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Comment choisir un téléobjectif, zoom vs focale fixe

Vous appréciez de photographier en gros plan un sujet éloigné, pour cela vous envisagez de compléter votre équipement photo mais vous ne savez pas comment choisir un téléobjectif, lequel utiliser. Il existe de nombreux modèles de téléobjectifs, à tous les prix, avec des caractéristiques fort différentes, aussi vous avez du mal à faire le bon choix.

Le premier article de ce dossier va vous permettre de comprendre ce qu’est un téléobjectif, comment il fonctionne et lequel choisir selon vos besoins.

Cet article est écrit par Philippe Ricordel. Philippe parcourt la planète depuis 20 ans pour témoigner de l’évolution des écosystèmes, des relations humains / animaux dans différents lieux. Auteur d’ouvrages techniques chez Eyrolles, sa formation d’ingénieur l’aide à appréhender les aspects techniques de la photographie moderne.

Note : pour aller plus loin, découvrez le guide complet 2025 pour choisir un objectif NIKKOR Z adapté à votre hybride Nikon.

Et si ce n'était pas votre talent mais vos réglages qui bridaient le piqué de vos photos ?

Qu’est-ce qu’un téléobjectif ?

La première motivation pour choisir un téléobjectif est de rapprocher ce qui est loin de vous. Ne pensez pas que ce soit le seul usage que vous pouvez en avoir car il y a téléobjectif et téléobjectif : ce n’est pas la même chose d’utiliser un 85 mm pour faire des portraits et un 800 mm pour la photographie animalière.

Un téléobjectif fait apparaître dans le viseur et sur la photo les sujets photographiés comme plus proches qu’ils ne le sont réellement.

Un téléobjectif possède une longue distance focale. La plupart des photographes considèrent que la focale minimale d’un téléobjectif, les mm indiqués sur l’objectif, est comprise entre 60 et 135 mm.

Considérez plutôt que la distance focale de 85 mm constitue la valeur minimale pour parler d’un téléobjectif, c’est un choix délibéré mais réaliste.

Quelle que soit cette focale, un téléobjectif fait sembler plus proches les sujets éloignés, bien plus qu’avec un grand angle (par exemple 24 ou 35 mm) ou une focale standard (50 mm).

Un téléobjectif peut exister sous deux formes :

  • un zoom, comme un 70-300 mm (la focale est variable de 70 à 300 mm),
  • une focale fixe comme un 300 mm, un 500 mm ou un 600 mm.

Plus la distance focale est élevée, plus le téléobjectif est lourd et encombrant. Les plus imposants sont équipés d’un collier de pied qui permet de les fixer sur un trépied ou un monopode qui en supporte alors le poids à votre place.

Comment choisir un téléobjectif

Comment choisir un téléobjectif
de gauche à droite 85 mm, 105 mm, 180-400 mm, 500 mm PF, 800 mm

Téléobjectif et taille des capteurs

Une question revient souvent lorsqu’il s’agit de savoir comment choisir un téléobjectif : quel est le facteur de grossissement en fonction de la taille du capteur de l’appareil photo ?

Vous trouvez souvent écrit qu’un téléobjectif de 300 mm « fait 300 mm sur un appareil plein format », et « fait 450 mm sur un appareil APS-C ». C’est un abus de langage car la focale de l’objectif ne change pas en fonction de la taille du capteur. Ce qui change c’est la taille de l’image projetée par l’objectif  sur le capteur, l’image conservée.

Explication

Un capteur APS-C ou Micro 4/3, plus petit qu’un capteur plein format 24 x 36, ne montre qu’une partie de l’image formée par l’objectif, comme si vous effectuiez un recadrage de votre image. La différence ici, c’est que ce recadrage est immédiat et de valeur fixe.

Ainsi un coefficient x 1,5 s’applique pour le format APS-C et un coefficient x 2 s’applique pour le Micro 4/3. La focale résultante d’un téléobjectif de 300 mm sera de 450 mm et 600 mm respectivement pour le format APS-C et Micro 4/3 (comprendre « il cadre comme … »).

L’utilisation d’un appareil au format APS-C et/ou Micro 4/3 permet donc d’obtenir des focales équivalentes plus élevées pour un téléobjectif d’une focale donnée. C’est l’un des avantages de ce type de capteur si vous avez besoin de très longues focales pour photographier des objets distants. Ce n’est pas la seule, nous y reviendrons.

Comment choisir un téléobjectif

téléobjectif Nikon AF-S NIKKOR 300 mm PF-ED sur reflex Nikon D5

Comment choisir un téléobjectif : la focale

On peut classer les téléobjectifs en différentes catégories selon leur focale.

85 à 135 mm

Les objectifs dont la focale est comprise entre 85 et 135 mm sont considérés comme petits téléobjectifs.

Ils offrent un premier degré de rapprochement et permettent de créer une séparation plus ou moins marquée entre le sujet et l’arrière-plan.

Ces longueurs de focales (85, 105, 135 mm) sont souvent utilisées pour le portrait photo. Elles permettent de vous tenir éloigné du sujet mais pas trop et offrent déjà, surtout pour les plus ouverts (f/1.4 ; f/1.8 ou f/2) une séparation marquée entre le fond et le sujet.

Exemple de téléobjectifs 85 à 135 mm pour hybrides Nikon :

Exemple de téléobjectifs 85 à 135 mm pour reflex Nikon :

150 à 300 mm

Les objectifs dont la focale est comprise entre 150 mm et 300 mm appartiennent à la catégorie des téléobjectifs moyens. Cette plage de focales est populaire car son utilisation n’est techniquement pas complexe et ces objectifs sont plutôt abordables en terme de tarif, même si c’est moins le cas avec la gamme des 300 mm f/2.8.

Exemple de téléobjectifs 150 à 300 mm pour hybrides Nikon :

Exemple de téléobjectifs 150 à 300 mm pour reflex Nikon :

Plus de 300 mm

Les objectifs d’une focale supérieure à 300 mm sont appelés super-téléobjectifs. Ils possèdent les plus longues focales et donc les plus forts rapports de grossissement.

D’un coût plus élevé, ils sont plus lourds et moins aisés à manipuler que les précédents. Avec l’introduction des zooms téléobjectifs, ceci reste toutefois relatif.

Les Nikon 80-400 mm, Canon ou Sony 100-400 mm, Nikon 200-500 mm, Sony 200-600 mm, Sigma ou Tamron 150-600 mm pour ne citer que ceux-là restent abordables en termes de prix, d’encombrement et de poids.

Note : Échappent à cette règle les téléobjectifs catadioptriques, et dans une certaine mesure ceux dotés d’une lentille de Fresnel de par leur construction spécifique.

Les objectifs catadioptriques sont des objectifs démunis de diaphragme, dont le principe de construction est celui des télescopes. Ils utilisent deux miroirs entre lesquels les rayons lumineux formant l’image rebondissent, permettant ainsi d’obtenir une focale élevée dans un format compact.

Cette construction est également très légère car généralement dépourvue de lentille (parfois une ou deux), mais l’ouverture est fixe et généralement faible (500 mm f/8).

Les objectifs à lentille de Fresnel adoptent eux une construction plus classique, l’utilisation d’une lentille de Fresnel permet de réduire considérablement leur poids et leur encombrement (Nikon AF-S NIKKOR 500PF f/5.6 par exemple).

Exemple de téléobjectifs de plus de 300 mm pour hybrides Nikon :

Exemple de téléobjectifs de plus de 300 mm pour reflex Nikon :

Comment choisir un téléobjectif : le temps de pose

Une des questions récurrentes des nouveaux utilisateurs de téléobjectifs est « quel temps de pose utiliser pour garantir une image sans flou de bougé ? ».

La question est simple, mais la réponse s’avère plus complexe car plusieurs paramètres entrent en ligne de compte.

La cause principale provoquant des images floues lors de l’utilisation d’un téléobjectif, au-delà du défaut de mise au point, est le flou de bougé. Il s’agit d’un micro mouvement de votre part lors de la prise de vue, avec un téléobjectif qui agit comme une loupe. Ces micro mouvements sont amplifiés au niveau du capteur de l’appareil photo et provoquent un défaut de netteté.

L’encombrement et le poids des téléobjectifs sont des facteurs d’accroissement de ces micro mouvements, il convient donc de les limiter :

  • soit vous mettez en œuvre votre téléobjectif sur un trépied (suppression des mouvements),
  • soit vous diminuez le temps de pose afin  que les éventuels mouvements ne soient pas perceptibles sur l’image.

Une règle communément admise est de fixer le temps de pose à au minimum « 1 sur la focale de l’objectif ». Pour un objectif de 105 mm, choisissez un temps de pose minimum de 1/100s ou 1/125s. Pour un 300 mm retenez un temps de pose de 1/320s.

Attention ceci n’est valable que pour un objectif monté sur un appareil photo plein format 24×36. Dans le cas d’un capteur APS-C, retenez la focale résultante pour établir le temps de pose minimum correspondant.

Par exemple un 300 mm monté sur un Nikon D500 (capteur APS-C) voit sa focale résultante égale à 450 mm, il convient donc d’utiliser un temps de pose minimum de 1/500s (1/450s n’existe pas dans la plage de valeurs courantes).

Cette règle n’est pas absolue, la stabilisation des objectifs et/ou celle des boitiers permet désormais de s’en affranchir. Selon  vos prédispositions naturelles, vous pouvez obtenir des images sans flou de bougé avec des temps de pose supérieurs à ceux que vous pouvez calculer avec la règle ci-dessus.

Une autre chose à considérer est la définition du capteur, celle-ci a une influence sur le temps de pose limite avec lequel vous pouvez photographier sans risquer le flou de bougé. Plus votre capteur, quel que soit son format, est défini, donc comporte un nombre important de pixels, plus le temps de pose doit être raccourci.

Cela se comprend aisément. Plus le capteur comporte de pixels, plus vous aurez de chances pour que celui-ci enregistre un petit décalage, un micro mouvement pendant la durée de la prise de vue ; d’où la nécessité de réduire le temps de pose afin de réduire la possibilité d’enregistrer le micro mouvement.

Influence des téléobjectifs sur l’image

Les deux séries de photo ci-dessous sont réalisées avec un reflex plein format 24 x 36 chacune dans les mêmes conditions de prise de vue, seule la focale change.

Exemple de photo avec un téléobjectif

Comment choisir un téléobjectif
focale 100 mm – f/8

Exemple de photo avec un téléobjectif

focale 200 mm – f/8

Exemple de photo avec un téléobjectif

focale 300 mm – f/8

Au-delà de rapprocher visuellement le sujet dans l’image, les téléobjectifs influent sur la perception de ce dernier par rapport à l’image dans son ensemble.

Retenez que les téléobjectifs, s’ils grossissent le sujet, offrent également une profondeur de champ plus restreinte. Cela entraîne un flou plus prononcé de l’arrière-plan.

Première conséquence, le sujet semble mieux se détacher du fond (arrière-plan) et apparaît mieux mis en valeur. C’est un des effets recherché par les portraitistes lors de l’utilisation de petits téléobjectifs comme le 85 mm avec une grande ouverture (f/1.4 à f/2).

C’est également un effet recherché en photographie animalière afin que le sujet se détache mieux du fond, car souvent les arrière-plans peuvent être naturellement chargés (herbes, branches, autres animaux), mais on parle ici de focale supérieure ou égale à 400 mm.

Il y a aussi un effet dit effet de compression, ou compression des plans, avec un téléobjectif. Cet effet est lié au fait que le grossissement qu’apporte le téléobjectif est égal sur tout ce qui entre dans le champ visé, le sujet comme tout ce qui se trouve derrière lui.

Avec un téléobjectif, l’arrière-plan semble plus proche du sujet que lorsque vous utilisez une focale standard ou un grand angle. De fait, plus la focale est importante, moins la distance entre sujet et fond parait importante, d’où le terme de compression utilisé.

Exemple de photo avec un téléobjectif

Comment choisir un téléobjectif
focale 100 mm – f/4

Exemple de photo avec un téléobjectif

focale 200 mm – f/4

Exemple de photo avec un téléobjectif

focale 300 mm – f/4

En réalité la compression est plus le résultat de l’éloignement du sujet à l’objectif et du sujet au fond qu’à la focale proprement dite. En raison de la compression apportée par l’utilisation d’une longue focale, l’arrière-plan apparait plus présent, mais également plus flou (en comparaison à une focale standard avec le même grossissement).

Par exemple avec un bâtiment situé à l’arrière-plan d’un sujet, le bâtiment remplira l’arrière-plan de l’image ce qui ne serait pas le cas si vous aviez utilisé un grand angle.

Du fait d’une profondeur de champ plus faible, l’arrière-plan apparaît également plus flou.

En bref, un téléobjectif fera apparaître l’arrière-plan plus proche et plus flou.

C’est le résultat de la proximité du sujet, c’est une caractéristique optique des téléobjectifs. C’est cette caractéristique qui est recherchée, en dehors du fait qu’il « approche » le sujet par de nombreux photographes dont notamment les portraitistes.

Influence des longues focales sur le sujet

Si vous avez tenté l’expérience, vous avez remarqué l’influence et donc les déformations que peuvent apporter un objectif grand angle utilisé pour réaliser un portrait ou plus généralement la prise de vue d’un sujet proche. Il en est de même avec les téléobjectifs, il y a des déformations, certes beaucoup moins perceptibles mais elles existent pourtant bel et bien.

Dans la majorité des cas vous pouvez les ignorer car ces déformations sont liées à la compression des plans et c’est souvent ce que vous recherchez lorsque vous utilisez un téléobjectif.

C’est grâce à cette faculté de compression que vous pouvez obtenir la sensation de rapprochement de sujets légèrement distants les uns des autres, les sujets semblant plus proches qu’ils ne le sont dans la réalité.

Comment photographier les oiseaux en vol avec un téléobjectif

un groupe d’oiseaux photographiés avec un téléobjectif de 400 mm

Choisir un téléobjectif : zoom ou focale fixe ?

Pour une focale donnée, un téléobjectif peut exister sous la forme d’une focale fixe (ex : 105 mm) ou d’un zoom (70-200 mm). Comment choisir un téléobjectif zoom ou à focale fixe ?

Le zoom vous permet d’obtenir toute la gamme de focales dans une plage prédéfinie, par exemple toutes les focales possibles entre 70 et 200 mm pour un zoom 70-200 mm. Ce dernier vous permet de passer d’une composition en portrait serré sur une personne à un plan américain (tête + torse) sans bouger, juste en jouant sur la focale de votre zoom.

Un zoom 70-200 mm remplace la gamme de focales fixes 85, 135 et 200 mm, et offre une praticité accrue car vous n’avez pas besoin de changer d’objectif à chaque fois que vous désirez changer de point de vue.

Il y a tout de même un paramètre que nous n’avons pas évoqué jusqu’à présent, c’est l’ouverture de ces optiques. D’une manière générale un zoom a toujours une ouverture maximale plus faible qu’une optique fixe pour la même focale. Il est aisé de trouver des 85 mm ouvrant à f/1.4 (voire f/1.2), vous ne trouvez pas de zoom incluant cette focale ouvrant à une telle ouverture, vous avez au mieux une ouverture de f/2.8.

Il y a deux bonnes raisons à cela :

  • l’ouverture joue sur la qualité de flou du fond, dénommée Bokeh. Ce terme vient du japonais Boke (ボケ) qui signifie “flou” ou “brume”, et peut se définir comme “l’effet d’arrière-plan défocalisé“ ».
  • utiliser un zoom apporte flexibilité, praticité et jusqu’à un certain point encombrement et poids moindres que trois optiques à focales fixes susceptibles de couvrir la même plage focale.

Mais alors pourquoi certains photographes préfèrent-ils néanmoins utiliser un 85 mm f/1.4 au lieu d’un zoom 70-200 mm f/2.8 ?

Vous l’avez deviné, l’ouverture, le rendu, la profondeur de champ sont différentes entre les deux optiques (zoom calé à la même focale de 85 mm bien entendu). C’est pour cela que l’objectif est au catalogue de nombreux constructeurs et que les portraitistes plébiscitent ce type d’optique (petit téléobjectif, grande ouverture, pas trop lourd – 595g  pour le Nikon AF-S NIKKOR 85 mm f/1.4, maniable) qui permet de garder une distance de contact vis-à-vis du modèle. Pour rappel le Nikon AF-S NIKKOR 70-200 mm f/2.8 pèse plus de 1500g …

Comment choisir un téléobjectif : conclusion

Nous avons vu comment choisir un téléobjectif parmi les nombreux modèles offerts par les différents constructeurs. Lisez la suite pour savoir quels sont les usages possibles d’un téléobjectif.


Test NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S : le grand angle hybride repousse-t-il les limites ?

Dernière focale fixe arrivée dans la gamme Nikon hybride, le NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S adresse les besoins des photographes désireux de cadrer très large, qu’il s’agisse de reportage ou de photo de paysage. Après avoir passé au crible toutes les autres focales fixes pour les hybrides Nikon, voici le test NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S, de quoi savoir si cet objectif peut vous correspondre et quelles sont ses qualités.

