif est une autre contrainte. Il vous faudra accepter de transporter un volumineux et lourd 50 mm alors que la concurrence est bien plus raisonnable. Nous verrons plus bas que cette taille imposante a parfois quelques avantages non négligeables, ne tirons pas trop vite sur le Nikon.

Comparaison 50 mm f/1.2 Nikon, Canon, Sony – source Camera Size
Enfin, autre sujet qui fâche, le tarif de ce NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S : 2.499 euros contre 600 euros pour la version f/1.8. C’est le même tarif que le Canon RF 50mm F1.2L USM tandis que le Sony 50 mm f/1.2 coute 200 euros de moins.
À qui se destine ce 50 mm f/1,2 ?
Les amateurs de portraits en plan large, de photo de mariage, mode, beauté et, de façon générale, de la focale 50 mm ont le choix entre un f/1.8 et un f/1.2 dans la gamme NIKKOR Z. Si le f/1.8 reste attirant de par sa compacité et ses performances, utiliser le NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S c’est entrer dans le monde fantastique des très grandes ouvertures, des flous d’arrière-plan au superbe dégradé, du bokeh sans aucun défaut en périphérie (pas d’onion ring). Du velours !
J’ajouterai à ces utilisations le reportage, l’urbain et la photo nature, des pratiques pour lesquelles bénéficier d’une très grande ouverture présente souvent un avantage, dès que la lumière baisse en particulier.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/30 ème – f/8 – 100 ISO
Qualité de construction
Que dire de plus sur ce NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S que je n’aurais pas dit lors des tests de focales fixes NIKKOR Z précédents ? La présentation est sobre, la finition mécanique exemplaire, la (très) large bague de mise au point facilite la prise en main. La protection aux intempéries est assurée par de nombreux joints d’étanchéité à l’intérieur de l’optique comme au niveau de la monture.

L’écran OLED typique des objectifs pros NIKKOR Z
L’absence de bague de diaphragme, comme sur toutes les optiques Nikon AF-S et Z, est compensée par la possibilité de personnaliser la bague du même nom. La touche L-Fn vous offre une seconde possibilité de personnalisation tandis que l’écran OLED commun aux optiques pros NIKKOR Z affiche, au choix et de façon alternative, la distance de mise au point, l’ouverture et la profondeur de champ (trop imprécise toutefois alors que c’est une donnée très sensible aux grandes ouvertures).
Cet écran est un confort supplémentaire si vous utilisez l’optique sur trépied, comme en vidéo. il s’avère toutefois peu utile en reportage à main levée, il ne m’a pas été indispensable mais pourra l’être pour vous selon vos usages.
Sachez enfin que les filtres utilisés devront mesurer 82 mm de diamètre contre 62 mm sur le 50 mm f/1,8.
Prise en main, stabilisation et autofocus
Bien que son poids, sa taille et sa longueur soient conséquents, ce NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S propose une bonne prise en main, l’ensemble boîtier/objectif restant équilibré.

Tenue en main de l’objectif, sa longueur s’avère parfois un avantage
La longueur de l’objectif s’avère parfois même un mal pour un bien puisque cela vous permet de placer votre main sous l’optique pour stabiliser encore un peu plus l’ensemble, ce que ne permettent pas les « petits » 50 mm.
La stabilisation du capteur des Z plein format fait son travail, autorisant des temps de pose de l’ordre de 1/25 ème de sec. sans risque de flou.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/25 ème – f/4 – 800 ISO
L’autofocus met en œuvre deux ensembles distincts, assurant une mise au point rapide et précise, et surtout silencieuse, ce que les vidéastes apprécieront. Rien de brutal, pas de va et vient intempestifs, c’est discret et efficace comme sur les autres optiques de la gamme Z. Rien à voir non plus avec la mise au point manuelle du NIKKOR Z 58 mm f/0.95 S, dont la taille des lentilles prive l’utilisateur d’autofocus. Ici la taille des lentilles n’est pas un problème.
J’ai pu faire une série d’images à f/1.2 en AF-C zone automatique avec détection Eye-AF sur un sujet en mouvement rapide, toute la série est nette sans exception. Une belle performance.
Attention par contre à la profondeur de champ. Ne perdez pas de vue qu’à f/1.2 elle est réduite, décalez un tant soi peu le focus et votre sujet sera flou. Ce n’est pas l’objectif, c’est vous !
De même obtenir un portrait net suppose que vous ayez calculé la profondeur de champ et donc l’ouverture en fonction de la distance de mise au point pour que le bout du nez de votre sujet soit aussi net que celui de ses oreilles. A courte distance il faut être très précis.
Les trois photos ci-dessous, prises dans les mêmes conditions, vous montrent la variation de profondeur de champ entre f/1.2, f/1.4 et f/1.8 :