Test NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S

cet objectif au meilleur prix chez Miss Numerique …

Test NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S : introduction

Cela ne va jamais assez vite. Nous aimerions tous avoir une gamme d’objectifs Nikon pour hybrides aussi complète que l’est celle des objectifs pour reflex. Entre la pandémie, les sous-traitants qui font défaut et les manques de composants, difficile pour les marques de sortir leurs nouveaux modèles en temps et en heure. Nikon a quand même bien complété la gamme NIKKOR Z depuis son lancement en 2018, puisque ce 20 mm f/1.8 S est le neuvième objectif à focale fixe pour hybrides (complétant les 9 zooms existants).

Du côté des courtes focales, ce NIKKOR 20 mm f/1.8 S rejoint les 24 mm, 35 mm, 50 mm, 58 mm et 85 mm. Cette focale de 20 mm cadre très large, et comme tous les objectifs grand angle, elle était attendue puisque la grande monture Z est censée favoriser les courtes focales en matière de qualité d’image.

Il existe toujours dans la gamme le Nikon AF-S NIKKOR 20 mm f/1.8G ED, il date de 2014 et bien qu’il reste très correct sur un reflex, il présente quelques faiblesses en périphérie d’image qui n’en font pas le meilleur grand angle pour hybrides.

Reste à savoir si un grand angle dédié Nikon Z, de même ouverture, vendu près de 350 euros plus cher (tarif juin 2021) présente un quelconque intérêt ? N’oublions pas les deux alternatives Z natives que sont les zooms NIKKOR Z 14-30 mm f/4 S et NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S.

Test NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S

Le NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S sur Nikon Z 6II

Présentation et contexte

J’ai longtemps considéré que la focale 20 mm cadrait trop large pour moi. Adepte du 24 mm, puis du 35 mm, je reste prudent avec le 20 mm qui, certes, autorise des cadrages atypiques, mais apporte très vite son lot de complications. Distorsion en périphérie de l’image, fuite des perspectives, déformation des sujets très (trop) proches, c’est une focale à manier avec précaution. Mes expériences précédentes avec le Nikon 20 mm AF-S comme le 20 mm Voigtlander Color Skopar, tous les deux sur reflex, ne m’ont pas emballé.

Dès la réception de cette optique pour ce test NIKKOR Z 20 mm f/1. 8S, sur le Nikon Z 6II, j’ai donc pris soin de laisser de côté mes appréhensions et de voir ce que ce 20 mm savait faire pour moi.

Test NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S

Les déformations en grand angle, parlons-en. Elles sont liées au diamètre de la monture en bonne partie. Sur un reflex, la monture F doit composer avec un capteur caché au fond de la cage reflex. Sur un hybride, le très grand diamètre de la monture Z et le positionnement du capteur à proximité de la lentille arrière de l’objectif changent la donne.

Avantage à l’hybride sans discussion possible, c’est de l’optique élémentaire. C’est aussi ce qui ressort des précédents tests de courtes focales, la gamme NIKKOR Z excelle grâce à sa monture.

Histoire d’enfoncer le clou, Nikon a doté son NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S d’une formule optique à 14 lentilles réparties en 11 groupes (12 « seulement » sur l’excellent NIKKOR Z 24 mm), dont 3 lentilles en verre ED et 3 lentilles asphériques. N’oublions pas les lentilles bénéficiant du traitement nanocristal. Tout est en place pour limiter les aberrations géométriques et chromatiques et les images fantômes (l’effet de flare).

Exemple de photo avec le NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S pour hybride Nikon

Test NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S : 1/2.500 sec. – f/4 – ISO 100

L’AF-S NIKKOR 20 mm f/1,8G ED, lui, ne compte « que » 13 lentilles, mais toujours 2 asphériques et 2 ED. Même distance minimale de mise au point entre les deux, 20 cm, avantage au NIKKOR Z avec son diaphragme à 9 lames contre 7 à l’AF-S, je vous en parle plus bas.

Tout comme ses frères de gamme, le NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S joue de l’embonpoint, avec 505 grammes contre 355 pour l’AF-S. Il mesure 108,5 mm contre 80.5 mm pour l’AF-S avec un diamètre de 84,5 mm contre 80,5 mm.

Vous l’avez compris, ce NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S tient bien en mains, n’allez toutefois pas trop vite dans vos conclusions (« c’est trop gros ! »), un 20 mm qui tient en main avec un capteur stabilisé, ça a quelques avantages.

À qui se destine ce 20 mm f/1,8 ?

Vous appréciez le grand angle ? Vous avez le choix dans la gamme NIKKOR Z entre ce 20 mm, le 24 mm, et les deux zooms cités plus haut. L’avantage va aux focales fixes pour l’ouverture maximale, f/1.8 contre f/2.8 ou f/4 pour les zooms.

Bien qu’un grand angle s’accommode plutôt bien d’une ouverture maximale à f/2.8 ou f/4 (la courte focale favorise la profondeur de champ), ouvrir à f/1.8 c’est gagner en sensibilité quand la lumière manque, 3.200 ISO au lieu de 12.800 ISO par exemple.

Même à 20 mm, la grande ouverture f/1.8 permet de gérer un joli flou d’arrière-plan, ce qui n’est pas pour me déplaire en photo de paysage.

Lors de ce test NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S, je me suis surpris à l’utiliser en pleine lumière à pleine ouverture, pour séparer premier plan et arrière-plan, en étant très proche du premier plan, ce que ne permet pas aussi bien le 24 mm, ces 4 mm là sont importants.

Exemple de photo avec le NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S pour hybride Nikon

Test NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S : 1/500 sec. – f/4 – ISO 320

Qualité de construction

Je ne serai pas très original en disant que ce NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S est construit comme … les autres NIKKOR Z. La présentation est la même, un fût noir, très sobre, une bague très large, des joints d’étanchéité partout où c’est possible, c’est du sérieux comme Nikon sait le faire. Amateurs de fantaisie en matière de design, passez votre chemin.

Rappelons que la bague est multifonction, elle peut servir à régler la mise au point comme l’ouverture, la correction d’exposition ou n’importe lequel des réglages accessibles dans le menu du boîtier. J’ai opté pour la correction d’exposition depuis que j’utilise un Nikon Z, c’est rapide et précis.

Les filtres compatibles doivent mesurer 77 mm de diamètre, comme sur la version AF-S. Le système de fixation du pare-soleil (livré) est sans reproche, il sera utile dès que vous photographiez avec une lumière latérale importante.

Test NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S

Prise en main, stabilisation  et autofocus

Lors de ce test NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S, j’ai eu maintes fois l’occasion de vérifier que cette focale fixe se comporte de l’exacte même façon que ses camarades de la gamme Z. Une main sous l’objectif, deux doigts pour tourner la bague (sans butée), c’est précis rapide et fiable. Si vous utilisez déjà une autre focale fixe NIKKOR Z, vous en arriverez à les confondre tant elles sont semblables à tous points de vue (à la focale près …). Seul le monstrueux NIKKOR Z 58 mm f/0.95 S demande plus de soin, le NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S demande lui un dos musclé, mais sa prise en main est semblable à celle des f/1.8.

Photo d'église en intérieur Nikon Z

Test NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S : 1/4 sec. – f/10 – ISO 3.200

La stabilisation du capteur autorise des temps de pose de l’ordre de 1/4 sec. de seconde, la longueur de l’objectif permet de bien le stabiliser aussi, l’ensemble s’avère très joueur en basse lumière.

Et l’autofocus ? Je l’ai trouvé aussi rapide et précis que sur les autres NIKKOR Z, il demande la prudence habituelle en grand angle, savoir choisir avec soin la zone sur laquelle vous faites la mise au point, les grandes zones peu contrastées (ciel, premier plan) pouvant tromper l’autofocus en mode AF automatique.

Exemple de photo avec le NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S pour hybride Nikon

Test NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S : 1/500 sec. – f/8 – ISO 180

Performances optiques : pique, homogénéité et flare

A pleine ouverture f/1.8, le centre comme la périphérie de l’image sont déjà très bons, comme l’est le 24 mm. A f/2,8 l’ensemble est étonnant de précision, sans distorsion visible et à partir de f/5 c’est exceptionnel y compris en périphérie. Ce 20 mm f/1.8 rejoint le 24 mm f/1.8 dans le clan des grand angles très performants, dès la pleine ouverture, un réel atout en basse lumière. La concurrence (qui tarde à venir) n’a qu’à bien se tenir.

Exemple de photo avec le NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S pour hybride Nikon

Test NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S : 1/500 sec. – f/5.6 – ISO 360 

Le  flare et les contre-jours sont en bonne partie éliminés grâce au traitement nanocristal, vous pourrez toutefois en jouer pour produire des images atypiques, c’est aussi l’intérêt de ce 20 mm.

Exemple de photo avec le NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S pour hybride Nikon

Test NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S : 1/500 sec. – f/16 – ISO 3.200

Test NIKKOR Z 20 mm, performances optiques : déformation et distorsion

Un grand angle ça déforme les images, coussin, barillet, tout ça … Sauf que … Pas celui-ci. J’ai fait un reportage sur un chantier avec, et me suis amusé à jouer avec certaines grilles pour réaliser que c’est bon, très bon même quand il s’agit de restituer des images exemptes de toute déformation.

Ce NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S est parfaitement corrigé, tout est droit. Le seul problème, comme avec le 24 mm, c’est vous. A 20 mm l’horizon a très vite fait de pencher, et vous ne le verrez pas forcément dans le viseur. Soyez très délicat avec le déclencheur, un appui trop important fait souvent pencher la photo.

Exemple de photo avec le NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S pour hybride Nikon

Test NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S : 1/500 sec. – f/16 – ISO 640

Performances optiques : rendu des couleurs, aberrations chromatiques et vignettage

Je ne m’attarde pas sur le rendu des couleurs, les Picture Control Nikon le définissent, et ce 20 mm se comporte comme les autres NIKKOR Z. C’est neutre. Presque trop d’ailleurs si vous cherchez des optiques au caractère plus affirmé. Les adeptes du paysage et de l’architecture apprécieront cette neutralité par contre, la base de travail en RAW est excellente.

Reste la question des aberrations chromatiques. J’avoue avoir du vérifier à plusieurs reprises. Avec, sans, JPG, RAW, le verdict est le même dans chaque cas : je cherche toujours les aberrations chromatiques.

Je ne dis pas que ce 20 mm en est exempt, dans l’absolu aucun objectif ne l’est, mais il vous faudra chercher l’exemple qui vous prouve le contraire pour voir ces aberrations. Si vous photographiez plutôt que de jouer avec un banc optique, vous ne verrez rien.

Exemple de photo avec le NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S pour hybride Nikon

Test NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S : 1/500 sec. – f/11 – ISO 1.100

Je vous rappelle que les corrections des aberrations chromatiques sont faites par le boîtier avec les Nikon Z,  et s’avèrent la plupart du temps meilleures que celles que vous obtenez en traitement manuel dans votre logiciel favori. Gagnez du temps, laissez faire le boîtier.

Finissons par le vignettage. Il est bien visible à f/1.8 et disparait à partir de f/4. Une précision toutefois : la correction du vignettage est portée par le fichier sur les Nikon Z. Si vous faites du JPG vous n’avez pas à vous en soucier, les photos sont corrigées. Si vous faites du RAW, votre logiciel doit savoir lire les profils du boîtier sans quoi vous verrez le vignettage et devrez le corriger. Nikon NX Studio sait lire les profils, Lightroom aussi, vérifiez si votre logiciel sait le faire avant de corriger ce défaut manuellement.

Exemple de photo avec le NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S pour hybride Nikon

Test NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S : 1/3.200 sec. – f/1.8 – ISO 100

Rendu optique : profondeur de champ

Le bokeh sur un 20 mm ? Tu parles …  Justement, parlons-en, car le diaphragme circulaire à 9 lames de ce NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S fait très bien le travail qu’on lui demande. C’est subjectif, mais je trouve le flou d’arrière plan doux, sobre, progressif, et au final très agréable. Je me suis surpris à jouer plus que de coutume avec la pleine ouverture pour cette raison.

Exemple de photo avec le NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S pour hybride Nikon

Test NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S : 1/5.000 sec. – f/1.8 – ISO 100

Test NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S: à qui s’adresse cet objectif ?

Le NIKKOR  Z 20 mm f/1,8 S peut vous intéresser si :

  • vous souhaitez un 20 mm plus lumineux que les zooms grand angle,
  • vous cherchez un grand angle très bien corrigé pour du reportage, de l’architecture et du paysage,
  • vous souhaitez compléter votre NIKKOR Z 35 ou 50 mm f/1,8 S,
  • vous souhaitez un équipement 100 % NIKKOR Z sans passer par la bague FTZ,
  • vous souhaitez un équivalent 30 mm f/1,8 pour votre Nikon Z APS-C.

Le NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S va moins vous intéresser si :

  • vous avez besoin d’un grand angle compact (préférez alors le zoom 14-30 mm),
  • vous espérez une version f/1,4 (qui n’est pas prévue).

Toutes les photos de ce test sont en pleine définition sur le compte Flickr Nikon Passion, cliquez sur la photo ci-dessous :

Test NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S

Test NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S : 1/250 sec. – f/1.8 – ISO 100

Test NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S : ma conclusion

Les focales fixes NIKKOR Z de la série S sont encombrantes, lourdes et chères ? Oui, mais leurs prestations sont largement supérieures à celles des objectifs en monture F, qu’il s’agisse des Nikon comme des Sigma ou des Tamron.

Ce test NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S confirme que ce grand angle propose un niveau de performances jamais atteint dans la gamme F, en ligne avec les performances des autres NIKKOR Z fixes. De plus son rendu « NIKKOR Z  » en fera le compagnon idéal des 24, 35, 50 et 85 mm, les photos faites avec l’un ou l’autre ne jureront pas dans une série.

Ce NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S vous offre la possibilité de photographier en grand angle en basse lumière, il complètera ainsi votre zoom 14-30, 14-24 ou même 24-70 mm. Le très angle de champ vous donnera au passage des perspectives attirantes.

Exemple de photo avec le NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S pour hybride Nikon

Test NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S : 1/500 sec. – f/5 – ISO 200

Sur un Nikon Z à capteur APS-C , ce NIKKOR Z 20 mm f/1,8 S devient un équivalent 30 mm. L’objectif reste par contre imposant sur un hybride Nikon APS-C, c’est à considérer au moment de l’achat.

En savoir plus sur la gamme Nikon NIKKOR Z sur le site Nikon.

cet objectif au meilleur prix chez Miss Numerique …


Comment calibrer un écran, gérer la couleur et les profils ICC en photo numérique

Vos photos imprimées n’ont pas le même rendu qu’à l’écran ? Ce que vous voyez sur l’écran de votre appareil photo diffère de ce que vous voyez sur l’écran de votre ordinateur ? Vous devez savoir comment calibrer un écran d’ordinateur, gérer les couleurs et créer un profil ICC personnalisé.

Gestion des couleurs et profils ICC en photo numérique

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Gestion des couleurs et profil ICC, comment ça marche ?

La photographie numérique s’est démocratisée et touche la plupart des photographes amateurs comme professionnels. Vous accordez plus que jamais une part importante à vos photos, à vos souvenirs, à vos tirages papier. Cependant, vous négligez trop souvent encore une notion fondamentale en photographie : la gestion de la couleur.

En photographie argentique, la gestion de la couleur est réservée aux professionnels : les pros du labo argentique qui développent eux même leurs photos dans leur chambre noire, ou les laboratoires professionnels. Il suffit de choisir le film qui vous satisfait et le reste se fait au labo. En photo  numérique, la gestion de la couleur diffère, vous devez savoir faire pour choisir les bons réglages sur votre appareil photo et lors du post-traitement.

la gestion des couleurs et les profils ICC dans la chaine de calibration numérique

la chaine numérique, la gestion des couleurs et le choix du profil ICC en photographie

Savez vous qu’un appareil photo, un écran, une tablette, un smartphone et même une imprimante n’interprètent pas les couleurs de la même manière ? N’avez vous jamais remarqué une différence entre l’affichage sur l’écran de votre appareil photo et l’affichage de cette même photo sur votre écran d’ordinateur ? Ou sur différents écrans d’ordinateur ? Ou en recevant votre tirage ?

Cette chaîne photographique doit être calibrée afin que le rendu des couleurs sur le support final, tirage ou impression écran, soit fidèle à ce que vous en attendez et identique d’un dispositif à l’autre. La calibration vous permet de ne plus avoir de mauvaises surprises lors du post-traitement ou des impressions jet d’encre (voir le dossier Tout savoir sur l’impression des photos numériques).

Les espaces de travail

La différence d’interprétation entre l’appareil photo, l’écran ou l’imprimante s’explique par le fait que tous ces dispositifs utilisent des espaces de travail différents.

Le modèle RVB

L’espace RVB – Rouge, Vert, Bleu – ou RGB en anglais est un format de codage des couleurs issues d’une source lumineuse en synthèse additive. Cet espace s’inspire du fonctionnement de l’œil humain et de la décomposition en trois types de cônes (rouge, vert et bleu) présent dans nos yeux.

Rouge, vert et bleu sont les couleurs primaires du RVB. Lorsque vous les mélangez entre elles, vous obtenez de nouvelles couleurs dites couleurs secondaires :

  • magenta = rouge + bleu
  • cyan = bleu + vert
  • jaune = rouge + vert

L’addition (d’où le terme synthèse additive) du rouge, du vert et du bleu donne du blanc. Il est facile de tester cet espace en utilisant des torches de couleur. Utilisez par exemple une torche rouge et une torche bleu : si les faisceaux se recoupent, vous obtiendrez la lumière « magenta ».

Le modèle RVB est capable de reproduire toutes les couleurs du spectre visible par l’œil humain. Cependant, un appareil photo ou un écran ne peuvent restituer qu’un sous-ensemble de ce modèle. Les deux principaux espaces utilisés en photo numérique sont l’espace sRVB et l’espace Adobe RVB.

Espaces Adobe RGB vs sRGB

L’espace sRVB est un espace proposé par HP et Microsoft en 1996. Il concerne les écrans les plus utilisés en informatique.

L’espace Adobe RGB est un espace proposé par Adobe en 1998. C’est un espace de couleur plus large que l’espace RVB et plus adapté lors des impressions. Cependant tous les écrans ne sont pas capables d’utiliser cet espace de couleur.

Le modèle CMJN

Le modèle RVB est un modèle de couleurs lumineuses. Il ne peut donc pas s’appliquer pour des imprimantes qui utilisent de l’encre et non de la lumière. Pour les imprimantes, un autre modèle de couleur existe : le CMJN – Cyan, Magenta, Jaune et Noir – ou CMYK en anglais.

L’objectif est de reproduire un large spectre de couleurs en synthèse soustractive. L’absence de ces quatre couleurs donne du blanc alors que le mélange de cyan, magenta et jaune donne du noir.

La couleur Noir a cependant était ajoutée au modèle pour accentuer les nuances de gris, pour permettre de mieux contraster les photographies, mais aussi pour des raisons de coûts à l’impression.

Le profil ICC

La différence de couleur entre vos différents dispositifs peut s’expliquer par le fait qu’ils utilisent tous des espaces de couleurs différents. Cependant, d’autres facteurs entrent en jeu, comme la vétusté du matériel, sa marque, l’encre et le papier utilisé.

Afin d’assurer une reproduction fidèle des couleurs sur tous les appareils de la chaîne graphique, les fabricants proposent des profils ICC.

Un profil ICC sert à décrire les caractéristiques d’enregistrement et d’affichage des couleurs d’un périphérique et à composer ses erreurs dans la reproduction des couleurs.
– Andreas Kunert – Color Management in digital photography, 2004

Le profil ICC permet d’établir une description précise de l’appareil concerné et de sa capacité à reproduire les couleurs. En calibrant et en établissant un profil ICC pour votre matériel (écran, imprimante), vous pouvez corriger les divers défauts et interprétations de ce dernier.

Comment choisir le bon profil ICC

En photographie, il est important de calibrer l’ensemble de la chaîne de l’image, à commencer par l’écran de l’ordinateur. Il peut être intéressant par la suite de calibrer votre appareil photo ou votre imprimante si vous imprimez chez vous. Cependant la base, afin de travailler dans de bonnes conditions, est de calibrer votre écran de post-traitement et de visualisation des photographies.

Comment calibrer un écran pour la photo

Certains photographes calibrent leur écran « à l’œil ». Ils observent une photo, changent quelques réglages sur l’écran et considèrent que ce sera bon pour les autres photos. Ce n’est pas la meilleure façon de calibrer.

Votre œil n’a pas la possibilité d’analyser les millions de couleurs que votre écran affiche, d’en déduire les écarts, couleur par couleur, avec une image de référence, et de générer un profil de réglage adapté à la luminosité ambiante.

La sonde de calibration

Seule une sonde de calibration avec son capteur spécialisé et son logiciel dédié peuvent donner un résultat correct quand il s’agit de calibrer votre écran sérieusement.

En calibrant un écran avec un simple logiciel sans sonde, la calibration se fait sur des couleurs « théoriquement » affichées à l’écran. La calibration est incomplète et souvent fausse. Vous n’obtenez pas le bon profil ICC.

Calibrer un écran avec une sonde vous permet de mesurer la couleur réellement affichée à l’écran, couleur par couleur. La sonde de calibration est un instrument placé sur votre écran qui va mesurer une suite d’échantillons colorés et bâtir un profil de correction adapté à votre écran, et non générique. Seule la sonde de calibration permet de calibrer un écran de façon automatique.

Si vous avez investi dans un appareil photo expert, un logiciel de post-traitement, un écran et quelques autres accessoires, il est dommage de vous passer de l’élément indispensable dans votre chaîne graphique d’autant plus que les premiers modèles de sonde avec logiciel dédié valent moins de 200 euros.

La sonde de calibration SpyderX de Datacolor, par exemple, permet de faire une calibration précise. Différents modèles de sondes sont disponibles selon vos besoins :

  • certaines permettent de calibrer votre écran de façon simple pour des usages amateurs,
  • d’autres offrent des fonctionnalités expertes pour les professionnels de la photo et de la vidéo,
  • d’autres encore permettent de calibrer un double écran.

sonde de calibration Spyder Datacolor

une sonde de calibration posée sur la surface de l’écran et le logiciel associé

Sonde de calibration : location ou achat ?

Vous envisagez de louer une sonde de calibration – ou de l’emprunter – parce que c’est moins coûteux que de l’acheter ? C’est un mauvais calcul.

Louer une sonde coûte environ 30 euros par jour, mais tenez compte du fait qu’il vous faudra faire une recalibration régulière. Si vous calibrez six fois par an (tous les 60 jours) vous allez vite dépenser plus en location que le prix d’une sonde neuve.

Pour calibrer votre écran il faut aussi installer le logiciel qui accompagne la sonde. Certains réclament un numéro de série, qu’il faut changer avec chaque sonde.

Enfin les sondes récentes savent tenir compte de la lumière ambiante de la pièce pour ajuster en temps réel les réglages, c’est un avantage si la lumière dans la pièce varie (par exemple entre le matin et le soir). Cela suppose de laisser la sonde connectée en permanence et exclut la possibilité de la louer.

Calibrer un écran, la procédure

Calibrer un écran prend une dizaine de minutes et permet de vous assurer que les couleurs affichées sur cet écran, et donc prises en compte lors du post-traitement, sont les bonnes. La sonde et le logiciel de calibration associé offrent des fonctionnalités d’analyse avancées pour vérifier par exemple l’uniformité du rendu lumineux de votre écran.

En fin de calibration, la sonde génère un profil ICC et l’enregistre sur votre ordinateur. Ce profil est ensuite utilisé par défaut avec votre écran afin de vous donner le rendu colorimétrique adapté.

Attention : calibrer une fois pour toutes votre écran ne suffit pas. Vous devez vérifier la calibration et l’ajuster au besoin une fois par mois environ pour maintenir température des couleurs et équilibre colorimétrique.

La première calibration est toujours plus longue, il faut créer le profil. Les suivantes sont plus rapides, la sonde va mesurer l’écart uniquement. Vous pouvez aussi refaire une calibration complète chaque année, par exemple, si vous êtes très pointilleux ou selon les photos que vous faites (la reproduction d’œuvres d’art ou la photo de paysage sont plus exigeantes en matière de colorimétrie).

Vous constaterez peu d’écart entre deux calibrations faites à 60 jours d’intervalle, voire aucun. Mais c’est une bonne habitude à prendre pour avoir toujours un rendu identique. Sachez que le matériel électronique varie dans le temps, les écrans en particulier, et le rendu des couleurs avec.

Comment calibrer son écran photo

les 3 types de calibration disponibles (ici Datacolor SpyderUtility)

Faites une nouvelle calibration complète si vous changez la carte graphique de votre ordinateur, celle-ci a un fort impact sur le rendu final. Ou si vous faites une mise à jour majeure de votre système d’exploitation.

Attention au temps de chauffe de l’écran

Ne lancez pas une calibration alors que vous venez d’allumer votre écran. Les écrans plats sont moins sensibles que les tubes CRT de la génération précédente mais il leur faut un temps de chauffe pour se stabiliser.

Comment calibrer son écran photo

le logiciel de calibration vous donne les indications nécessaires

Comptez 30 minutes avant de calibrer, la plupart des logiciels vous le rappellent mais mieux vaut le savoir.

Calibrer plusieurs écrans avec une même sonde ?

Il est possible de calibrer plusieurs écrans avec une seule sonde. Il suffit de vous assurer au préalable que la licence du logiciel le permet, puis d’installer ce logiciel sur chaque ordinateur concerné. Attention la licence est généralement attribuée à une personne unique, elle ne se partage pas entre amis ou membres de Club photos …

Comment calibrer son écran photo

certains logiciels (ici Datacolor SpyderUtility) vous permettent de calibrer tous les écrans connectés à votre ordinateur

Une fois le logiciel installé, il vous suffit de connecter et déconnecter la sonde pour calibrer l’écran concerné. Si vous avez connecté plusieurs écrans au même ordinateur vous pouvez les calibrer un par un sans déconnecter la sonde. Voire même synchroniser les calibrations pour que le rendu soit parfaitement identique sur chaque écran.

Calibrer l’écran d’un ordinateur portable ?

Vous utilisez un ordinateur portable pour traiter vos photos en voyage, en vacances. Pour que ces traitements soient pertinents l’écran de cet ordinateur doit aussi être calibré.

Comment calibrer son écran photo

choix du type d’ordinateur et d’écran à calibrer

Les écrans de portables sont souvent difficiles à calibrer car leurs dalles sont de qualité variables. Certains portables ont des écrans peu homogènes, avec un luminosité différente entre le haut et le bas de l’écran. D’autres présentent un vignettage important dans les coins.

Utilisez votre sonde et son logiciel pour calibrer cet écran en indiquant bien au logiciel qu’il s’agit d’un écran de portable. Les logiciels experts savent faire la différence et adopter des réglages qui vous donneront de meilleurs résultats. Les versions les plus avancées des logiciels permettent de contrôler l’uniformité de l’écran et d’en tenir compte pour la calibration.

Calibrer les écrans de tablettes ?

Vous montrez vos photos sur une tablette ? Comme tout appareil de reproduction, celle-ci doit rendre les couleurs tel que vous l’attendez. Le principal défaut des tablettes est d’avoir un écran très lumineux.

Il convient – d’en l’absolu – de calibrer ces écrans aussi. Certaines sondes le permettent mais cette technologie n’est pas vraiment répandue et s’avère assez contraignante puisqu’il faut passer par une application de type visionneuse afin de bénéficier de l’étalonnage.

Si vous n’avez pas de besoin particulier en matière de colorimétrie, vous pouvez vous passer de calibration sur votre tablette. Je vous recommande toutefois de baisser la luminosité de l’écran (les écrans Retina iPad par exemple) car ils sont très lumineux par défaut.

Attention aux réglages avancés tel que le réglage Night Shift sur iPad. Ce réglage change la colorimétrie de l’écran aux heures choisies et donne un rendu très chaud inadéquat pour une bonne reproduction des couleurs. Désactivez-le avant de montrer vos photos.

Calibrer pour l’écran ou le tirage papier ?

Vous faites des tirages papier et vous montrez vos photos sur écran ou tablette ? Ne cherchez pas à faire deux calibrations différentes, vous allez vous compliquer la vie et risquer de mélanger l’une et l’autre.

Je vous recommande de faire une seule calibration, de référence, et d’adapter ensuite le rendu des images selon l’écran :

  • pour les tablettes pensez que leurs écrans sont déjà très lumineux, n’en rajoutez pas au traitement,
  • pour les tirages utilisez l’épreuvage dans votre logiciel pour simuler le rendu selon le profil donné par le labo si c’est le cas.

Faire plusieurs profils ICC selon l’heure à laquelle vous traitez vos photos ?

Certains photographes pensent qu’il faut changer le profil de calibration entre le matin et le soir parce que la lumière dans la pièce varie. La lumière a bien sûr une importance pour le rendu des couleurs, mais il existe une façon simple de gérer cela.

Comment calibrer son écran photo : questions - réponses et conseils

le logiciel Datacolor SpyderUtility mesure la luminosité de la pièce avec la sonde en tâche de fond

Laissez la sonde le faire pour vous : certaines mesurent en permanence la luminosité dans la pièce. Ainsi, quelle que soit l’heure et la quantité de lumière vous avez toujours le bon profil.

Attention toutefois à ne pas aller au-delà de certaines limites : si le soleil ou une lampe frappe votre écran directement vous aurez du mal à avoir de bons résultats. Certains écrans peuvent être équipés d’une casquette de protection qui fait aussi office de protection anti-reflet (vous pouvez en fabriquer une facilement).

Comment orienter l’écran pour le calibrer

Quand vous lancez la calibration peu importe la position de l’écran. Positionnez la sonde tel que demandé par le logiciel et laissez-vous guider.

Une fois que vous utilisez votre écran, laissez-le le plus droit possible face à vous (idéalement à 90° par rapport à votre axe de vision). Si vous l’inclinez trop vous pouvez avoir des reflets ou des variations d’éclairage. C’est particulièrement vrai pour les écrans de portable qui ne donnent pas le même rendu selon leur inclinaison.

Problèmes de rendu des couleurs dans le temps ?

Vous constatez des différences de rendu sur vos tirages au bout de quelques années ? Si vous avez correctement calibré votre écran pensez à renouveler votre sonde car elle a peut-être vieilli.

Comment calibrer son écran photo

la sonde Datacolor Spyder 5 et le précédent modèle Spyder 4
notez le capot de protection des détecteurs sur la Spyder5 qui évite le vieillissement prématuré du capteur

Le matériau qui compose le filtre de la sonde est souvent en matière synthétique et ne transmet plus la lumière de l’écran de la même façon au bout de quelques années. Il n’y a pas de norme, cela dépend de la sonde, des conditions d’utilisation, des conditions d’humidité et de température dans la pièce …

Une sonde a une durée de vie de quelques années, mais si la vôtre a déjà 5 à 6 ans dites-vous qu’il est probablement temps d’en changer. Certaines sondes professionnelles sont plus résistantes car leurs filtres sont en verre. Leurs tarifs sont plus élevés par contre.

Savoir calibrer son écran est une condition pour obtenir le bon rendu des couleurs à l’affichage et au tirage. Si l’affichage n’est pas bon vous risquez en effet de mal équilibrer le fichier qui ne sortira pas correctement au tirage.

Calibrer un écran, en résumé

La calibration d’un écran reste simple à effectuer avec les sondes actuelles, leurs logiciels sont pourvus d’assistants qui vous guident pas à pas. Les utilisateurs les plus experts peuvent profiter des réglages avancés des mêmes logiciels pour affiner leur calibration ou créer différents profils selon leurs besoins.

Pour en savoir plus sur la gestion des couleurs, je vous invite à consulter le site d’Arnaud Frich, l’expert français du sujet.

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Comment choisir un objectif à focale fixe ? Tout ce qu’il faut savoir et un exercice simple

Avec l’arrivée sur le marché ces dernières années de zooms polyvalents et performants, vous avez peut-être délaissé les objectifs à focale fixe. Pourtant ils présentent des avantages indéniables en matière de qualité d’image, de luminosité ou de taille. Encore faut-il savoir lequel acheter, voici tout ce qu’il faut savoir pour faire le bon choix.

Note : pour aller plus loin, découvrez le guide complet 2025 pour choisir un objectif NIKKOR Z adapté à votre hybride Nikon.

Comment choisir un objectif à focale fixe ? Méthode et astuces

Tous les objectifs à focale fixe pour Nikon chez Miss Numerique

Pourquoi choisir un objectif à focale fixe ?

Investir dans un objectif à focale fixe, c’est profiter des avantages de :

  • une ouverture maximale supérieure – f/1.8 par exemple
  • une plus grande qualité d’image face aux zooms de kit
  • plus de discrétion grâce à une plus grande compacité
  • un poids réduit
  • un tarif attractif en occasion

De plus un objectif à focale fixe vous force à « zoomer avec vos pieds » : bouger, chercher le bon cadre, la bonne composition, sans vous contenter de tourner la bague de zoom. C’est très formateur, et indispensable pour développer votre créativité et l’approche de vos sujets.

Objectif à focale fixe Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD

Nikon D850 et Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD

Parmi les focales fixes généralistes, le 35 mm (voir pourquoi investir dans un 35mm) et le 50 mm (voir pourquoi investir aussi dans un 50mm) sont les plus courantes (rapportées au format 24 x 36). Mais il est probable que vous ayez d’autres besoins non couverts par ces deux seules focales.

Voici quelques conseils pour trouver la focale qui vous convient et faire le bon choix.

Comment choisir un objectif à focale fixe : la focale

A la prise de vue

Choisissez votre zoom préféré si vous en avez plusieurs et fixez-vous une focale précise, par exemple 85 mm, 105 mm ou 24 mm. Forcez-vous à n’utiliser que cette focale pendant plusieurs séances et bougez, changez vos habitudes de prise de vue en tournant autour de votre sujet.

Ne touchez pas à la bague de zoom ! Photographiez des sujets connus, des lieux déjà couverts de façon à voir si cet usage particulier vous convient.