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : à f/1.2

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : à f/1.4

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : à f/1.8
Performances optiques : piqué, homogénéité et flare
Je l’ai dit dans le test du zoom NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S, évaluer la qualité d’image de ces optiques sur une série de photos reste un exercice délicat. Entre « tout est bon partout » et « que vais-je pouvoir lui reprocher », difficile de se prononcer. D’autant plus que le logiciel de visualisation des photos (Lightroom Classic dans mon cas) intègre les corrections logicielles incluses dans les fichiers RAW, et supprime au passage tout vignettage ou aberration optique et chromatique. L’apport de cette « photographie computationnelle » est bien réel.
Quoi qu’il en soit, dès la pleine ouverture, le centre est excellent, et le reste jusqu’à l’ouverture minimale. La périphérie de l’image est elle-aussi exempte de tout reproche, tandis que le vignettage est très visible à f/1.2 et f/1.4, il s’estompe à partir de f/1.8 pour disparaître ensuite.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/6.400 ème – f/1.2 – 100 ISO
corrections logicielles activées

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/8.000 ème – f/1.2 – 100 ISO
corrections logicielles désactivées
Performances optiques : déformation, distorsion et bokeh
La distance minimale de mise au point de 45 cm est 5 cm plus longue que celle du 50 mm f/1.8. A f/1.2 la zone de netteté à pleine ouverture et à faible distante de mise au point est très limitée. Tant le piqué que l’absence d’aberrations optiques ne peuvent être évalués que dans la zone de netteté, cela rend l’exercice encore plus délicat.
A ouverture plus réduite, f/4 jusqu’à f/16 il est impossible de distinguer la moindre distorsion au centre comme en périphérie. Idem pour les aberrations chromatiques inexistantes quelle que soit la zone considérée, c’est sans doute le NIKKOR Z qui propose la meilleure qualité d’image de toute la gamme.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/6.400 ème – f/2 – 100 ISO
Ouvrant à f/1,2, ce NIKKOR Z 50 mm S est censé être le roi du bokeh, Nikon l’a de plus équipé d’un diaphragme électromagnétique circulaire à 9 lamelles, comme le 50 mm f/1.8. Mes images tests montrent un bokeh très doux, sans aucune déformation. Les portraitistes apprécieront, d’autant plus que le vignettage visible à pleine ouverture participe à fermer l’image.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/30 ème – f/1.2 – 1.600 ISO

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/320 ème – f/1.2 – 1.600 ISO
Comme avec toute la gamme NIKKOR Z, la colorimétrie des images est neutre, trop parfois tant on aimerait profiter d’un rendu particulier « Nikon » que ne possèderaient pas d’autres optiques. Il vous faudra jouer avec le Picture Control et le post-traitement pour affiner le résultat selon vos goûts.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/5.000 ème – f/1.2 – 100 ISO

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/125 ème – f/1.2 – 1.600 ISO

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/160 ème – f/1.2 – 800 ISO

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/8.000 ème – f/1.4 – 100 ISO – Picture Control monochrome
Test NIKKOR Z 50 mm : au final, c’est pour qui ?
Le NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S peut vous intéresser si :
- vous souhaitez un 50 mm très lumineux,
- vous cherchez le meilleur 50 mm Nikon pour hybride, exempt de distorsion,
- vous souhaitez compléter votre zoom NIKKOR 24-70 mm f/2.8 S f/2.8 de la meilleure focale 50 mm du moment,
- vous souhaitez un équipement 100 % NIKKOR Z sans passer par la bague FTZ et les optiques pour reflex à f/1.4,
- vous êtes portraitiste ou photographe de mode.
Le NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S va moins vous intéresser si :
- vous avez besoin d’un 50 mm compact (préférez alors le NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S),
- vous n’avez pas le budget pour ce f/1.2 S,
- vous utilisez principalement les ouvertures comprises entre f/2.8 et f/11,
- vous espérez une version f/1,4 plus accessible (qui n’est pas encore prévue).

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/8.000 ème – f/1.2 – 100 ISO
Toutes les photos de cet test en pleine définition sur le compte Flickr Nikon Passion, cliquez sur la photo ci-dessous :
Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : ma conclusion
Les focales fixes NIKKOR Z de la série S sont imposantes, parfois lourdes et onéreuses, mais quel résultat !
Ce NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S répondra aux plus exigeants des utilisateurs d’hybrides Nikon Z avec une qualité d’image de très haut niveau, une absence totale de distorsion et une belle homogénéité avec ses frères de gamme. Passer d’une optique à l’autre pendant une même séance ne vous handicapera en rien au post-traitement.
En revanche il faudra composer avec un vignettage visible à pleine ouverture, aisément corrigé en post-traitement si votre logiciel sait activer les corrections intégrées aux fichiers RAW, les JPG étant déjà corrigés par le boîtier à la prise de vue.
En termes de prestations, rien à dire donc, c’est un Nikon fait pour durer et vous apporter d’excellents résultats. Il complètera à merveille le plus polyvalent zoom NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S, en offrant une bien plus grande ouverture et une qualité d’image encore supérieure, ce n’est pas rien.
Très spécialisé, qu’il s’agisse de portrait ou de photos en basse lumière, ce 50 mm f/1.2 l’emporte largement sur le f/1.8, et à fortiori sur l’AF-S 50 mm f/1.4 pour reflex. Reste à accepter d’utiliser un objectif lourd et encombrant, ce qui peut s’avérer pénalisant en reportage. Toutefois, on ne se procure pas un f/1.2 sans savoir pourquoi, ses prestations l’emporteront au quotidien sur son encombrement.
En savoir plus sur la gamme Nikon NIKKOR Z sur le site Nikon



































































































