Faites la même chose ensuite avec une autre focale. Si vous avez bloqué votre zoom sur 85 mm, essayez le 105 mm. Si c’était 24 mm, essayez le 35 mm. Ayez toujours en tête que vous ne pourrez plus faire varier la focale pendant l’exercice (et après l’achat de l’objectif à focale fixe équivalente à fortiori), il faut donc vraiment tester différentes valeurs, même proches.

Nikon Z 7 et NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S, un objectif à focale fixe

Nikon Z 7 et NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S

Après la prise de vue

Faites le point après plusieurs séances. Quelle focale appréciez-vous le plus ? Quelle est celle qui vous donne le sentiment de correspondre à vos envies, qui vous donne les photos attendues, qui ne vous limite pas dans vos compositions et cadrages ?

Dans le doute, faites une nouvelle séance avec les deux focales qui vous semblent en concurrence !

Astuce logicielle

Une autre façon de savoir quel objectif à focale fixe utiliser si vous n’aviez que des zooms jusqu’ici, c’est de regarder les photos que vous avez déjà prises, et de noter quelles sont les distances focales les plus utilisées.

Comment afficher la distance focale dans Lightroom

Affichage des distances focales dans Lightroom Classic

Si vous avez pris la bonne habitude de classer vos photos avec un logiciel capable de les cataloguer, il est très simple d’avoir la réponse. Dans Lightroom Classic par exemple, cliquez sur le dossier racine de votre catalogue, puis filtrez l’affichage en fonction de la focale. Le logiciel vous donne automatiquement le nombre de photos prises avec chaque valeur de focale, qu’il s’agisse de zooms ou pas.

Lisez aussi ces articles qui traitent de focales bien précises :

Focales fixes : avantages et inconvénients

Pour choisir un objectif à focale fixe, vous devez tenir compte de vos envies. Quelles photos voulez-vous faire ? Avec quels sujets ? A quelle distance ? Dans quelles conditions de luminosité ?

Voici des critères complémentaires mettant en évidence les avantages et les inconvénients de chaque choix :

1. Focale fixe grand-angle (28 mm en plein format, 18 mm en APS-C)

Avantages : vous pouvez faire des photos avec une distorsion minimale, une grande profondeur de champ ou un très faible.

Inconvénients : ces focales fixes peuvent nécessiter de se rapprocher du sujet au premier plan, elles sont moins adaptées aux portraits traditionnels.

2. Focale fixe standard (50 mm en plein format, 35 mm en APS-C)

Avantages : le rendu est naturel, cette focale convient pour les portraits, elle permet une faible profondeur de champ pour un flou d’arrière-plan esthétique, c’est un des plus polyvalentes dans de nombreuses situations.

Inconvénients : vous devez accepter de vous déplacer pour cadrer correctement, cette focale est moins adaptée aux sujets éloignés.

3. Focale fixe téléobjectif (85 mm ou plus en plein format, 60 mm en APS-C)

Avantages : le téléobjectif permet de capturer des sujets distants avec des détails précis, l’effet de compression de la perspective est un atout visuel, ces focales sont idéales pour la photographie animalière et sportive.

Inconvénients : ces objectifs sont plus encombrants, leur poids est plus important, leur tarif plus élevé, la distance minimale de mise au point est plus longue.

4. Focale fixe macro

Avantages : les focales fixes macro sont les seules capables de restituer la richesse de détails en photo rapprochée, les zooms macro n’étant jamais de vraies optiques macro. De plus les focales fixes macro restent utilisables pour d’autres types de photographie.

Inconvénients : la distance de mise au point minimale est très courte, ces objectifs peuvent donner des portraits trop détaillés dans lesquels tous les défauts de peau apparaissent.

5. Focale fixe fisheye

Avantages : leur champ de vision extrêmement large provoque un effet de distorsion créatif, ces focales peuvent vous aider à crer des photos inédites. Elles servent aussi souvent à la photo sous-marine, annulant l’effet de distorsion provoqué par l’eau et la surface du coffret étanche de protection.

Inconvénients : la distorsion et la courbure d’image sont importantes, ces focales fixes sont peu adaptées aux situations nécessitant une représentation précise de la réalité.

6. Focale fixe et portrait

Avantages : les focales fixes à portrait offrent un rendu flatteur des visages, leur faible profondeur de champ liée à leur grande ouverture permet un bokeh agréable.

Inconvénients : la focale fixe utilisée pour le portait peut limiter les possibilités de cadrage, et nécessiter parfois un recul important dans les petits espaces.

7. Focale fixe pour la photographie de rue

Avantages : c’est LE type d’objectif à utiliser, en courte focale (28, 35 ou 50 mm), ces focales fixes sont discrètes, légères, la mise au point est rapide, elles permettent la capture d’instants décisifs en toute discrétion.

Inconvénients : souvent des courtes focales, elles nécessitent d’être proche du sujet pour les plans serrés et les portraits de rue.

8. Focale fixe pour les paysages

Avantages : elles autorisent une grande netteté sur toute l’image, avec une distorsion minimale, une mise au point rapide.

Inconvénients : ces focales fixes souvent grand angle peuvent nécessiter des objectifs complémentaires pour des plans plus serrés.

9. Focale fixe pour la photographie en basse lumière

Avantages : l’ouverture maximale généreuse des focales fixes permet de photographier dans des conditions de faible luminosité,, en soirée comme la nuit, en intérieur comme en extérieur, avec une meilleure qualité d’image que les zooms entrée de gamme ou kit.

Inconvénients : selon les modèles, le tarif peut être élevé (par ex. f/1.4 ou f/1.2), le poids et l’encombrement plus important, il faut tenir compte de la très faible profondeur de champ à pleine ouverture f/14 ou f/1.2 qui peut générer des erreur de mise au point.

Le moment du choix

Faites votre choix ! Vous devez avoir tous les éléments en main pour savoir quelles sont les deux ou trois focales qui vous correspondent le plus. Il vous suffit de vous mettre en quête de l’objectif correspondant en prenant soin de choisir un modèle compatible avec votre boîtier.

Les hybrides Nikon supposent l’utilisation des objectifs à focale fixe de la gamme NIKKOR Z (voir la liste).

Les focales fixes de la gamme reflex NIKKOR AF-S et AF-P conservent l’autofocus avec la bague Nikon FTZ. Attention aux focales fixes Nikon AF, AF-, AI et AI-S qui n’offrent pas l’autofocus sur les Nikon Z.

Les reflex entrée de gamme des séries D3xxx et D5xxx imposent des objectifs Nikon AF-S avec motorisation intégrée (voir la liste sur le site Nikon).

Les reflex experts et pros peuvent utiliser des objectifs avec ou sans motorisation comme les Nikon AF et AF-D. C’est une bonne solution pour trouver le modèle qui vous convient à petit prix car le marché de l’occasion est bien fourni (voir des annonces objectifs sur le site). Lisez aussi cet article pour en savoir plus à propos des reflex.

La focale fixe de vos rêves est arrivée ? Faites vous plaisir, laissez votre zoom de côté et à vous la découverte de nouvelles pratiques !

Tous les objectifs à focale fixe pour Nikon chez Miss Numerique


Comment photographier les fleurs en gros plan avec un joli fond flou coloré

Vous aimeriez savoir comment photographier les fleurs en gros plan avec un joli fond flou ? Voici toutes les étapes du processus, depuis le choix du matériel jusqu’au traitement de l’image, vous allez pouvoir passer à l’action dès aujourd’hui !

Comment photographier les fleurs en gros plan

Ce tutoriel est écrit par Jacques Croizer, déjà à l’origine de plusieurs tutoriels sur Nikon Passion, et auteur d’un guide qui simplifie la technique photo au profit du plaisir de photographier :

Tous photographes, 58 leçons pour réussir vos photos

Vous pouvez télécharger ce tutoriel au format PDF, cliquez sur le lien en fin d’article.

Comment photographier les fleurs en gros plan, la démarche

Il existe mille et une façon de photographier des fleurs : photo d’ambiance, photo en gros plan, macro, fleur isolée, fleurs en bouquet, reflet dans une goutte d’eau … L’objectif de ce tutoriel n’est pas d’en faire un tour d’horizon.

Je m’intéresse ici à une technique particulière : photographier une fleur en gros plan, qui se détache dans une ambiance onirique, comme l’illustre la photo ci-dessous :

Aster (f/4 à 1/1250 s – 50 mm + bague 3 mm) photo (C) J. Croizer

Dans un premier temps je vais revenir sur les éléments techniques pour vous aider à optimiser votre prise de vue. Si ces considérations théoriques vous rebutent, passez directement au paragraphe « Synthèse ».

Le flou d’arrière-plan

Le flou s’étale d’autant plus dans l’image que vous vous éloignez de la zone délimitée par les frontières de la profondeur de champ. Le jeu consiste à garder le sujet entre les deux plans de netteté et à avoir un arrière-plan suffisamment éloigné pour en noyer les détails (voir ce tutoriel pour obtenir « un bokeh bien crémeux »).

Considérez que la dimension de la tache floue sur l’arrière-plan doit être supérieure au centième de la diagonale du capteur pour que le sujet s’en distingue nettement. Un bokeh moelleux nécessite quant à lui une diffusion très supérieure. Sur un appareil photo plein format dont la diagonale du capteur mesure 43 mm, la diffusion devra être d’au moins 3 mm.

Comment photographier les fleurs en gros plan

photographier les fleurs en gros plan – objectif 105 mm – f/3,2
à gauche diffusion : 1 mm – à droite diffusion 3mm

Le diptyque ci-dessus montre l’évolution de l’arrière-plan d’une photo prise avec un objectif de 105 mm monté sur un boitier plein format. La mise au point ne change pas entre les deux photos. Elle est faite sur la fleur, à une distance de 60 cm.

  • à gauche : le fond est à 10 cm du sujet. La diffusion est de l’ordre d’un millimètre. L’arrière-plan apparait encore texturé par les brindilles les plus proches.
  • à droite : le fond est à 40 cm du sujet. La diffusion passe à 3 mm. Les détails de l’arrière-plan sont cette fois noyés dans le flou.

La recherche d’une diffusion maximale sur l’ensemble de l’arrière-plan n’est toutefois pas une fin en soi. La précédente photo de l’aster affiche un premier plan net, un plan intermédiaire texturé et un arrière-plan totalement diffusé.

La diffusion du flou

Le diagramme ci-dessous représente l’évolution de la diffusion du flou pour une focale de 105 mm, en fonction de la distance qui sépare le capteur des premiers éléments de l’arrière-plan. Chaque courbe correspond à une distance de mise au point différente, par pas de 5 cm entre 60 et 85 cm. Le diaphragme est largement ouvert (f/3.2).

Les deux points rouges illustrent le cas particulier des deux précédentes photos. Pour une distance de mise au point à 60 cm, le grandissement est égal à 0,21 : une fleur de 10 cm de haut aura une taille de 2,1 cm sur le capteur. Elle occupera donc 88 % de la hauteur d’un capteur plein format, ce qui est déjà beaucoup par rapport au cadrage recherché. Elle dépassera de plus d’un tiers la hauteur d’un capteur APS-C : il sera dans ce cas préférable de noyer la base de l’image dans un flou d’avant plan afin d’éviter une coupure trop brutale de la tige sur le bord inférieur de l’image.

Diffusion d'un objectif 105 mm selon la distance de mise au point

Diffusion de la tache floue – (C) Tous photographes leçon 23

La fleur occupe un peu trop d’espace par rapport au résultat attendu ?

Première solution : reculer. A 85 cm du sujet, la fleur occupe moins de 60 % de la hauteur du capteur plein format. Le diagramme montre cependant que la diffusion chute fortement. Vous ne pouvez vous éloigner du sujet que si le fond est suffisamment lointain.

Seconde solution : choisir une fleur plus petite ! Plus la fleur est grande et plus la focale utilisée doit être longue pour la noyer dans son arrière-plan.

Le choix de l’objectif

Une focale longue facilite l’obtention d’un bel arrière-plan. Si vous utilisez un zoom type 24-105 mm, privilégiez autant que possible le mode téléobjectif (105 mm). Deux problèmes potentiels peuvent toutefois venir contrarier ce choix :

  • A cadrage identique, vous devez vous reculer si vous utilisez une focale longue. Vous risquez alors d’introduire dans l’avant plan des éléments parasites (brindille, autre fleur, …) qui nuiront au rendu final de l’image.
  • Les zooms ont souvent une ouverture variable : plus la focale est longue et plus le diaphragme se ferme… aux dépends du fondu de l’arrière-plan.

La bague macro

Une longue focale a un angle de champ plus réduit que celui d’un grand angle. Pour un même cadrage du sujet, la portion d’arrière-plan découpée est donc moins importante, ce qui explique sa plus grande diffusion.

Il existe un autre moyen d’arriver à ce résultat : la bague allonge, habituellement utilisée pour la macrophotographie. L’allongement du tirage optique permet de réduire le champ angulaire de la prise de vue (donc augmente la diffusion de la tache floue) mais fait perdre la mise au point à l’infini.

Vous voici face à un nouveau défi : vous devrez vous reculer pour retrouver le cadrage initial, mais serez contraint par la distance maximale de mise au point autorisée. Le tableau suivant résume les possibilités d’un classique 50 mm. L’augmentation du tirage varie de 1 à 10 mm, par pas d’1 mm.

Grandissement avec bague – Objectif 50 mm
cliquez sur le tableau pour le voir en plus grand

Le grandissement (colonnes 2 et 3) est calculé pour une mise au point réglée à sa valeur minimale, puis à l’infini. Ce sont les bornes entre lesquelles sera contraint le cadrage de la photo.

La quatrième colonne donne la distance maximale autorisée lorsque la mise au point est réglée sur l’infini. Plus la distance avec le sujet augmente, plus le risque est important d’avoir un avant-plan très encombré !

Avec une bague de 5 mm et une mise au point à l’infini, le grandissement vaut 0,10. Un sujet de 10 cm de hauteur occupera 42 % de la hauteur d’un capteur plein format, 61 % de celle d’un capteur APS-C et 77 % de celle d’un micro 4/3. Si vous vous approchez du sujet, l’occupation de l’espace sur le capteur sera plus importante, jusqu’à atteindre la mise au point minimale, objet des 3 dernières colonnes du tableau.

NB : les formules appliquées restent théoriques. Elles ne prennent pas en compte la complexité de fabrication des objectifs, constitués de plusieurs groupes mobiles de lentilles. Les résultats sont à considérer comme des ordres de grandeur pour alimenter votre réflexion.

Les objectifs exotiques

Il apparait sur le précédent tableau que la zone dans laquelle vous avez le plus de chance d’obtenir le résultat attendu avec un objectif de 50 mm nécessite d’utiliser une bague allonge de moins de 5 mm. Il ne vous aura pas échappé que ce type de bague n’existe pas pour les montures d’objectifs classiques.

Les amateurs de proxy-photographie de fleurs utilisent souvent de vieux objectifs en monture M42, pour laquelle on trouve des tubes d’extension de 3mm, initialement destinés aux télescopes astronomiques.

L’investissement est minime : le trio gagnant représenté ci-dessous, basé sur l’objectif Helios 58 mm 44-2 et la bague Eysdon T2, vous coutera moins de 50 euros. Les défauts optiques de ces objectifs montés sur des boitiers numériques deviennent des avantages. Ils participent à la création de bokehs originaux. L’Helios 44-2 est ainsi réputé pour son bokeh tournant.

Bague allonge macro comment utiliser

photographier les fleurs en gros plan, un trio gagnant :
bague d’adaptation + Bague allonge 3 mm + objectif M42

Pour des focales plus longues, vous pourrez utiliser des bagues plus longues, disponibles cette fois pour toutes les montures.

Photographier les fleurs en gros plan : synthèse

L’analyse théorique a démontré que la recherche des paramètres optimaux de la prise de vue tenait de l’exercice d’équilibriste. Si elle permet de mieux connaitre votre matériel, il est clair que l’expérience sur le terrain reste la meilleure conseillère… pour peu que vous preniez la peine d’analyser les exigences liées à chaque photo, ainsi que la réponse apportée à chaque situation.

Retenez les points suivants :

  • Une focale longue permet de fondre plus facilement le bokeh. Le simulateur de profondeur de champ dofsimulator illustre ce constat. Utilisez le mode avancé pour pouvoir jouer sur l’éloignement du fond.
  • Plus la taille du sujet est importante et plus l’arrière-plan doit-être éloigné. L’utilisation d’une focale longue facilite la prise de vue, au risque d’introduire des éléments perturbateurs dans l’avant-plan. Sachez en jouer !
  • Certains vieux objectifs en monture M42 permettent, à peu de frais, de s’ouvrir de nouvelles possibilités.
  • Un changement minime dans la configuration peut largement modifier le résultat.

Il convient donc d’être patient et de ne pas oublier la principale règle d’un bokeh réussi : ouvrez le diaphragme, mais pas forcément au maximum des possibilités de l’objectif. Choisissez sa valeur en fonction de la distance qui sépare l’arrière-plan du sujet, afin de garantir la netteté de ce dernier sans pour autant nuire au moelleux de l’arrière-plan.

Le choix de la fleur

Toutes les fleurs permettent en théorie d’atteindre l’objectif fixé. Dans la pratique, il est beaucoup plus facile de réussir ce type d’image avec des petits gabarits qu’avec des grosses fleurs.

La raison de ce constat est simple : plus la plante prend de place et plus vous devez vous reculer (à focale identique) pour obtenir le cadrage attendu. En contrepartie, plus la distance de mise au point augmente et plus le bokeh se texture.

La fleur ne doit cependant pas être trop petite car si sa corolle ne dépasse pas des herbes, il sera impossible de l’avoir nette dans un environnement flou.

Mon choix s’est porté sur l’anémone des bois. Sa corolle aux formes fragiles est bien dégagée. Ses feuilles, composées de plusieurs folioles, peuvent constituer un premier plan très graphique. Elle mesure couramment une dizaine de centimètres, mais peut en atteindre trois fois plus. Intéressez-vous aux plus petits spécimens.

Le terrain de jeu

L’anémone des bois pousse en tapis à l’orée des sous-bois. On la trouve également dans les parcs, comme ici au jardin botanique du Parc de la Tête d’Or :

Comment photographier les fleurs en gros plan

Plate-bande d’anémones des bois 

Rien de très excitant a priori dans cette première approche. Beaucoup d’éléments parasitent le cadrage. Les fleurs sont majoritairement orientées vers le soleil, mais quelques-unes font de la résistance. Elles permettent de varier l’angle de la prise de vue.

En dépit des apparences, tous les éléments sont là pour réussir une belle image, en particulier la présence d’un arrière-plan ni trop proche, ni trop dense, qui filtre la lumière appelée à illuminer votre futur bokeh.

L’erreur du débutant

La fleur étant au ras du sol, la tendance naturelle est de la photographier vue de dessus, comme les adultes photographient trop souvent les enfants. L’arrière-plan est alors constitué par les feuilles et la terre, à une longueur de tige de la corolle. Il sera dans ce cas d’autant plus difficile d’obtenir un joli bokeh que la lumière au sol est uniforme.

Comment photographier les fleurs en gros plan

Anémones des bois ou Anémones Sylvie (f/3.5 à 1/2500 s – 105 mm)

Sans doute est-il présomptueux de parler ici d’erreur. La photo peut avoir son intérêt pour un botaniste qui souhaiterait détailler la corolle de la fleur, compter ses pétales, analyser ses étamines. On cherchera même dans ce cas à fermer d’avantage le diaphragme pour obtenir une profondeur de champ plus importante, au détriment de l’arrière-plan.

L’objectif ici est de travailler l’arrière-plan au moins autant que le sujet. Dans ce contexte, photographier une fleur nécessite de se mettre à sa hauteur, le conseil restant d’ailleurs valable pour les enfants. Il faudra faire plus que de plier les genoux, sans doute s’allonger.  Prévoyez les vêtements en conséquence !

Beaucoup d’appareils sont équipés d’un écran orientable qui vous facilite la tâche. Vous avez peut-être un ami qui pratique la photo argentique ? Dans ce cas, il y a fort à parier qu’il est également amateur de longboard car les deux vont de pair. Empruntez-lui ses genouillères, elles rendront votre position plus confortable.

Fleurs en gros plan : composez

Vous voici maintenant au ras du sol… Repérez dans la plate-bande un sujet prometteur et faites la mise au point pour approximativement obtenir le cadrage recherché… mais ne déclenchez pas encore !

Comment photographier les fleurs en gros plan

Photographier les fleurs en gros plan
Le bokeh varie rapidement avec l’angle de prise de vue

Comme toujours en photographie, vous devez tourner autour du sujet, pas seulement cette fois pour le photographier sous son meilleur angle, mais aussi pour observer comment le bokeh se forme et se déforme. Remarquez comme il est sensible au moindre de vos mouvements !

Votre angle de vue définitif sera un compromis entre la représentation du sujet et l’obtention d’un joli arrière-plan. Composez soigneusement votre image en prenant aussi bien en compte la position des fleurs que celle des taches de lumière sur l’arrière-plan. Vérifiez qu’une brindille mal placée ne vient pas rompre l’harmonie de la scène. Si nécessaire, faites un peu de ménage, en respectant bien évidemment le lieu.

Dans votre recherche du cadrage optimum, pensez à incliner votre boitier de tous les côtés. Ce type de prise de vue n’intègre ni immeubles ni horizon. Personne ne viendra vous dire que votre photo penche !

Esthétique de l’image

Place maintenant à votre sensibilité. Il existe plusieurs écoles pour ce type d’images. Certains mettent le bokeh au service du sujet, d’autres considèrent que ce dernier n’est qu’un des éléments d’une ambiance créée par le flou plus ou moins texturé de l’arrière-plan. Beaucoup cherchent un compromis entre les deux.

A vous de choisir : les points de vigilance de certains seront considérés comme des avantages par d’autres : les taches claires du bokeh distraient-elles le regard ou participent-elles au contraire à son illumination ? Est-ce qu’un halo de lumière coupé en bordure d’image risque d’en perturber la lecture ? La fleur est-elle trop centrée ? Il n’y a pas de règles : faites-vous votre propre opinion en analysant les images qui vous plaisent.

Comment photographier les fleurs en gros plan

photographier les fleurs en gros plan : l’image en sortie de boitier

Le triangle de l’exposition

Un petit mot sur le réglage de l’exposition : une fois n’est pas coutume, choisissez le mode manuel. Le mode semi-automatique sera trop sensible aux variations de la luminosité du bokeh. Trouvez le couple temps de pose/diaphragme qui expose correctement votre sujet et conservez ces valeurs.

La proximité du sujet impose un temps de pose important. Si nécessaire, augmentez la sensibilité ISO pour limiter le risque de flou de bougé. L’utilisation d’un diaphragme ouvert facilite le réglage.

Une alternative serait de faire une mesure spot de la lumière sur la fleur et d’apporter la correction d’exposition rendue nécessaire par la tonalité des pétales : une corolle claire demande une surexposition de 1 à 2 Ev pour ne pas paraitre grisâtre… et réciproquement si la fleur est sombre ! Le réflexe est le même que lorsque vous photographiez un paysage enneigé ou une mine de charbon.

La mesure spot ne présente pas d’intérêt décisif par rapport au mode manuel, tant que la lumière extérieure ne varie pas. Cette option peut devenir intéressante si vous photographiez au lever ou au coucher du soleil ou si le ciel est parsemé de nuages.

Le post traitement

L’utilisation d’un picture control jouant sur l’accentuation, le contraste et la saturation, autorise un rendu exploitable dès la sortie de boitier. Notez cependant quelques imperfections :

  • Le coin inférieur droit est trop clair. On pourra l’assombrir en jouant localement sur les niveaux ou l’exposition, tout en veillant à ne pas augmenter sa saturation.
  • Les pétales présentent de petits défauts : un outil correcteur ou le tampon en mode éclaircir seront nécessaires pour épurer la corolle.
  • Le regard a du mal à se poser dans l’image. Il faudra focaliser la lumière en utilisant un vignettage. Sur la partie gauche de l’image, on pourra pour cela s’aider du changement de tonalité déjà présent dans le bokeh.  Augmenter le contraste peut également rendre l’image plus lisible.
  • Le halo de lumière est par endroit grisâtre, comme désaturé : un calque de couleur permettra de lui redonner localement un peu de peps.

Comment photographier les fleurs en gros plan

L’image après post traitement

Poussez plus ou moins les curseurs en fonction de vos goûts. Le premier réflexe est de rechercher l’hyper netteté des détails en abusant des réglages de texture et de clarté. Souvenez-vous que le monde des fleurs est un univers de douceur…

Photographier les fleurs en gros plan, mais aussi …

Il faut parfois savoir porter sur les choses ordinaires un regard extraordinaire

– Vico Magistretti

Les couleurs de notre image la rattachent irrévocablement au monde du réel. Et si nous changions de planète ?

Comment photographier les fleurs en gros plan

Photographier les fleurs en gros plan – Une autre vision

Lightroom permet de jouer de manière très ludique avec les couleurs. L’option « color grading » dissocie le réglage des tons moyens, des ombres et des hautes lumières. Il n’en faut pas plus pour changer totalement le rendu de notre photo.

A quoi sert le Color Grading dans Lightroom

Réglages Color Grading dans Lightroom

J’ai fait ici un choix très classique en emmenant les hautes lumières dans les teintes chaudes et en basculant le reste de l’image dans la couleur complémentaire, le bleu. Le mélangeur de couleurs permet d’affiner les réglages.

Photographier les fleurs en gros plan, en conclusion

A vous de jouer maintenant ! N’hésitez pas à nous montrer vos réalisations en les postant avec le tag #NikonPassion ! Partagez votre retour d’expérience. Quels problèmes avez-vous rencontrés ? Quelles solutions avez-vous imaginées ?


Les 7 meilleures raisons d’utiliser un objectif grand angle

Un objectif grand-angle est un objectif dont la distance focale est inférieure ou égale à 28 mm. Très apprécié par les photographes de paysage ou de rue, le grand-angle peut aussi vous aider à faire des photos plus créatives. Voici pourquoi.

7 bonnes raisons d'utiliser un objectif grand-angle

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Note : les photos illustrant cet article sont faites avec un objectif de focale 20 mm monté sur un boîtier plein format 24 x 36. Si vous utilisez un Nikon APS-C / DX, prenez en compte le facteur de conversion x 1.5 dans les indications ci-dessous. L’équivalent 20 mm en DX est donc un objectif de focale comprise entre 13 et 14 mm (13 × 1,5 = 19,5 mm).

D’une façon générale, un objectif grand angle est utilisé pour capturer des images de plans larges, paysages comme scènes en intérieur.

Avantages

  • L’angle de vue large permet de capturer une scène dans son ensemble
  • Les objectifs grand angle peuvent provoquer des déformations des perspectives et donner ainsi un effet particulier à vos photos
  • Les objectifs grand angle sont souvent plus petits et plus légers que les objectifs de focale plus longue

Inconvénients

  • Les objectifs grand angle peuvent donner des images avec des lignes courbes ou droites non uniformes dans la photo
  • La qualité optique des objectifs grand angle peut ne pas être aussi bonne que celle des objectifs de focale plus longue, en particulier en périphérie d’image.
  • Les objectifs grand angle de qualité supérieure sont souvent coûteux

1- Angle de champ et cadrage avec un grand angle

7 bonnes raisons d'utiliser un objectif grand angle

Pensez au cadre quand vous utilisez un grand angle
Ne laissez pas votre sujet tout seul au milieu de l’image

Photographier au grand angle c’est utiliser une focale plus courte que la focale 35 mm souvent utilisée par les reporters et photographes de rues (voir le dossier sur les objectifs 35 mm).

Retenez que pour une même valeur de focale en mm, la différence visuelle entre deux courtes focales est plus importante qu’elle ne l’est entre deux longues focales. Il y a donc plus de différences visuelles entre 20 et 24 mm qu’il n’y en a entre 200 et 204 mm.

Attention à bien choisir votre grand angle en fonction de vos envies. Le grand angle vous permet de cadrer très large, d’avoir beaucoup d’espace dans l’image pour jouer avec la composition, le sujet et les éléments secondaires qui vont composer votre image (voir comment choisir le bon angle de prise de vue).

2- Le grand angle, un faux ami

7 bonnes raisons d'utiliser un objectif grand angle

Trop d’éléments indésirables et la photo au grand angle est mauvaise

Certains photographes pensent qu’un grand angle est idéal en photo de paysage car « on a une vision panoramique« . Oui mais …

D’une part ce n’est pas la notion de panoramique théorique (juxtaposition de plusieurs photos). D’autre part le grand angle impose des contraintes de cadrage dont vous devez tenir compte au moment de la prise de vue et qui ne le rendent pas si universel que cela en photo de paysage.

L’angle de champ est tel que de nombreux éléments parasites peuvent entrer dans le cadre sans que vous n’y fassiez attention à la prise de vue. Une fois la photo faite c’est trop tard. Autant un téléobjectif permet de cadrer serré et d’isoler le sujet, autant un grand angle englobe toute la scène. Soyez prudent avant de déclencher car un élément indésirable sur la photo et celle-ci perd de son charme.

3- Prise en compte des déformations au grand angle

7 bonnes raisons d'utiliser un objectif grand angle

Tenez le boîtier parfaitement horizontal sans quoi les verticales vont en souffrir

Les courtes focales imposent de tenir le boîtier à l’horizontale au moment de la prise de vue sans quoi les verticales vont fuir à l’extérieur ou à l’intérieur de la photo (en savoir plus).

Cet effet optique peut se corriger en partie seulement en post-traitement en imposant un recadrage. Prenez donc soin de tenir votre boîtier correctement.

4- Une très grande profondeur de champ

7 bonnes raisons d'utiliser un objectif grand angle

La photo est faite à quelques cm à peine du pilier droit

Avec un grand angle la profondeur de champ est plus grande qu’avec une plus longue focale toutes choses égales par ailleurs. Vous allez pouvoir jouer avec cette profondeur de champ pour vous rapprocher de votre sujet, pour faire entrer le spectateur dans la scène.

Un grand angle permet de photographier à quelques centimètres du sujet tout en ayant une bonne netteté sur l’arrière-plan si vous l’utilisez à faible ouverture (f/11 ou f/16).

Attention toutefois aux déformations optiques inévitables, sur les visages en particulier. Evitez d’utiliser un grand-angle pour la photo de portrait rapproché, vos modèles vous remercieront (voir quelle focale choisir pour la photo de portrait).

5- Temps de pose et basses lumières

7 bonnes raisons d'utiliser un objectif grand angle

A main levée avec un temps de pose de 1/3 sec. le flou de bougé est négligeable

Un des avantages du grand angle est de minimiser le flou de bougé à la prise de vue. L’objectif est généralement compact et léger, l’amplitude des mouvements parasites réduite par la courte focale. Vous pouvez photographier avec des temps de pose longs plus facilement, en basse lumière par exemple.

Profitez de cet avantage pour favoriser le grand angle quand la lumière manque, dans les lieux sombres, plutôt que d’utiliser une focale plus longue et plus sensible. Cadrer large en basse lumière est une belle occasion de mettre en valeur des scènes nocturnes, des lieux peu lumineux et de faire des photos peu conventionnelles.

6- Sortez des sentiers battus

7 bonnes raisons d'utiliser un objectif grand angle

Levez le boîtier vers le ciel et oubliez les verticales qui penchent pour changer totalement de cadrage

Et si vous utilisiez un grand angle différemment ? Sans chercher à respecter les règles, sans photographier à l’horizontale ? Plutôt que de chercher à éviter les problèmes de verticales et d’horizontales, provoquez-les !

Orientez votre boîtier vers le ciel et photographiez les monuments. Placez-le au ras du sol (aidez-vous de l’écran orientable au besoin) et levez le boîtier. Jouez avec les possibilités que vous offrent ces courtes focales pour faire des images différentes, c’est aussi ça la photographie.

7- Des premiers prix abordables

Les objectifs grand angle à ouverture f/1.4 sont très performants mais très couteux. Orientez-vous plutôt vers les modèles f/1.8 ou proche dont les performances sont suffisantes si vous n’avez pas un usage professionnel de votre matériel (et encore …).

Mieux vaut photographier au 24 mm f/2.8 et vous faire plaisir que de baver devant le 24 mm f/1.4 inabordable ! Regardez la liste ci-dessous, vous allez voir qu’en changeant de focale vous pouvez trouver de belles opportunités, un AF-S NIKKOR 20 mm f/1.8 est bien plus abordable qu’un AF-S NIKKOR 24 mm f/1.4 et très intéressant aussi.

Les objectifs grand angle Nikon et compatibles

Dans la gamme Nikon disponible à la date de publication de cet article, il existe plusieurs objectifs grand angle.

Objectifs Nikon grand angle à focale fixe

Les grand angles Nikon au catalogue sont soit des versions NIKKOR Z compatibles avec les Nikon hybrides, soit des versions AF-S NIKKOR compatibles avec les Nikon reflex.

Attention si vous utilisez un reflex Nikon DX D3xxx ou D5xxx, seules les versions AF-S sont compatibles avec ces reflex .

Monture Z hybride

  • NIKKOR Z 20 mm f/1.8 S
  • NIKKOR Z 24 mm f/1.7 DX
  • NIKKOR Z 24 mm f/1.8 S
  • NIKKOR Z 26 mm f/2.8
  • NIKKOR Z 28 mm f/2.8

Monture F reflex (encore au catalogue)

  • AF-S NIKKOR 20mm f/1.8G ED
  • AF-S NIKKOR 24mm f/1.4G ED
  • AF-S NIKKOR 24mm f/1.8G ED
  • AF-S NIKKOR 28mm f/1.4E ED
  • AF-S NIKKOR 28mm f/1.8G

Zooms Nikon grand angle

Les zooms Nikon grand-angle incluent souvent la focale 28 mm.

Monture Z hybride

  • NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S
  • NIKKOR Z 14-30mm f/4 S
  • NIKKOR Z 17-28 mm f/2.8
  • NIKKOR Z 24-50 mm f/4-6.3
  • NIKKOR Z 24-70mm f/2.8 S
  • NIKKOR Z 24-70mm f/4 S
  • NIKKOR Z 28-75mm f/2.8
  • NIKKOR Z 24-120mm f/4 S
  • NIKKOR Z 24-200mm f/4-6.3 VR
  • NIKKOR Z 28-400mm f/4-8 VR
  • NIKKOR Z DX 12-28mm f/3.5-5.6 PZ VR
  • NIKKOR Z DX 16-50 mm f/3.5-6.3 VR
  • NIKKOR Z DX 18-140mm f/3.5-6.3 VR

Monture F reflex

  • Nikon AF-P DX 10-20 mm f/4.5-5.6G VR
  • Nikon AF-S DX 10-24 mm f/3.5-4.5 G ED
  • Nikon AF-S DX 12-24 mm f/4 G IF ED
  • Nikon AF-S 14-24 mm f/2.8 G ED
  • Nikon AF-S 16-35 mm f/4 G ED VR
  • Nikon AF-S 17-35 mm f/2.8 D IF ED
  • Nikon AF-S 18-35 mm f/3.5-4.5 G ED

Objectifs grand angle à focale fixe compatibles Nikon

Chez les opticiens indépendants, il existe plusieurs objectifs grand-angle à focale fixe pour Nikon. Sont exclus de cette liste les modèles fish-eye à l’usage très particulier :

Monture F reflex

  • Irix 15 mm f/2.4 Firefly
  • Irix 15 mm f/2.4 Blackstone
  • Irix 11 mm f/4 Blackstone
  • Irix 11 mm f/4 Firefly
  • Laowa 12mm f/2.8 Zero-D 
  • Laowa 15mm f/4 Grand angle Macro
  • Samyang XP 10 mm f/3.5
  • Samyang 10 mm f/2.8 DX
  • Samyang XP 14mm f/2.4
  • Samyang 14 mm f/2.8 (mise au point manuelle)
  • Samyang 16 mm f/2 DX (mise au point manuelle)
  • Samyang 24 mm f/1.4 (mise au point manuelle)
  • Samyang 24 mm Tilt shift f/3.5 ED AS UMC (dédié à la photo d’architecture)
  • Sigma 14 mm F1.8 DG HSM Art
  • Sigma Art 20 mm F1.4 DG HSM
  • Sigma Art 24 mm F1.4 DG HSM
  • Sigma ART 30 mm f/1.4 DC HSM
  • Voigtlander Color Skopar 20 mm f/3.5 SLIIn (mise au point manuelle)
  • Voigtlander Color Skopar 28 mm f/2.8 SLIIn (mise au point manuelle)

Monture Z hybride

  • Laowa 14 mm f/4 FF RL Zero-D
  • Laowa 11 mm f/4.5 FF RL
  • Laowa 9 mm f/5.6 FF RL
  • Laowa 15mm f/2 Zero-D
  • Samyang MF 14 mm f/2.8

Zooms grand angle compatibles pour Nikon

Les zooms grand angle pour Nikon existent en version DX et FX chez les principaux opticiens. Sont exclus de cette liste les modèles atteignant 50 mm et plus pour limiter les choix aux seuls vrais grand angles.

Monture F reflex

  • Sigma 8-16 mm F4.5-5.6 DC HSM DX
  • Sigma 10-20 mm F3.5 EX DC HSM DX
  • Sigma 12-24 mm F4.5-5.6 II DG HSM
  • Sigma Art 24-35 mm F2 DG HSM
  • Sigma 14-24 mm f/2.8 DG HSM Art
  • Sigma ART 12-24 mm f/4 DG HSM
  • Tamron SP AF 10-24 mm F/3.5-4.5 Di II LD Aspherical [IF] DX
  • Tamron SP 15-30 mm F/2.8 Di VC USD
  • Tamron 10-24mm F/3.5-4.5 Di II VC HLD
  • Tokina AT-X 11-16 mm f/2.8 PRO DX II DX
  • Tokina ATX-I 11-20 mm f/2.8
  • Tokina AT-X 12-28 mm f/4 PRO DX
  • Tokina AT-X 16-28 mm f/2.8 PRO FX
  • Tokina AT-X 17-35 mm f/4 PRO FX

Liste non limitative selon l’évolution des gammes des différents opticiens.

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Mise à jour des hybrides Nikon Z 50, Z 5, Z 6, Z 7, Z 6II, Z 7II : amélioration de l’autofocus en vue

Nikon annonce une mise à jour des hybrides Nikon Z 50, Z 5, Z 6 et Z 7, Z 6II et Z 7II. Ces mises à jour, disponibles dès le 26 avril 2021, apportent des progrès en matière d’autofocus qui devrait s’avérer plus rapide et proposer une meilleure détection des visages et des yeux.
Quelques autres améliorations sont de la partie selon les boîtiers.

Mise à jour des hybrides Nikon Z 50, Z 5, Z 6, Z 7, Z 6II, Z 7II : amélioration de l'autofocus en vue

Mise à jour Nikon Z 6II et Z 7II

Les deux hybrides plein format série 2 reçoivent une mise à jour firmware version 1.20. Elle a pour but d’améliorer les performances de l’autofocus :

  • mise au point plus rapide en basse lumière,
  • mise en œuvre de l’autofocus facilitée lors de l’utilisation d’un flash Nikon,
  • amélioration de la détection des visages et des yeux,
  • amélioration de la visibilité du sujet en mode Live View (à préciser),
  • amélioration du suivi du sujet et du suivi des yeux et des visages pour une utilisation plus agréable.

Une fonction d’enregistrement  et lecture de mémos audio, disponible pour le Nikon Z 6, arrivera sur le Nikon Z 6II (seulement) dans une prochaine version du firmware.

Mise à jour des hybrides Nikon Z 6

le Nikon Z 6II

Ces deux hybrides dotés d’un double processeur Expeed reçoivent donc des améliorations de leur module autofocus qui devraient apporter un gain en rapidité et confort d’utilisation. Certains points restent à préciser, comme l’amélioration du suivi du sujet en Live View.

Nikon reste assez discret sur le détail de ces améliorations, nous devrions en savoir plus dès le 26 avril avec l’arrivée des firmwares.

Télécharger la mise à jour firmware pour les Nikon Z 6II et Nikon Z 7II

Mise à jour Nikon Z 6 et Z 7

Nikon n’oublie pas les utilisateurs des Nikon Z 6 et Z 7 série 1, c’est une bonne nouvelle. Ces hybrides reçoivent une mise à jour firmware version 3.30, qui diffère de celle des séries 2 puisque les séries 1 ne disposent que d’un unique processeur Expeed.

Mise à jour des hybrides Nikon Z 7

le Nikon Z 7

Cette mise à jour apporte la possibilité de mémoriser la mise au point lorsque le boîtier est éteint, et de retrouver l’exacte même valeur au redémarrage. Vous pouvez ainsi éteindre votre boîtier sans perdre le point, une fonction  utile lorsque vous photographiez un sujet fixe sur une période longue, en paysage par exemple pour capturer des ambiances différentes, comme en sport pour vous caler sur un point de passage précis de sportifs.

Le Nikon Z 6 (seulement) bénéficie d’une fonction d’enregistrement  et lecture de mémos audio. Cette fonction appréciée sur le Nikon D6 arrive donc sur le Z 6 avec cette mise à jour contrairement au Nikon Z 6II qui doit patienter encore.

Télécharger la mise à jour firmware pour les Nikon Z 6 et Nikon Z 7

Nouveau firmware Nikon Z 5

L’hybride plein format le plus accessible de la gamme reçoit lui-aussi une mise à jour firmware, version 1.10.

Cette mise à jour apporte une meilleure détection autofocus en basse lumière, ainsi que la possibilité de conserver la mise au point lorsque le Z 5 est éteint puis rallumé, comme sur les Z 6 et Z 7.

Mise à jour des hybrides Nikon Z 5

le Nikon Z 5

Le Nikon Z 5 intéresse les photographes désireux de disposer d’un hybride simple à utiliser, plus abordable que le Nikon Z 6II, qu’il continue à évoluer est donc là-aussi une bonne chose.

Télécharger la mise à jour firmware pour le Nikon Z 5

Nouveau firmware Nikon Z 50

L’hybride APS-C de la gamme Nikon Z reçoit lui-aussi une mise à jour firmware version 2.10.

Cette mise à jour apporte la même fonction de mémorisation de la mise au point que pour les Z 6 et Z 7. Vous pouvez éteindre puis rallumer votre appareil photo sans perdre la mise au point.

Nikon Z 50 APS-C DX

le Nikon Z 50

Pas d’amélioration de l’autofocus pour le Z 50, s’il n’est pas le premier visé en la matière, il serait cependant bien que Nikon ne l’oublie pas. La gamme APS-C est à la traîne, espérons qu’elle retrouve quelques couleurs dans les prochains mois.

Télécharger la mise à jour firmware pour le Nikon Z 50

Toutes les mises à jour de firmwares sont disponibles sur le site du support Nikon.


Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : le roi du bokeh ?

Il inaugure le retour des grandes ouvertures dans la gamme d’objectifs Nikon NIKKOR. Il répond aux attentes des photographes désireux de jouer avec le flou d’arrière-plan. Il est utilisable en mise au point autofocus à l’inverse du NIKKOR Z 58 mm f/0.95 S. Voici le test du NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : le roi du bokeh ?

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Note: le couvre-feu m’ayant privé des sorties nocturnes, je ne peux vous présenter des photos faites dans ce conditions. J’ai compensé par plusieurs séries de photos faites en intérieur en basse lumière.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : introduction

Initiée en 2018 avec trois objectifs seulement, les NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S, NIKKOR Z 35 mm f/1.8 S et NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S, la gamme d’objectifs Nikon NIKKOR Z pour hybrides est désormais plus consistante. Même si elle n’égale pas encore la gamme d’objectifs pour reflex, elle répond aux besoins les plus courants, téléobjectifs et macro mis à part.

Le NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S est arrivé en septembre 2020 pour proposer une alternative à grande ouverture aux nikonistes et montrer que les jaunes n’ont rien à envier à la concurrence.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/8.000 sec. – f/1.6 – 100 ISO

En ouverture f/1.8 au rayon focales fixes, du 20 mm au 85 mm vous avez le choix des armes. Oui mais … F/1.8 seulement me répondrez-vous si on laisse de côté le NIKKOR Z 58 mm f/0.95 à mise au point manuelle, le démonstrateur de la gamme.

Pourquoi cette ouverture limitée alors que la gamme reflex compte des objectifs ouvrant à f/1.4 ? Pour deux raisons principales.

La première est liée à la monture Z qui favorise la qualité d’image, en périphérie en particulier. L’excellence optique que l’on trouve dans les f/1.4 pour reflex est déjà supérieure dans les f/1.8 pour hybrides grâce à cette monture au diamètre généreux.

La seconde raison est le coût de fabrication, et le prix de vente, de ces optiques. Concevoir une optique ouvrant à f/1.2 suppose d’utiliser des lentilles de grand diamètre, plus lourdes, tout en assurant une mise au point rapide et précise. Cela demande un soin particulier à la fabrication, une motorisation AF capable de déplacer des lentilles de plus grande taille, plus lourdes. Le tarif grimpe.

Il était donc plus pertinent pour Nikon de proposer en priorité des focales fixes ouvrant à f/1.8.

Maintenant qu’elles sont disponibles, voici venir les optiques f/1.2. « Les » se résumant à ce seul NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S pour le moment (Avril 2021), mais je ne désespère pas de voir arriver un NIKKOR Z 85 mm f/1.2 S un jour, les portraitistes seraient alors comblés.

Reste une dernière question : la différence de tarif, de poids et de taille entre ce NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S et le NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S est-elle justifiée ? Si oui, pourquoi ? A qui cette grande ouverture s’adresse-t-elle ? Je vais m’efforcer de répondre à ces questions dans ce test du NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : imposant mais très doué

Présentation et contexte

Un Ev, un diaph, un stop, comme vous voulez. C’est l’écart qui sépare l’ouverture maximale de ce 50 mm f/1.2 de celle du 50 mm f/1.8. C’est 1/3 d’Ev en plus que l’écart entre f/1.8 et f/1.4.

Cela peut vous sembler bien peu, pourtant c’est une valeur de temps de pose en plus (ou en moins), un cran de sensibilité, et, surtout, une différence sensible de profondeur de champ.

Placez votre sujet à 3 mètres, et vous obtiendrez la profondeur de champ approximative suivante (capteur 24×36) :

  • à f/1.2 : 25 cm
  • à f/1.4 : 30 cm
  • à f/1.8 : 38 cm

13 cm entre le NIKKOR Z 50 mm f:1.8 s et le NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S, sur un portrait c’est énorme. Cette faible profondeur de champ liée à l’ouverture f/1.2 est d’ailleurs une contrainte non négligeable à prendre en compte sur le terrain.

13 cm ce sont aussi de nouvelles perspectives pour les photographes désireux de soigner leurs arrière-plans, de jouer avec l’effet bokeh, de mettre leur sujet en valeur.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

L’écran OLED, le bouton DISP de changement d’affichage et la touche personnalisable L-FN à gauche

L’autre intérêt du 50 mm f/1.2 est de vous permettre de travailler en très basse lumière en extérieur, pour la photo de nuit par exemple. Le confinement ne m’a pas permis de réaliser les photos de nuit habituelles en ville, mais je vous laisse apprécier le gain d’une valeur pleine de temps de pose, la nuit c’est énorme. 

Pour compléter le tableau, sachez que ce NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S propose une formule optique à 17 lentilles en 15 groupes (dont 2 lentilles en verre ED, 3 lentilles asphériques et des lentilles avec traitements nanocristal et ARNEO). Autant dire que les aberrations optiques, chromatiques et l’effet de flare ne seront pas les points les plus dérangeants.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/2.400 ème – f/1.2 – 100 ISO

Pour parler de ce qui peut vous fâcher, parlons du poids. Avec 1090 grammes, ce NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S est un poids lourd quand le f/1.8 ne pèse que 415 grammes et l’AF-S f/1,4 en gamme reflex … 280 grammes. Si vous comptez utiliser ce dernier sur un hybride Z, ajoutez toutefois les 145 grammes de la bague FTZ, et oubliez les performances optiques, ce f/1.4 marque le pas sur un Nikon Z.

Comparaison Nikon NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S vs. NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S

Comparaison Nikon NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S vs. NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S – source Camera Size

La taille de cet objectif est une autre contrainte. Il vous faudra accepter de transporter un volumineux et lourd 50 mm alors que la concurrence est bien plus raisonnable. Nous verrons plus bas que cette taille imposante a parfois quelques avantages non négligeables, ne tirons pas trop vite sur le Nikon.

Comparaison 50 mm f/1.2 Nikon, Canon, Sony

Comparaison 50 mm f/1.2 Nikon, Canon, Sony – source Camera Size

Enfin, autre sujet qui fâche, le tarif de ce NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S : 2.499 euros contre 600 euros pour la version f/1.8. C’est le même tarif que le Canon RF 50mm F1.2L USM tandis que le Sony 50 mm f/1.2 coute 200 euros de moins.

À qui se destine ce 50 mm f/1,2 ?

Les amateurs de portraits en plan large, de photo de mariage, mode, beauté et, de façon générale, de la focale 50 mm ont le choix entre un f/1.8 et un f/1.2 dans la gamme NIKKOR Z. Si le f/1.8 reste attirant de par sa compacité et ses performances, utiliser le NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S c’est entrer dans le monde fantastique des très grandes ouvertures, des flous d’arrière-plan au superbe dégradé, du bokeh sans aucun défaut en périphérie (pas d’onion ring). Du velours !

J’ajouterai à ces utilisations le reportage, l’urbain et la photo nature, des pratiques pour lesquelles bénéficier d’une très grande ouverture présente souvent un avantage, dès que la lumière baisse en particulier.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/30 ème – f/8 – 100 ISO

Qualité de construction

Que dire de plus sur ce NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S que je n’aurais pas dit lors des tests de focales fixes NIKKOR Z précédents ? La présentation est sobre, la finition mécanique exemplaire, la (très) large bague de mise au point facilite la prise en main. La protection aux intempéries est assurée par de nombreux joints d’étanchéité à l’intérieur de l’optique comme au niveau de la monture.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

L’écran OLED typique des objectifs pros NIKKOR Z

L’absence de bague de diaphragme, comme sur toutes les optiques Nikon AF-S et Z, est compensée par la possibilité de personnaliser la bague du même nom. La touche L-Fn vous offre une seconde possibilité de personnalisation tandis que l’écran OLED commun aux optiques pros NIKKOR Z affiche, au choix et de façon alternative, la distance de mise au point, l’ouverture et la profondeur de champ (trop imprécise toutefois alors que c’est une donnée très sensible aux grandes ouvertures).

Cet écran est un confort supplémentaire si vous utilisez l’optique sur trépied, comme en vidéo. il s’avère toutefois peu utile en reportage à main levée, il ne m’a pas été indispensable mais pourra l’être pour vous selon vos usages.

Sachez enfin que les filtres utilisés devront mesurer 82 mm de diamètre contre 62 mm sur le 50 mm f/1,8.

Prise en main, stabilisation  et autofocus

Bien que son poids, sa taille et sa longueur soient conséquents, ce NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S propose une bonne prise en main, l’ensemble boîtier/objectif restant équilibré.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Tenue en main de l’objectif, sa longueur s’avère parfois un avantage

La longueur de l’objectif s’avère parfois même un mal pour un bien puisque cela vous permet de placer votre main sous l’optique pour stabiliser encore un peu plus l’ensemble, ce que ne permettent pas les « petits » 50 mm.

La stabilisation du capteur des Z plein format fait son travail, autorisant des temps de pose de l’ordre de 1/25 ème de sec. sans risque de flou.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/25 ème – f/4 – 800 ISO

L’autofocus met en œuvre deux ensembles distincts, assurant une mise au point rapide et précise, et surtout silencieuse, ce que les vidéastes apprécieront. Rien de brutal, pas de va et vient intempestifs, c’est discret et efficace comme sur les autres optiques de la gamme Z. Rien à voir non plus avec la mise au point manuelle du NIKKOR Z 58 mm f/0.95 S, dont la taille des lentilles prive l’utilisateur d’autofocus. Ici la taille des lentilles n’est pas un problème.

J’ai pu faire une série d’images à f/1.2 en AF-C zone automatique avec détection Eye-AF sur un sujet en mouvement rapide, toute la série est nette sans exception. Une belle performance.

Attention par contre à la profondeur de champ. Ne perdez pas de vue qu’à f/1.2 elle est réduite, décalez un tant soi peu le focus et votre sujet sera flou. Ce n’est pas l’objectif, c’est vous !

De même obtenir un portrait net suppose que vous ayez calculé la profondeur de champ et donc l’ouverture en fonction de la distance de mise au point pour que le bout du nez de votre sujet soit aussi net que celui de ses oreilles. A courte distance il faut être très précis.

Les trois photos ci-dessous, prises dans les mêmes conditions, vous montrent la variation de profondeur de champ entre f/1.2, f/1.4 et f/1.8 :

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : à f/1.2

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : à f/1.4

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : à f/1.8

Performances optiques : piqué, homogénéité et flare

Je l’ai dit dans le test du zoom NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S, évaluer la qualité d’image de ces optiques sur une série de photos reste un exercice délicat. Entre « tout est bon partout » et « que vais-je pouvoir lui reprocher », difficile de se prononcer. D’autant plus que le logiciel de visualisation des photos (Lightroom Classic dans mon cas) intègre les corrections logicielles incluses dans les fichiers RAW, et supprime au passage tout vignettage ou aberration optique et chromatique. L’apport de cette « photographie computationnelle » est bien réel.

Quoi qu’il en soit, dès la pleine ouverture, le centre est excellent, et le reste jusqu’à l’ouverture minimale. La périphérie de l’image est elle-aussi exempte de tout reproche, tandis que le vignettage est très visible à f/1.2 et f/1.4, il s’estompe à partir de f/1.8 pour disparaître ensuite.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/6.400 ème – f/1.2 – 100 ISO
corrections logicielles activées

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/8.000 ème – f/1.2 – 100 ISO
corrections logicielles désactivées

Performances optiques : déformation, distorsion et bokeh

La distance minimale de mise au point de 45 cm est 5 cm plus longue que celle du 50 mm f/1.8. A f/1.2 la zone de netteté à pleine ouverture et à faible distante de mise au point est très limitée. Tant le piqué que l’absence d’aberrations optiques ne peuvent être évalués que dans la zone de netteté, cela rend l’exercice encore plus délicat.

A ouverture plus réduite, f/4 jusqu’à f/16 il est impossible de distinguer la moindre distorsion au centre comme en périphérie. Idem pour les aberrations chromatiques inexistantes quelle que soit la zone considérée, c’est sans doute le NIKKOR Z qui propose la meilleure qualité d’image de toute la gamme.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/6.400 ème – f/2 – 100 ISO

Ouvrant à f/1,2, ce NIKKOR Z 50 mm S est censé être le roi du bokeh, Nikon l’a de plus équipé d’un diaphragme électromagnétique circulaire à 9 lamelles, comme le 50 mm f/1.8. Mes images tests montrent un bokeh très doux, sans aucune déformation. Les portraitistes apprécieront, d’autant plus que le vignettage visible à pleine ouverture participe à fermer l’image.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/30 ème – f/1.2 – 1.600 ISO

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/320 ème – f/1.2 – 1.600 ISO

Comme avec toute la gamme NIKKOR Z, la colorimétrie des images est neutre, trop parfois tant on aimerait profiter d’un rendu particulier « Nikon » que ne possèderaient pas d’autres optiques. Il vous faudra jouer avec le Picture Control et le post-traitement pour affiner le résultat selon vos goûts.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/5.000 ème – f/1.2 – 100 ISO

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/125 ème – f/1.2 – 1.600 ISO

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/160 ème – f/1.2 – 800 ISO

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/8.000 ème – f/1.4 – 100 ISO – Picture Control monochrome

Test NIKKOR Z 50 mm : au final, c’est pour qui ?

Le NIKKOR  Z 50 mm f/1,2 S peut vous intéresser si :

  • vous souhaitez un 50 mm très lumineux,
  • vous cherchez le meilleur 50 mm Nikon pour hybride, exempt de distorsion,
  • vous souhaitez compléter votre zoom NIKKOR 24-70 mm f/2.8 S f/2.8 de la meilleure focale 50 mm du moment,
  • vous souhaitez un équipement 100 % NIKKOR Z sans passer par la bague FTZ et les optiques pour reflex à f/1.4,
  • vous êtes portraitiste ou photographe de mode.

Le NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S va moins vous intéresser si :

  • vous avez besoin d’un 50 mm compact (préférez alors le NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S),
  • vous n’avez pas le budget pour ce f/1.2 S,
  • vous utilisez principalement les ouvertures comprises entre f/2.8 et f/11,
  • vous espérez une version f/1,4 plus accessible  (qui n’est pas encore prévue).

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/8.000 ème – f/1.2 – 100 ISO

Toutes les photos de cet test en pleine définition sur le compte Flickr Nikon Passion, cliquez sur la photo ci-dessous :

Test NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : ma conclusion

Les focales fixes NIKKOR Z de la série S sont imposantes, parfois lourdes et onéreuses, mais quel résultat !

Ce NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S répondra aux plus exigeants des utilisateurs d’hybrides Nikon Z avec une qualité d’image de très haut niveau, une absence totale de distorsion et une belle homogénéité avec ses frères de gamme. Passer d’une optique à l’autre pendant une même séance ne vous handicapera en rien au post-traitement.

En revanche il faudra composer avec un vignettage visible à pleine ouverture, aisément corrigé en post-traitement si votre logiciel sait activer les corrections intégrées aux fichiers RAW, les JPG étant déjà corrigés par le boîtier à la prise de vue.

En termes de prestations, rien à dire donc, c’est un Nikon fait pour durer et vous apporter d’excellents résultats. Il complètera à merveille le plus polyvalent zoom NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S, en offrant une bien plus grande ouverture et une qualité d’image encore supérieure, ce n’est pas rien.

Très spécialisé, qu’il s’agisse de portrait ou de photos en basse lumière, ce 50 mm f/1.2 l’emporte largement sur le f/1.8, et à fortiori sur l’AF-S 50 mm f/1.4 pour reflex. Reste à accepter d’utiliser un objectif lourd et encombrant, ce qui peut s’avérer pénalisant en reportage. Toutefois, on ne se procure pas un f/1.2 sans savoir pourquoi, ses prestations l’emporteront au quotidien sur son encombrement.

En savoir plus sur la gamme Nikon NIKKOR Z sur le site Nikon

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Guide de photographie argentique : du choix du matériel au tirage, tout ce qu’il faut savoir

Si pour vous la photographie argentique est synonyme de rigueur, de patience et de plaisir, alors lisez la suite. Ce guide de photographie argentique est écrit par Danny Dulieu, photographe et formateur belge, et bénéficie d’une nouvelle édition.
Il vous présente ce qu’il vous faut savoir pour choisir votre équipement argentique, appliquer les bons réglages à la prise de vue, apprendre à développer un film, à réaliser un tirage et à le présenter.

Guide de photographie argentique : du choix du matériel au tirage, tout ce qu'il faut savoir

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Guide de photographie argentique : présentation

La photographie argentique n’est pas « une ancienne technique ». Elle est toujours d’actualité, même s’il faut bien avouer que ses adeptes sont moins nombreux désormais. Cela n’enlève rien à l’argentique qui attire les plus jeunes comme ceux d’entre vous qui veulent retrouver des sensations perdues avec leur équipement numérique.

Seulement voilà, pour bien démarrer (ou redémarrer) en photographie argentique, il ne faut pas vous tromper car cette pratique a un coût. Pas tant celui du matériel : vous pouvez trouver des boîtiers argentiques (dont les mythiques Nikon F, Nikkormat, Nikon FM, FA ou F90x et F100) à prix doux. C’est le prix des consommables qui peut vous freiner, comme le temps nécessaire à développer et tirer vos films.

Guide de photographie argentique : du choix du matériel au tirage, tout ce qu'il faut savoir

Dans ce guide de la photographie argentique, le photographe et formateur belge Danny Dulieu vous évite les mauvaises surprises.

Il commence par vous aider à faire les meilleurs choix en matière de matériel photo. Quel boitier argentique choisir, pourquoi, lesquels oublier. Il liste les objectifs les plus utiles, non pas que l’argentique nécessite des focales particulières, mais la photographie argentique ne fait pas appel aux mega zooms du numérique. Mieux vaut partir sur de belles focales fixes à grande ouverture que vous pouvez trouver à petit prix aujourd’hui.

Une fois équipé, vous aurez le choix des armes : quel film argentique utiliser, comment régler votre appareil photo.

En matière d’exposition, vous n’exposerez pas un film argentique comme vous le feriez en numérique. Danny Dulieu vous explique cela dans un langage simple, accessible aux plus débutants.

Il revient sur les fondamentaux de la photographie, exposition, profondeur de champ, et … c’est tout car en argentique vous pouvez oublier les centaines de réglages de votre reflex ou hybride numérique.

Guide de photographie argentique : du choix du matériel au tirage, tout ce qu'il faut savoir

Si argentique signifie pour vous « photographie instantanée », ne manquez pas le chapitre 6, si c’est la macro qui vous attire, c’est au chapitre 9, le flash au chapitre 10.

Les plus férus trouveront des conseils pour bien utiliser une chambre (chapitre 12), tandis que les amateurs de photographie infrarouge iront directement au chapitre 11.

Vous le voyez, ce guide de photographie argentique est complet et c’est bien. Il est actualisé par rapport à la précédente édition datant de 2012 déjà et indisponible désormais.

La troisième partie du livre s’intéresse au développement du film, une étape à réaliser chez vous. Les explications sont simples mais suffisantes si vous avez déjà une bonne idée de ce qu’est le développement. Les plus novices gagneront à croiser un adepte du développement argentique, je me rappelle avoir apprécié lors de mes débuts de voir quelqu’un d’autre que moi enrouler le film sur la spire, la théorie est simple, la pratique un peu moins.

Guide de photographie argentique : du choix du matériel au tirage, tout ce qu'il faut savoir

Vous apprendrez ensuite à organiser votre laboratoire argentique, à préparer vos premiers tirages papiers. Là-aussi je ne peux que vous conseiller de vous rapprocher d’un club photo, le partage de connaissances est un réel atout, mais si vous voulez vous lancer seul, vous avez dans ce guide de photographie argentique toutes les bases à connaître.

Le tirage papier commence par la réalisation d’une planche contact. Le chapitre 16 vous aide à comprendre comment la faire, et, surtout, pourquoi.

Guide de photographie argentique : du choix du matériel au tirage, tout ce qu'il faut savoir

Arrive le moment magique où vous allez découvrir l’image au fond du bac de révélateur, c’est l’étape du tirage décrite au chapitre 17.

Danny Dulieu s’est focalisé sur le tirage noir et blanc dans ce guide, à juste titre tant le tirage couleur est plus complexe et présente moins d’intérêt de nos jours.

Vous ne couperez pas aux étapes de choix du contraste, pas avec un curseur dans Lightroom, mais en faisant les bons choix au labo !

Guide de photographie argentique : du choix du matériel au tirage, tout ce qu'il faut savoir

Vos tirages de lecture réalisés (chapitre 19), vous pourrez envisager des tirages d’expo en appliquant les recettes historiques de masquage, de réalisation de bords blancs, de marges, ce sont les effets décrits dans le chapitre 22 qui vont jusqu’à la repique (ah, ces heures passées à repiquer …) et à appliquer, pourquoi pas, un virage chimique.

Les chapitres 22 et 23 traitent de la finition des papiers (RC et barytés), de même que des procédés alternatifs. A vous le cyanotype ou le collodion humide !

La dernière partie de ce guide de photographie argentique, plus succincte, vous livre des conseils d’encadrement, de présentation de vos photos, et de numérisation. Une pratique désormais possible à moindre coût grâce à l’excellente qualité des scanners à plat grand public très abordables.

Enfin, cerise sur le gâteau, les annexes vous proposent les formules de chimie indispensables en photographie argentique, de même que les formules mathématiques qui vous serviront à calculer profondeur de champ à la prise de vue ou portée de l’éclair en photographie au flash.

Guide de photographie argentique : du choix du matériel au tirage, tout ce qu'il faut savoir

Mon avis sur ce guide

La photographie argentique a retrouvé quelques lettres de noblesse ces dernières années. Les nostalgiques redécouvrent cette pratique qui demande patience et rigueur, tout ce que l’on oublie en numérique trop souvent. Les plus jeunes découvrent une autre forme de photographie, plus réfléchie, plus personnelle.

Loin de baigner dans la nostalgie, Danny Dulieu vous propose un ouvrage complet, il aborde les domaines indispensables, va même plus loin parfois (infrarouge, chambre), sans oublier de mettre en avant de nombreux conseils par le biais d’encarts spécifiques.

La mise en page est agréable, l’ensemble très lisible et richement illustré.

Complet, bien écrit, précis, ce guide de photographie argentique mérite de rejoindre votre bibliothèque si le sujet vous intéresse. Pour 28 euros, vous aurez de quoi bien (re)démarrer, et, surtout, vous faire plaisir.

Proche de la référence, ce guide va vous intéresser si :

  • vous ne connaissez rien à la photographie argentique mais souhaitez vous y mettre,
  • vous voulez éviter les mauvais choix et les dépenses inutiles,
  • il vous manque des éléments de compréhension de ce qu’est la prise de vue argentique …
  • …ou le labo argentique.

La photographie argentique a un coût aujourd’hui, celui des consommables à la prise de vue comme au développement/tirage. Mais le beau matériel est tellement accessible et le plaisir de tenir dans vos mains un tirage fait maison tellement grand que je ne peux que vous inviter à réfléchir : et si patience et longueur de temps que suppose la photographie argentique étaient une option pour vous-aussi ?

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Utiliser un objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z ou un reflex numérique

Vous aimeriez utiliser un objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z ou un reflex numérique récent. Vous aimez ces objectifs anciens qui ont du caractère mais vous ne savez pas comment procéder ? Voici ce qu’il faut savoir.

Utiliser un objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z ou un reflex numérique

Toutes les bagues pour les autres marques d’objectifs

Objectifs NIKKOR AI et AI-S, un peu d’histoire

Avant de voir comment utiliser un objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z, revenons aux particularités de ces objectifs dont le couplage diffère de celui des NIKKOR F autofocus plus récents, et à fortiori des NIKKOR Z conçus pour les Nikon Z.

La monture Nikon F est née en 1959, en même temps que le reflex du même nom, elle marque la fin de l’aventure télémétrique pour Nikon (en savoir plus). Mais après 18 ans de bons et loyaux services, le système de couplage Nikon F à fourchette est obsolète face à une concurrence aux solutions plus modernes et pratiques.

En 1977 Nikon propose alors le couplage AI (Aperture Indexing) qui permet aux objectifs d’être couplés aux boîtiers compatibles sans manipulation supplémentaire. La fameuse fourchette devient obsolète, même si elle sera encore longtemps montée par défaut sur les objectifs, leur permettant de rester utilisables sur les nombreux boîtiers non-Ai encore en circulation à l’époque.

Nikon NIKKOR AI et AI-S

Quelques objectifs Nikon NIKKOR « modifiés AI », AI et AI-S

Cette fourchette disparaît finalement sur les objectifs « Série E » puis sur les objectifs autofocus.

En 1982 Nikon améliore sa copie, le couplage AI cède la place au couplage AI-S. Les objectifs NIKKOR AI-S sont souvent de formule optique identique aux AI, mais bénéficient d’améliorations qui vont permettre aux boîtiers apparus peu après d’exploiter la mesure matricielle inventée par Nikon, ainsi que de nouveaux modes automatiques, les modes S et P (selon le boîtier).

Cela se traduit par l’apparition d’une « cuvette » à l’arrière de la monture, et par les ouvertures de diaphragme qui deviennent linéaires (espace identique entre chaque valeur d’ouverture, contrairement aux objectifs non-AI et AI).

Rappelons au passage que les premiers objectifs AI-S commercialisés furent les « Série E » destinés au Nikon EM, des objectifs AI-S économiques mais des AI-S quand même de par leurs caractéristiques (en savoir plus sur les différents objectifs Nikon).

Nikon NIKKOR AI-S sur hybride Nikon Z

Un objectif Nikon AI-S côté monture

La possibilité pour les objectifs Nikon AI-S d’être utilisés en mode P et S ne duré que le temps de quelques boîtiers argentiques … Le Nikon F4 mis à part, aucun reflex argentique autofocus ne sera capable d’exploiter les particularités des AI-S, ce qui cantonnera leur utilisation aux seuls modes A et M, et à la mesure centrale pondérée et spot.

Nikon NIKKOR AI-S

Un 55/2,8 AI-S Micro NIKKOR côté face avec les fameuses « oreilles de lapin » bien visibles

Il faudra attendre le début des années 2000 et l’arrivée des reflex numériques compatibles AI/AI-S pour avoir de nouveau accès à la mesure matricielle, mais les modes P et S ne sont toujours pas à l’ordre du jour.

Seule exception, les objectifs de type AI-P, que l’on trouve essentiellement chez Zeiss (objectifs ZF2), Voigtlander (SLII) et Nikon… qui, ironie du sort, sera la marque la moins prolifique dans cette catégorie avec seulement deux modèles, le NIKKOR 45 mm f/2,8 AI-P et le très exclusif NIKKOR 1200-1700 mm f/5.6~f/8.0 P ED IF.

Pour mémoire un objectif AI-P est un objectif AI-S équipé d’une puce du même type que celle que l’on retrouve sur les objectifs AF « non D » (sans mesure de distance donc).

Bien que l’absence de l’information de distance fournie par la puce D (qui équipe tous les objectifs depuis la génération AF-D) ne soit pas primordiale pour l’exposition et même l’exposition au flash, cette information joue un rôle pour lequel elle n’avait pas été conçue à l’origine.

En effet, les logiciels de dématriçage utilisent cette donnée pour effectuer les réglages automatiques de distorsion, car ce réglage est lié aux caractéristiques de l’objectif mais également à la distance du sujet. Sans la distance, point d’automatisme : il faudra donc régler les problèmes de distorsion manuellement, que ce soit avec les objectifs sans microprocesseur ou avec les AF « non D » et les AI-P. 

Un objectif Voigtlander de Type AI-P avec sa puce embarquée caractéristique

Attention aux déceptions possibles

Ayez en tête qu’utiliser un objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z  peut décevoir, pour plusieurs raisons.

La première est leur état de conservation : indépendamment de leur année de fabrication, des objectifs ayant un certain âge ont souvent eu une vie bien remplie, avec ce que cela suppose de chocs ou de problèmes plus ou moins graves. Certains modèles sont connus pour avoir des problèmes de graisse qui surviennent de façon quasi inévitable, et qu’il faudra donc surveiller.

Dans les faits un objectif très ancien peut avoir mieux traversé le temps qu’un exemplaire plus récent, le vécu de chacun expliquant la différence d’usure.

objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z

Exemple de photo réalisée avec un objectif NIKKOR 100 mm f/2,8 série E sur Nikon Z 6II

La seconde raison est liée à l’optique. Certaines formules optiques ont été calculées il y a très longtemps et peuvent ne plus donner satisfaction : les objectifs déjà réputés « faibles » à l’époque argentique ont peu de chance de s’être améliorés. D’autres considérés comme « bons » ont pu atteindre le maximum de leurs possibilités en argentique ou sur les premières générations de boîtiers numériques. Et pour terminer il y a les meilleurs, ces quelques élus qui ont gardé bon pied bon œil pour ne commencer à montrer des signes de faiblesse que sur les derniers boîtiers les plus pixellisés.

Cette obsolescence progressive s’explique aussi par le fait que les exigences des capteurs actuels, qui n’ont fait qu’augmenter au fil du temps, sont bien plus élevées que celles des films argentiques pour lesquels ces gammes d’objectifs ont été conçues.

Entre les première générations de capteur DX de 6 MP et le capteur 45 MP du Z 7II, vous vous doutez bien que les « vieux » Nikon AI ou AI-S ont été poussés peu à peu dans leurs derniers retranchements.

Ceci étant dit, certains modèles d’objectifs ont mieux vieilli que d’autres, indépendamment de leur valeur marchande ou de leur date de sortie.

Les grand angles ont le plus de mal à briller en numérique aujourd’hui. N’envisagez pas les performances de ces objectifs sans faire entrer dans l’équation le boîtier (et le capteur) utilisé : c’est bien le couple objectif/capteur qu’il faut évaluer.

objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z

Exemple de photo réalisée avec un objectif NIKKOR 100 mm f/2,8 série E sur Nikon Z 6II

Utiliser un objectif AI ou AI-S sur un reflex numérique Nikon

Utiliser un objectif AI ou AI-S sur un reflex numérique est une évidence car la monture F permet une compatibilité mécanique directe (attention, les objectifs « non Ai » doivent avoir été modifiés pour être utilisés sans risque de dommage sur les boîtiers récents, Nikon Df mis à part).

Deux catégories de reflex numériques Nikon

Il existe deux catégories de reflex Nikon :

  • les reflex experts et pros compatibles AI ou AI-S, qui permettent l’utilisation du mode A et M avec mesure de lumière et TTL au flash,
  • les reflex sur lesquels le montage est possible, mais sans couplage avec la cellule du boîtier. Cela signifie ni modes A, S, P ni TTL au flash. Seul le mode M sans mesure de lumière est disponible.

Un reflex Nikon compatible AI ou AI-S permet d’utiliser les modes A ou M, en mesure spot, centrale pondérée et même matricielle. Les données EXIF seront renseignées à conditions d’entrer les caractéristiques de l’objectif via le menu « objectifs sans CPU » (focale et ouverture maximale). Cette étape n’est pas obligatoire, mais permet à la mesure de lumière de fonctionner avec d’avantage de précision.

Avec un objectif non compatible AI ou AI-S, c’est une autre histoire. Vous vous retrouvez avec un reflex sans mesure de lumière, ce qui vous ramène au bon vieux temps des Nikon SP et autres Leica M3 !

Il faudra donc utiliser une cellule externe ou la fameuse « règle » de f/16, avec l’avantage de pouvoir visualiser les images réalisées ainsi que l’histogramme sur l’écran arrière pour ajuster les réglages. Vous pouvez aussi tenter le mode pifométrique intégral … avec des résultats à l’avenant.

Dans tous les cas de figure aucune donnée EXIF ne sera renseignée, faute de dialogue entre le boîtier et l’objectif.

Nikon NIKKOR AI-S sur reflex Nikon

Exemple de photo réalisée avec un objectif AI-S sur un reflex numérique non compatible AI ou AI-S, sans mesure de lumière.
On finit par y arriver en prenant son temps et en affinant en post-production

Une parade existe pour contourner le problème des objectifs AI ou AI-S sur les boîtiers non compatibles, mais elle a des limites. Elle consiste à faire installer (ou à installer soi même pour les plus bricoleurs) une puce de type « Dandelion » sur un objectif à mise au point manuelle, afin d’en faire un pseudo objectif AI-P. Une fois la puce installée et réglée, les modes P, S, A, M et la mesure TTL au flash sont disponibles, de même que la mesure matricielle, quelle que soit la gamme du boîtier utilisé.

Seule ombre au tableau, l’utilisation de ce type de puce provoque un décalage d’exposition avec les objectifs AI (ou modifiés AI). En cause le diaphragme non linéaire de ces objectifs, qui n’est pas en phase avec la puce : plus vous vous éloignez de la pleine ouverture et plus le décalage s’accentue, avec des problèmes d’exposition à la clé.

Cela peut plus ou moins se rattraper en post-traitement, mais il faut le savoir… L’utilisation du format RAW à la prise de vue est une précaution utile dans ce cas, et permet de rattraper plus facilement les décalages d’exposition.

Nikon NIKKOR AI-S sur reflex Nikon numérique

Objectif Nikon NIKKOR AI-S monté sur un reflex numérique Nikon

La problématique du viseur

La taille et surtout le grossissement du viseur jouent un rôle crucial dans la précision de la mise au point, et donc sur le taux de réussite en mise au point manuelle.

Les reflex argentiques non autofocus n’avaient pas forcément un très grand viseur mais celui-ci était doté d’un grossissement important, avec l’addition fréquente d’un stigmomètre. Sur les reflex autofocus, sauf à pouvoir monter un verre de visée optionnel, les stigmomètres ont disparu depuis longtemps. Avec l’avènement de l’autofocus, le grossissement des viseurs a été revu à la baisse.

Pour le photographe dont la vue est satisfaisante, le viseur d’un boîtier plein format / FX (donné pour un grossissement de x 0,7 avec un 50 mm) est tout juste utilisable pour la mise au point manuelle.

C’est souvent sur ce point que les boîtiers APS-C / DX marquent le pas, car le grossissement de leurs viseurs est également donné à x 0,7 avec un 50 mm pour les meilleurs d’entre eux, mais sans tenir compte du facteur DX. Ce qui fait qu’en réalité vous vous retrouvez avec un « grossissement équivalent à x 0,46 » très insuffisant. Ceci explique les difficultés de mise au point souvent rencontrées avec les boîtiers DX. Si l’on ajoute à cela un viseur assez petit, la mise au point manuelle peut vite virer au cauchemar.

DX ou FX, il est toujours possible d’améliorer les choses en installant un viseur à stigmomètre quand la possibilité existe, ou en utilisant un viseur loupe comme le Nikon DK-21M pour les boîtiers DX, ou le Nikon DK-17M pour les boîtiers FX.

Ces accessoires permettent d’augmenter légèrement le grossissement du viseur, mais même si l’amélioration est sensible, ce n’est pas le jour et la nuit, d’autant que si le DK-17M est plutôt bon, le DK-21M a une qualité optique inférieure. Mais la taille du viseur du boîtier ne pourra pas être changée quoi qu’il arrive.

Reste une dernière alternative : l’utilisation du mode Live View, qui permet de zoomer dans l’image et d’affiner la mise au point plus facilement, que le boîtier soit DX ou FX. Cette solution impose l’utilisation d’un trépied, ce qui la limite à un nombre restreint d’applications. Avec un hybride, le focus peaking s’avère la solution la plus efficace.

Nikon NIKKOR AI-S 20 mm f/3.5

Exemple de photo réalisée avec un objectif Nikon NIKKOR 20 mm f/3,5 AI-S sur Nikon D610

Nikon NIKKOR AI-S 105 mm f/1.8

Exemple de photo réalisée avec un objectif Nikon NIKKOR 105 mm f/1,8 AI-S sur Nikon D610

La problématique des zooms

Renseigner un boîtier sur les caractéristiques d’un objectif sans microprocesseur, c’est lui donner deux informations : la valeur de la pleine ouverture et la focale. C’est parfait avec une focale fixe, mais cela se complique avec un zoom qui est par définition un « objectif à focale variable ».

Zoom ou pas, vous ne pouvez entrer qu’une seule et unique valeur pour la focale de chaque objectif. Il faut donc faire le choix d’entrer l’une des focales couvertes par le zoom une fois pour toutes et ne plus y toucher, car tout reparamétrer à chaque variation de focale serait laborieux et vite impossible sur le terrain.

Cela se complique encore quand le zoom est à ouverture glissante : là aussi il faut faire un choix et s’y tenir, car Nikon n’a pas de solution pour ce cas de figure non plus. En pratique cela n’a pas d’incidence sur la qualité des images produites, mais reste l’inconvénient insurmontable des EXIF qui sont erronées : si vous avez un besoin impératif de conserver une trace des réglages utilisés lors d’une prise de vue, vous n’aurez d’autre choix que de prendre des notes.

Utiliser un objectif AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z

Tout comme il est possible d’utiliser vos objectifs AF, AF-D et AF-S sur un Nikon Z, il est possible d’utiliser un objectif AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z via la bague FTZ, voire avec une bague « no name » sans rappel des contacts (mais en perdant les bénéfices de la puce embarquée sur les AF/AFD dans ce cas).

En pratique il n’y a aucune différence entre un hybride Nikon Z et un reflex Nikon F au niveau de l’utilisation et des résultats obtenus. La seule différence est la longueur du système optique en raison de la bague FTZ,  et des possibilités au niveau de la visée.

objectif Nikon NIKKOR 100 mm f/2,8 série E sur Nikon Z 6II

objectif Nikon NIKKOR 100 mm f/2,8 série E sur Nikon Z 6II

En effet, l’utilisation d’un objectif à mise au point manuelle sur un hybride a l’avantage d’affranchir le photographe de la problématique du grossissement du viseur évoquée plus haut. L’hybride, parce qu’il n’utilise pas un viseur optique, permet de zoomer directement dans l’image affichée dans le viseur ou bien d’utiliser le focus peaking. Et tout cela à main levée ! Vous pouvez évidemment toujours effectuer la mise au point sur l’écran arrière, avec les mêmes limites que sur un reflex dans ce cas.

Comme sur les reflex compatibles AI ou AI-S, il suffit de déclarer les caractéristiques de l’objectif utilisé dans le menu « objectifs sans CPU » pour avoir des données EXIF complètes. La mesure matricielle utilisée sera la « mesure matricielle couleur » mais pas la « mesure matricielle couleur 3D », faute de microprocesseur doté de la puce de type « D » embarqué dans l’objectif. Il en sera de même avec les objectifs de type AI-P et AF « non D », qui sont tout aussi incapables de fournir l’information de distance au boîtier.

objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z

Exemple de photo réalisée avec un objectif NIKKOR 100 mm f/2,8 série E sur Nikon Z 6II

Le cas particulier des NIKKOR AF et AF-D

Les objectifs NIKKOR de type AF et AF-D ne sont pas motorisés, le moteur qui leur est indispensable pour la mise au point automatique étant situé dans le boîtier. Depuis quelques années déjà, les reflex Nikon séries D3xxx et D5xxx ne disposent pas de ce moteur et ne sont donc pas en mesure d’assurer la mise au point autofocus avec ces objectifs.

Nikon ne propose aucune bague d’adaptation embarquant son propre moteur AF. Les objectifs de type AF et AF-D se voient définitivement privés d’autofocus si vous les montez sur une bague FTZ, les autres fonctions étant conservées dans les limites du type de puce embarquée.

Tous les modes restent disponibles, mais il faut obligatoirement effectuer la mise au point à la main, comme avec des objectifs AI ou AI-S. Le focus peaking s’avère alors la meilleure solution.

objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z

Exemple de photo réalisée avec un objectif NIKKOR 100 mm f/2,8 série E sur Nikon Z 6II

Les NIKKOR AI ou AI-S et les flashes

Avec les reflex Nikon F

Même si ce n’est pas ce qui vient immédiatement à l’esprit, quand on utilise un objectif AI ou AI-S, la compatibilité des flashes est liée au degré de compatibilité AI ou AI-S du reflex utilisé. Avec les reflex non compatibles AI ou AI-S, seuls seront disponibles le mode M du flash et le mode computer (mode A du flash) si celui-ci en dispose.

Avec les boîtiers non compatibles AI ou AI-S, l’utilisation en TTL ne sera possible qu’avec les objectifs dotés d’une puce, donc de type AI-P, ce qui est logique car on se retrouve alors avec la même compatibilité que les objectifs de type AF « non D ».

Avec les boîtiers compatibles AI ou AI-S, la compatibilité TLL est assurée. Il faudra entrer manuellement les paramètres de prise de vue sur le flash (ouverture, sensibilité, focale) car faute de communication avec l’objectif, le boîtier n’est pas en capacité de renseigner le flash de façon automatique.

Si vous utilisez un zoom à mise au point manuelle, il faudra en plus veiller à modifier la focale utilisée sur le flash car celui-ci sera incapable de reconnaître le changement de focale.

Exemple de photo réalisée avec un objectif Voigtlander Color Skopar 20 mm f/3.5 sur Nikon Z 6

Exemple de photo réalisée avec un objectif Voigtlander Color Skopar 20 mm f/3.5 sur Nikon Z 6

Avec les hybrides Nikon Z

Tous les Nikon connus (avril 2021) permettent d’utiliser un objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z, ils sont compatibles AI ou AI-S. Il faudra donc procéder de la même façon que pour les reflex compatibles.

Objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon, en conclusion

Les objectifs AI ou AI-S restent totalement utilisables en numérique, que ce soit sur des reflex ou des hybrides Nikon. Il ne faut pas leur demander la lune au risque d’être déçu : certains objectifs légendaires en argentique ne sont plus au niveau de leur réputation en numérique, et n’auront pas eu besoin d’attendre d’être utilisés sur des boîtiers très pixelisés pour montrer leurs limites.

D’autres ont eu plus de chance et n’ont pas ou peu perdu de leur superbe. Ce sont ces modèles qu’il faudra rechercher et utiliser en priorité (voir les occasions revendeurs par exemple), afin de profiter de leurs qualités et de leur rendu, souvent différent des productions actuelles, et accepter de prendre son temps pour profiter du charme désuet qui consiste à effectuer la mise au point à la main.

Sachez enfin que si vous voulez utiliser d’autres marques d’objectifs non compatibles Nikon sur un hybride Nikon Z ou un reflex numérique, il vous suffit de vous procurer une bague, vous trouverez des références en suivant le lien ci-dessous.

Toutes les bagues pour les autres marques d’objectifs


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